L'Ange de la vengeance

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L'Ange de la vengeance
Titre original Ms. 45
Réalisation Abel Ferrara
Scénario Nicholas St. John
Acteurs principaux

Zoë Lund
Albert Sinkys
Darlene Stuto]]

Sociétés de production Navaron Films
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Drame
Policier
Thriller
Durée 80 minutes
Sortie 1981

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

L'Ange de la vengeance (Ms. 45) est un thriller d'exploitation américain réalisé par Abel Ferrara, sorti en 1981.

Ce film de rape and revenge raconte l'histoire de Thana, une jeune femme muette qui devient une tueuse misandre après avoir subi deux viols en un jour en rentrant du travail. L'Ange de la vengeance est généralement considéré parmi ses fans comme un film underground et indépendant[1].

Synopsis[modifier | modifier le code]

Thana est muette et travaille dans un atelier de confection en compagnie d'autres jeunes femmes. Elle est très jolie et son handicap n'empêche pas son patron de la draguer. En rentrant chez elle, elle est attirée par un braqueur avec un masque de clown dans une ruelle. Il la viole. Thana retourne chez elle. Un cambrioleur est en train de visiter son appartement. Il la viole à son tour. Elle le tue puis le découpe en morceaux. Thana se met alors à assassiner les hommes qui tentent de l'approcher tout en affichant une sexualité agressive...

Critique[modifier | modifier le code]

Ferrara est parmi les derniers à avoir su allier thriller de bonne facture et recherche formelle comme le fit David Cronenberg avec le fantastique. D'une certaine manière, le petit film à sensations fortes fut le lieu de formation de nombreux cinéastes notamment sous l'égide du célèbre Roger Corman.

À l'époque, le cinéaste est en train de se construire une crédibilité alors qu'il gagnait sa vie en faisant des films pornographiques (The Nine Lives of a Wet Pussy par exemple). Mais ce serait réduire L'Ange de la vengeance que de s'arrêter à ces détails car ce n'est pas un film féministe au sens militant mais en ce qu'il nous parle du féminin. Thana (son nom évoque thanatos) est une femme dont la possibilité d'expression est réduite (elle est muette) et dont les possibilités de se défendre le sont aussi (elle ne peut pas crier pendant son viol). Elle subit des tentatives de séduction agressives basées sur des invectives auxquelles elle ne peut répondre. Dans une scène très forte, elle remonte la rue en compagnie de ses collègues, des hommes des deux côtés du trottoir les draguent, les filles se défendent en les insultant mais Thana baisse la tête piteusement (cette scène est reprise dans The Addiction). Libérée par son premier meurtre, Thana supprime des hommes qui asservissent les femmes : un maquereau, un photographe de mode... Dans le final du film, au cours d'un bal costumé, Thana apparaît costumée en nonne et se met à tirer dans la foule jusqu'à ce qu'une femme la poignarde dans le dos. Thana se retourne alors et parvient à articuler « Sœur » (Sister).

Le trajet esthétique du film et de son personnage conduisent à la libération de ce mot par les lèvres scellées de Thana. Le violeur de Thana (interprété par Ferrara) est le premier à lui pointer son rôle de victime désignée.

Le film ne se réduit pas non plus à cela, Ferrara montre déjà le brillant cinéaste qu'il est. Alors que le personnage de Thana se transforme en justicière, le cinéaste fait une utilisation graphique brillante de la couleur rouge qui des lèvres de Thana se répand partout à l'écran.

Zoe Tamerlis, qui interprète Thana, épousera ensuite l'artiste Roger Lund. Sous le nom de Zoë Lund, elle sera coscénariste de Bad Lieutenant et apparaîtra dans le rôle du dealer d'Harvey Keitel. Sa maigreur effrayante, son discours halluciné, frappent durablement l'esprit. Elle fut emportée par une overdose en 1999. Réalisatrice elle-même et muse de plusieurs artistes newyorkais, dans le court-métrage Hot Ticket, elle se présente à une station de métro et paye son ticket avec une seringue usagée. Le film se termine sur un regard face caméra où la détresse le dispute à l'ironie...

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Autour du film[modifier | modifier le code]

Anecdotes[modifier | modifier le code]

  • Ferrara a quelques collaborateurs de prédilection qui sont présents dès ses premiers films : Nicolas St. John (son scénariste qui a étudié la philosophie en Allemagne), Joe Delia (compositeur), John McIntyre (qui travaille à la caméra, au son et à la direction artistique des films).
  • Sans être officiellement un remake, L'Ange de la vengeance s'inspire des films Crime à froid réalisé par Bo Arne Vibenius et Un justicier dans la ville de Michael Winner, tous deux sortis en 1974.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Année Distinction Catégorie Nom Résultat
1981 Académie des films de science-fiction, fantastique et horreur meilleur film à petit budget L'Ange de la vengeance Nomination

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. L'actrice a été créditée sous son nom de jeune fille, Zoë Tamerlis.
  2. L'acteur crédité sous le nom de Jimmy Laine.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Olivier Père, « L'Ange de la vengeance », sur Les Inrocks,

Liens externes[modifier | modifier le code]