Lactoremplaceur

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Un lactoremplaceur est un produit (généralement vendu pulvérulent à mélanger avec de l'eau) destiné à remplacer le lait maternel dans les élevages industriels.
Par dilution dans l'eau, il fournit un aliments liquide réputé « complet (lait de remplacement) pouvant se substituer au lait »[1].

Ingrédients, composition[modifier | modifier le code]

Il contient

Composition typique[1]

Contenu Taux (en %)
Protéines animales ou végétales brutes 21,5 %
Matières grasses brutes 20,0 %
Lactose 40,0 %
Amylacées 6,0 %
Cendres brutes 7,5 %
Fibres alimentaires brutes 0,5 %
Humidité 4,5 %

Usages[modifier | modifier le code]

Selon une commission d'enquête sénatoriale créée à la suite de la crise de la vache folle, les lactoremplaceurs sont majoritairement utilisés chez le veau de boucherie. Ce dernier en consomme environ 250 kg jusqu'à l'âge de cinq mois (alors que le veau d'élevage n'en consomme que 25 à 50 kg jusqu'à l'âge de deux à trois mois et les ovins et caprins de 10 à 25 kg jusqu'à l'âge de trois mois)[1]
Selon l'AFSA, les lactoremplaceurs donnés aux poulains sont faits avec des produits lactés[2]

Risques sanitaires[modifier | modifier le code]

L'AFSSA constatait en 2011 « dans tous les cas dépistés (d'ESB) que de l’aliment jeune bovin avait été consommé par les animaux malades (...) » « dans la première année de vie des animaux. » Or, poursuit l'AFSSA, « l’aliment « jeune bovin » n’est pas systématiquement utilisé en France, ni dans les élevages laitiers, ni dans les élevages allaitants. »

« Une étude cas/témoins [Jarrige et al., soumis] a mis en évidence la consommation d’aliments concentrés par les bovins pendant leurs deux premières années de vie, comme principale source de contamination des cas d’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) nés après l’interdiction des farines animales en France en 1990 (cas dits NAIF) »[6] Et les lactoremplaçeurs ont ou jouer un rôle dans la diffusion de prions pathogènes ; Les graisses animales et en particulier les « graisses d’os » issues de l'équarrissage ont en effet pu contenir des prions pathogènes et être source de « cas naïf » (c'est-à-dire issus de parents non contaminés) d'ESBC[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f et g Sénat français, Rapport de commission d'enquête n° 321 (2000-2001) de MM. Gérard DÉRIOT et Jean BIZET, fait au nom de la commission d'enquête, déposé le 11 mai 2001 ; Voir §a) Les farines animales : un produit de l'industrie de l'équarrissage
  2. a, b, c, d et e AFSSA, Les risques sanitaires liés aux différents usages des farines et graisses d’origine animale et aux conditions de leur traitement et de leur élimination, avril 2001 (voir § 5 ; "Le cheval", pages 19/208)
  3. Arrêté du 23 novembre 2000
  4. Heaney D.P & Shrestha J.N.B (1987) Effects of soyflour in milk replacer on the performance of artificially reared lambs. Canadian Journal of Animal Science, 67(3), 757-763 résumé).
  5. Selon l'AFSSA (avis du 26 janvier 2001), « il n’existait pas de données scientifiques disponibles justifiant d’interdire les farines et hydrolysats de poissons pour les espèces non-ruminantes et pour les poissons, sous réserve de garantir des structures dédiées depuis la fabrication jusqu’à l’utilisation de telles farines. Sur ces bases, un arrêté en date du 13 février 2001, autorise l’emploi des farines de poissons aux espèces non ruminantes, ces farines restaient autorisées chez les poissons par l’arrêté du 14 novembre 2000 ».
  6. Jarrige, N., Ducrot, C., Cazeau, G., Morignat, E., & Calavas, D. (2006) Contamination alimentaire des bovins naïfs atteints d'ESB ; Études complémentaires sur la période de distribution des aliments composés aux bovins et sur le rôle des aliments pour volailles ; J. Epidémiol. et santé anim., 49, 45-53
  7. Ducrot, « Épidémiologie de la tremblante et de l’encéphalopathie spongiforme bovine en France », dans Productions animales, INRA, vol. hors série, 2004, p. 67-77

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]