JonBenét Ramsey

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JonBenét Ramsey
JonBenét Ramsey grave.jpg
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 6 ans)
BoulderVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nationalité
Activités
Père
John Bennett Ramsey (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Mère
Patsy Ramsey (en)Voir et modifier les données sur Wikidata

JonBenét Patricia Ramsey (née le à Atlanta, Géorgie - morte le ( ou le ) est une petite fille américaine découverte morte dans la cave de la maison de ses parents à Boulder, Colorado, presque huit heures après que sa disparition a été signalée. Elle est âgée de 6 ans et 4 mois au moment des faits.

Biographie[modifier | modifier le code]

JonBenét (composé des prénoms du père) est née en 1990 à Atlanta en Géorgie, elle est la plus jeune des deux enfants de Patsy et John Ramsey. Son frère aîné, Burke, est né trois ans plus tôt.

John Ramsey a eu une première fille avec Lucinda Pasch, Elizabeth Pasch Ramsey décédée dans un accident de voiture en 1992 à 22 ans. Remarié à Patsy Ramsey ils ont eu deux enfants et déménagent à Boulder dans le Colorado en 1991, John y travaille pour Access Graphics (filiale de Lockheed Martin) une entreprise de système informatique d'affaires dont il devient président.

Boulder est une petite ville tranquille et aucun autre cas d'enlèvement, de meurtre ou même de pédophilie n'avait eu lieu dans les environs. Survenu le lendemain de Noël, dans une famille aisée et sans histoires ce meurtre a provoqué une vive émotion du fait de ses circonstances et de la personnalité de la victime. JonBenét était une mini-miss que sa mère emmenait à tous les concours et avait remporté les titres de America's Royale Miss, Little Miss Charlevoix, Little Miss Colorado, Colorado State All-Star Kids Cover Girl, and National Tiny Miss Beauty. Patsy faisait elle-même dans sa jeunesse des concours de beauté et fût notamment Miss de l'état de West Virginia en 1977 (sa sœur en 1980).

Six mois après le décès de JonBenét les Ramsey quittent Boulder pour retourner à Atlanta.

Faits[modifier | modifier le code]

Les seules personnes présentes dans la maison la nuit de la mort de JonBenét sont la victime, ses parents et son frère. Selon le témoignage de Patsy Ramsey recueilli le 26 décembre 1996, elle a réalisé que sa fille était absente après avoir trouvé dans l'escalier de la cuisine une lettre de rançon. La rançon correspond à la valeur exacte d'un bonus que John Patsy avait reçu plus tôt cette année, c'est-à-dire 118 000 $. La note de rançon comporte plusieurs choses inhabituelles, elle est très longue (2 pages et demi) et a été écrite sur la scène du crime. Également inhabituel, la personne a utilisé des points d'exclamations et des acronymes. Elle est écrite avec un stylo et un bloc de papier appartenant aux Ramsey. Le rapport graphologique lui donne pour auteur Patsy Ramsey sans pouvoir le prouver définitivement. Plusieurs passages sont identiques à des répliques du film policier Inspecteur Harry. On y trouve deux fautes peu classiques ("bussiness", "posession") dès le début puis seulement deux autres vers la fin, ce qui semble intentionnel.

Malgré des instructions précises de ne prévenir personne sous peine de tuer Jonbénet, Patsy Ramsey a immédiatement téléphoné à la police. Lors de l'appel elle emploie cette phrase : "nous" avons un enlèvement. Après avoir donné son adresse, d'un seul coup elle semble paniquée puis s'interrompt subitement et pose le combiné sans raccrocher en laissant en ligne l'opératrice. Dans pareil cas, les victimes restent en ligne en communiquant avec les secours. Sur l'enregistrement on entend, sans certitude, John parler, ainsi que Burke, alors que ce dernier était censé dormir d'après Patsy. L'opératrice a trouvé l'appel étrange et senti que quelque chose sonnait faux.

Les policiers sont arrivés dans les trois minutes. Les recherches ne mettront en évidence aucun signe d'effraction ou d'intrusion, traces de pas ou empreintes digitales. Croyant que l'affaire était un enlèvement, seule la chambre de JonBenet a été bouclée pour empêcher la contamination des preuves. Des amis sont arrivés à la maison pour soutenir la famille. John Ramsey est parti pendant 1h30 sans qu'on ne l'empêche et a pris des dispositions pour payer la rançon. Amis et avocats ont rangé et nettoyé la cuisine, détruisant peut-être des preuves. L'inspecteur de police de Boulder, Linda Arndt, est arrivée vers 8 heures du matin, avec l'objectif d'attendre les instructions du kidnappeur en vain.

À 13h, l'inspecteur Arndt a demandé à John Ramsey et son ami Fleet White de fouiller la maison pour voir s'ils trouvaient quelque chose d'anormal. La première pièce que John décide d'inspecter est le sous-sol et c'est là qu'il trouve le corps de sa fille. D'après White il aurait dit "elle est là" avant même d'allumer la lumière et alors même qu'une fois allumé on ne pouvait pas forcément reconnaître un corps de l'entrée de la pièce. Une couverture blanche la recouvrait, un ruban adhésif fermait sa bouche et un cordon de nylon se trouvait autour de ses poignets et son cou. John a immédiatement ramassé le corps et l'a emmené à l'étage juste en haut de l'escalier. Arndt l'a fait ensuite déposer dans le salon. Tous ces déplacements ont contaminé les preuves potentielles.

Patsy a déclaré avoir mis JonBenét au lit et donc en pyjama, elle est pourtant retrouvée avec des vêtements de jour (chemise et collant). Le garrot est fabriqué à partir d'un cordon de nylon et du manche cassé d'un pinceau, il est attaché autour du cou de JonBenét et a apparemment été utilisé pour l'étrangler. Le nœud est très rudimentaire pour un garrot efficace. Une petite partie de bois du pinceau a été trouvée dans les fournitures d'art de Patsy Ramsey, mais le bout en poil n'a jamais été retrouvé.

La cause officielle de décès, telle que rapportée par l'autopsie, est l'asphyxie due à l'étranglement associée au traumatisme crânio-cérébral. D'autres expertises disent que le choc crânien a causé la mort cérébrale et qu'ensuite il y a eu étranglement, pour faire croire à un agresseur ou pour achever JonBénet, mais depuis, il est prouvé par les griffures de la fillette sur son cou et menton, que celle-ci a essayé d'enlever le cordon, prouvant clairement que la petite fille était bien vivante durant l'étranglement, le choc violent a donc forcément dû être effectué après l'étranglement. Aucune preuve de viol, aucune semence n'a été trouvée mais il semblerait qu'il y ai eu une blessure vaginale, qui, après entretien avec le pédiatre de la petite fille, s'avère être une vaginite. Sa mort a été jugée comme étant un homicide.

L'autopsie a révélé que JonBenét avait mangé de l'ananas seulement quelques heures avant sa mort. Des photographies de la cuisine prise le jour des faits montrent un bol rempli d'ananas posé sur la table avec une cuillère dedans. La police a trouvé sur ce bol les empreintes digitales de JonBenét et de son frère Burke. Cependant, Patsy et John Ramsey ont dit qu'ils ne se rappelaient ni de ce bol ni d'avoir donné de l'ananas à JonBenét.

Enquêtes[modifier | modifier le code]

John, Patsy et Burke Ramsey ont fourni des échantillons d'écriture manuscrite, de sang et de cheveux à la police. John et Patsy ont participé à une entrevue préliminaire pendant plus de deux heures. Burke Ramsey a également été entendu dans les deux premières semaines suivant la mort de sa sœur. Hormis les questions posées par la police dans leur maison le jour de la mort, ils se sont dérobés quelques semaines à un vrai interrogatoire, sauf à leurs propres conditions en refusant par exemple de se soumettre à des détecteurs de mensonges. Les Ramsey ont en revanche donnés plusieurs interviews télévisées deux semaines après la mort de leurs fille et ont notamment mis en garde les familles contre un pédophile toujours en liberté, déclenchant la frayeur du voisinage.

La couverture médiatique de l'affaire a d'abord porté sur la carrière de mini-miss de JonBenét puis sur la richesse de ses parents. Mais ce sont surtout les incohérences dans les conclusions de l'affaire qui ont intéressé les médias, laissant penser soit à une certaine influence du père soit à une enquête mal organisée. La police de Boulder s'est d'abord concentrée presque exclusivement sur John et Patsy, mais les experts, les médias et les Ramsey eux même ont identifié des suspects potentiels dans l'affaire jusqu'à indexer 1 600 personnes.

En 1998, le bureau du procureur a présenté 437 éléments de preuve innocentant les Ramsey, mais n'a pas réussi à convaincre la police qu'ils n'étaient pas coupables. En raison de leur désaccord, le gouverneur a nommé un procureur spécial pour initier un grand jury. Suite à ça, le procureur et l'inspecteur ont démissionné. En 1999 le grand jury a rendu son verdict qui chargeait les Ramsey, mais le procureur spécial n'a pas révélé le résultat et ne les a pas poursuivis pensant qu'on ne pouvait prouver leur culpabilité au-delà de tout doute raisonnable. En 2013, le grand jury de 1999 révèle qu'il avait recommandé des accusations contre John et Patsy pour mauvais traitements infligés à un enfant ayant entraîné la mort.

Le procureur, avec un juge fédéral, a convenu en 2003 qu'il est plus probable qu'un intrus ait assassiné JonBenet plutôt que sa mère. Toujours en 2003, les enquêteurs ont réussi à extraire un ADN d'homme inconnu des sous-vêtements de JonBenét. Ce qui a incité le procureur de district à envoyer une lettre d'excuses en 2008, déclarant la famille complètement innocentée.

Alors que la mère de JonBenét décède d'un cancer à 49 ans en juin 2006, deux mois plus tard un enseignant américain de 41 ans arrêté en Thaïlande, avoue être le meurtrier mais il s'est avéré après enquête qu'il avait tout inventé.

En 2009, le procureur relance l'enquête mais elle est finalement interrompue car le délai de prescription de la décision du grand jury de 1999 est dépassé.

En 2010, l'affaire a été rouverte. De nouveaux interrogatoires sont menés par un comité qui comprend enquêteurs fédéraux et nationaux. Des nouvelles technologies sont utilisées sans nouvelles découvertes.

En 2016, une nouvelle analyse médico-légale a révélé qu'il y avait non pas un mais deux ADN inconnus sur les sous-vêtements. Des recherches sans liens avec l'enquête ont permis de démontrer qu'une culotte neuve, sortie de son paquet d'emballage, présente des traces d'ADN.

Enquête indépendante[modifier | modifier le code]

En 2016, une nouvelle enquête indépendante est lancée, elle est menée par deux anciens enquêteurs gouvernementaux et produit par une émission de télévision américaine. Ils sont accompagnés de plusieurs grands spécialistes dans plusieurs domaines et renommés dans de grandes affaires criminelles. Les pièces de la maison sont entièrement reconstituées dans un hangar au détail près.

Ils constatent plusieurs choses. Les traces ADN trouvées sur la culotte ne signifient pas obligatoirement qu'un viol ait pu être commis, notamment s'il ne correspond à personne, car comme il a été démontré qu'une culotte neuve, sortie de son paquet d'emballage, présente des traces d'ADN. Il est aussi constaté que la théorie de l'intrusion d'un pédophile ou des ravisseurs par la fenêtre cassée du sous-sol n'est pas plausible car cette fenêtre très étroite par laquelle un adulte peut toutefois passer, ne permet pas de passer sans avoir à toucher tous les bords notamment du bas et à cet endroit-là, sur les photos de police du soir des faits on peut voir une toile d'araignée ancienne toujours présente, ce qui n'aurait pas du être le cas si quelqu'un était passé. Près de la fenêtre une grosse valise est trouvée, peut être que les parents ont eu dans un premier temps l'intention de se débarrasser du corps dans un lieu secret pour faire croire a une disparition. JonBenét ne serait pas morte par strangulation comme les liens autour de son cou auraient voulu le faire croire mais du coup qui a enfoncé le crâne sans provoquer de plaie, le garrot dans sa confection est peu crédible, alors que le trou dans le crâne correspond à la forme de la lampe torche des Ramsey.

Leurs conclusions sont que JonBénet a été tuée volontairement ou par accident par une des trois personnes de la famille présentes dans la maison. La thèse la plus probable serait que ce soit Burke le grand frère 9 ans au moment des faits qui soit coupable. Cette nuit-là, suite à une altercation avec sa sœur il l'aurait frappée à la tête avec la lampe torche d'un coup mortel (on voit la lampe dans la cuisine sur les photos du jour de la mort). Dispute peut-être à cause de l'ananas, sur les photos on voit un bol encore rempli du fruit avec une cuillère et on en a retrouvé dans le corps de JonBénet mangé quelques heures avant sa mort. Un mois et demi plus tôt il l'avait déjà frappée au visage avec un club de golf selon le témoignage d'une ancienne amie de la famille. Burke était un enfant violent et jaloux de l'attention portée sur sa sœur et ses concours de mini miss alors qu'il avait été au départ très choyé. Il avait un comportement scatophile, il étalait ses excréments sur les murs de sa chambre et en conservait des boulettes au fond de son lit, le jour même des faits il avait étalé de sa matière fécale sur une boîte de chocolats qu'il venait d'avoir pour Noël. Pour protéger leur fils, les parents auraient pris la décision de faire croire à un enlèvement pour une rançon avec l'idée de se débarrasser du corps puis ayant renoncé ils auraient orienté l'enquête sur l'intrusion d'un pédophile tueur[1].

Livre[modifier | modifier le code]

En 2011, Joyce Carol Oates s'est inspirée de cette histoire pour en faire un roman, My Sister, My Love: The Intimate Story of Skyler Rampike, traduit de l'anglais par Claude Seban, devenu en français Petite Sœur, Mon Amour : L'Histoire Intime de Skyler Rampike.

Cinéma[modifier | modifier le code]

  • Casting JonBenet est un film documentaire réalisé par Kitty Green diffusé en avril 2017 sur le réseau Netflix. « Le meurtre irrésolu d'une mini-miss est le sujet d'un film hybride qui délaisse la quête de la vérité pour mieux sonder notre fascination pour les faits divers »[2].

Source[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. TMC TV : Destin tragique de la mini miss
  2. Présentation dans Télérama, n°3511, 26 avril 2017, page 78.

Liens externes[modifier | modifier le code]