Allégations d'implication de la CIA dans le trafic de drogue

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L'implication de la CIA dans le trafic de drogue a été évoquée à différentes occasions. La Central Intelligence Agency (CIA) est l'une des agences de renseignement les plus connues des États-Unis.

Affaires souvent évoquées[modifier | modifier le code]

Contrebande d'opium entre la CIA et le Kuomintang[modifier | modifier le code]

Avant 1949, pour procurer des fonds au Kuomintang (KMT) et aux forces loyales au général Tchang Kaï-chek qui combattaient les communistes de Mao Zedong, la CIA aurait aidé le KMT à passer en contrebande de l'opium de la Chine à la Birmanie, jusqu'à Bangkok, en fournissant des avions de la compagnie Air America[1],[2].

Financement des Contras dans les années 1980[modifier | modifier le code]

À partir d'août 1996, le journaliste américain Gary Webb publie une série d'articles dans le San Jose Mercury News dans lesquels il expose une enquête sur le financement des Contras au Nicaragua dans les années 1980 par des narcotrafiquants, lesquels auraient été couverts par la CIA : l'agence aurait sciemment favorisé la distribution du crack dans les banlieues noires de Los Angeles. Le sérieux de cette enquête a été contesté par de nombreux médias dont The New York Times, The Washington Post et le Los Angeles Times[3],[4]. En mai 1997, le rédacteur en chef du San Jose Mercury News, Jerry Ceppos, publie une tribune dans le journal critiquant la méthodologie de Webb.

Un film réalisé par Michael Cuesta s'inspirant de l'histoire de Gary Webb est sorti en 2014 : Secret d'État (Kill the Messenger).

Contrebande de cocaïne entre le Venezuela et la Floride[modifier | modifier le code]

En 1993, l'ancien chef de la Drug Enforcement Administration (DEA), Robert C. Bonner (en), fait une apparition dans l'émission de CBS News 60 Minutes où il critique la CIA pour avoir permis l'envoi d'environ une tonne de cocaïne pure aux États-Unis en 1990 via le Venezuela[5] sans avoir reçu l'approbation de la DEA[6].

En 1996, un grand jury de Floride inculpe le chef vénézuélien d'un programme anti-drogue de la CIA mis en place à la fin des années 1980, le général Ramon Guillen Davila, lequel avait cherché avec la garde nationale vénézuelienne à infiltrer des gangs colombiens envoyant de la cocaïne aux États-Unis[3]. La CIA, malgré des objections de la Drug Enforcement Administration, avait autorisé l'expédition d'une tonne de cocaïne via l'aéroport international de Miami. La CIA dit l'avoir fait pour collecter des informations sur les cartels de la drogue colombiens, mais la drogue finit par être vendue dans les rues[3]. Guillen affirma pour sa défense que toutes ses opérations étaient approuvées par la CIA[7],[3].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

En anglais
  • (en) Dale-Scott, Peter et Marshall, Jonathan, Cocaine Politics: Drugs, Armies, and the CIA in Central America, University of California Press, (ISBN 0-520-21449-8)
  • (en) Peter Dale Scott, Drugs, oil, and war: the United States in Afghanistan, Colombia, and Indochina, Rowman & Littlefield, (ISBN 9780742525221, lire en ligne), « 11, "Opium, the China Lobby, and the CIA" »
  • (en) Alfred W. McCoy, The Politics of Heroin: CIA Complicity in the Global Drug Trade, Afghanistan, Southeast Asia, Central America, Columbia, Lawrence Hill & Co., (ISBN 1-55652-483-8)
  • (en) Gary Webb, Dark Alliance: CIA, the Contras and the Crack Cocaine Explosion, Seven Stories Press,U.S., (ISBN 1-888363-93-2)
  • (en) Michael Ruppert, Crossing the Rubicon: The Decline of the American Empire at the End of the Age of Oil, New Society Publishers, (ISBN 0-86571-540-8)
  • (en) Henrik Krüger, The Great Heroin Coup: Drugs, Intelligence, and International Fascism., South End Press, (ISBN 0-89608-031-5)
  • (en) Levine, Michael, The Big White Lie: The Deep Cover Operation That Exposed the CIA Sabotage of the Drug War., Thunder's Mouth Pr, (ISBN 978-1560250845)
  • (en) Gritz, James, A nation betrayed, Center for action, (ISBN 0962223808)
  • (en) Kwitny, Jonathan, The Crimes of Patriots: A True Tale of Dope, Dirty Money, and the CIA, Touchstone Books, (ISBN 978-0671666378)
En français
  • Henrik Kruger, L'arme de la drogue, Temps actuels, 1984.
  • Martin A. Lee & Bruce Shlain , LSD et CIA, quand l'Amérique était sous acide, Editions du lézard, 1994.
  • Alfred Mc Coy, La politique de l’héroïne (l’implication de la CIA dans le trafic de drogues), Editions du Lezard, 1999.
  • Alfred Mc Coy, Marseille sur Héroïne, les beaux jours de la French Connection (1945-1975), L'Esprit Frappeur, 1999.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Alexander Cockburn et Jeffrey St. Clair, Whiteout, the CIA, drugs and the press, New York, Verso, (ISBN 1-85984-258-5), « 9 »
  2. (en) William Blum, « The CIA and Drugs: Just say "Why not?" », Third World Traveller (consulté le 30 janvier 2010)
  3. a, b, c et d (en) Venezuelan General Indicted in C.I.A. Scheme - Tim Weiner, The New York Times, 23 novembre 1996
  4. (en) Gary Webb was no journalism hero, despite what ‘Kill the Messenger’ says - Jeff Leen, The Washington Post, 17 octobre 2014
  5. (en) Anti-Drug Unit of C.I.A. Sent Ton of Cocaine to U.S. in 1990 - Tim Weiner, The New York Times, 20 novembre 1993
  6. (en) Confidence Games - Howard Chua-Eoan, Time, 29 novembre 1993 (accès payant)
  7. (en) Russell Kick, You are Being Lied to: The Disinformation Guide to Media Distortion, Historical Whitewashes and Cultural Myths, The Disinformation Company, , 132 p. (ISBN 978-0-9664100-7-5)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]