Lazare Kaganovitch

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Lazare Kaganovitch
Lazare Kaganovitch
Lazare Kaganovitch
Fonctions
Vice-président du Conseil des ministres de l'Union soviétique
Premier ministre Georgy Malenkov
Nikolai Bulganin
Nikita Khrouchtchev
Prédécesseur Lavrentiy Beria
Successeur Anastas Mikoyan
Biographie
Nom de naissance Lazar Moiseyevich Kaganovich
Date de naissance
Lieu de naissance Drapeau de l'Empire russe Kabany (Empire russe)
Date de décès (à 97 ans)
Lieu de décès Drapeau de l'URSS Moscou (URSS)
Nationalité Drapeau de la Russie russe → Drapeau de l'URSS soviétique
Parti politique PCUS

Signature de
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Lazare Moïsseïevitch Kaganovitch (en russe : Лазарь Моисеевич Каганович) né à Kabany le et mort le est un homme d'État soviétique. Il est membre du bureau politique du Parti communiste de l'Union soviétique sous la direction de Joseph Staline.

Biographie[modifier | modifier le code]

Un fidèle de Staline[modifier | modifier le code]

Joseph Staline avec Lazare Kaganovitch.

Kaganovitch est issu d'une famille juive pauvre des environs de Kiev. Il travaille dès son enfance dans des fabriques de chaussures et, rejoignant son frère aîné Mikhaïl, adhère au bolchévisme en 1911. Il se voit confier des tâches politiques mineures dans l'Armée rouge pendant la guerre civile russe et se bat sur le front Sud. En 1920, il est envoyé en Asie centrale. C'est lui qui est à l'origine de l'abandon du nom Turkestan, alors utilisé pour désigner cette région, estimant qu'il manifestait « une aspiration grand-turque qui devrait être rayée au plus tôt de la terminologie soviétique ».

Faisant partie de la toute première équipe de Staline, Kaganovitch connait alors une rapide ascension : candidat au Comité central en 1923, il en est membre l'année suivante. Premier secrétaire du Parti communiste ukrainien de 1925 à 1928, il dirige les opérations d'élimination des opposants et joue un rôle considérable dans la mise en œuvre des purges staliniennes des années trente dans cette république bouleversée par la collectivisation.

Élu suppléant au Politburo, il en devient titulaire en 1930 et — longévité remarquable —, y demeure jusqu'en 1957, ayant par ailleurs rejoint le Præsidium du Soviet suprême en 1952. De 1930 à 1935, il est à la tête de l'organisation du Parti à Moscou et, jusqu'en 1939, l'un des trois secrétaires du Comité central, supervisant notamment successivement l'industrie, l'agriculture et les transports. À ce poste, il se distingue par son action dans la modernisation de Moscou et en particulier dans la construction de la première ligne du métro de la capitale.

Un collaborateur zélé[modifier | modifier le code]

Ce très proche collaborateur de Staline naît en 1893 dans une famille juive d’Ukraine et débute dans la vie comme apprenti cordonnier.

Il adhère au bolchevisme en 1911 et se bat dans l’Armée rouge durant la guerre civile. En 1920, il est envoyé en Asie centrale, dans le Turkestan. Contrairement à ses collègues qui l’ont précédé dans cette série, Kaganovitch commence donc sa carrière plutôt petitement. Mais une fois parti, il ne s’arrêtera plus.

Stalinolâtre dès le tout début, il en sera bien récompensé puisqu’il intègre le Comité central du parti en 1924 et est promu premier secrétaire du parti d’Ukraine de 1925 à 1928. Il va s’illustrer une première fois durant cette triste période en soutenant à fond la collectivisation forcée des campagnes, véritable guerre déclarée par le pouvoir aux paysans, et en éliminant sans états d’âme tous les opposants et autres « éléments parasitaires et antisociaux ».

Et ils sont nombreux. Son zèle épurateur est reconnu à sa juste valeur : il est élu en 1930 au Politburo, où il restera jusqu’en 1957, date du début de la déstalinisation. Une longévité absolument remarquable. De 1930 à 1935, le voilà premier secrétaire à Moscou. Comme l’indique pudiquement Wikipédia, « Durant les années 1930, Kaganovitch participe avec zèle et sans état d’âme à la mise en œuvre des réformes économiques et sociales de Staline, notamment la collectivisation de l’agriculture et l’industrialisation aussi rapide que violente de l’URSS, ainsi qu’aux purges politiques. »

Derrière cette phraséologie lisse, se cache un épisode particulièrement abject d’une carrière pourtant bien remplie à cet égard. Kaganovitch jouera en effet un rôle de premier plan lors de l’Holodomor, la famine orchestrée par le pouvoir, qui fit au moins six millions de victimes, dont deux millions d’enfants. Le plan de collecte totalement irréaliste prévu par le gouvernement des soviets n’ayant pas été rempli – et pour cause – Kaganovitch et Molotov sont dépêchés en octobre 1932 dans le Caucase du nord et en Ukraine afin d’« accélérer les collectes» et empêcher à tout prix les paysans de fuir vers les villes.

Le 2 novembre 1932, la commission présidée par Kaganovitch, qui avait été envoyé dans le Caucase du nord, adopte la résolution suivante : « A la suite de l’échec particulièrement honteux du plan de collecte des céréales, obliger les organisations locales du Parti à casser le sabotage organisé par les éléments koulaks contre-révolutionnaires, anéantir la résistance des communistes ruraux et des présidents de kolkhoze qui ont pris la tête de ce sabotage. » A partir de ce moment-là, les opérations « anti-sabotage » vont aller bon train et les victimes se compteront par dizaines de milliers. Sans compter les déportations de villages entiers. Un certain Nikita Khrouchtchev s’illustrera d’ailleurs également par sa férocité durant cette sombre période, en Ukraine. II a été calculé qu’au plus fort de la famine, jusqu’à 33 000 personnes mourraient de faim chaque jour dans cette région. Le cannibalisme réapparaîtra.

Une cible de la déstalinisation[modifier | modifier le code]

Après la mort de Staline, Kaganovitch réussit à conserver son influence. De mai 1955 à juin 1956, il est ministre du Travail et des Salaires. En 1957, il remplace Khrouchtchev pour quelques mois au poste de premier secrétaire du Parti en Ukraine et contribue à la montée au pouvoir de ce dernier. Pour autant son influence décroît très rapidement. Avec ses collègues de la tendance conservatrice Molotov et Vorochilov, il fomente une intrigue pour éliminer son ancien protégé devenu entre-temps un détracteur de plus en plus virulent des méthodes staliniennes. Accusé d'avoir fomenté les activités du groupe « antiparti », Kaganovitch est démis de ses fonctions au gouvernement, puis du Praesidium en juin 1957, pour être relégué à la direction d'une cimenterie en province.

Violemment critiqué au XXIIe Congrès du PCUS d'octobre 1961 qui défend une ligne de déstalinisation radicale, il n'est pourtant pas exclu du Parti, élimination qui ne surviendra que trois ans plus tard. Tombé dans l'oubli, Kaganovitch retrouve une certaine notoriété au début de la Glasnost au milieu des années 1980 quand des journalistes obtiennent du vieux dirigeant l'exhumation de révélations controversées. Il le doit aussi à sa longévité. Ayant réussi à atteindre l'âge de 97 ans, il meurt en 1991, très peu de temps avant les évènements qui aboutissent à la disparition de l'Union soviétique qu'il a largement contribué à façonner.

Citations[modifier | modifier le code]

« Un vrai Bolchévik doit être solide et brave et ne jamais plier. Il doit être toujours prêt à sacrifier au Parti non seulement sa vie mais aussi encore son amour-propre et tous ses sentiments personnels. »

— Victor Kravchenko, J'ai choisi la liberté, 1949.

Notes[modifier | modifier le code]


Liens externes[modifier | modifier le code]

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