La Semaine sainte

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La Semaine sainte
Auteur Louis Aragon
Genre roman historique
Version originale
Titre original La Semaine sainte
Éditeur original Gallimard
Langue originale français
Pays d'origine France
Date de parution originale 1958
Version française
Éditeur Gallimard
Collection blanche
Date de parution 1958
Type de média broché
Nombre de pages 835
ISBN 2-07020-224-0

La Semaine sainte est un roman historique de Louis Aragon, paru en 1958.

Argument[modifier | modifier le code]

La Semaine Sainte relate la semaine du 19 au 26 mars 1815 : alors que Napoléon, évadé de l'île d'Elbe, a débarqué au Golfe Juan et remonte vers Paris pour reprendre le pouvoir (épisode dit des Cent jours), le roi Louis XVIII et l'ensemble de sa Maison décident de fuir Paris. Le roman accompagne le roi, son entourage et son armée jusqu'à Béthune, où le souverain décide de gagner la Belgique. Il s'attache à des personnages historiques réels très nombreux, en particulier des maréchaux d'Empire ralliés depuis 1814 aux Bourbons, mais un personnage d'artiste apparaît central: le peintre Théodore Géricault qui a renoncé à son art pour s'engager dans la carrière militaire et qui accompagne le roi Louis XVIII dans sa fuite. Pris dans les difficultés d'un présent indéchiffrable, Géricault et plusieurs autres personnages se posent une question politique et humaine: est-il légitime de quitter le territoire national par fidélité au Roi ? À qui convient-il d'être fidèle ?

Un roman sur l'engagement personnel[modifier | modifier le code]

Ce roman, à la fois très riche de détails historiques précis, et en même temps invention romanesque décrit une période de l'Histoire où l'indécision est forte : Napoléon va-t-il se réinstaller durablement, Louis XVIII être chassé pour toujours ? Les personnages du roman ne le savent pas mais l'auteur, lui, le sait et c'est en résonance avec une époque de sa vie où tout ce à quoi il croit, le communisme, semble s'écrouler (après les révélations en 1956 du XXe congrès du Parti communiste de l'Union soviétique).

Dans ce roman, les personnages sont peints avec humanité, avec toute leur complexité, Théodore Géricault en premier lieu, mais aussi le maréchal Berthier qui se défenestre à Bamberg (Franconie allemande) ou le duc de Richelieu qui négocie durement au Congrès de Vienne, ou encore le duc d'Anzin, fondateur des premières mines dans le Nord, aristocrate et participant des prémisses de la révolution industrielle impulsée par la bourgeoisie. On trouve également, lors d'une réunion secrète dans la vallée de la Somme, des anciens Conventionnels s'interrogeant sur le parti à prendre dans la situation créée par le retour de Napoléon. C'est donc aussi un roman à résonance politique même s'il ne parle plus aussi directement du XXe siècle comme dans ses romans précédents ; il y a cependant des incursions dans ce siècle puisque l'auteur relate aussi comment sa conscience politique s'est développée pendant l'occupation de la Sarre en 1919, en particulier pendant une grève de mineurs allemands à Völklingen ; il souligne en même temps comment, de façon singulière à chaque être humain, que ce soit Louis Aragon, Théodore Géricault ou quiconque, peut se mettre en résonance la vie propre de chacun et la grande Histoire pour conduire à un engagement politique, mais aussi éventuellement à un engagement artistique.

Dans l'œuvre d'Aragon[modifier | modifier le code]

Ce roman de transition va ouvrir toute une autre période féconde de l'œuvre de Louis Aragon où il cherchera toujours à dépasser ses limites, en restant, à travers la tragédie, qu'elle soit politique, ou amoureuse, après la mort d'Elsa Triolet en 1970, fidèle à sa volonté de savoir aimer.