Lavr Kornilov

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Lavr Gueorguievitch Kornilov
Лавръ Георгіевичъ Корниловъ
Image illustrative de l'article Lavr Kornilov

Naissance
Oust-Kamenogorsk
Décès (à 47 ans)
Ekaterinodar
Mort au combat
Origine Drapeau de l'Empire russe Empire russe
Allégeance Drapeau de l'Empire russe Empire russe
Drapeau de la Russie Armées blanches
Arme Infanterie
Grade Imperial Russian Army GenBranch 1917 h.png Général d’infanterie
Années de service 1889-1918
Conflits Guerre russo-japonaise
Première Guerre mondiale
Guerre civile russe
Commandement Armée des Volontaires
Distinctions Ordre de St-Georges IIIe classe Ordre de Saint-Georges
Ordre de Saint-Vladimir IIIe classe Ordre de Saint-Vladimir
Ordre de Sainte-Anne IIe classe Ordre de Sainte-Anne
Ordre de Saint-Stanislas IIe classe Ordre de Saint-Stanislas
Médaille de la première campagne du Kouban Médaille de la première campagne du Kouban (à titre posthume)
Signature de Lavr Gueorguievitch Kornilov

Lavr Gueorguievitch Kornilov (en russe : Лавр Георгиевич Корнилов), né le à Oust-Kamenogorsk (Kazakhstan) et mort le à Ekaterinodar (Russie) est un général russe ayant commandé l’Armée des Volontaires durant la guerre civile. Il est connu pour avoir tenté un coup d’État militaire contre le gouvernement de Kerensky en 1917.

Origines[modifier | modifier le code]

Kornilov est un cosaque originaire du Kazakhstan ; son père étant officier de carrière dans l’armée impériale russe, il poursuit donc ses études au corps des cadets d'Omsk. Entre 1890 et 1904, il mène plusieurs missions d’exploration au Turkestan oriental, en Afghanistan et en Perse. Il apprend alors plusieurs langues d’Asie centrale.

Guerre russo-japonaise[modifier | modifier le code]

En juin 1904, le lieutenant-colonel Kornilov est nommé à l’état-major général de Saint-Pétersbourg mais obtient rapidement sa mutation dans l’armée d’active. De septembre 1904 à décembre 1905 il sert en tant qu’officier (par la suite chef) d’état-major de la 1re brigade de fusiliers. Son baptême du feu a lieu lors de la bataille de Sandepu. En février 1905 il couvre avec sa brigade la retraite des troupes russes de Moukden.

Encerclé par les Japonais dans le village de Vazye, Kornilov parvint par une attaque à la baïonnette à percer les lignes ennemies et à rejoindre en ordre, avec blessés et étendards, l’armée russe.

Il reçoit pour ses actions l’ordre de Saint-Georges, une arme de Saint-Georges, ainsi que le grade de colonel. Il sert ensuite en Chine de 1907 à 1911.

Première guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Au commencement de la Première Guerre mondiale, il est général-major dans la 8e armée en Galicie sous les ordres d'Alexeï Broussilov. Il est capturé par les Autrichiens en avril 1915. S’échappant en juillet 1916, il est promu général d’infanterie et rejoint la 8e armée et participe à l'offensive Broussilov (juin-septembre 1916). Il commande la zone militaire de Petrograd en mars 1917. Le 19 mai 1917, il autorise la création d’un régiment de volontaires qui deviendra le régiment d'assaut de Kornilov. Ce dernier s’illustre d’abord face aux Autrichiens, plus tard du côté des armées blanches lors de la guerre civile russe.

En juillet 1917, après l'échec de l'offensive Kerenski, le gouvernement provisoire désigne Kornilov pour succéder à Broussilov comme général en chef de l'armée russe. Kornilov tente de restaurer la discipline dans l'armée. Cependant, il ne peut empêcher les Austro-Allemands de reprendre la Galicie orientale lors de l'offensive de Tarnopol (de) (19-25 juillet 1917).

L’intervention de Kornilov[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Affaire Kornilov.

Le général Kornilov décide alors d’intervenir dans la situation plus que chaotique de la Russie, persuadé que la défaite militaire et la révolution de Février entraînent la Russie dans le chaos. Le chef du gouvernement provisoire Kerensky, qui cherche de l’aide un peu partout, semble le soutenir mais lorsqu’il se rend compte qu’il ne maîtrise plus la situation il change de stratégie et s’adresse aussi aux gardes rouges. Kornilov, croyant à tort que le gouvernement provisoire est aux mains des bolcheviks, ordonne à ses troupes de marcher sur Pétrograd (9 septembre 1917). L’intervention, présentée comme coup d’État, ayant échoué, le général Kornilov est démis de ses fonctions puis arrêté.

Avec ses partisans (au nombre desquels Anton Dénikine, Sergueï Markov et Ivan Romanovski), il est retenu à Bykhov, sous la protection de sa garde personnelle de guerriers turkmènes. Après la révolution d'Octobre les prisonniers décident de fuir en direction du Don.

Commandant de l’armée des volontaires[modifier | modifier le code]

Ayant réussi grâce à de faux papiers à échapper à la vigilance des bolcheviks, le général Kornilov parvient à rejoindre le général russe Mikhail Alekseïev à Novotcherkassk. Ensemble, ils forment fin 1917 l’armée des volontaires, Kornilov prenant les responsabilités militaires, Alekseïev s’occupant des affaires civiles.

En février 1918, l’armée, composée de quelques milliers d’anciens officiers de l’armée impériale, est forcée par l’armée rouge à se retirer de Novotcherkassk et Rostov-sur-le-Don et entame alors sa première campagne du Kouban visant à rallier Ekaterinodar. La ville étant entretemps tombée au mains des bolcheviks, les volontaires et leurs alliés cosaques tentent de la prendre d’assaut. Lors de l’attaque de la ville, le général Kornilov est tué par un éclat d’obus dans son quartier général de campagne le 13 avril 1918.

Représentants de l’armée des volontaires autour de la tombe symbolique du général Kornilov, 1919

La dépouille du général fut enterrée en secret au côté de celle de Mitrofan Nejentsev, tombé la veille, dans un village proche, à 40 verstes de la capitale du Kouban. Quand les bolcheviks prirent contrôle de la zone quelques jours plus tard ils exhumèrent le corps et le souillèrent avant de le brûler dans une décharge d’Ekaterinodar.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]