International Klein Blue

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Photographie du lâcher de ballons bleus de 2007, appelé "sculpture aérostatique"
Sculpture aérostatique (2007).

L'International Klein Blue (IKB) est une peinture bleu profond créée par le marchand de couleurs Édouard Adam à la demande de l'artiste français Yves Klein et déposée à l'Institut national de la propriété industrielle en 1960[1],[2].

Démarche[modifier | modifier le code]

À partir de 1954, Yves Klein propose des peintures monochromes. Il tend vers la présentation d'une idée d'unité absolue, « une parfaite sérénité ». Progressivement, après des monochromes de diverses couleurs, il privilégiera le bleu outremer. « [...] j’allais signer mon nom de l’autre côté du ciel durant un fantastique voyage « réalistico-imaginaire »[3] ».

Klein et Adam recherchent alors un liant qui donne à la couleur du pigment bleu outremer toute sa profondeur. En effet, la composition chimique d'un pigment ne détermine pas complètement la couleur d'une peinture. Chacun peut constater que l'aquarelle change de couleur en séchant : c'est que les propriétés optiques du liant influent sur la couleur. Le liant de la peinture humide est composé principalement d'eau, tandis que celui de la peinture sèche est de la gomme arabique. L'indice de réfraction différent modifie l'angle sous lequel les particules de pigment sont éclairées, et, si celles-ci sont transparentes, l'angle sous lequel la lumière les traverse. Il en va de même pour l'huile ; c'est ainsi que le smalt donne un beau bleu en tempera, mais est terne à l'huile. Pour un monochrome, on peut rechercher un liant mieux adapté au pigment unique qu'on envisage que l'huile, convenable pour tous les pigments de la palette du peintre.

Le , Yves Klein dépose à l'Institut national de la propriété industrielle (INPI), sous l'enveloppe Soleau no 63471, la formule de son invention[3],[4]. Elle décrit le liant qui est constitué d'une pâte fluide originale, substituée à l'huile traditionnellement utilisée en peinture, et qui fixe du pigment bleu outremer no 1311.

C'est l'association de ce liant et de ce pigment qui fait l'originalité de l'IKB[5]. Bleu désigne ici une matière, car juridiquement, personne ne peut s'approprier une teinte[6],[7]. Selon Klein, « Le bleu n’a pas de dimension, il est hors dimension, tandis que les autres couleurs elles en ont … Toutes les couleurs amènent des associations d’idées concrètes … tandis que le bleu rappelle tout au plus la mer et le ciel, ce qu’il y a de plus abstrait dans la nature tangible et visible »[8].

L'invention ne concerne pas la couleur obtenue, qui d'ailleurs dépend en outre de l'illuminant, même si, compte tenu du rôle du liant dans le résultat visuel, elle ne peut être qu'approchée en utilisant d'autres moyens.

Pour Philip Ball, en déposant le Bleu, Yves Klein, accomplit un acte artistique, il « ne cherchait pas seulement à protéger ses intérêts commerciaux mais voulait aussi marquer l'authenticité d'une idée créative » car « le véritable concept de cet art était d'inspiration technologique[9] ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bernard Valeur, « La chimie crée sa couleur... sur la palette du peintre » [PDF], sur mediachimie.org (consulté le 22 mai 2015), p. 147
  2. Marie-Christine Morosi, « Adam, marchand de couleurs de Montparnasse », Le Point,‎ (lire en ligne)
  3. a et b « Yves Klein », Centre Pompidou
  4. Nathalie Moureau et Dominique Sagot-Duvauroux, « Le droit d'auteur confronté aux créations ontemporaines », Mouvements, no 17,‎ , p. 20, note 6 (DOI 10.3917/mouv.017.0017, lire en ligne).
  5. Bernard Valeur, La formule secrète du bleu outremer, Pour La Science, no 419, septembre 2012, p. 74-79.
  6. Timbuktoo naming, « Une couleur peut-elle appartenir à une marque ? », sur timbuktoo-naming.com,‎ (consulté le 13 mars 2016).
  7. Cabinet Chaillot, « Déposer une couleur en tant que telle à titre de marque : Arrêt C-104/01 de la CJCE », sur chaillot.fr,‎ (consulté le 13 mars 2016).
  8. Marie Jo, « Yves Klein », sur mariajose.unblog.fr,‎ (consulté le 13 mars 2016).
  9. Philippe Ball, Histoire vivante des couleurs, Paris, Hazan, , p. 10, 360-361.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

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