Jean Carrelet de Loisy

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Jean de Loisy
Jean Carrelet de Loisy
Lieutenant Carrelet de Loisy

Naissance
Taulé, Finistère
Décès (à 28 ans)
Mulhouse, Haut-Rhin
Mort au combat
Origine Drapeau de la France France
Allégeance Flag of France.svg Armée française
Arme Cavalerie
Grade Lieutenant
Années de service 1937-
Conflits Seconde Guerre mondiale
Distinctions Chevalier de la Légion d'honneur
Croix de guerre 1939-1945
Hommages La promotion lieutenant Carrelet de Loisy (2007-2010) de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr, une rue de MULHOUSE, deKappelen et une place de Franken portent son nom.

Jean Bernard Marie Gérard Carrelet de Loisy ( à Taulé - mort au combat le à Mulhouse[1]) est un lieutenant français qui s'est distingué lors de la participation à la libération de la ville.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean de Loisy est né le 14 février 1916, est bachelier "es" mathématiques il a moins de 16 ans et demi et prépare Saint-Cyr à l’Ecole de Sainte Geneviève à Versailles. Il est admis à l’Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr en 1937 où il rejoint la future promotion « Marne et Verdun » (124e promotion de Saint-Cyr). Rentré huitième, il sortira de sa promotion cinquante troisième sur 380 et choisira la cavalerie.

Ses faits d'armes[modifier | modifier le code]

Lors de la mobilisation, il participera à la mise sur pied du 15e Régiment de Dragons portés puis, après un stage à Saumur, il est affecté au 2e Régiment de Cuirassiers à la DLM avec lequel il connaîtra ses premiers combats en Belgique et en Flandres. Il participera à la victoire sans lendemain de Gembloux où il sera cité pour la première fois à l’ordre de l’armée ; il n’a alors que 23 ans. Les qualités de Jean de Loisy, son calme et son courage au feu étaient, dès le début de la campagne, remarqués par ses chefs :

Mais mieux que par une citation, son Colonel rendra hommage à sa valeur et dira « Loisy c’est un seigneur ». Les restes du 2e Cuirassiers décimé après de durs combats sont ensuite évacués par Dunkerque. La traversée est mouvementée, le bateau où se trouve Loisy torpillé, mais avec des camarades il attend tranquillement du secours, en jouant au bridge. Il ne s’attarde pas en Angleterre, rejoignant la France pour participer à des combats sur la Loire. Il ne cesse de combattre de Conches-en-Ouche jusqu’en Périgord. À Danger, le 22 juin 1940, il est cité pour la seconde fois à l’ordre de la brigade.

Après l’Armistice, il demande la Syrie et est muté au 1er Régiment de Spahis à Beyrouth, mais quitte le régiment sans tarder pour être, sur sa demande, affecté aux Compagnies Légères du Désert. Seul chef dans son poste, chargé de la surveillance des pistes millénaires, Jean de Loisy semble avoir trouvé sa voie sur cette terre lourde d’histoire. Il est rapatrié en métropole en septembre 1941 après la dissolution de son régiment, puis rejoint l’Afrique du Nord. À la création de la 1re division blindée, commandée par le général Jean Touzet du Vigier, sous les ordres du général de Lattre de Tassigny, il rejoint le 2e régiment de chasseurs d'Afrique. Il participe à la dure campagne de Tunisie et est des premiers engagements : Pichon, Fondouk, El Okbi, Hadj éd el Aioun. Avec le 2e régiment de chasseurs d’Afrique, il débarque le 10 septembre 1944 à Sainte Maxime près de Saint-Tropez. L’avance vers les Vosges est rapide. Malgré la résistance ennemie, son régiment progresse vers le Rhin. Il se bat à Lure, Servance, Travenin… Lorsqu’il reçoit pour objectif éloigné « le Rhin » il s’exclame « enfin, mon capitaine, on va pouvoir faire une guerre de cavalier et foncer »[2]. Le 19 novembre, à 13 heures, le peloton de Loisy débouche en avant-garde vers Seppois et après avoir réduit la résistance ennemie, fonce sur Bisel. Nouveaux combats à Bisel et Reroch, Feldbach. À Waldighoffen, l’ennemi est surpris et dispersé avant d’avoir pu réagir. À 15h45, il est à Oberdorf, à Mundsbach et après avoir détruit de nombreux véhicules allemands et laissé derrière lui près de 300 prisonniers, il arrive à 17h30 à Rosenau où il est le premier officier français qui ait l’honneur d’atteindre le Rhin. « Pour un officier de cavalerie, disait-il le soir dans sa joie, voir cela et mourir ».

Le char Shermann M4A4 Austerlitz du lieutenant de Loisy

Après un jour de repos le peloton de Loisy participe à la libération de Mulhouse. Le 21 novembre il ouvre à travers les rues de la ville un chemin à l’infanterie qui va attaquer la caserne Coehorn. Le 23 novembre il reçoit l’ordre d’appuyer l’infanterie dans une opération particulièrement difficile. Il part après s’être exclamé « n’ayez aucune crainte, au revoir mon capitaine, moteur en route ! ». Il trouvera la mort dans cette action[3]. Lorsque son peloton apprend la terrible nouvelle, tous pleurent : l’aspirant Poumaroux tué peu après à Heimsbrunn, affirme « le lieutenant était trop courageux, partout il marchait le premier ».

Ainsi à 28 ans s’achève la vie de cet officier français exemplaire qui semble à merveille incarner l’esprit du jeune Saint-Cyrien dont la vie fut aussi courte que grandiose[2]. Le lieutenant Fuhr a décrit son camarade de combat : « le lieutenant de Loisy, grand bien découplé, le visage intelligent comme illuminé par une sorte de flamme intérieure, appartient à cette catégorie de chefs qui rayonnent et auxquels on obéit d’instinct car on a plaisir à le faire. Avec lui rien n’est banal. Il sait créer, autour de lui, une sorte d’univers fraternel et viril, auquel on est fier d’appartenir car on s’y sent meilleur qu’ailleurs. La combinaison américaine, d’habitude peu seyante, ne fait que souligner son aisance et sa classe. Oui un bel officier en vérité ».

Décorations[modifier | modifier le code]

insigne régimentaire du 2e R.C.A.
Legion Honneur Chevalier ribbon.svg Croix de Guerre 1939-1945 ribbon.svg Medaille (Insigne) des Blesses Militaires ribbon.svg

Intitulés[modifier | modifier le code]

Hommage[modifier | modifier le code]

  • Le lieutenant Carrelet de Loisy a été choisi comme parrain de la promotion 2007-2010 de l'École Spéciale Militaire de Saint-Cyr.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Richard Seiler, « Jean de Loisy. Mort sur le Rhin. Vie et mort d'un héros », in 39-45, no 161, novembre 1999

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Site Mémoire des hommes, ministère de la Défense, base des militaires morts lors de la seconde guerre mondiale, fiche individuelle de Jean Carrelet de Loisy
  2. a et b Le lieutenant de Loisy par son courage et son audace, a permis à la 1re Armée française du général de Lattre de Tassigny d'inscrire sur son livre d'or un nouveau titre de gloire, celui d'avoir atteint le Rhin en tête de toutes les armées alliées
  3. voir le détail des 21-22 novembre 1944