Jigme Singye Wangchuck

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Jigme Singye Wangchuck
འཇིགས་མེད་སེང་གེ་དབང་ཕྱུག་
Image illustrative de l'article Jigme Singye Wangchuck
Titre
Roi du Bhoutan

(34 ans 4 mois et 20 jours)
Couronnement
Président du gouvernement Jigme Thinley
Sangay Ngedup
Yeshey Zimba
Khandu Wangchuk
Kinzang Dorji
Jigme Thinley
Yeshey Zimba
Sangay Ngedup
Khandu Wangchuk
Prédécesseur Jigme Dorji Wangchuck
Successeur Jigme Khesar Namgyel Wangchuck
Prince héritier du Bhoutan

(2 mois et 19 jours)
Monarque Jigme Dorji
Prédécesseur Jigme Dorji
Successeur Jigme Khesar
Biographie
Dynastie Wangchuck
Nom de naissance Jigme Singye Wangchuck
Date de naissance (60 ans)
Lieu de naissance Thimphu (Bhoutan)
Nationalité bhoutanaise
Père Jigme Dorji
Mère Kesangla Choden
Conjoint 1) Dorji Wangmo Wangchuck
2) Tshering Pem Wangchuck
3) Tshering Yangdon Wangchuk
4) Sangay Choden Wangchuck
Enfants Chimi Yangzom Wangchuck
Jigme Khesar Red crown.png
Sonam Dechen Wangchuck
Dechen Yangzom Wangchuck
Kesang Choden Wangchuck
Jigyel Ugyen Wangchuck
Khamsum Singye Wangchuck
Jigme Dorji Wangchuck
Euphelma Choden Wangchuck
Ugyen Jigme Wangchuck
Héritier Jigme Khesar

Jigme Singye Wangchuck
Monarques du Bhoutan

Jigme Singye Wangchuck (prononcer Jimi Singgê 'Wangchu), en dzongkha : འཇིགས་མེད་སེང་གེ་དབང་ཕྱུག་, né le à Thimphu, est le roi du Bhoutan de 1972 à 2006, date de son abdication.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils du roi Jigme Dorji Wangchuck, il fait ses études secondaires comme élève interne au collège Saint-Joseph de Darjeeling, en Inde et au Royaume-Uni. Alors qu'il étudiait à Heatherdown Preparatory School (en) près d'Ascot à la fin des années 1960, Chögyam Trungpa Rinpoché fut son en 1968 tuteur pour le bouddhisme[1],[2].

À la mort de son père en 1972, il accède au trône. Il n'a que 17 ans. L'invitation de dignitaires étrangers lors de son couronnement le 2 juin 1974 marque la fin d'une longue période d'isolement du pays. Comme tous les rois du Bhoutan, il porte le titre de Druk Gyalpo (« roi dragon »).


Dans les années 1980, il lance un programme de « bouthanisation » du pays.

Il poursuit la politique de son père, marquée par une lente modernisation, tout en essayant de préserver la culture bhoutanaise.

Bouthanisation forcée et purification[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Nettoyage ethnique au Bhoutan.

En 1988, il instaure la politique du Driglam Namzha (« Étiquette et bonnes manières »), qui impose à tous les citoyens de porter les vêtements traditionnels en public et l'apprentissage du dzongkha, la langue nationale, dans les écoles. La même année, il réduit volontairement le périmètre de son pouvoir absolu et gouverne ensuite avec les conseils du gouvernement.

Sous le slogan, « une nation, un peuple », il oblige les minorités à porter le vêtement national et à parler la langue nationale, tout contrevenant étant puni d'une amende. Il exige de la population de montrer des papiers prouvant la nationalité antérieure à 1958. Dans un pays relativement illettré, de nombreuses personnes ne peuvent se procurer ces documents. Il expulse ainsi plus de 108 000 personnes[3] qui se réfugient dans le royaume hindouiste voisin du Népal. En 2006, ils ne pouvaient toujours pas rentrer dans leur pays, celui-ci déclarant « Ces sujets ne sont pas les miens »[4]. Ces expulsions participent à l'amélioration du taux d'alphabétisation, qui passe de 42,2 % en 1995 à 47 % en 2003, dans un pays qui comporte 733 643 habitants en 2014[5].

Les années 1990, sont une période de durcissement de la purification ethnique, ainsi les Lhotshampas (littéralement les « gens du Sud »), dont la famille d'origine népalaise aurait migré au Bouthan au XIXe siècle, sont la cible privilégiée de cette purification. La police saisit alors les terres des paysans hindouistes et les force à signer un papier d'émigration volontaire. Le port du sari, l'utilisation de la langue népalaise sont interdits, les documents écrits en népalais sont brûlés devant les écoles pour l'exemple[4].

Le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) demande aux pays des commissions de préciser appartenance ou de non de ces réfugiés à une des quatre catégories suivantes, les commissions se sont refusées à donner des résultats[4] :

  • Bhoutanais ;
  • non-Bhoutanais ;
  • Bhoutanais ayant signé un formulaire stipulant qu’ils renonçaient à leurs terres et à leur nationalité ;
  • Criminels.

Campagnes militaires[modifier | modifier le code]

À la fin de 2003, il ordonne la première campagne militaire bhoutanaise depuis bien plus d'un siècle pour expulser les séparatistes d'Assam qui utilisent le territoire bhoutanais pour lancer des raids contre leurs cibles en Inde. Des campagnes sont également lancées contre des séparatistes népalais dans le Sud du pays.

Par tous les moyens, il maintient un style de vie simple, préférant travailler dans une petite cabane en bois hors de la capitale Thimphu, plutôt que dans le palais-forteresse du Thimphu Dzong utilisé par ses quatre reines (toutes sœurs) et l'Assemblée nationale. En Occident, il se fait remarquer par son objectif affiché de maximisation du Bonheur national brut dans son pays plutôt que du Produit national brut.

Le 16 juillet 2006, le roi Jigme Singye est nommé à son insu « guide honorifique du Mouvement raëlien », la secte du leader Claude Vorilhon, par les Raëliens eux-mêmes. Il n'a jamais rencontré aucun dignitaire de ce mouvement sectaire et ne s'en réclame pas.

De ses différentes unions, il a dix enfants (cinq fils et cinq filles), dont plusieurs ont reçu une éducation à l'étranger.

Le , il abdique en faveur de son fils aîné, le prince Jigme Khesar, mettant ainsi en pratique sa formule selon laquelle : « Pourquoi couronner un héritier seulement quand la nation est en deuil du dernier roi ? ».

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Carolyn Gimian, Introduction, The Collected Works of Chogyam Trungpa
  2. Chögyam Trungpa, Implanter le Dharma en Occident, Postface de Né au Tibet, p. 317-319
  3. « Le Haut Commissaire va se rendre au Népal et au Bhoutan », sur UNHCR,‎
  4. a, b et c [[|]] (en)
  5. (en) « Taux d'alphabétisation (%) — Bouthan », sur indexmundi.com.

Article connexe[modifier | modifier le code]