Le Bleu du ciel

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Le Bleu du ciel est un récit de Georges Bataille écrit en 1935 et paru vingt-deux ans plus tard, en 1957, aux éditions Jean-Jacques Pauvert. Il a été réédité en 1971 dans le tome III des Œuvres complètes de Georges Bataille, par Gallimard, Il est accompagné dans ce volume de Madame Edwarda, Le Petit, L'Archangélique, L'Impossible, La Scissiparité, L'Abbé C., L'Être indifférencié n'est rien[1].

Le contexte[modifier | modifier le code]

Ce roman a été écrit dans un moment de rage, alors que Bataille commençait à rédiger un essai qu'il ne terminera pas : Le fascisme en France, et dont il ne reste que des pages préparatoires et quelques lignes rédigées[2]. Bataille évoque lui-même ce moment de rage, sans lequel il eût été aveugle aux possibilités de l'excessif et « je le crois: seule l'épreuve suffocante, impossible, donne à l'auteur le moyen d'atteindre la vision lointaine attendue par le lecteur las des proches limites imposées par les conventions[3]. »

Le texte[modifier | modifier le code]

Bataille y raconte quelques mois dans la vie d'excès d'Henri Troppman, qui est le narrateur, à Londres, Paris, Barcelone et Trèves en compagnie de ses amies Dirty, Lazare et Xénie, et fait sentir et le désœuvrement et le dégoût devant un monde qui s'apprête à se lancer dans l'abîme. Tout au long des scènes suivant la première, où le narrateur s'abandonne à l'ordure jusqu'à l'épuisement, on le voit se détruire à force de boisson, d'excès, et juste avant sa mort, il exige de Xénie, la jeune fille qui essaie de le sauver, à des gestes obscène. L'étrange personnage de Lazare (dont Souvarine lui a reproché qu'il avait pour modèle Simone Weil[4]) est une femme laide, bonne intelligente et militante politique dont la présence est un besoin pour Troppman. La deuxième partie de l'ouvrage se déroule à Barcelone, en pleine émeute[5].


Bibliographie de référence[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire des œuvres, vol. 6, t. I, Paris, Laffont-Bompiani, , 813 p. (ISBN 2-221-50150-0) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Peter Collier, « “Le Bleu du ciel”, Psychanalyse de la politique », dans Jan Versteeg éd., Georges Bataille. Actes du colloque international d'Amsterdam (21 et 22 juin 1985), Amsterdam, Rodopi, 1987, p. 73-93.
  • Denis Hollier, « La Tombe de Bataille », dans Les Dépossédés (Bataille, Caillois, Leiris, Malraux, Sartre), Paris, Éditions de Minuit, coll. « Critique », 1993, p. 73-99.
  • Francis Marmande, Georges Bataille politique, Lyon, Presses universitaires de Lyon (PUL), , 288 p. (ISBN 978-2-7297-0261-8) (troisième partie : p. 169-220).
  • Francis Marmande, L'Indifférence des ruines. Variations sur l'écriture du “Bleu du ciel”, Marseille, éd. Parenthèses, coll. « Chemin de ronde », 1985, 117 p.
  • Michel Surya, Georges Bataille, la mort à l'œuvre, Paris, Gallimard, , 3e éd., 704 p. (ISBN 978-2070137497)Document utilisé pour la rédaction de l’article l'ouvrage est paru en première édition en 1987 aux éditions Séguier

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Laffont-Bompiani 1990, p. 466
  2. Francis Marmande 1985, p. 131.
  3. Avant-propos de Bataille cité par Laffont-Bompiani 1990, p. 466
  4. Michel Surya 2012, p. 336.
  5. Avant-propos de Bataille cité par Laffont-Bompiani 1990, p. 467