Irénisme

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Leibniz, un des premiers irénistes[1].

Irénisme vient du mot grec εἰρήνη eirèné : la paix. Le mot est dérivé d'irénique emprunté au latin ecclésiastique moderne irenicus, apparu en 1867. Le mot irénisme est attesté en 1962[2]

Sens général[modifier | modifier le code]

L'irénisme désigne la volonté de faire fi de ce qui nous éloigne pour se focaliser sur ce qui nous unit, nous rapproche. L'irénisme est une attitude de compréhension.

Origine[modifier | modifier le code]

L'irénisme est apparu dans la recherche de l'unité des églises chrétiennes au XVIIe siècle. Leibniz a développé un projet d'union religieuse entre les églises chrétiennes. Cette recherche de paix entre les églises chrétiennes passe par une théologie rationnelle qui est accorde la religion et la raison. Il s'oppose à Pierre Bayle qui place la théologie au-dessus de la raison. La lecture du Dictionnaire historique et critique a entraîné de nombreuses controverses sur la position de Bayle concernant l'opposition entre foi et raison. La position de Bayle s'appuie sur l'existence du mal sous un Dieu bon. Leibniz va répondre à Pierre Bayle sur cette question dans Essais de Théodicée. Il commence son livre par un Discours sur la conformité de la foi et de la raison pour montrer qu'il n'y a pas d'opposition entre foi et raison et que la raison peut donc être utilisée dans le domaine théologique. L'irénisme se fonde sur une théorie de la raison et l'affirmation d'un langage universel. Cependant Leibniz constate qui si la raison est puissante, car rien ne peut échapper à sa critique, elle est aussi impuissante car elle n'apporte par elle-même aucune certitude[3],[4].

Sens politique[modifier | modifier le code]

C'est une vision politique d'un enchaînement des événements lisse, sans accroc et sans conflit. Plus largement, dans un contexte politique, l'irénisme consiste à vouloir concilier des idéologies qui le sont difficilement.

Sens religieux[modifier | modifier le code]

Attitude visant à favoriser la bonne entente entre les religions. Le mot s'est d'abord employé dans un contexte chrétien. Cela désigne également la volonté d'éviter un schisme.

L'encyclique Humani Generis, en 1950, a cependant mis en garde contre les dangers de l'irénisme, pointant le risque de tolérer des erreurs graves et fondamentales par lâcheté et désir exagéré de conciliation[5].

Références[modifier | modifier le code]

  1. François Gaquère, « Le dialogue irénique Bossuet-Leibniz. La réunion des Églises en échec (1691-1702). », Revue d'histoire de l'Église de France, vol. 53,‎ (lire en ligne)
  2. Sous la direction d'Alain Rey, Dictionnaire historique de la langue française.
  3. Paul Rateau, Sur la conformité de la foi avec la raison : Leibniz contre Bayle, dans Revue philosophique de la France et de l'étranger, tome 136, no 2011/4, p. 467-485 (lire en ligne)
  4. Olivier Roy, Leibniz et la Chine, Librairie philosophique J. Vrin, Paris, 1972, p. 42-52 (ISBN 2-71160670-8) (aperçu)
  5. « Texte en français de l'encyclique Humani Generis sur le site du vatican »

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]