Inventaire forestier national (France)

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l'Inventaire forestier national

Création 1958
Disparition 2012 (fusion avec l'Institut national de l'information géographique et forestière)
Forme juridique Établissement public à caractère administratif
Siège social 73 avenue de Paris
94165 Saint-Mandé
Drapeau de France France
Activité Inventaire forestier
Site web inventaire-forestier.ign.fr/

L’Inventaire forestier national (IFN) était un établissement public national français créé en 1958 chargé de l’inventaire permanent des ressources forestières nationales. Le , il fusionne avec l'Institut géographique national au sein de l’Institut national de l'information géographique et forestière[1].

Historique[modifier | modifier le code]

En 1958, après la seconde guerre mondiale, l'État crée l'Inventaire forestier national (IFN), pour mieux estimer les ressources et potentialités des forêts françaises, et de terrains pouvant potentiellement être boisés ou reboisés (landes, maquis, garrigues ou autres terrains vacants)[2].

L'IFN alors la charge de l’inventaire permanent des ressources forestières nationales « indépendamment de toute question de propriété » (article R 521-1 du code forestier), sans pouvoir être utilisé à des fins fiscales[2]. et devant donc rester « anonyme » (L'inventaire ne connait pas les propriétaires, qui sont simplement classés en 3 grandes catégories ; État, autres collectivités publiques dont les forêts sont soumises au régime forestier et les particuliers[2]).

En 1994, l’IFN devient un établissement public à caractère administratif (EPCA) sous tutelle du ministère de l'agriculture (chargé des forêts). Sa direction était implantée à Nogent-sur-Vernisson (Loiret), avec cinq antennes ou échelons interrégionaux, localisés à Bordeaux, Caen, Lyon, Montpellier et Nancy, qui effectuaient des relevés sur l’ensemble du territoire métropolitain.

En 2011, dans le cadre de la RGPP, l'IFN est engagé à se rapprocher de l'IGN. Le la fusion est effective, donnant un nouvel établissement dénommé Institut national de l'information géographique et forestière [3], ce qui implique aussi une réorganisation organisationnelle et territoriale[4],[5].

Depuis 2012, l'établissement IFN n'existe plus mais la mission d'inventaire forestier est conservée dans le nouvel établissement.

Activités[modifier | modifier le code]

Les opérations d’inventaire étaient effectuées jusqu’en 2004 par département de manière cyclique avec une périodicité de 12 ans. Depuis novembre 2004, la méthode d’inventaire est devenue nationale, l'inventaire est effectué annuellement sur l’ensemble du territoire. Des données statistiques sont collectées par photo-interprétation ponctuelle et surtout sur le terrain. Ces informations dendrométriques, écologiques et floristiques sont enregistrées dans des bases de données et mises à la disposition du public[6],[7]. À partir des photographies aériennes, une carte forestière (BD Forêt) détaillée de chaque département est réalisée[8].

Les principaux résultats de l’inventaire forestier et sa cartographie sur son site Internet. Il y diffuse également ses données brutes pour les dernières campagnes. De nombreux produits numériques ou papier, ainsi que les résultats de quelques études ou travaux présentés dans une publication gratuite trimestrielle de 8 pages (L’IF), complètent cette mise à disposition de l’information « standard ».

Par ailleurs, il effectue, à la demande d’organismes locaux ou nationaux, des travaux d’inventaire des milieux naturels. Il apporte son concours technique aux études entreprises dans le domaine des inventaires des ressources forestières en France ainsi qu’à l’étranger. Il peut enfin effectuer à la demande, des recherches, expertises, études, sondages et enquêtes touchant à la connaissance des forêts et des autres espaces naturels. Ces compétences font de l'inventaire forestier un point focal d’information sur les forêts et les ressources forestières. Ainsi, il s’est vu confier par son ministère de tutelle (le ministère de l’Agriculture) le découpage du territoire métropolitain en sylvoécorégions, la gestion des données « incendies de forêt » et « réseau européen » dans le cadre du règlement européen « Forest Focus »[9] ou encore le suivi de l'occupation des sols en Guyane par télédétection satellitaire.

Méthodes[modifier | modifier le code]

La méthode de l'inventaire forestier national est basée sur l’échantillonnage de « placettes » correspondant à des points d'inventaires. Ces derniers sont rattachés aux nœuds d'une grille à maille carrée de 1 km de côté mise en place sur une période de 10 ans[10].

Changement de méthode en 2004-2011 : Suite au travail de statisticiens et modélisateurs tels que Jean-Christophe Hervé (nommé en 2004 Directeur du Laboratoire des inventaires forestiers de l’IGN, sur le campus AgroParisTech de Nancy) et de spécialistes de la biométrie des systèmes ou phénomènes sylvicoles et forestiers, la France métropolitaine se voit appliquer une méthode nouvelle « déjà adoptée par la Suède de manière très pionnière (depuis 1952), la Finlande, et les États-Unis d’Amérique (2000/2001), puis par la Suisse (2009) », qui tend à devenir la référence internationale (y compris des domaines différents tels que la démographie humaine[11].

  • En 2004, l'IFN adopte la définition internationale (FAO) de la forêt et a « homogénéisé les conditions de mise en œuvre de l’inventaire au niveau national » ; Ceci a créé une « rupture de série sur la surface de forêt, et, par voie de conséquence, sur tous les autres résultats produits par l’IFN (volume, surface terrière, etc.) ». Il reste possible d'établir des correspondances entre les résultats obtenus avant et après le changement de méthode d'inventaire et donc d'évaluer l'évolution de la forêt française, que ce soit en surface, en volume, ou autre.
  • L'inventaire intègre et généralise le principe de l' « inventaire continu sur échantillon glissant » et « un nouveau découpage de référence du territoire en régions biogéographiques homogènes : sylvoécorégions (SER[12]) et grandes régions écologiques (GREC O) », en remplacment des 309 anciennes « régions forestières » ensuite renommées « petites régions forestières» créées en 1960 jugées trop nombreuses et compliquant l'inventaire[13].

Ce changement de méthode vise notamment à :

  1. Compenser l’« absence de points remesurés, associée à la longueur du temps séparant deux passages dans le même département (qui) a rendu la mesure des évolutions en surface et volume imprécise, voire impossible dans certains cas (boisements nouveaux, en particulier spontanés, par exemple), et cela même au niveau d’un département »[13]
  2. compenser le fait que « les résultats aux échelons supra-départementaux (notamment régions administratives, bassins d’approvisionnement des industries, niveau national) étant obtenus par addition d’inventaires départementaux non synchrones, ils ne pouvaient avoir de sens clair et précis que dans la situation d’une forêt en état globalement stationnaire, ou tout au moins dont la dynamique serait restée négligeable sur le temps d’un cycle »[13].
  3. trouver une solution aux difficultés de prise en en compte statistique des effets d'aléas tels que la tempête Lothar de 1999 sur l'évaluation du stock de bois sur pied[13].
  4. disposer d'un cadre géographique de référence simplifié, mais restant adapté aux guides de choix d'essences forestières (basés sur les stations forestières ; cadre également utile aux documents d’orientation forestière et à l'évaluation et au suivi à moyen et long terme des effets du dérèglement climatique[13].

Précision accrue  : Cette nouvelle méthode (validée par la communauté forestière en 2011) a montré que les méthodes antérieures d'estimation du volume des arbres dans les inventaires départementaux, qui supposaient un facteur de forme constant au cours de la vie de l'arbre, avaient surestimé (de 16% pour la période 2001-2009) la production en volume de bois de la forêt française.
Le vrai chiffre étant plutôt 85 millions de m3 par an avec une précision estimée à ( ± 1,2 million de m3), rappelant « la difficulté intrinsèque à mesurer l’accroissement en volume sans placette permanente, et alors que les fluctuations climatiques d’une année sur l’autre peuvent entraîner une variation de cet accroissement du même ordre »[13].
La production sylvicole peut être ainsi mieux recalculée ou prévue, à condition d'aussi tenir compte de pathologies émergentes (chalarose du Frêne notamment) et de l'évolution du climat en France, dont les effets sur la forêt, complexes, sont encore mal appréciés.

Cette méthode rénovée a bouleversé le fonctionnement interne de l'IFN, demandant un temps d'adaptation pour être partout opérationnelle. Elle a atteint son « régime de croisière » en 2014 selon C. Hervé et ses collègues[13].

Matériel[modifier | modifier le code]

Les inventaires sont effectués à l'aide d'ordinateurs de poche (PDA) et d'appareils de mesures (perches, mètre ruban, vertex, etc.). Des récepteurs GPS sont employés pour la localisation des points d'inventaire.

Inventaire 2012[modifier | modifier le code]

La forêt en France métropolitaine couvre 16,3 millions d’hectares soit un petit tiers du territoire[14]. Sur les 25 dernières années, la superficie de la forêt française a progressé d’environ 78 000 hectares par an, soit 0,6 % par an.

Le volume de bois sur pied de la forêt française métropolitaine est de 2,5 milliards de mètres cubes. Les feuillus en représentent 64 %. Avec 44 % du volume des feuillus, le chênes (chêne pédonculé, chêne rouvre, chêne pubescent et chêne vert) sont les essences feuillues les plus représentées sur le territoire métropolitain. Les peupleraies couvrent environ 190 000 hectares, soit 1,2 % de l’ensemble de la forêt. L’épicéa commun et le sapin pectiné représentent à eux deux 42 % du volume des conifères. Viennent ensuite le pin sylvestre, le pin maritime et le sapin de Douglas.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Site web de l'inventaire forestier
  2. a, b et c Bazire P (1984) L'Inventaire forestier national français. Revue Forestière Française, 1984, S, fascicule thématique « Dialogue forestier par-dessus le Rhin », 11 p
  3. http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000024720351&fastPos=1&fastReqId=1364982375&categorieLien=id&oldAction=rechTexte
  4. http://www.developpement-durable.gouv.fr/IGN-IFN-Information-geographique.html
  5. http://www.rgpp.modernisation.gouv.fr/index.php?id=lesmesures&tx_ttnews[cat]=42&cHash=510127bf27
  6. Télécharger les données brutes de l'inventaire forestier : http://inventaire-forestier.ign.fr/spip/spip.php?rubrique153
  7. Consulter les données brutes de l'inventaire forestier : http://inventaire-forestier.ign.fr/spip/spip.php?rubrique159
  8. BD Forêt : http://inventaire-forestier.ign.fr/spip/spip.php?rubrique67
  9. Commission européenne, « Forest Focus », portail internet relatif au Règlement européen : Regulation (EC) 2152/2003 concerning monitoring of forests and environmental interactions in the Community)
  10. Plaquette d'explication de la méthode d'inventaire forestier : http://inventaire-forestier.ign.fr/spip/spip.php?rubrique25
  11. L'INSEE a aussi adopté (en 2004) un plan d’échantillonnage de ce type (fondé sur une fenêtre glissante de 5 années) pour recenser la population française
  12. estier.ign.fr/spip/spip.php?rubrique211 Description des sylvoécorégions sur le site de l’IGN : http://inventaire-for estier.ign.fr/spip/spip.php?rubrique211
  13. a, b, c, d, e, f et g Hervé J.C, Wurpillot S, Vidal C & Roman-Amat B (2014), L’inventaire des ressources forestières en France : un nouveau regard sur de nouvelles forêts (via Inist-CNRS)
  14. Memento IFN 2012

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]