Johann Elias Haid

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Johann Elias Haid
Johann Jakob Moser.jpg
Johann Elias Haid, Johann Jakob Moser, gravure en manière noire (1755).
Naissance
Décès
Nationalité
Activité
Fratrie

Johann Elias Haid ou Hayd, né en 1739 à Augsbourg où il est mort le , est un graveur sur cuivre et en manière noire, ainsi que portraitiste et éditeur allemand. Il est le fils du graveur et éditeur Johann Jacob Haid.

Biographie[modifier | modifier le code]

Johann Elias Haid naît en 1739, fils du graveur et éditeur Johann Jacob Haid[1]. Il en devient l'élève[2] et son plus proche collaborateur. À la mort du père, Elias prend la direction artistique et commerciale de la maison d'édition, appelée désormais « Johann Jakob Haid & Sohn »[3].

En 1768, il obtient le premier prix de la Reichsstädtische Kunstakademie Augsburg (de), l'académie des arts de la ville impériale d'Augsbourg. Il en devient le directeur protestant[4] de 1786 à 1808[3],[5].

Activités[modifier | modifier le code]

Haid entreprend plusieurs voyages dans des pays européens, et séjourne notamment à Venise et dans les Pays-Bas[6]. Il peint des portraits de nombreuses célébrités de son temps, parmi lesquels Alessandro Cagliostro, Johann Caspar Füssli, Markus Christoph Koch von Gailenbach (de), Jean-Jacques Rousseau (1782), Voltaire (1779), Johann Joachim Winckelmann, Johann Georg Meusel, Jacques Necker, Benjamin Franklin, Napoléon Bonaparte. Il réalise également de contemporains qui se sont fait un nom ou de célébrités locales comme Christoph Gottlieb von Murr (en) et Paul von Stetten (de).

Elias obtient des commandes de toute l’Allemagne et jusqu’en Suisse[6]. Comme son père, il est surtout graveur de portraits. Les reproductions fidèles de nombreux tableaux de contemporains et de célébrités locales d’après des peintures originales, ainsi que la transmission de compositions rares en gravure, en font des témoignages précieux. Dès son apprentissage dans l’atelier de son père, il l’aide aussi pour ses portraits, comme celui de Rosalba Carriera. En 1768, il crée d’après Anton Graff le portrait de son père mort peu de temps avant, encore en style rococo, style qu'il abandonne assez rapidement pour le style Louis XVI.

Il continue la collection de tableaux d'artistes de son père, et en 1774 commence une collection de portraits de savants célèbres, collection qu'il poursuit jusque dans les années 1790 et qui comprend finalement 57 tableaux. Ces portraits sont simples, dans un médaillon, sans paysage et sans cadre[6].

À partir de 1778 il travaille sur les 132 dessins de Johann Caspar Füssli pour le livre Des Ritters Johann Carl Hedlinger's Medaillen-Werk qui paraît en 1781[7]. L’entreprise est considérée chez ses contemporains comme un acte patriotique et suscite beaucoup d’intérêt surtout en Allemagne du Sud[6].

Parmi ses éditions d'œuvres scientifiques figure l'ouvrage British Zoology de Thomas Pennant[6], et des gravures de planches de Georg Dionysius Ehret, dont certaines sont aussi attribuées à son père Johann Jacob.

La technique d'Elias est sobre et privilégie des arrière-plan simples et sommaires. Au début d’un brun foncé, les teintes virent vers un gris pâle dans les feuilles plus tardives. En plus des portraits, il grave des compositions d’après Juan de Córdova, Johann Karl Loth, Godfried Schalken, Jan Kupecký, Frans Mieris, Bernardo Strozzi, Daniel Chodowiecki, Lucas Cranach, Joshua Reynolds, ou les livres de cuisine de Heilmann (« Die Kunst Fische zu bereiten » et « Die kochende Magd »)[6]. Même un Rembrandt et un Caravage se trouvent dans se feuillets.

Œuvre notable[modifier | modifier le code]

Sélection de gravures[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (de) Joseph Eduard Wessely, « Haid », dans Allgemeine Deutsche Biographie (ADB), vol. 10, Leipzig, Duncker & Humblot, , p. 379.
  2. Joseph Heller, Andreas Andresen et Joseph Eduard Wessely, Handbuch für Kupferstichsammler, vol. 1, (lire en ligne), p. 638.
  3. a et b Papierantik: Johann Elias Haid.
  4. Ce poste était occupé de manière paritaire selon l'appartenance religieuse.
  5. (de) Gode Krämer, « Reichsstädtische Kunstakademie », Augsburger Stadtlexikon, (consulté le 17 septembre 2015).
  6. a b c d e et f Thieme-Becker.
  7. (de) Gode Krämer, « Haid », Augsburger Stadtlexikon (consulté le 17 septembre 2015).

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Friedrich Karl Gottlob Hirsching, Miscellaneen artistischen Inhalts, vol. 28, Keyser, (lire en ligne), « Verzeichnis der Kupferstiche und Arbeiten in Schwarzkunst von Johann Elias Haid in Augsburg », p. 222–232
  • Ulrich Thieme et Felix Becker (éditeurs), Allgemeines Lexikon der Bildenden Künstler von der Antike bis zur Gegenwart, vol. 15, Leipzig, E. A. Seeman, (lire en ligne), « Haid », p. 481-483.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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