International Klein Blue

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Photographie du lâcher de ballons bleus de 2007, appelé « sculpture aérostatique «
« Sculpture aérostatique », action de Yves Klein reproduite à Paris en 2007.

L'International Klein Blue (IKB) est une peinture bleu profond créée par le marchand de couleurs Édouard Adam à la demande de l'artiste français Yves Klein, que celui-ci a revendiquée comme invention déposée à l'Institut national de la propriété industrielle en 1960. La pâte emploie un liant vinylique et lepigment outremer synthétique.

Démarche[modifier | modifier le code]

À partir de 1954, Yves Klein réalise des peintures monochromes. Après des monochromes de diverses couleurs, il privilégiera le bleu outremer. Ce pigment dont le spectre d'absorption comporte des creux particulièrement marqués ne peut pas être imité. Si on parvient à reconstituer sa tonalité, on n'obtient pas la clarté, qu'on améliore qu'au détriment de la pureté[1].

Pour Philip Ball, en déposant le Bleu, Yves Klein, accomplit un acte artistique, il « ne cherchait pas seulement à protéger ses intérêts commerciaux mais voulait aussi marquer l'authenticité d'une idée créative » car « le véritable concept de cet art était d'inspiration technologique[2] ».

Pratiquant l'art action, Yves Klein vise l'instant[3]. Les critères de sélection de matières de la peinture artistique, qui doivent être durables et miscibles, ne s'appliquent pas à son projet.

Composition[modifier | modifier le code]

Après avoir essayé plusieurs liants traditionnels, Klein demande au marchand de couleurs Édouard Adam[4] un liant qui donne à la couleur du pigment bleu outremer toute sa profondeur. En effet, la composition chimique d'un pigment ne détermine pas complètement la couleur d'une peinture. Chacun peut constater que l'aquarelle change de couleur en séchant : c'est que les propriétés optiques du liant influent sur la couleur. Le liant de la peinture humide est composé principalement d'eau, tandis que celui de la peinture sèche est de la gomme arabique. L'indice de réfraction différent modifie l'angle sous lequel les particules de pigment sont éclairées, et, si celles-ci sont transparentes, l'angle sous lequel la lumière les traverse. Il en va de même pour l'huile ; le smalt donne un beau bleu en tempera, mais est terne à l'huile. Pour un monochrome, on peut rechercher un liant mieux adapté au pigment unique qu'on envisage que l'huile, convenable pour tous les pigments de la palette du peintre. Il se décide finalement pour un acétate de vinyle de Rhone-Poulenc, le Rhodopas M[5]. Cette substance servait normalement de fixatif. Utilisée seule, elle donne un rendu mat[6]. Son pouvoir adhésif permet de l'employer en très petite quantité par rapport au pigment. Cette qualité préserve, autant que possible, l'aspect du pigment en poudre pur (Haiml 2006).

Le , Yves Klein dépose à l'Institut national de la propriété industrielle (INPI), sous l'enveloppe Soleau no 63471, la formule de son invention[7].

C'est l'association de ce liant et de ce pigment qui fait l'originalité de l'IKB et permet de le déposer[8]. Bleu désigne ici une matière, car juridiquement, personne ne peut s'approprier une teinte[9],[10].

L'invention ne concerne pas la couleur obtenue, qui d'ailleurs dépend en outre de l'illuminant, même si, compte tenu du rôle du liant dans le résultat visuel, elle ne peut être qu'approchée en utilisant d'autres moyens.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Petit, Jacques Roire et Henri Valot, Encyclopédie de la peinture : formuler, fabriquer, appliquer, t. 1, Puteaux, EREC, , p. 383-388, spécifiquement p. 387-388.
  2. Philippe Ball, Histoire vivante des couleurs, Paris, Hazan, , p. 10, 360-361.
  3. (en) Nuit Banai, Yves Klein, Reaction books, (lire en ligne).
  4. Marie-Christine Morosi, « Adam, marchand de couleurs de Montparnasse », Le Point,‎ (lire en ligne).
  5. (en) Christa Haiml, « Restoring the Immaterial: Study and Treatment of Yves Klein's Blue Monochrome (IKB 42) », dans Getty Conservation Institute, Modern Paints Uncovered: Proceedings from the Modern Paints Uncovered Symposium, (lire en ligne), p. 150.
  6. (en) Hannah Weitemeier, Klein, Taschen, .
  7. Haiml 2006, p. 150 ; « Yves Klein », Centre Pompidou ; Nathalie Moureau et Dominique Sagot-Duvauroux, « Le droit d'auteur confronté aux créations ontemporaines », Mouvements, no 17,‎ , p. 20, note 6 (DOI 10.3917/mouv.017.0017, lire en ligne).
  8. Bernard Valeur, « La formule secrète du bleu outremer », Pour La Science, no 419, septembre 2012, p. 74-79.
  9. Timbuktoo naming, « Une couleur peut-elle appartenir à une marque ? », sur timbuktoo-naming.com, (consulté le 13 mars 2016).
  10. Cabinet Chaillot, « Déposer une couleur en tant que telle à titre de marque : Arrêt C-104/01 de la CJCE », sur chaillot.fr, (consulté le 13 mars 2016).

Annexes[modifier | modifier le code]

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