Symphonie nº 5 (Tchaïkovski)

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Symphonie nº 5
Op. 64
Image illustrative de l’article Symphonie nº 5 (Tchaïkovski)
Premier solo pour cor du deuxième mouvement de la symphonie

Genre Symphonie
Nb. de mouvements 4
Musique Piotr Ilitch Tchaïkovski
Durée approximative 48 min
Dates de composition 1888
Dédicataire Theodore Avé-Lallemant
Création
Saint-Pétersbourg, Drapeau de l'Empire russe Empire russe
Interprètes Dirigée par Tchaïkovski

La Symphonie n° 5 en mi mineur, op. 64, de Piotr Ilitch Tchaïkovski, fut composée entre mai et août 1888, près de onze ans après la naissance de la quatrième symphonie (op. 36).

Structure[modifier | modifier le code]

  1. Andante - Scherzo. Allegro con anima - Molto più tranquillo (mi mineur - mi majeur - mi mineur)
  2. Andante cantabile, con alcuna licenza (si mineur - ré majeur) - Non allegro (ré dièse mineur) - Andante maestoso con piano ( majeur)
  3. Valse. Allegro moderato (la majeur)
  4. Finale. Andante maestoso (con fiamma) (mi majeur) - Non allegro (mi mineur) - Presto molto furioso (mi mineur) - Molto assai et molto maestoso (mi majeur) - Allegro vivace (mi majeur)

Orchestration[modifier | modifier le code]

Instrumentation de la Symphonie n° 5
Bois
3 flûtes (la 3e prend le piccolo), 2 hautbois, 2 clarinettes (en la), 2 bassons
Cuivres
4 cors (en fa), 2 trompettes (en la), 3 trombones (2 ténors et 1 basse), 1 tuba
Percussions
timbales
Cordes
premiers violons, seconds violons, altos, violoncelles, contrebasses

L'œuvre[modifier | modifier le code]

Dans un de ses feuillets d'esquisses, le compositeur détaille la structure de sa future symphonie :

« Introduction : Soumission totale devant le destin ou, ce qui revient au même, devant la prédestination inéluctable de la Providence. Allegro : I. Murmures, doutes, plaintes, reproches à… II. Ne vaut-il pas mieux se jeter à corps perdu dans la foi ? Le programme est excellent, pourvu que j'arrive à le réaliser. »

Une fois la symphonie achevée, Tchaïkovski en fut assez satisfait. La première représentation eut lieu à Saint-Pétersbourg le sous la direction du compositeur lui-même. L'accueil du public fut favorable, mais la presse ne partagea pas du tout cet enthousiasme, si bien que Tchaïkovski lui-même en vint à douter de la qualité de la partition (« trop confuse, trop compacte, manquant de sincérité… » écrit-il dans une lettre à sa bienfaitrice, Nadejda von Meck). Heureusement, lors d'une représentation à Hambourg en 1889, la symphonie connut enfin l'immense succès qu'elle mérite. Elle est aujourd'hui une des œuvres de Tchaïkovski les plus appréciées du public.

La cinquième symphonie est la seule des six symphonies de Tchaïkovski à posséder un thème cyclique revenant dans chacun des quatre mouvements, symbolisant la « providence ».

Cette symphonie est dédiée à Johann Theodor Friedrich Avé-Lallemant, dit Theodor Avé-Lallemant (Hambourg), et son exécution dure approximativement 48 minutes.

Cette œuvre est étroitement liée au poème symphonique "Hamlet", car les deux œuvres ont été composées simultanément. L’orchestre requis pour jouer cette symphonie est le suivant ; 3222-4231+cordes+timbales, il s’agit d’un orchestre romantique des plus standards.

Contexte historique[modifier | modifier le code]

La vie de compositeur pour Tchaïkovski fut parsemée d’embûches et de succès. Homme durement touché par les problèmes d’argent et d’estime de soi, il dut affronter de longues périodes de solitude et de faible production musicale suivie de courtes, mais intenses périodes de succès et de reconnaissance musicale. L’arrivée de la cinquième symphonie de Tchaïkovski suit une période plutôt fructueuse chez le compositeur. Nous y retrouvons plusieurs de ses œuvres de grande importance comme la Symphonie no.4 en fa mineur (1877), l’opéra Eugène Onéguine (1878), le concerto pour violon en ré majeur (1878), et plusieurs autres encore. Malheureusement, un mariage désastreux avec une jeune étudiante du Conservatoire de Moscou, Antonina Milioukova, le conduisit au divorce et au bord du suicide. Ce qui eut pour conséquence un recul dans son activité musicale.

Ce fut seulement à partir de 1888 qu’il recommença à écrire. Pendant les trois années précédentes, il avait perdu le goût d’écrire et il pensait avoir perdu ses capacités. Le 27 mai 1888, il commença à compiler des extraits pour finalement achever la symphonie en six semaines. Il travaillait tout en ignorant la maladie, la faiblesse et surmonta son manque de confiance en lui-même. Il voulait prouver au monde qu’il avait encore de l’inspiration pour composer de grandes œuvres. Cependant, la première à Saint-Pétersbourg donna l’impression au compositeur que le public l’ovationnait seulement pour ses œuvres précédentes et non pour la cinquième symphonie elle-même. Avec un peu de recul, Tchaïkovski trouva sa quatrième symphonie plus vraie et profonde musicalement que sa cinquième qu’il trouva fausse et emplie de sentiments superficiels. Selon lui, cette dernière ne correspondait pas à ses ambitions musicales. Oui, elle avait comme thème l’homme contre son destin ainsi que la recherche de sa définition, cependant il sent que la vraie définition du destin de l’homme lui échappe encore. Ce fut seulement après une prestation à Hamburg en 1889, à laquelle assista Brahms, que Tchaïkovski eut plus d’estime pour cette œuvre.

Motif conducteur[modifier | modifier le code]

Le motif conducteur est un thème récurrent dans une œuvre. Le compositeur ayant recours à un thème du genre cherche souvent à le transformer au courant de l’œuvre. Tchaïkovski utilise un motif récurrent dans sa cinquième symphonie. Certains de ses prédécesseurs l’ont également fait. C’est d’ailleurs le cas de Beethoven dans sa cinquième symphonie et de Brahms dans sa troisième symphonie. Berlioz a aussi eu recours à cette technique, mais il utilisa le terme "idée fixe" pour en parler. Le motif de la cinquième symphonie de Beethoven est le motif de quatre notes qui est entendu au tout début de l’œuvre. Ce thème est ensuite repris pendant toute la pièce. Dans cette symphonie, chacun des mouvements est caractérisé par une mélodie de quatre notes dérivées du motif. Ces quatre notes, qui n’ont pas nécessairement la même structure harmonique partagent toutefois toujours le même schéma rythmique, c’est-à-dire trois notes courtes et une longue. Chaque groupe d’instruments doit à un moment ou à un autre jouer ce motif. Le second mouvement, le motif se retrouve en accompagnement chez les cordes. Dans le troisième, ce sont plutôt les cors qui introduisent encore une fois un motif de quatre notes qui suit la même logique, donc court-court-court-long et ce même motif se trouve à être joué tant chez les cordes, les bois, les cuivres et les timbales. Dans le quatrième et dernier mouvement, les cuivres et les bois accompagnent les cordes toujours avec cette même répétition.

Influences extérieures[modifier | modifier le code]

Piotr Illtch tchaïkovski est reconnu comme l’un des plus grands compositeurs russes de l’histoire. Malgré le fait que plusieurs personnes du milieu musical qualifiaient sa musique de plus européenne que russe, une grande partie de son inspiration générale fut issue de chants et mélodies folkloriques russes. Il eut comme professeurs et mentor de grands musiciens russes tels que Anton et Nicolas Rubinstein. À quelques reprises, il consulta le fameux “groupe des cinq” formé des compositeurs Balakirev, Cui, Rimsky-Korsakov, Borodine et Moussorgsky. Une autre grande influence chez Tchaïkovski fut l’apport d’un élément sur quoi baser une œuvre. Il existe un questionnement sur la cinquième ː cette œuvre est-elle ou non une œuvre à programme. Il est difficile d’y voir clair, car contrairement par exemple à la Symphonie fantastique d'Hector Berlioz, le compositeur russe n’a laissé aucune indication claire à ce sujet. Selon l’auteur David Brown, ancien professeur à la University of Southampton, et spécialiste de la musique russe, le premier mouvement serait de nature programmatique, car on aurait trouvé sur des esquisses de l’œuvre des indications extra musicales évidentes, dont voici des exemples : Introduction, "Résignation complète devant le destin de l’homme", "Imprévisible Providence", Allegro, "Murmures", "Doutes", "Plaintes contre la XXX" (XXX pourrait référer à l’homosexualité) "Devrais-je me laisser embrasser par la foi". Toutes ces indications laissent imaginer que Tchaïkovski avait choisi alors de se laisser guider par son destin. La plupart de ses œuvres sont d’ailleurs basées sur le Destin, et son acceptation. La structure de la symphonie en est un exemple notable. Elle commence en mineur, et finit en majeur, du noir à la lumière... On retrouve une similarité thématique avec la cinquième symphonie de Beethoven. Tout au long de l’œuvre, le thème du Destin transformé plusieurs fois apparaît. Pour la Première, les deux œuvres avaient d'ailleurs été présentées au public au cours de la même semaine. Elles ont alors été chaleureusement reçues, mais la critique, et plus particulièrement César Cui, a été dure avec les compositions de Tchaïkovski. Il a dédicacé sa cinquième symphonie à un certain Theodor Avé-Lallement. Ce dernier serait donc peut-être le responsable du changement qui s’effectue dans la méthode de composition de Tchaïkovski dans sa cinquième symphonie, qui s’inscrit davantage dans la tradition austro-germanique du genre de la symphonie, qu'elle n'est marquée par la fougue slave.

La Symphonie n° 5 au cinéma[modifier | modifier le code]

Elle est au générique du film Les Anges de l'enfer (1930) de Howard Hughes.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]