Julien Nkoghe Bekalé

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Julien Nkoghe Bekalé
Illustration.
Julien Nkoghe Bekalé en 2019.
Fonctions
Premier ministre du Gabon

(1 an, 6 mois et 4 jours)
Président Ali Bongo
Prédécesseur Emmanuel Issoze Ngondet
Successeur Rose Christiane Ossouka Raponda
Ministre des Mines, du Pétrole et des Hydrocarbures
Président Rose Rogombé(intérim) Ali Bongo
Premier ministre Paul Biyoghe Mba
Prédécesseur Casimir Oyé Mba
Successeur Hugues Alexandre Barro Chambrier
Ministre des Transports et Equipements
Président Ali Bongo
Premier ministre Paul Biyoghe Mba
Ministre de l'Agriculture
Président Ali Bongo
Premier ministre Raymond Ndong Sima
Ministre des Petites et Moyennes Entreprises et de l’Artisanat
Président Ali Bongo
Premier ministre Emmanuel Issoze Ngondet
Successeur Carmen Ndaot
Ministre du Travail, de l’Emploi et de la Formation professionnelle
Président Ali Bongo
Premier ministre Emmanuel Issoze Ngondet
Prédécesseur Arnaud Calixte Engandji Alandji
Député du département du Komo Mondah
Président Ali Bongo
Premier ministre Emmanuel Issoze Ngondet
Biographie
Date de naissance (58 ans)
Lieu de naissance Kango (Gabon)
Nationalité gabonaise
Parti politique PDG

Julien Nkoghe Bekalé
Premiers ministres du Gabon

Julien Nkoghe Bekalé, né le à Kango, est un homme d'État Gabonais, membre du Parti démocratique gabonais, Premier ministre de à juillet 2020. Originaire de Kango, c'est un Fang de l'Estuaire[1].

Ancien titulaire de plusieurs ministères dont, notamment, le ministère du Travail et des Petites et Moyennes Entreprises, le ministère de l'Agriculture ou du ministère du Pétrole, du Gaz et des Hydrocarbures[2], il est nommé Premier ministre le [3] et annonce son gouvernement le même jour[4]. Il est remercié le [5].

Biographie[modifier | modifier le code]

Forgé par une solide formation de juriste et d’économiste à la fois, ce fils d’instituteur né à Kango, à 95 kilomètres de Libreville, dans la province de l’Estuaire.

Julien Nkohe Bekalé a fait ses études au lycée d’Etat de l’Estuaire à Libreville, puis au lycée technique Omar Bongo à Liberville au sein duquel il obtient son bac en 1982[6]. Il fait ensuite un an d’études au séminaire, dans le but de devenir prêtre. Mais il change finalement d’avis et se réoriente en droit dans le but de devenir juriste d’entreprise[7]. Il étudie à l’Université Omar Bongo, où il fait notamment la connaissance de Guy Rossatanga, alors professeur de droit. Il obtient sa maîtrise de droit en 1986. Poussé par son professeur, Mr Antonio Rivera, il intègre ensuite l’école de la Magistrature de Libreville, en cycle A. Il y étudie un an, puis rejoint la section internationale de l’École nationale de la magistrature. Il rentre ensuite au Gabon pour prêter serment, le 7 octobre 1988, au palais de justice de Libreville, en présence du Président de la République Omar Bongo Ondimba[8].

Il travaille en tant que magistrat pendant 5 ans. Il occupe d’abord le poste de procureur au tribunal de Franceville, pendant deux ans. Par la suite, il est affecté comme juge au tribunal d’Oyem pendant un an. Puis il est substitut du procureur au tribunal de Libreville durant deux ans.

En 1993, il est nommé conseiller juridique auprès de Paul Biyoghe Mba, ministre de la Privatisation et de la Réforme du secteur parapublic. Il reste à ce poste jusqu’en 1995, date à laquelle Paul Biyoghe Mba quitte le gouvernement. Ce dernier devient alors son mentor en politique. Il reprend ses études. Il se rend en France, au Centre d’Etudes Financières, Economiques et Bancaires de Marseille. Il obtient ensuite un et un DESS en Administration des Entreprises de l’IAE de Paris 1, Université Panthéon-Sorbonne[9]. Il a donc trois casquettes : celle de juriste, de financier et d’économiste[10].

Avant de commencer sa carrière politique, Julien Nkoghe Bekalé a été Substitut du Procureur, puis Juge dans les juridictions de Franceville, Oyem et Libreville.[11] En 1993, il a été nommé conseiller juridique auprès de Paul Biyoghe Mba puis secrétaire général adjoint de ministère et haut-commissaire[12].

Ascension en politique[modifier | modifier le code]

Il est membre du Comité permanent du bureau politique (MCPBP) du Parti démocratique gabonais (PDG).

Ministère du Pétrole, du Gaz et des Hydrocarbures[modifier | modifier le code]

Il a occupé des postes ministériels sous Ali Bongo et Omar Bongo, comme ministre du Pétrole, du Gaz et des Hydrocarbures de juillet 2009 à janvier 2011[13].

Ministère des Transports et Equipements[modifier | modifier le code]

De 2011 à 2012, il est ministre des Transports et Equipements[14].

Ministère de l’Agriculture, de l’Elevage, de la Pêche et du Développement rural[modifier | modifier le code]

Il accède au ministère de l’Agriculture, de l’Elevage, de la Pêche et du Développement rural, de février 2012 à janvier 2014, au sein du gouvernement de Raymond Ndong Sima[15]. Le poste de ministre de l’Agriculture, qu’il occupe entre 2012 et 2014, lui permet d’aller à la rencontre des gabonais et de visiter les plantations. Ces découvertes font naître chez lui une véritable passion pour l’agriculture. Son projet est de créer sa propre exploitation agricole. C’est ainsi qu’une fois nommé Premier Ministre, en 2019, il lance le Programme GRAINE, destiné à faire des vocations agricoles chez les jeunes gabonais. Ce projet avait pour but à long terme de permettre au Gabon de devenir auto-suffisant au niveau alimentaire[16].

Ministère des PME et de l’Artisanat[modifier | modifier le code]

Le 4 mai 2018, Julien Nkoghe Bekalé est nommé ministre des PME et de l’Artisanat au sein du gouvernement de Issoze Ngondet III. Son objectif était d’accroître le nombre de PME et les aider à grandir[17]. À la suite d’un remaniement par décret présidentiel, il quitte ce ministère le 23 juillet 2018[18].

Ministère du Travail, de l’Emploi, chargé de la Formation professionnelle[modifier | modifier le code]

Il est nommé ministre du Travail, de l’Emploi, chargé de la Formation professionnelle, le 23 juillet 2018, en remplacement d’Arnaud Calixte Engandji Alandji[19].

Député du département du Komo Mondah[modifier | modifier le code]

Le 12 octobre 2018, Julien Nkoghe Bekalé a été élu, dès le premier tour, avec 58,08% des voix, député du premier siège du département du Komo Mondah (commune de Ntoum) dans sa province natale de l’Estuaire[20].

Premier ministre[modifier | modifier le code]

Nomination[modifier | modifier le code]

Après avoir pris ses fonctions de Premier ministre, Bekalé a nommé Emmanuel Norbert Tony Ondo Mba au poste de nouveau ministre de l’énergie, mais n’a pas apporté d’autres changements au gouvernement. Il a rendu public la nomination de son gouvernement complet le à Rabat, au Maroc. Lors de son discours de politique générale du 26 février 2019, il rappelle ses priorités : "Il s’agit principalement de la maîtrise de nos dépenses, qui sont devenues abyssales, notamment en ce qui concerne la masse salariale, les effectifs de la fonction publique et les missions à l’étranger. Il y a aussi la diversification de l’économie, ainsi que l’assainissement des finances publiques. Après les fastes de l’État providence, voici venu le temps de la rationalisation et de l’autoajustement"[21].

Exercice de la fonction[modifier | modifier le code]

Au cours de sa primature, Julien Nkoghe Bekalé a défendu les réformes menées par le Président Ali Bongo Ondimba, concernant, entre autres, la réduction des dépenses, la diversification de l’économie et la lutte contre l’inflation. Le remaniement ministériel opéré le 10 juin 2019 en témoigne. De manière à réduire les dépenses de l’Etat, le nombre de ministres est passés de 38 à 28. Julien Nkoghe Bekalé a également créé un ministère de la Promotion des investissements, pour promouvoir et faciliter les investissements et la création d’entreprises au Gabon[22].

Dépénalisation de l'homosexualité[modifier | modifier le code]

Bekalé est à l’origine de la proposition de loi visant à supprimer l’alinéa de Code pénal voté par le Sénat en juillet 2019, interdisant les « relations sexuelles entre personnes de même sexe ». La loi a été votée le 23 juin 2020 par l’Assemblée nationale gabonaise[23].

Modification du Code pénal[modifier | modifier le code]

Julien Nkoghe Bekalé a défendu le projet de modification de la loi n°042/01 du 5 juillet 2019 portant Code pénal de la République gabonaise, qui abroge la loi de 1963[24]. L'objectif de cette réforme, entrée en vigueur le 30 juin 2020, [25] est de renforcer le dispositif pénal en matière de bonne gouvernance.

Lutte contre la corruption[modifier | modifier le code]

De manière à lutter contre la corruption, un nouveau ministère a également vu le jour. Celui de la Promotion de la Bonne gouvernance, de la Lutte contre la corruption et de l’Évaluation des politiques publiques, qui a été confié à Francis Nkea Ndzigue[26]..

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Mathieu Olivier, « Gabon : Ali Bongo Ondimba, l’équilibriste », Jeune Afrique, no 3028,‎ (lire en ligne, consulté le 8 octobre 2019).
  2. Georges Dougueli, « Gabon : Julien Nkoghe Bekale nommé Premier ministre et Faustin Boukoubi élu président de l'Assemblée nationale », sur Jeune Afrique, (consulté le 13 janvier 2019).
  3. « Gabon : Ali Bongo nomme un nouveau Premier ministre », sur Radio France internationale, (consulté le 13 janvier 2019).
  4. Antoine Relaxe, « Julien Nkoghe Bekalé publie son nouveau gouvernement, pas trop de changements », sur Gabonactu.com, (consulté le 13 janvier 2019).
  5. Mondjo Mouega, « Gabon : Rose Christiane Ossouka Raponda nommée Premier ministre », sur Gabon Media Time, (consulté le 16 juillet 2020).
  6. « 52 minutes avec - Julien Nkoghe Bekale, Premier ministre chef du gouvernement »,
  7. « 52 minutes avec - Julien Nkoghe Bekale, Premier ministre chef du gouvernement »,
  8. « 52 minutes avec - Julien Nkoghe Bekale, Premier ministre chef du gouvernement »,
  9. Gabon : mais qui est le Premier ministre, Julien Nkoghé Békalé ?
  10. « 52 minutes avec - Julien Nkoghe Bekale, Premier ministre chef du gouvernement »,
  11. Amadou Atar, « Gabon : mais qui est le Premier ministre, Julien Nkoghé Békalé ? », sur https://www.afrik.com, (consulté le 29 juillet 2020)
  12. l’Union, « Portrait du nouveau premier ministre : un homme direct et pragmatique », sur https://www.union.sonapresse.com, (consulté le 29 juillet 2020)
  13. Amadou Atar, « Gabon : mais qui est le Premier ministre, Julien Nkoghé Békalé ? », sur https://www.afrik.com, (consulté le 27 juillet 2020)
  14. Le Monde avec AFP, « Démission du premier ministre gabonais, après les législatives », sur https://www.lemonde.fr, (consulté le 27 juillet 2020)
  15. Amadou Atar, « Gabon : mais qui est le Premier ministre, Julien Nkoghé Békalé ? », sur https://www.afrik.com, (consulté le 27 juillet 2020)
  16. Lien web |langue= |auteur=|titre=« 52 minutes avec - Julien Nkoghe Bekale, Premier ministre chef du gouvernement » |url=https://www.youtube.com/watch?v=g7xdhPqt80k%7Cdate=9 mai 2019|
  17. Hervé Mpiga, « Portrait de Julien Nkoghe Bekale, le nouveau ministre des PME et de l’Artisanat, un secteur crucial pour la création d’emplois au Gabon », sur La Libreville,
  18. Clément Soalla, « Gabon : un remaniement ministériel aux allures de jeu de chaises musicales », Jeune Afrique,
  19. Clément Soalla, « Gabon : un remaniement ministériel aux allures de jeu de chaises musicales », Jeune Afrique,
  20. « RÉSULTATS ELECTIONS LÉGISLATIVES 2018 1ER TOUR », sur https://www.union.sonapresse.com/,
  21. Georges Dougueli, « Gabon – Julien Nkoghe Bekale : « Les choses se passent normalement avec le président » », sur Jeune aAfrique,
  22. Georges Dougueli, « Gabon – Julien Nkoghe Bekale : « Les choses se passent normalement avec le président » », sur Jeune aAfrique,
  23. Le Monde avec AFP, « Au Gabon, l’Assemblée nationale vote la dépénalisation de l’homosexualité », sur https://www.lemonde.fr, (consulté le 29 juillet 2020)
  24. l'Union, « Code pénal : Julien Nkoghe Bekalé devant les députés », sur https://www.union.sonapresse.com, (consulté le 30 juillet 2020)
  25. « Spécial Code pénal », Journal Officiel de la République Gabonaise,‎ (lire en ligne)
  26. Mathieu Olivier, « Remaniement au Gabon : la fin du « ménage » ? », sur https://www.union.sonapresse.com,