John Nkemngong Nkengasong

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John Nkemngong Nkengasong
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John Nkemngong Nkengasong en 2018.
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John Ngosong Nkemngong Nkengasong, né en 1959 à Lewoh au Cameroun britannique est un dramaturge, romancier, poète et universitaire camerounais. Il est souvent considéré comme un "visionnaire radical"[1] du Cameroun anglophone et un "ardent défenseur de la créativité novatrice et croisé pour la vérité", comme le démontrent ses romans, sa poésie, ses nouvelles, mais surtout ses pièces de théâtre.

Biographie[modifier | modifier le code]

Nkengasong a passé une partie de sa petite enfance dans sa ville natale de Lewoh, une communauté au sein de la tribu Nweh dans le département du Lebialem, dans la région du Sud-Ouest du Cameroun. Les paysages escarpés et verdoyants de la campagne et sa culture splendide sont richement représentés dans ses écrits[2].

En 1971, il a terminé l'école primaire et s'est inscrit au collège Our Lady Seat of Wisdom de Fontem (en)[3]. À cet âge formateur, il a pris conscience de la centralité de la créativité littéraire dans l'expérience humaine et il a commencé à écrire des poèmes dont certains ont été publiés dans le magazine du collège. Après avoir obtenu son diplôme du lycée, il a étudié l'anglais à l'Université de Yaoundé, se spécialisant en littérature anglaise tout en suivant des cours facultatifs en arts du théâtre. Entre 1979 et 1982, les années de ses études de premier cycle, il a écrit des poèmes dont certains ont été publiés dans The Mould[4], un journal d'écriture créative fondé par Bole Butake et dans The New Horizons, un autre journal d'écriture créative et critique fondé par Tala Kashim Ibrahim. Avec une licence en anglais obtenue en 1982, il s'est inscrit au deuxième cycle de l'École supérieure de formation des maîtres de l'Université de Yaoundé et a obtenu son diplôme de professeur de lycée en 1984. Tout en enseignant au lycée, il a poursuivi des études supérieures, obtenant une "Maitrise" en 1985 et en 1993, un "Doctorat de Troisième Cycle" de l'Université de Yaoundé. Il a été recruté comme maître de conférences à l'Université de Yaoundé I en 2000, et en 2004, il a obtenu un doctorat en études littéraires anglaises. L'université lui a offert un terrain fertile pour explorer ses talents créatifs naissants, menant à la publication de plusieurs pièces de théâtre, œuvres en prose, poésie et essais qui lui ont valu une reconnaissance nationale et internationale.

Il est actuellement professeur de littérature et d'études culturelles à l'Université de Yaoundé 1 et également chef de département ¨HOD¨ à l'Université de Buéa dans la région du Sud-Ouest du Cameroun. Outre ses œuvres créatives, il a publié de nombreux ouvrages sur la littérature et la culture africaines, les littératures britannique et postcoloniale et le pidgin camerounais.

Écrits[modifier | modifier le code]

Auteur et critique prolifique, Nkengasong écrit des œuvres qui traversent les genres et les disciplines[5]. Son imagination créatrice s'inspire de sa culture native Nweh et de la complexité multiculturelle, sociale et politique du Cameroun[6], particulièrement définie par l'histoire du pays et ses multiples héritages coloniaux. Ses œuvres, notamment ses pièces de théâtre, sont remarquablement innovantes, postmodernes et parfois radicalement absurdes dans leur forme et leur contenu. Elles se concentrent essentiellement sur les interrelations entre l'histoire, la nation et la culture en Afrique et sont présentées dans un style qui "transcende les démarcations fluides des dogmes théoriques"[7].

Black Caps and Red Feathers (2001) est sa première publication majeure qui a donné le signal de ce qui sera considéré plus tard comme une carrière enrichissante. La pièce est "une remarquable pièce en deux actes qui constitue la vision individuelle de l'auteur sur la condition humaine"[8]. Elle est remarquable pour sa structure et son contenu absurdes ainsi que pour ses expérimentations de techniques surréalistes.

Son premier roman et son œuvre la plus connue, Across the Mongolo, a été publié en 2004. Outre son riche contexte culturel, il s'agit d'une expression subtile de l'angoisse contre l'humiliation et l'assujettissement des peuples minoritaires d'Afrique, victimes de la géopolitique coloniale. Il a également écrit des poèmes qui ont été publiés dans un recueil intitulé "Letters to Marion (And the Coming Generations)", publié en 2009. La poésie est "construite sur l'humour, l'ironie et l'imagerie bestiale" et traite d'un large éventail de questions, y compris "les afflictions de l'Afrique.... les petites querelles qui ont transformé l'Afrique contemporaine en un champ de bataille"[9].

Ses écrits l'ont conduit dans de nombreuses régions du monde. Il a notamment été écrivain en résidence dans le cadre du Programme international d'écriture (IWP) de l'Université de l'Iowa[10]. Il a été écrivain invité au Corpus Christi College, à Oxford, à l'Université de New York, au Chicago Humanities Festival, à l'Université Howard, à l'Université nationale de Singapour et à l'Université d'Augsbourg, entre autres.

En février 2018, il a obtenu la prestigieuse bourse du Rockefeller Foundation Bellagio Center en Italie, pour l'écriture académique.

Distinctions[modifier | modifier le code]

  • 2008 : Membre honoraire en écriture décerné par l'Université de l'Iowa
  • 2013 : Prix Eko de littérature

Décoration[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Emma Dawson Varughese, « New departures, new worlds: World Englishes literature », English Today, vol. 28, no 1,‎ , p. 15–19 (ISSN 0266-0784 et 1474-0567, DOI 10.1017/s0266078411000630, lire en ligne, consulté le )
  2. John Nkemngong Nkengasong, « Interrogating the union: Anglophone Cameroon poetry in the postcolonial matrix », Journal of Postcolonial Writing, vol. 48, no 1,‎ , p. 51–64 (ISSN 1744-9855 et 1744-9863, DOI 10.1080/17449855.2010.542068, lire en ligne, consulté le )
  3. « Langaa Research and Publishing Common Initiative Group (Langaa RPCIG) », sur African Studies Companion Online (consulté le )
  4. Herkenrath, « Carmina Burana N0 36 und N0 174 », Neophilologus, vol. 11, no 1,‎ , p. 135–141 (ISSN 0028-2677 et 1572-8668, DOI 10.1007/bf01508534, lire en ligne, consulté le )
  5. « John Nkemngong NKENGASONG | The International Writing Program », sur iwp.uiowa.edu (consulté le )
  6. Ayobami Kehinde, « Post-Colonial African Literature as Counter-Discourse: J.M. Coetzee's Foe and the Reworking of the Canon », Ufahamu: A Journal of African Studies, vol. 32, no 3,‎ (ISSN 2150-5802 et 0041-5715, DOI 10.5070/f7323016508, lire en ligne, consulté le )
  7. John Nkemngong Nkengasong, « Interrogating the union: Anglophone Cameroon poetry in the postcolonial matrix », Journal of Postcolonial Writing, vol. 48, no 1,‎ , p. 51–64 (ISSN 1744-9855 et 1744-9863, DOI 10.1080/17449855.2010.542068, lire en ligne, consulté le )
  8. « Langaa Research and Publishing Common Initiative Group (Langaa RPCIG) », sur African Studies Companion Online (consulté le )
  9. « Book Review: Letters to Marion (and the Coming Generations) by John N. Nkengasong », sur Up Station Mountain Club (consulté le )
  10. « John Nkemngong NKENGASONG | The International Writing Program », sur iwp.uiowa.edu (consulté le )