Jean Achard (pilote)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Wikipédia:Bons articles Vous lisez un « bon article ».
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Jean Achard et Achard.
Jean Achard (pilote)

Pas d'image ? Cliquez ici

Biographie
Nom complet Jean-Jacques Grosman
Date de naissance
Lieu de naissance Paris 13e (France)
Date de décès (à 33 ans)
Lieu de décès Rio de Janeiro (Brésil)
Nationalité Drapeau de France Français
Carrière
Années d'activité 1946-1947, 1951
Qualité Pilote automobile
Résistant
Journaliste
Parcours
AnnéesÉcurie0C.0(V.)
Drapeau : France France Course
Drapeau : France Écurie Atalante
Drapeau : France Écurie Gersac
Formule 1
Nombre de courses 1 (0 départs)

Jean-Jacques Grosman dit Jean Achard est un journaliste et un pilote automobile français, né le à Paris 13e (France) et mort le à Rio de Janeiro (Brésil) lors d'essais pour une course automobile. Il a notamment participé à une dizaine de Grands Prix hors-championnat après-guerre.

Jean-Jacques intègre la Résistance durant la Seconde Guerre mondiale sous le pseudonyme de « Jean Achard ». À la Libération, il devient journaliste et rédacteur en chef de Debout avant de s'orienter vers la compétition automobile. Il participe à quatre Grands Prix hors-championnat pour sa première année, en 1946, avec une notable sixième place au Grand Prix d'Albi. Pilote officiel de l'Écurie Gersac en 1947 sur des Delage, il obtient pour meilleur résultat une quatrième place au Grand Prix de Pau. En juillet, il pilote à nouveau au Grand Prix d'Albi, pour sa propre équipe : France Course. Mais victime d'un grave accident qui tue une spectatrice, il choisit de mettre sa carrière de pilote entre parenthèses.

Fin 1950, il reprend le sport automobile. Il émigre au Brésil en janvier 1951 pour participer aux Grands Prix locaux. Il s'inscrit également aux 500 miles d'Indianapolis 1951 mais ne prend finalement pas part à la course. Il monte sur son premier podium lors du Grand Prix de Boa Vista. En juillet de la même année, il abandonne sa Talbot-Lago T26C pour une Ferrari 125F1. Lors d'essais sur le circuit de Gávea avec sa nouvelle voiture, il percute un mur et meurt, à l'âge de 33 ans.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et activité résistante (1918-1945)[modifier | modifier le code]

Né à Paris en 1918, Jean-Jacques Grosman a 21 ans quand la France est envahie par l'Allemagne nazie[1]. Durant la Seconde Guerre mondiale, il entre dans la Résistance française et prend le nom de « Jean Achard le Breton »[1],[2]. Lors de la Libération, il devient rédacteur en chef du journal de résistance Debout, fondé par le résistant Claude Julien, lié aux Jeunesses ouvrières chrétiennes[2],[3]. Il devient par la suite président de la Fédération nationale française des anciens combattants[2].

Compétition automobile en France (1946-1947)[modifier | modifier le code]

Photographie d'une automobile des années 1920, de couleur bleu azur, vue de trois-quarts, en exposition dans un musée.
Jean Achard doit faire ses débuts en compétition automobile sur une Bugatti Type 35 lors du Grand Prix de Marseille 1946, auquel il ne prendra pas le départ.

Après la Libération, il continue de se faire connaître sous le nom de Jean Achard et commence, par passion, à participer à plusieurs courses automobiles, au niveau régional et national, d'abord sur une Maserati 1500[2], puis sur des Delage et des Delahaye[4]. Inscrit pour participer au Grand Prix de Marseille 1946 sur une Bugatti Type 35, il ne se présente finalement pas à l'événement[5]. Il débute sa saison à la Coupe de la Résistance sur une Maserati 4CM, abandonnant au treizième des quarante-sept tours de l'épreuve[5].

Au Grand Prix d'Albi, sur Maserati 4CL, il termine sixième de la première course, puis neuvième de la deuxième, pour finalement se classer sixième du Grand Prix[note 1],[2],[5],[6]. En juillet, sur le circuit de Nantes, il participe au Prix des 24 Heures du Mans[note 2], où il affronte les plus grands pilotes du pays comme « Raph », Pierre Levegh, Jean-Pierre Wimille, Louis Rosier ou Maurice Trintignant, mais il abandonne, comme plus de la moitié des concurrents engagés[7], dès le premier tour, sur problème mécanique[5]. Au Circuit des Trois-Villes, Jean Achard achète une Delahaye 155 V12 (châssis no 48774) à Ernest Friderich, se qualifie quatrième (et premier des Delahaye)[2], mais est disqualifié pour un faux départ[8]. Durant cette année, il pilote au sein de sa propre équipe, France Course, dirigée par Jean Leroy, mais il lui arrive également de piloter parfois pour l'Écurie Atalante[1],[2],[9].

En 1947, il rejoint l'Écurie Gersac où il a pour coéquipiers Philippe Étancelin, Pierre Levegh et Maurice Trintignant[2],[10]. Jean Achard laisse sa Delahaye pour une Delage[10]. S'élançant de la onzième position sur la grille de départ[11], il commence sa saison en se classant quatrième du Grand Prix de Pau[1],[12], sous un ciel ensoleillé[13]. Terminant l'épreuve à trois tours du vainqueur Nello Pagani[11], il se plaint toutefois de sa voiture dans les virages[14]. Sa quatrième place lui permet d'obtenir une récompense de 60 000 francs français[13].

Pointant alors à la troisième place du championnat de France[14], il part de la neuvième place au Grand Prix du Roussillon se disputant sur piste sèche[13], mais est alors victime d'un accident au septième tour[2], qui impliquera ensuite Georges Grignard, son coéquipier Philippe Étancelin et Roger Loyer[15]. Son tour le plus rapide en course, est le plus lent de tous les pilotes, à onze secondes du meilleur tour[14]. Au mois de mai, il participe au Bol d'or sur Simca[2],[16]. Il prend part ensuite à la Jersey Road Race : qualifié dix-neuvième, il parvient à remonter jusqu'à la huitième place finale, à quatre tours du vainqueur Reg Parnell[11]. Roulant toujours sur Delage, il poursuit ensuite avec le Grand Prix de Marseille, se déroulant sous le soleil, et termine sixième à quatre tours du premier, Eugène Chaboud[11]. Ce nouveau résultat lui permet de se placer à la quatrième place du championnat[2],[14]. Au Grand Prix de Nîmes, sa course s'arrête rapidement après un accident dans le premier tour[8]. Début juillet, il est également inscrit au premier Grand Prix de Reims, mais déclare forfait et ne prend pas le départ[8].

Au Grand Prix d'Albi de 1947, il revient sur une Delahaye 155, préalablement utilisée par lui-même en 1946 et par Pierre Levegh au Grand Prix de Nîmes de cette année[10],[17]. Sous un soleil très fort et une chaleur étouffante[13], il est victime d'un très grave accident au premier virage après la ligne droite des stands du vingt-et-unième tour de la course, où il perd la roue arrière gauche de sa Delahaye qui percute mortellement une spectatrice et blesse une autre personne[8],[18],[19]. Cet accident lui fait arrêter la compétition automobile pour les années suivantes[1]. Auparavant, il s'était inscrit pour le Grand Prix du Comminges, mais ne participe donc finalement pas à l'événement[13] et vend sa Delahaye à André Simon[8].

Émigration au Brésil et accident fatal (1951)[modifier | modifier le code]

Photographie d'une Formule 1 verte, des années 1950, vue de profil gauche, devant des bottes de paille délimitant un circuit.
C'est au volant de la Ferrari 125 F1 que Jean Achard trouve la mort, lors d'essais autour de Rio de Janeiro en 1951.

En novembre 1950, Jean Achard achète la Talbot-Lago T26C (châssis no 110008) de 1948 à Philippe Étancelin qui prend sa retraite[20],[21]. En janvier 1951, il fait son retour en sport automobile et émigre au Brésil pour participer à la saison locale de courses[1],[2]. Il commence la saison en terminant cinquième du Grand Prix de São Paulo, puis troisième du Grand Prix de Boa Vista, un mois plus tard[2],[4]. Cette même année, il s'inscrit sur la liste d'entrée des 500 miles d'Indianapolis, comptant pour le championnat du monde de Formule 1, où il est le seul pilote étranger du plateau, en engageant personnellement sa Talbot-Lago T26C[21]. Il ne prend finalement pas le départ de la plus grande course américaine[4]. Il n'est pas certain s'il était présent et qu'il a échoué à se qualifier pour la course, ou s'il était tout simplement absent[22],[23]. Jean Achard reste, à ce jour, l'unique pilote de l'histoire de la Formule 1 à s'être engagé en Grand Prix avec le no 100[22],[24].

En juillet 1951, Achard vend sa Talbot au Brésilien Antonio Pinheiro Pires pour désormais piloter la Ferrari 125 F1 qui appartenait auparavant à ce dernier[1],[2]. Le , en essais pour une course brésilienne à Rio de Janeiro, au volant de sa Ferrari, Jean Achard percute un mur et meurt à l'âge de 33 ans[4],[25]. Le Français aurait confondu les pédales d'accélérateur et de freins, qui étaient inversées par rapport à celles de la Talbot qu'il utilisait d'ordinaire[2],[4],[26]. Quant à la course pour laquelle s'entraînait Achard, un doute subsiste entre le Grand Prix de la Cité de Rio de Janeiro et la course de côte de Subida da Gávea[26].

Résultats en Grands Prix[modifier | modifier le code]

Tableau synthétique des résultats de Jean Achard en Grands Prix hors-championnat[22],[27],[28]
Année Grand Prix Écurie Voiture Moteur Résultat
1946 Drapeau : France Grand Prix de Marseille Inconnue Drapeau : France Bugatti Type 35 Bugatti L8 Non partant
Drapeau : France Coupe de la Résistance Drapeau : France Privé (France Course) Drapeau : Italie Maserati 4CM Maserati L4 Abandon
Drapeau : France Grand Prix d'Albi Drapeau : France Privé (France Course) Drapeau : Italie Maserati 4CL Maserati L4 6e
Drapeau : France Circuit des Trois-Villes Drapeau : France Écurie Atalante (SFACS Écurie France) Drapeau : France Delahaye 155 Delahaye L6 Non partant
1947 Drapeau : France Grand Prix de Pau Drapeau : France Écurie Gersac Drapeau : France Delage 3000 Delage L6 4e
Drapeau : France Grand Prix du Roussillon Drapeau : France Écurie Gersac Drapeau : France Delage 3000 Delage L6 Abandon
(accident au 8e tour)
Drapeau : Jersey Jersey Road Race Drapeau : France Écurie Gersac Drapeau : France Delage 3000 Delage L6 8e
Drapeau : France Grand Prix de Marseille Drapeau : France Écurie Gersac Drapeau : France Delage 3000 Delage L6 6e
Drapeau : France Grand Prix de Nîmes Drapeau : France Écurie Gersac Drapeau : France Delage 3000 Delage L6 Abandon
(accident au 2e tour)
Drapeau : France Grand Prix d'Albi Drapeau : France Privé (France Course)[29] Drapeau : France Delahaye 155 Delahaye L6 Abandon
(accident au 21e tour : perte d'une roue)
1951 Drapeau : Brésil Grand Prix de São Paulo Drapeau : France Privé (France Course) Drapeau : France Talbot-Lago T26C Talbot L6 5e
Drapeau : Brésil Grand Prix de Boa Vista Drapeau : France Privé (France Course) Drapeau : France Talbot-Lago T26C Talbot L6 3e
Tableau synthétique des résultats de Jean Achard en Grand Prix de Formule 1[18],[30]
Année Grand Prix Écurie Voiture Moteur Pneus Résultat
1951 Drapeau : États-Unis 500 miles d'Indianapolis Drapeau : France Privé (France Course) Drapeau : France Talbot-Lago T26C Talbot L6 F Non-participation

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le Grand Prix d'Albi est divisé en deux courses. Le pilote ayant parcouru le plus de tours dans les deux courses combinées remporte le Grand Prix.
  2. Cette compétition n'a pas de rapport avec les 24 Heures du Mans. Deux épreuves ont lieu le même jour sur le circuit de Nantes. La Coupe du Circuit de Nantes avec des pilotes assez méconnus, et le Prix des 24 Heures du Mans avec des pilotes renommés.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f et g (en) Chris Demorro, « Today In Hot Rod History: The Death Of Jean Achard, July 14 », sur rodauthority.com, (consulté le 6 janvier 2018)
  2. a b c d e f g h i j k l m n et o (en) « Fiche de Jean Achard », sur historicracing.com (consulté le 6 janvier 2018)
  3. Ignacio Ramonet, « Décès : Claude Julien », sur monde-diplomatique.fr,
  4. a b c d et e « Biographie de Jean Achard », sur statsf1.com (consulté le 6 janvier 2018)
  5. a b c et d (en) « 1946 Grands Prix », sur silhouet.com (consulté le 28 mai 2018)
  6. (en) « Nuvolari Wins at Albi », Motor Sport,‎ , p. 9 (lire en ligne)
  7. David Bénard, « Le Grand Prix de Nantes de Formule Internationale 1946 », sur davidbenard.free.fr, (consulté le 8 janvier 2018)
  8. a b c d et e (en) André Vaucourt, « Delahaye's 155 V12 chassis no. 48774: the worst car they ever built », 8W,‎ (lire en ligne)
  9. (en) Alessandro Silva, « The right place to start: cosmopolitan Riviera, France », 8W,‎ (lire en ligne)
  10. a b et c (en) Alessandro Silva, « A hard-fought championship: Championnat de France 1947 - Part 1: Cars and Drivers », 8W,‎ (lire en ligne)
  11. a b c et d (en) « 1947 Grands Prix », sur silhouet.com (consulté le 28 mai 2018)
  12. (en) « Fiche de Jean Achard », sur motorsportmagazine.com (consulté le 6 janvier 2018)
  13. a b c d et e (en) Alessandro Silva, « A hard-fought championship: Championnat de France 1947 Part 3: The Statistics », 8W,‎ (lire en ligne)
  14. a b c et d (en) Alessandro Silva, « A hard-fought championship: Championnat de France 1947 - Part 2: The Races », 8W,‎ (lire en ligne)
  15. (en) « Reports of Recent Events », Motor Sport,‎ , p. 13 (lire en ligne)
  16. (en) « Bol d'Or 1947 - Race results », sur racingsportscars.com (consulté le 8 janvier 2018)
  17. (en) André Vaucourt, « The Delahaye years : 1947-'48: racing with cars over 12 years old », 8W,‎ (lire en ligne)
  18. a et b « Fiche de Jean Achard », sur laberezina.com (consulté le 6 janvier 2018)
  19. (en) « Racing on the Continent », Motor Sport,‎ , p. 8 (lire en ligne)
  20. (en) « Grand Prix de Pau, 10 Apr 1950 », sur oldracingcars.com (consulté le 8 janvier 2018)
  21. a et b Pierre Abeillon, « Les Talbot en course », Revue Auto passion, no 31,‎
  22. a b et c (es) « Biografia de Jean Achard », sur f1-club.es (consulté le 8 janvier 2017)
  23. « Jean Achard : Une seule passion, la vitesse… », sur mini.43.free.fr (consulté le 8 janvier 2017)
  24. « Statistiques Numéro 100 », sur statsf1.com (consulté le 8 janvier 2017)
  25. (en) « French Driver Dies in Crash », The New York Times,‎ , S5
  26. a et b (en) « Fiche de Jean Achard » [archive du ], sur motorsportmemorial.org (consulté le 6 janvier 2018)
  27. « Jean Achard - Engagements », sur statsf1.com (consulté le 8 janvier 2018)
  28. Christian Naviaux, Les Grands Prix de Formule 1 hors championnat du monde, Éditions du Palmier, , 128 p. (ISBN 2-914920-05-9)
  29. (en) « 1947 Albi Grand Prix », sur motorsportmagazine.com (consulté le 8 janvier 2018)
  30. « Jean Achard - Grands Prix non disputés », sur statsf1.com (consulté le 8 janvier 2018)
Cet article est reconnu comme « bon article » depuis sa version du 18 juin 2018 (comparer avec la version actuelle).
Pour toute information complémentaire, consulter sa page de discussion et le vote l'ayant promu.
La version du 18 juin 2018 de cet article a été reconnue comme « bon article », c'est-à-dire qu'elle répond à des critères de qualité concernant le style, la clarté, la pertinence, la citation des sources et l'illustration.