Mary Wortley Montagu

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Lady
Mary Wortley Montagu
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Lady Mary Wortley Montagu
par Charles Jervas
Nom de naissance Lady Mary Pierrepont
Naissance
Londres, Angleterre
Décès
Londres, G-B
Nationalité Drapeau de la Grande-Bretagne britannique
Pays de résidence Angleterre, Turquie, Italie et d'ailleurs en Europe
Conjoint
Famille
1 fils (Edward) ; 1 fille (Mary)
Auteur

Œuvres principales

Lettres de Milady Wortley Montagu ("Turkish Embassy Letters")
La Femme n’est pas inférieure à l'homme

Lady Mary Wortley Montagu, née le à Londres où elle est morte le , est une écrivaine britannique.

Biographie[modifier | modifier le code]

La fille aînée d'Evelyn, 1er duc de Kingston-upon-Hull, KG[1],[2] et de Lady Mary Feilding[3], elle fut baptisée le 26 mai 1689, soit onze jours après sa naissance[4]. Enfant précoce, elle apprit seule le latin[5]. Lady Mary devint très tôt la coqueluche des milieux intellectuels de Londres et était très proche de Sir Richard Steele ou Addison.

Après deux ans d'hésitation et d'échanges épistolaires passionnés durant lesquels, selon Lytton Strachey, « il n'y eut guère de moment où l'un ou l'autre ne fut pas sur le point de rompre définitivement[6] », elle s'enfuit avec Sir Edward Wortley-Montagu MP (1678–1761)[7], petit-fils du 1er comte de Sandwich, qu'elle épousa en 1712 malgré l'opposition de son père, le duc de Kingston.

Son mari, Sir Edward, fut nommé ambassadeur britannique auprès de l'Empire Ottoman en 1716. Comme elle avait eu la variole, dont elle avait gardé des séquelles, et qu'elle se sentait fiévreuse à la suite de la naissance de leur premier enfant, elle décida de l'accompagner, espérant qu'un changement de climat lui ferait du bien. Le fait n’avait rien de nouveau, la plupart des ambassadeurs britanniques à Constantinople étant accompagnés de leur femme (et de leurs enfants) depuis le début du XVIIe siècle[8]. Ils passèrent par Rotterdam, autres parts des Pays-Bas et du Saint-Empire, Vienne puis Andrinople pour enfin atteindre Istanbul, un an après être partis de Londres. Ils séjournèrent à Péra pendant 18 mois.

Lady Mary découvrit lors de ce séjour la technique ottomane de l'inoculation contre la variole[9], l'ancêtre de la vaccination mise au point soixante ans plus tard par le Dr Edward Jenner. Elle accepta de faire inoculer son fils — plus tard, lorsqu'elle revint à Londres, elle demanda le même traitement pour sa fille. Lady Mary joua ainsi un rôle important dans la lutte contre la variole et le développement de la vaccine[10]. Ils quittent la Turquie à regret. Le trajet du voyage de retour passa par la Grèce et l'Afrique du Nord.

Son mariage avec Sir Edward Wortley-Montagu s'avéra finalement un échec et les deux amants se détachèrent progressivement, jusqu'à « une indifférence presque absolue[6] ». En 1738, elle fit la connaissance d'un poète et dandy italien, le comte Francesco Algarotti, dont elle tomba passionnément amoureuse ; elle entre alors en compétition avec le 2e baron Hervey pour l'amour du comte Algarotti[11]. Elle quitta la Grande-Bretagne l'année suivante pour Venise, prétextant à nouveau qu'un changement de climat lui ferait du bien. En fait, elle espérait rejoindre Algarotti. Lui-même bisexuel[11], il réussit à l'éviter pendant deux ans, lui préférant lord Hervey. Elle visita donc la France et les États pontificaux (Rome et Naples) depuis Venise où elle s'était installée dans un palais qu'elle louait sur le Grand Canal. Lorsqu'elle retrouva enfin Algarotti, sa déception fut grande et elle partit pour Avignon, en passant par Genève.

En Avignon, elle vécut dans un moulin transformé en habitation. Elle resta encore vingt-deux ans éloignée de la Grande-Bretagne : elle vécut à Brescia, Venise à nouveau ou Padoue, toujours accompagnée. Elle recevait aussi beaucoup. Lui rendre visite était souvent une étape obligatoire et des plus agréables sur la route du Grand Tour. Elle fut donc très bien accueillie à son retour à Londres après la mort de son mari en 1762 mais mourut d'un cancer la même année.

En 1761, elle prit contact avec le révérend Benjamin Sowden qui vivait à Rotterdam : elle lui remit le manuscrit révisé de ses souvenirs à Istambul et le chargea de le publier ; ce texte avait circulé jusqu'à présent dans un cercle restreint d'amis. La mort de son mari qui laissait une fortune colossale, sa fille qui vivait avec le comte de Bute, le nouveau premier ministre, rendait impossible une publication de son vivant et encore moins sous son nom. Le texte parut anonymement juste après sa mort en 1763 et se présente sous la forme de lettres. Intitulé Letters of the Right Honourable Lady M--y W---y M----e, during her Travels in Europe, Asia and Africa, To Persons of Distinction, Men of Letters &c. in different Parts of Europe. Which contain, ... Accounts of the Policy and Manners of the Turks, Drawn from Sources that have been inaccessible to other Travellers, connu sous le titre générique de Turkish Letters, cet ouvrage est une source inestimable sur les femmes dans l'Empire Ottoman au XVIIIe siècle. En effet, en tant que femme, elle put avoir accès à des lieux interdits aux hommes : harems ou bains par exemple ; plus généralement, elle eut de véritables contacts avec les Ottomanes.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Ses Turkish Letters publiées en 1763, ont toujours été rééditées depuis, notamment en français sous le titre "L'islam au péril des femmes, Une Anglaise en Turquie au XVIII siècle"[12].

Plusieurs auteurs[13] ont émis l'hypothèse qu’elle était la rédactrice du texte féministe Woman Not Inferior to Man (1739). Celui-ci a probablement été traduit en français par l'amante du philosophe Denis Diderot, Madeleine de Puisieux (voire par son mari, Philippe-Florent de Puisieux) sous le titre de La Femme n’est pas inférieure à l'homme (1750) puis Le Triomphe des dames (1751), et est considéré comme un prélude au A Vindication of the Rights of Woman de Mary Wollstonecraft.

Représentations dans les Arts[modifier | modifier le code]

Parentée à la Maison royale actuelle[modifier | modifier le code]

Sa sœur, Lady Francis Medows, née Pierrepont (m. 1795) est éloignée par son époux.à S.A.R. la duchesse de Cambridge.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. The History and Antiquities of Windsor, Rev. Joseph Pote, p. 315 (1749)
  2. www.royalcollection.org.uk
  3. www.thepeerage.com
  4. « Wortley Montagu, Lady Mary » par Isobel Grundy l'Oxford Dictionary of National Biography (2004).
  5. (en) Eric Rothstein, Restoration and Eighteenth-Century Poetry 1660-1780, New York, Routledge, 2014, 256 p., (ISBN 978-1-31758-918-1), p. 84.
  6. a et b Lytton Strachey, Cinq excentriques anglais, Le Promeneur,
  7. www.historyofparliamentonline.org
  8. (en) Geoffrey R. Berridge, British Diplomacy in Turkey, 1583 to the present, Leyde, Martinus Nijhoff, 2009, (ISBN 978-9-04742-983-8), p. 37 lire en ligne
  9. Dictionnaire de l'Empire ottoman Fayard 2015 p. 744
  10. Catriona Seth, Les rois aussi en mouraient. Les Lumières en lutte contre la petite vérole, Paris, Desjonquères, 2008.
  11. a et b (en) Roger Lonsdale, Roger H. Lonsdale, Eighteenth Century Women Poets: An Oxford Anthology, Oxford University Press (1990), p. 55
  12. Lady Mary MONTAGU, L'islam au péril des femmes. Une Anglaise en Turquie au XVIII siècle, Paris, La Découverte Poches / Essais, , 266 p. (ISBN 9782707134967, lire en ligne)
  13. Cf. Camille Garnier, « La Femme n'est pas inférieure à l'homme (1750) : œuvre de Madeleine Darsant de Puisieux ou simple traduction française ? », Revue d'histoire littéraire de la France, 4, Paris, Armand Colin, 1987, p. 709-713 (en ligne) ; Sophie Loussouarn, « La revendication féminine dans Woman Not Inferior to Man (1739) », dans XVII-XVIII. Bulletin de la société d'études anglo-américaines des XVIIe et XVIIIe siècles, 47, 1998, p. 215-228 (en ligne).

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