Infodémie

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L’infodémie (mot-valise fusionnant « information » et « épidémie ») est la propagation rapide et large d'un mélange d'informations à la fois exactes et inexactes sur un sujet (par exemple une maladie). À mesure que les faits, les rumeurs et les craintes se mélangent et se dispersent, il devient alors difficile d'obtenir des informations essentielles sur un problème.

Terminologie[modifier | modifier le code]

Le terme infodémie, en anglais « infodemic », est un néologisme inventé au début des années 2000 par Gunther Eysenbach et connaît un regain d'utilisation durant la pandémie de Covid-19[1],[2],[3].

Présentation[modifier | modifier le code]

Selon la docteure Sylvie Briand, directrice des maladies pandémiques et épidémies à l'Organisation mondiale de la santé (OMS), « chaque épidémie s’accompagne d’une infodémie »[2]. L'OMS estime que « les informations trompeuses se comportent comme des agents pathogènes pendant une épidémie : elles se propagent plus rapidement et à plus grande échelle, complexifiant la conduite des interventions d’urgence »[2]. Il est arrivé qu'une infodémie conduise à des conséquences mortelles : en Iran, l’Agence de presse de la République islamique a ainsi rapporté la mort de 44 personnes qui auraient bu de l’alcool frelaté pour se protéger du Covid-19[4].

Le concept d'infodémie tend à être mis en concurrence avec celui de « désinfodémie »[5] ou d'« infopandémie »[6], et est souvent lié au thème de l'éducation aux médias[7] et aux théories du complot[8].[Quoi ?]

Études[modifier | modifier le code]

L'infodémie fait l'objet d'une « science » récente — l’infodémiologie —, ainsi que d’actions de prévention et de conseils pour la contrer[2]. L'OMS utilise le terme dans le contexte de la pandémie de Covid-19, dès [2],[4],[9]. Un groupe de travail sur les infodémies, issu du forum international sur l'information et démocratie, produit un rapport en , mettant en avant 250 recommandations, pour protéger les démocraties, les droits de l'homme et la santé[10]. L'OMS conseille d'évaluer la source, de ne pas se contenter des gros titres, d'identifier l’auteur de la source, de vérifier sa date, d'examiner les faits, d'analyser ses préjugés et de consulter les organisations fiables telles que l’International Fact-Checking Network[2].

Lutte contre l'infodémie[modifier | modifier le code]

Durant la pandémie de Covid-19, les réseaux sociaux s'impliquent dans la lutte contre l'infodémie : Facebook fait afficher un message pop-up à l’ouverture d'un compte, reporte les fausses informations en bas du fil d’actualité et supprime les fausses informations jugées dangereuses pour l’utilisateur ; TikTok met en avant les chaînes de l’OMS et de la Croix-Rouge à chaque recherche du mot-clé « coronavirus » ; Google supprime les informations trompeuses concernant le Covid-19 sur ses services et publicités ; Twitter vérifie, entre autres, les comptes qui sont des sources crédibles d’information sur le Covid-19 et surveille les conversations pour s’assurer que les mots-clés recherchés sur le virus permettent d’accéder aux informations fiables[4],[11]. L’OMS met en place une alerte sanitaire sur WhatsApp et un dialogueur ou chatbot sur Facebook Messenger, pour donner de l’information juste sur le virus[11]. Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) soutient l’alliance Corona Virus Facts, qui rassemble plus d’une centaine de vérificateurs de faits de plus de 45 pays regroupés au sein de l’International Fact-Checking Network[11].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Words We're Watching: 'Infodemic' », www.merriam-webster.com.
  2. a b c d e et f « Aplanir la courbe de l’infodémie, des gestes barrières contre les fake news », sur Agence Science-Presse, (consulté le ).
  3. Pascal Froissart, « I comme Infodémie », sur cemti.univ-paris8.fr, .
  4. a b et c Marion Bellal, « Coronavirus et "infodémie" : aux grands maux, les grands remèdes », sur France Culture, (consulté le ).
  5. Julie Posetti et Kalina Bontcheva, Désinfodémie : déchiffrer la désinformation sur le COVID-19. Paris, UNESCO, 2020, 16 pages (lire en ligne [PDF]).
  6. Élizabeth Gardère, « De l’infodémie à l’infopandémie. L’OMS face aux (des)informations virales », Les Cahiers du numérique, vol. 17, nos 3-4,‎ , p. 199–204 (lire en ligne).
  7. (en) Nirmal Singh et Gagandeep Banga, « Media and information literacy for developing resistance to ‘infodemic’: lessons to be learnt from the binge of misinformation during COVID-19 pandemic », Media, Culture & Society, vol. 44, no 1,‎ , p. 161–171 (ISSN 0163-4437 et 1460-3675, DOI 10.1177/01634437211060201).
  8. (en) Monica Stephens, « A geospatial infodemic: Mapping Twitter conspiracy theories of COVID-19 », Dialogues in Human Geography, vol. 10, no 2,‎ , p. 276–281 (ISSN 2043-8206 et 2043-8214, DOI 10.1177/2043820620935683, lire en ligne, consulté le ).
  9. François-Bernard Huyghe, « "Infodémie" : néologisme, nouvelles fausses et néo-scepticisme », Marianne.net, (consulté le ).
  10. (en-GB) « 250 recommendations on how to stop “infodemics” », Forum Information & Democracy, (consulté le ).
  11. a b et c Nadia Naffi, Ann-Louise Davidson et Houda Jawhar, « L'infodémie sur la Covid-19 est un fléau : cinq conseils pour éviter de la propager », sur The Conversation, (consulté le ).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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