Kristin Ross

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Kristin Ross
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Kristin Ross, née en 1953, est une essayiste américaine, professeure de littérature comparée à l'université de New York[1], spécialiste de la culture française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation[modifier | modifier le code]

Elle obtient sa licence et son master à l'université de Santa Cruz, puis soutient sa thèse de doctorat intitulée « La fascination et la narration chez l’Abbé Prévost, Marcel Proust et Maurice Blanchot », à l'université Yale en 1981[1].

Recherche[modifier | modifier le code]

Ses travaux de recherche portent principalement sur la littérature et la culture françaises des XIXe siècle et XXe siècle siècles, la littérature caribéenne francophone, l'histoire urbaine et l'histoire révolutionnaire.

Dans Mai 68 et ses vies ultérieures, elle entreprend de « Ressusciter le contexte politique et mental de Mai 68 et montrer comment les “vies ultérieures”, de cet épisode contestataire l’ont progressivement effacé des mémoires pour faire de Mai 68 une simple étape vers le libéralisme et l’individualisme triomphants. […] Décentrant son regard de l’intellectuel parisien pour le focaliser sur les centaines de mobilisations ouvrières et paysannes qui firent de la période 68 un mouvement politique d’ampleur auquel participèrent, jusqu’en juin, près de neuf millions de travailleurs, K. Ross insiste notamment, dans le troisième chapitre intitulé « Formes et pratiques », sur la radicalisation des organisations de jeunesses issues de la gauche parlementaire et syndicale. »[2]

Elle établit des passerelles entre les registres de l’histoire et de la littérature, mais aussi entre le passé et l’histoire contemporaine, par exemple entre la Nouvelle vague et les débuts de l’industrie automobile en France dans Rouler plus vite, laver plus blanc, ou les mouvements Indignados ou Occupy, et la Commune de 1871, dans L’imaginaire de la Commune.

« En 2011, la scène politique mondiale a été dominée par la figure et la phénoménologie du campement ou de l’occupation et c’est ce retour d’une forme de contestation par l’occupation qui m’a incitée à revenir à la culture politique de la Commune de Paris avec une problématique tout autre que celle qui a animé la poétique historique de la Commune que j’ai écrite dans les années 1980[3]. »

Elle étudie dans cet ouvrage comment, malgré leur brièveté, les 72 jours de la Commune de Paris ont rayonné au-delà du champ politique, à travers les conceptions de l’art, de la littérature et de l’éducation, mais aussi le monde du travail. Cette relecture de l’histoire partant de l’imaginaire né d’un événement révolutionnaire déborde aussi tout nationalisme étroit, en repérant les influences de la Commune chez le « poète-artiste » anglais William Morris et chez deux géographes anarchistes, le français Élisée Reclus et le russe Pierre Kropotkine.

Elle estime notamment que, chacun à sa façon, ces personnages clés du XIXe siècle ont tous trois promu in vivo la possibilité d’un “luxe communal” fait d’égalité dans l’abondance, à la différence du luxe bourgeois, insensé, gaspilleur et ostentatoire, incapable d’exister sans de multiples esclavages paysans, ouvriers et domestiques.

Traduction[modifier | modifier le code]

Elle a traduit plusieurs ouvrages français en américain. Elle a réalisé l'édition anglophone du Maître ignorant de Jacques Rancière, intitulée The Ignorant Schoolmaster.

Divers[modifier | modifier le code]

La plupart de ses livres traitant de la culture française sont traduits dans cette langue, parmi lesquels Fast Cars, Clean Bodies (Rouler plus vite, laver plus blanc), paru aux Presses du MIT en 1995, a reçu aux États-Unis l’Oscar du choix de la critique, le Critic’s Choice Award ainsi que le Lawrence Wylie Award for French Cultural Studies, prix Lawrence Wylie pour les Études de culture française.

Kristin Ross a également été récompensée par une bourse Guggenheim et une autre de l'Institute for Advanced Study de Princeton.

Publications[modifier | modifier le code]

Ouvrages en anglais[modifier | modifier le code]

  • Fascination and storytelling: Prevost, Proust, and Blanchot, thèse de doctorat, 1981
  • Everyday life, Yale University Press, 1987
  • Fast Cars, Clean Bodies : Decolonization and the Reordering of French Culture, October Books, , 300 p. (ISBN 978-0262181617)
  • May '68 and Its Afterlives, University Of Chicago Press, , 247 p. (ISBN 978-0226727998)
  • Anti-Americanism, New York University Press, 2004
  • The emergence of social space : Rimbaud and the Paris Commune, Verso, , 170 p. (ISBN 978-1844672066)
  • Communal Luxury : The Political Imaginary of the Paris Commune, Verso, , 176 p. (ISBN 978-1781688397)

Ouvrages traduits en français[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Kristin Ross sur le site de l'université de New York
  2. Rémi Guillot, Mai 68 et ses vies ultérieures, note de lecture in Politix 2006/3 (n° 75) en ligne
  3. L’imaginaire de la Commune, traduit par Étienne Dobenesque, La Fabrique, 2015. En mentionnant sa « poétique historique […] écrite dans les années 1980 », l’auteure se réfère à Rimbaud, la Commune de Paris et l’invention de l’histoire spatiale, traduit pour Les Prairies ordinaires en 2013.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]