L'Éternel Adam

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L'Éternel Adam
Image illustrative de l'article L'Éternel Adam
Illustration par Léon Bennett.
Publication
Auteur Michel Verne
Parution 1910
Intrigue
Genre Science-fiction

L'Éternel Adam est une nouvelle de Michel Verne, publiée dans le recueil Hier et demain en 1910 sous le nom de Jules Verne.

Thème[modifier | modifier le code]

C'est une nouvelle très pessimiste contant la mort de notre civilisation actuelle, puis la naissance d'une nouvelle civilisation : un archéologue du futur retrouve le journal d'un groupe de survivants à un cataclysme ayant entièrement submergé le globe. Ce groupe retouche finalement terre sur une île d'origine volcanique. N'ayant plus d'autre objectif que se nourrir, ils retournent progressivement à la barbarie. Tout le savoir de notre civilisation est oublié. Beaucoup plus tard, leurs descendants fonderont une nouvelle civilisation dont fera partie l'archéologue du futur.

Verne émet l'hypothèse que chaque civilisation humaine pourrait être construite sur les ruines de civilisations antérieures détruites par un cataclysme planétaire, comme l'Atlantide. Les couples de survivants seraient alors les nouveaux Adam et Ève des nouvelles religions.

L'Éternel Adam pourrait avoir été influencé par le catastrophisme d'Eugène Huzar (1820-1890)[1].

Historique de l’œuvre[modifier | modifier le code]

Intitulée d'abord Édom[2], les premiers doutes sur l'authenticité de la nouvelle apparaissent dès juillet 1970 lorsque Simone Vierne et Piero Gondolo della Riva ont l'occasion d'en voir le manuscrit chez Jean-Jules Verne à Toulon. Simone Vierne signale ainsi dans sa biographie Jules Verne et le roman initiatique[3] que l'écriture en est déformée. Elle pense alors que Jules Verne a du la composer vers 1901 au moment où il commence à souffrir de la cataracte[4].

En 1991, les chercheurs Olivier Dumas et Christian Porcq, refusent absolument, devant la qualité qu'ils remarquent de l'ouvrage, d'en attribuer la paternité à Michel Verne, lors de la publication de la version originale de la nouvelle dans le Bulletin de la Société Jules Verne no 100[5].

Après la mort de Jean-Jules Verne en 1980, les héritiers Verne cèdent à la Ville de Nantes l'ensemble des manuscrits qu'ils possèdent sauf, comme l'atteste l'inventaire qui en a été publié[6], L'Agence Thompson and Co (dont la paternité à Michel a été totalement démontrée) et Édom. Interrogé sur le sujet par Gondolo de la Riva, Georges Verne lui répondit qu'il ne voulut pas livrer à la Ville de Nantes un récit si réussit mais accepte alors de lui donner une photocopie de deux pages[7]. Gondollo y reconnaît aussitôt l'écriture de Michel. Lorsque qu'en 1976-1977, il achète à Sèvres chez les descendants d'Hetzel l'ensemble des copies dactylographiées, le collectionneur remarque qu'il y manque L'Agence Thompson et Édom. Ainsi, dès 1978 dans Europe, Gondolo attribue déjà la paternité d’Édom à Michel Verne[8]. Dans la correspondance entre Michel et son père et entre l'éditeur Hetzel et Jules ou Michel Verne, jamais l’œuvre n'est évoquée.

Par ailleurs, Michel Verne, conservait les manuscrits de son père dans des emboîtages qu'il avait fait fabriquer exprès. Gondollo remarque que uniquement deux cas manquaient : L'Agence Thomspn and Co et Édom[9].

Le manuscrit est de 50 pages numérotées de 1 à 50 sur papier blanc (28 cm par 18) plus une page non numérotée sur papier quadrillé. L'écriture est exclusivement de la main de Michel Verne. Il est très raturé et comporte de nombreux rajouts. Le texte en pré-original dans La Revue de Paris le 1er octobre 1910, comporte aussi des modifications effectuées par le directeur Louis Ganderax[10].

Publications[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Lucian Boia, L’éternel Adam et les "fins du monde", Bulletin de la Société Jules Verne no 68, 1983, p. 127-131
  • Piero Gondolo della Riva, A propos de la paternité de L’Éternel Adam , Bulletin de la Société Jules Verne no 193, décembre 2016, p. 60-67
  • Volker Dehs, Notes complémentaires sur Édom , Bulletin de la Société Jules Verne no 193, décembre 2016, p. 68-75

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Baptiste Fressoz, « Eugène Huzar et l’invention du catastrophisme technologique », Romantisme, no 150, page 150, 2010.
  2. Titre sous lequel elle fut reprise en complément du roman La Chasse au météore chez Grama en septembre 1994 après une première édition dans le Bulletin de la Société Jules Verne no 100 en 1986.
  3. Jules Verne et le roman initiatique, Éditions du Sirac, 1973, p. 736, note 36
  4. Cité par P. Gondolo de la Riva, A Propos de la paternité de L’Éternel Adam, BSJV no 193, décembre 2016, p. 60
  5. O. Dumas, Les Avatars d’Édom, BSJV no 100, 1991, p. 15-18 et C. Porcq, Édom, ou l'arche de Noé de tous les Voyages , Ibid, p. 49-57.
  6. Catalogue des manuscrits de Jules Verne, Ville de Nantes, 1988
  7. Reproduites dans le BSJV no 193, août 2016, p. 62-63
  8. P. Gondolo della Riva, A propos des œuvres posthumes de Jules Verne, Europe no 595-596, novembre-décembre 1978, p. 73-88
  9. BSJV no 193, op. cit, p. 65
  10. Gondolo, Ibid, p. 65-66

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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