La Voleuse de livres

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Page d'aide sur les redirections Cet article concerne le roman. Pour le film adapté, voir La Voleuse de livres (film).
La Voleuse de livres
Auteur Markus Zusak
Genre Roman pour jeunes adultes
Roman historique
Version originale
Langue Anglais australien
Titre The Book Thief
Éditeur Picador
Lieu de parution Sydney
Pays d'origine Drapeau de l'Australie Australie
Date de parution 2005
Version française
Traducteur Marie-France Girod
Éditeur Oh !
Date de parution 2007
Lieu de parution Paris
Illustrateur Trudy White
Couverture Len Speier (Greendot)
Nombre de pages 560
ISBN 978-2915056488

La Voleuse de livres (The Book Thief) est un roman de l'écrivain australien Markus Zusak, publié en 2005 en Australie et en 2007 en France aux éditions OH !, dans une traduction de Marie-France Girod.

Le roman narre le destin tragique de Liesel Meminger, une fillette allemande pendant la Seconde Guerre mondiale, par les yeux de la Mort, dotée d'un humour noir et cynique, ultime témoin objectif de la folie des hommes.

La Voleuse de livres a obtenu un succès international auprès du public comme des critiques, qui ont salué l'aspect déconcertant du récit et les valeurs qu'il défend contre la barbarie comme l'importance des liens familiaux, l'amitié, la solidarité humaine et la puissance des mots.

Résumé[modifier | modifier le code]

Allemagne, pendant la Seconde Guerre mondiale. Le parti nazi d'Hitler est tout-puissant et ses adeptes chaque jour plus nombreux. La Mort, collectionneuse réticente d'âmes, nous raconte une histoire, rare plaisir d'une existence vouée à emporter nos âmes à l'heure de notre mort.

Cette histoire est celle de Liesel Meminger, que l'on découvre alors que son frère et elle sont envoyés par leur mère dans une famille d'accueil, à Molching, dans les environs de Munich, tout près du camp de Dachau. C'était aussi la première fois que la Mort rencontrait Liesel, qu'elle reverrait encore à deux reprises tout au long des évènements qui jalonneront sa vie. En effet, Werner, le frère de Liesel meurt, emporté par la toux, dans le train qui les conduit vers leur nouvelle famille d'accueil. Lors de l'enterrement, Liesel vole son premier livre, Le Manuel du Fossoyeur, tombé dans la neige de la poche du jeune garçon qui fait office d'aide du fossoyeur. Bien qu'elle ne sache pas lire, ce "vol" est le premier d'une série de nombreux autres (d'où le titre). Elle ne devait plus jamais revoir sa mère.

À son arrivée à Molchning, au 33 rue Himmel, Liesel rencontre ses parents adoptifs, Hans et Rosa Hubermann. Hans est peintre en bâtiment et Rosa mère au foyer. Bourrue et grossière, elle travaille en faisant la lessive pour les habitants plus riches de Molching, qu'elle déteste. Liesel rencontre aussi ses nouveaux camarades d'école, en particulier Rudy Steiner, un voisin de la Rue Himmel, qui deviendra son meilleur ami. Rudy admire l'athlète afro-américain Jesse Owens, l'un des meilleurs sprinteurs de l'entre-deux-guerres, quadruple médaillé d'or aux Jeux olympiques d'été de 1936 à Berlin, auquel Hitler a refusé de serrer la main parce qu'il était noir. Rudy s'enduit de charbon et tente d'imiter son idole en courant un cent mètres sur Hubert Oval.

Chaque nuit, Liesel est réveillée vers les 2 heures du matin par un terrifiant cauchemar où elle voit son petit frère mort à côté d'elle dans le wagon de chemin de fer qui les amenait à Molching. Et chaque nuit, Hans Hubermann, son "nouveau" père, vient dans sa chambre pour la rassurer et la câliner et reste auprès d'elle le reste de la nuit. Il lui joue parfois de l'accordéon, et plus tard, ils profiteront tous deux de ces longues heures nocturnes pour apprendre à Liesel à lire, se servant des maigres bases de Hans pour déchiffrer les mots et les phrases des livres dérobés.

Le temps passe et Liesel grandit, comme grandit son butin littéraire : après Le Manuel du Fossoyeur, elle reçoit pour Noël deux livres de la part de son père adoptif, Faust le Chien et Le Phare, qu'il avait acheté en vendant les cigarettes roulées qu'il fabriquait. Lors d'un bûcher de livres organisé pour l'anniversaire du Führer, elle vola Le Haussement d'Épaule et reçut même un certain Mein Kampf de la part du fils des Hubermann, fidèle supporteur du parti nazi.

Entre-temps, Max Vandenburg, un boxeur juif, fils d'un ancien camarade de tranchées de Hans Hubermann, lui demande son aide, la persécution des juifs battant son plein en Allemagne. C'est Liesel qui donne à Hans l'idée d'utiliser le symbolisme de Mein Kampf pour permettre à Max de voyager jusqu'à Molching et de se cacher dans le sous-sol de la maison Hubermann, Rue Himmel. La cohabitation avec Max mit du temps à s'établir pour Liesel, mais il réussit à l'amadouer et ils devinrent des amis proches.

Max lui offrit son sixième livre, intitulé L'Homme qui se penchait, qu'il avait lui-même dessiné à la peinture sur les pages dédoublées de Mein Kampf. Le Siffleur fut son septième livre. Il dérivait dans les eaux de l'Amper jusqu'à ce que Rudy Steiner ne plonge dans l'eau glacée de décembre 1941 et, manquant de se noyer, ne le lui rapporte.

Au fur et à mesure que le roman se développe, le front de guerre se rapproche de Molching. Peu après un raid aérien, un avion allié s'écrase à l'extérieur de la ville, et Liesel et Rudy assistent à la mort du pilote. Ce fut la seconde rencontre de Liesel avec la Mort.

Elle vola son huitième livre dans la bibliothèque du maire, et choisit Le Porteur de Rêves à la mémoire de son ami Max, qui avait décidé de partir, de peur que la SS ne s'en prenne à ses bienfaiteurs. Le même scénario se répéta pour le neuvième et le dixième livre, Un chant dans la Nuit et Le Dictionnaire Universel Duden. Son onzième livre lui fut transmis par Rosa Hubermann elle-même. C'était le carnet de croquis de Max Vandenburg, qu'il avait nommé La Secoueuse de Mots - Petit Recueil de pensées pour Liesel Meminger. La femme du maire lui donna, officiellement cette fois, son douzième livre, Le Dernier Humain Étranger. Elle écrivit elle-même le dernier livre. Elle choisit de l'intituler La Voleuse de livres.

De nouveaux raids aériens s'abattirent sur Molching, et les habitants s'organisèrent pour se réfugier dans les caves ayant une « profondeur suffisante » lorsque les sirènes se mettaient à hurler. Liesel y apprit le pouvoir des mots en lisant ses livres à ses voisins pour les calmer pendant les bombardements.

Mais un jour, les alarmes sonnèrent trop tard. La plupart des habitants de la Rue Himmel furent tués lors de cette nuit de bombardements, sauf Liesel. Elle s'était enfermée dans le sous-sol des Hubermann pour écrire sa propre histoire. Elle eut soudainement à surmonter la douleur de la mort de sa famille et de ses amis, et la perte du seul bonheur qu'elle avait jamais connu. Elle fut le témoin des corps de ses parents et celui de Rudy, à qui elle fit un dernier baiser d'adieu. Ce fut sa troisième rencontre avec la Mort, qui subtilisa l'autobiographie de La Voleuse de livres, ce qui lui donna de nouvelles perspectives sur la vie de cette étrange jeune fille.

Miraculeusement, Max avait étonnamment et ironiquement survécu à son internement dans les camps de concentration et il retrouva Liesel quelques années plus tard, alors qu'elle travaillait à la boutique d'Alex Steiner, le père de Rudy.

L'histoire prend fin avec la mort de la vielle femme qu'est devenue Liesel, vivant désormais avec sa famille à Sydney, en Australie. C'est son ultime rencontre avec la Mort.

Thèmes[modifier | modifier le code]

La mort[modifier | modifier le code]

Tout au long du roman, la Mort est omniprésente, d'une part puisque c'est elle qui raconte l'histoire, mais aussi parce que cette histoire se situe en période de guerre et dans un pays où le régime en place l'a érigée en modèle. Liesel est donc entourée par la Mort, avec qui elle va devoir composer pour survivre, grandir et garder l'espoir, prenant même des risques inouïs pour aider des fugitifs, comme Max.

Le pouvoir des mots[modifier | modifier le code]

Liesel est La Voleuse de livres. Elle vole son premier livre lors de l'enterrement de son petit frère, et va, grâce à son père adoptif, à la femme du maire et à son ami Max, apprendre à lire et à écrire. Elle va également découvrir le pouvoir des mots, comme un apaisement dans une situation de stress et de tension (pendant les bombardements), mais aussi comme un moyen d'arriver à ses fins, moyen qu'utilisèrent aussi Hitler et son régime totalitaire pour asseoir leur domination sur les esprits du peuple allemand. Les livres qu'elle dérobe ou qu'on lui offre lui permettent finalement de s'évader lors des moments difficiles de son enfance.

L'amitié[modifier | modifier le code]

Une grande partie de l'intrigue tourne autour de l'amitié entre Liesel et de nombreuses personnes : Rudy, son meilleur ami, complice et camarade de jeux ; Hans, son père adoptif si compréhensif et intègre ; Max, le boxeur juif qui se cache dans la cave ; ou encore la femme du maire, Ilsa Hermann, la bienfaitrice qui lui permettra d'étendre sa culture littéraire et qui va la recueillir quand la Mort viendra lui ravir tous ceux à qui elle tenait.

La beauté et la brutalité de l'Humanité[modifier | modifier le code]

Ce paradoxe est de nombreuses fois exprimé dans ce récit, chaque fois énoncé avec détachement par la narratrice. La brutalité de l'homme a particulièrement été rattachée à l'Allemagne nazie. Les horreurs de cette guerre sont présentées au lecteur par le biais de la persécution et du traitement inhumain des Juifs. À l'opposé, les scènes telles que celle du pilote en train de mourir sont le reflet de la beauté de l'humanité. Dans cette scène, Rudy dépose un ours en peluche sur la poitrine de l'homme avant que la Mort ne vienne emporter son âme. Ces actes de bonté réapparaissent tout au long du roman, montrant ainsi les deux côtés de la nature humaine.

Les Allemands résistants[modifier | modifier le code]

Un sujet peu abordé concernant la Seconde Guerre mondiale est la résistance allemande en général. Il existait des mouvements de résistance au nazisme, tels que La Rose Blanche, un mouvement étudiant parti de Munich ou encore la tentative d'assassinat sur Hitler par le comte Claus Schenk von Stauffenberg, ainsi que de nombreux groupes sociaux-démocrates, communistes, catholiques, protestants et même des militaires[1].

Mais il y eut également de nombreux actes isolés et gratuits comme celui de Hans Hubermann, tels que ceux qu'on a pu retrouver en Europe et en France notamment, où de simples citoyens ont, au péril de leur vie et de celle de leur famille, décidé d'aider des juifs ou d'autres populations persécutées par les nazis.

Cadre spatio-temporel[modifier | modifier le code]

Molching est une petite ville imaginaire d'Allemagne. Elle est située à quelques kilomètres de Munich, en Bavière et proche de Dachau, la ville où fut construit le premier camp de concentration important d'Allemagne qui fut mis en service le  ; c'est en outre l'un des rares camps bâtis avant la mort de l'ancien Président Hindenburg en 1934.

L'histoire débute en janvier 1939, soit huit mois avant l'invasion de la Pologne et le début officiel de la Seconde Guerre mondiale. La fin de La Voleuse de livres se situe pendant les bombardements Alliés qui touchèrent l'Allemagne nazie l'été de l'année 1943. L'épilogue, situé à Sydney en Australie, se passe plusieurs dizaines d'années après les évènements narrés dans le roman, à la fin de la vie de Liesel Meminger.

Accueil[modifier | modifier le code]

La Voleuse de livres a été publié pour la première fois en Australie en 2005 dans la catégorie des romans pour adultes, alors qu'il est publié aux États-Unis et en Europe en tant que roman pour jeunes adultes[2]. Il devient rapidement numéro un des ventes aux États-Unis, ainsi qu'au Royaume-Uni dans les deux éditions (adulte et jeunes adultes) peu de temps après leurs sorties respectives[2].

Le roman est également salué par la critique américaine, britannique et australienne[3], la presse française lui réservant le même accueil[4].

Dans The Guardian, un critique écrit que « La Voleuse de livres, best seller sur la liste du New York Times, a été publié en tant que livre pour jeunes adultes dans certains pays, et comme un roman pour adultes dans d'autres. Il devrait certainement être lu par tous. Déconcertant, intrigant, triomphant et tragique, c’est un roman magistral à vous couper le souffle. Je ne pourrais jamais assez vous recommander de le lire[5],[6]. » En France, Le Monde des livres ajoute qu'il « célèbre l’amour de la lecture, les liens familiaux, la solidarité humaine. De quoi attendrir la Mort elle-même[7]. »

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Adaptation[modifier | modifier le code]

Article détaillé : La Voleuse de livres.

Une adaptation homonyme a été réalisée en 2013 par Brian Percival.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Site de la Résistance Allemande, consulté le 8 novembre 2008.
  2. a et b (en) Site officiel de La Voleuse de livres, consulté le 8 novembre 2008.
  3. (en) Site officiel, Press Reviews, consulté le 8 novembre 2008.
  4. Page du livre sur le site de l'éditeur Oh !, consulté le 8 novembre 2008.
  5. (en) Site du quotidien The Gaurdian, consulté le 8 novembre 2008.
  6. Citation originale : « A number one New York Times bestseller, The Book Thief has been marketed as an older children's book in some countries and as an adult novel in others. It could and - dare I say? - should certainly be read by both. Unsettling, thought-provoking, life-affirming, triumphant and tragic, this is a novel of breathtaking scope, masterfully told. I cannot recommend it highly enough. »
  7. Johanna Luyssen, « La lecture contre la mort », sur Le Monde,‎ (consulté le 8 novembre 2008)
  8. (en) Site de l'Australian IBBY, consulté le 8 novembre 2008.
  9. (en) Site de l'American Librairy Association, consulté le 8 novembre 2008.
  10. (en) Page de la YALSA sur le site de l'American Librairy Association, consulté le 8 novembre 2008.
  11. (en) Page des nommés aux Quills Awards sur MSNBC, consulté le 8 novembre 2008.

Liens externes[modifier | modifier le code]