Julienne de Norwich

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Julienne de Norwich
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La bienheureuse Julienne de Norwich, née aux environs de 1342 et décédée en 1416, est une religieuse mystique anglaise ayant vécu comme recluse aux XIVe et XVe siècles. Elle est liturgiquement commémorée le 13 mai pour l'Église catholique[1] et le 8 mai pour l'Église anglicane[2].

On l'a par ailleurs surnommée la « première femme de lettres anglaise[3]'[4] ».

La bienheureuse Julienne de Norwich

Biographie[modifier | modifier le code]

Julienne (Julian of Norwich) vécut à Norwich, en recluse, autrement dit à l'écart du monde[5] mais cependant aidée d'une servante et recevant de temps en temps des visites, tel que celles de Margery Kempe. En 1373, elle eut une série de 16 visions ou révélations (shewings en vieil anglais) dont elle dicta le récit. Ce texte est dense en sa simplicité et assez bref, même dans la plus longue des deux versions. Elle vit le Christ souffrant la Passion et des scènes semblables à des paraboles évangéliques.

L'image populaire de Julienne vivant avec son chat de compagnie découle de la réglementation énoncée dans The Ancrene Riwle[6].

Sa pensée[modifier | modifier le code]

L'enseignement tiré de ses visions n'a rien de mièvre ni de simpliste. Dieu n'est qu'amour, débordant de cortaysie, autrement dit de courtoisie, c'est-à-dire de bienveillance, de grâce spirituelle.

Selon elle, les souffrances de Jésus-Christ sur la Croix sont actuelles et il n'y a pas d'intervalle de temps entre celles-ci et sa résurrection ; pour elle, nous sommes actuellement avec le Christ sur sa croix et la Résurrection du Christ coïncide avec sa mort et donc notre mort coïncidant avec la sienne, notre résurrection coïncidera aussi avec la sienne comme avec notre mort[4].

Elle écrit : « Ainsi, je vis Notre-Seigneur Jésus languir sur sa Croix pendant longtemps, car sa divinité donna à son humanité la force de souffrir plus que tous les hommes ne le pourraient. » Mais cette force ne lui épargne pas la souffrance lui permettant seulement de souffrir davantage[7] : « Et ce fut pour les péchés de chaque homme qu'il souffrit ; et il vit les douleurs et les chagrins de chacun ; et, par bonté comme par amour, il les partagea. »

Julienne consacra plusieurs chapitres à la maternité de Jésus-Christ.

À Julienne qui doutait du salut des païens et des pécheurs, Jésus-Christ lui aurait dit[8] : « Ce qui te paraît impossible ne l'est pas pour moi. Mes paroles se vérifieront en tout ; oui, je ferai que tout sera bien. »[9]

De plus, selon ses révélations, le salut, proposé à tous les hommes, rétablira toute la création[10] : « Tout finira bien. Toutes choses, quelle qu'elles soient, finiront bien. » Sa conclusion est celle que lui confie Jésus-Christ et qu'elle répète à plusieurs fois, à savoir all shall be well, « tout finira bien », ou plutôt : à la fin (une fois entrée dans l'éternité), tu verras que tout était bien.

Écrits[modifier | modifier le code]

Sainte Julienne de Norwich, recluse d'un ermitage en Angleterre[11], reçu seize révélations de Jésus-Christ dans sa Passion[12].

Commentaire selon saint Jean (Jn 3, 31-36)

Joie trinitaire

« La Trinité est Dieu, et Dieu est la Trinité. Dieu Tri-Un est notre créateur. Dieu Tri-Un est notre garde. Dieu Tri-Un est notre amant éternel. Dieu Tri-Un est notre joie infinie et notre béatitude par notre Seigneur Jésus Christ et en notre Seigneur Jésus Christ.
Le Christ est notre voie. Il nous conduit avec sécurité dans ses préceptes. Dans son corps mystique, il nous porte au ciel avec puissance. Je vis qu'ayant en lui tous ceux qu'il sauvera, il en fait glorieusement don à son Père céleste, don que le Père reçoit avec très grande reconnaissance et qu'il remet courtoisement à son Fils Jésus Christ. Ce don et ce geste sont joie pour le Père, félicité pour le Fils et réjouissance pour le Saint-Esprit. Parmi tout ce que nous pouvons faire pour plaire à Dieu, il n'est rien qui lui soit plus agréable que de nous voir nous réjouir en cette joie qu'a la Trinité pour notre salut. »

— Ste Julienne de Norwich. Écrits mystiques, Toulouse, éd. du Carmel, 2007, p. 69-70[13].

Commentaire selon saint Matthieu (Mt 8, 1-4)

Avoir confiance

« Cette parole : « Tu ne seras pas vaincu », Jésus l'a prononcée avec force, comme une assurance et un réconfort contre toutes les tribulations qui peuvent advenir. Il ne dit pas : « Tu ne connaîtras pas les tempêtes. Tu ne connaîtras pas les dures peines. Tu ne connaîtras pas la détresse. » Mais il dit : « Tu ne seras pas vaincu. » Dieu veut que nous portions grande attention à ces paroles et que de toutes nos forces nous gardions toujours une foi confiante, dans la prospérité ou dans l'adversité. Car il nous aime et se réjouit en nous. Et donc il veut que nous l'aimions, nous réjouissions en lui et nous tournions vers lui avec une foi puissante.
Il veut instamment que, connaissant sa bonté, nous ayons toujours une ferme confiance en ses promesses de bonheur. Car notre foi est contredite de diverses manières par notre propre aveuglement et pas nos ennemis de l'intérieur et de l'extérieur. »

— Écrits mystiques, Toulouse, Éditions du Carmel, 2007, p. 144-145[14].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paul Renaudin, Quatre mystiques anglais : Richard Rolle, Juliane de Norwich, Dom Augustin Baker, Gertrude More, Cerf, , 215 p. (ASIN B0000DMMMD)
  • Gauvard, Claude (dir.), De Libera, Alain, Zink, Michel, Dictionnaire du Moyen Âge, Paris, Quadrige/PUF, 2002, p. 794-795.
  • Renée-Lise Jonin, Julienne de Norwich : « Tout sera bien », Paris, Editions Médiaspaul, coll. « Religieux Hors. », , 166 p. (ISBN 978-2-7122-1354-1)

Traductions françaises[modifier | modifier le code]

  • Le Livre des révélations, Les éditions du Cerf, coll. « Sagesses chrétiennes », , 303 p. (ISBN 978-2-204-04416-5)
  • Une révélation de l'amour de Dieu. Version brève des Seize Révélations de l'Amour divin, Abbaye de Bellefontaine, coll. « Vie monastique », , 177 p. (ISBN 978-2-85589-057-9)
  • Écrits mystiques, Toulouse, Editions du Carmel, coll. « Vie intérieure », , 151 p. (ISBN 978-2-84713-062-1)
  • Julienne de Norwich et Sœur Claude-Pierre (Traduction), Les révélations de l'amour divin, Orbey, Arfuyen, coll. « Les carnets spirituels », , 104 p. (ISBN 978-2-84590-249-7)

Éditions en langue anglaise[modifier | modifier le code]

  • A Book of Showings to the Anchoress Julian of Norwich, ed. by Edmund Colledge O.S.A. et James Walsh S.J., 2 volumes, V.1 : Introduction and Short Text, V.2 The Long Text, Pontifical Institute of Medieval Studies, Toronto, 1978.
  • Julian of Norwich, Showings, introduction et trad. James Walsh, preface Jacques Leclercq, O.S.B., « The Classics of Western Spirituality », Mahwah/New York : The Paulist Press, 1978.
    • Revelations of Divine Love, trad. et notes Clifton Wolters, Harmondsworth : Penguin Books, 1966.
    • Revelations of Divine Love, ed. by Halcyon Backhouse and Rhona Pipe, Londres, Hodder and Stoughton, 1987.

Commentaires[modifier | modifier le code]

  • (en) Julia Gatta, Three Spiritual Directors for Our Time : Julian of Norwich, The Cloud of Unknowing, Walter Hilton, introduction Kenneth Leech, Cambridge, MA : Cowley Publications, 1986.
  • (en) Mary Arthur Knowlton, The Influence of Richard Rolle and Julian of Norwich on the Middle English Lyrics, La Haye/Paris : Mouton, 1973.
  • (en) Robert Llewlyn, With Pity Not With Blame; The spirituality of Julian of Norwich and The Cloud of Unknowing for Today, Londres, Darton, Longman & Todd, 1994.
  • Roland Maisonneuve, L’Univers visionnaire de Julian of Norwich, thèse présentée devant l’université Paris-IV le , Lille : Université Lille-III, Atelier de reproduction des thèses, Lille, 1982.
    • L’Univers visionnaire de Julian of Norwich, Paris : O.E.I.L., 1987.
  • (en) Daniel J. Rogers, « Psychotechnological Approaches to the Teaching of the Cloud-author and to the Showings of Julian of Norwich », in The Medieval Mystical Tradition in England, ed. by Marion Glasscoe, The University of Exeter, 1982, p. 143-60.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [1]
  2. [2]
  3. Première femme de lettres anglaise , Julienne de Norwich considérée par le cistercien Thomas Merton comme « l'un des plus grands théologiens anglais », tenue pour une sainte pour l'Église anglicane, la recluse est l'une des plus grandes mystiques d'Occident, contemporaine de la Mystique rhénane.
  4. a et b Père François Brune, Christ et Karma, La réconciliation ?, éd. Le temps présent, 2012, p. 259.
  5. Sainte Julienne de Norwich, Recluse et auteur mystique.
  6. Ramirez, Janina (2016). Julian of Norwich: A very brief history. London: SPCK. (ISBN 978-0-281-07737-3).
  7. Père François Brune, Christ et Karma, La réconciliation ?, éd. Le temps présent, 2012, p. 260.
  8. Révélations de l'Amour divin à Julienne de Norwich, recluse du XIVe siècle, chap. XXI (2e édition, 1925, p. 123.
  9. (en) « Revelations of Divine Love (cf. ch. XXXII) »
  10. Père François Brune, Christ et Karma, La réconciliation ?, éd. Le temps présent, 2012, p. 260-261.
  11. Abrégé par les Recluses Missionnaires des Révélations de l'Amour Divin. Traduites par Dom G. Meunier, moine bénédictin, (Maison Alfred Mame et Fils, 11e édition).
  12. Le 13 mai 1373, au cours d'une maladie, Julienne de Norwich reçut, à l'âge de 30 ans, seize révélations qu'elle mit elle-même par écrit vingt ans plus tard. Après cette brève introduction, chacune d'elles sera explicitée avec les mots mêmes de Julienne tirés du livre.
  13. Sainte Julienne de Norwich. Recluse et auteur mystique (1342-1430)..
  14. Julienne de Norwich, Écrits mystiques. Éditions du Carmel.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Vatican[modifier | modifier le code]