Hylaeosaurus

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Hylaeosaurus armatus

Hylaeosaurus
Description de cette image, également commentée ci-après
Représentation obsolète de Hylaeosaurus par Benjamin W. Hawkins
extraite de Johnsons Natural History 1871.
Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Sauropsida
Super-ordre Dinosauria
Ordre  Ornithischia
Sous-ordre  Thyreophora
Infra-ordre  Ankylosauria
Famille  Nodosauridae

Genre

 Hylaeosaurus
Mantell[1], 1833

Nom binominal

 Hylaeosaurus armatus
Mantell[1], 1833

Hylaeosaurus est un genre éteint de dinosaures ornithischiens herbivores de l'infra-ordre des ankylosauriens et de la famille des nodosauridés. Il a été découvert en 1832 dans la forêt de Tilgate, dans le faciès wealdien du sud-est de l'Angleterre. Il est daté du Crétacé inférieur (Valanginien supérieur), c'est-à-dire d'il y a environ 136 Ma (millions d'années). C'est le premier dinosaure à armure (ankylosaurien) qu'on ait découvert.

Un seul squelette incomplet a été retrouvé, celui du seul représentant du genre, l'espèce Hylaeosaurus armatus, décrite par Gideon Algernon Mantell en 1833[1].

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le nom du genre Hylaeosaurus combine les mots du grec ancien « hylaios/ὑλαῖος », « de la forêt », et « sauros/σαυρος », « lézard », pour donner « lézard de la forêt ». Le nom d'espèce armatus rappelle la présence d'une armure, un « blindage », sur le corps de l'animal constitué de plaques osseuses dermiques.

Description[modifier | modifier le code]

Le spécimen holotype de Hylaeosaurus armatus Mantell, 1833 (NMH R3775).
L'unité de l'échelle horizontale est de 1 centimètre.
Desiin (1868) de ce même holotype montrant plus clairement les différentes pièces osseuses dont les trois épines situées sur une épaule.

Taille[modifier | modifier le code]

La longueur totale de Hylaeosaurus a fait l'objet d'estimations très variables :

  • en 1833, son inventeur Mantell l'estimait à 25 pieds (7,60 mètres) à partir d'un modèle construit sur le lézard actuel ;
  • en 1999, D. Palmer l'évalue à 6 mètres[2] ;
  • en 2001 Darren Naish considère que sa longueur est de l'ordre de 3 à 4 mètres seulement[3] ;
  • en 2010, Gregory S. Paul l'estime à 5 mètres pour une masse de 2 tonnes[4] ;
  • en 2011, Thomas Holtz retient une longueur de 5 mètres pour une masse de seulement 1 tonne[5].

Corps[modifier | modifier le code]

Deux autapomorphies (caractères propres au taxon) ont été distinguées en 2011 lors d'une réévaluation du genre par P. M. Barrett et S. C. R. Maidment[6] :

  • l'omoplate n'est pas fusionnée avec le coracoïde ;
  • il possède trois longues pointes (épines) sur son épaule.
Diagramme montrant la disposition possible des épines du cou et des épaules.

Cette étude et plusieurs autres analyses ont permis d'exclure du genre Hylaeosaurus quasiment tous les autres restes fossiles partiels qui lui avaient été attribués en Europe :

Tous ces fossiles sont aujourd'hui considérés comme des nomina dubia, à l'exception des restes découverts en France qui appartiendrait au genre Polacanthus[3],[11]. Une pointe, référencée DLM 537, et la partie distale d'un humérus (GPMM A3D.3), découverts en Allemagne, sont cependant considérés comme appartenant à Hylaeosaurus selon S. Sachs en 2013[12].

Hylaeosaurus est généralement décrit comme un nodosauridé classique, avec des rangées de plaques osseuses plates de forme ovale ou ronde qui forment une armure sur le dos. Certaines sont transformées en longues pointes, hérissées, en particulier au niveau des épaules, qui devaient constituer un moyen de dissuasion contre les attaques de prédateurs. Sa tête est relativement allongée, elle se termine par un bec qui lui permettait de se nourrir de plantes au niveau du sol.

Paléobiologie[modifier | modifier le code]

Hylaeosaurus était herbivore. Il se déplaçait lentement sur quatre pattes. Il vivait dans un milieu subtropical, au milieu des forêts, des lacs et des rivières.

Classification[modifier | modifier le code]

L'analyse phylogénétique conduite en 2011 par Richard S. Thompson, Jolyon C. Parish, Susannah C. R. Maidment et Paul M. Barrett sur les nodosauridés[13] place Hylaeosaurus en position basale au sein de cette famille, en groupe frère avec le genre Anoplosaurus.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références taxinomiques[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c (en) G. A. Mantell. 1833. The Geology of the South-East of England. Longman Ltd., London
  2. (en) The Marshall Illustrated Encyclopedia of Dinosaurs and Prehistoric Animals, London, Marshall Editions, (ISBN 1-84028-152-9), p. 157
  3. a et b (en) Naish, D. and Martill, D.M., 2001, "Armoured Dinosaurs: Thyreophorans". In: Martill, D.M., Naish, D., (editors). Dinosaurs of the Isle of Wight. Palaeontological Association Field Guides to Fossils 10. pp. 147–184
  4. (en) Paul, G.S., 2010, The Princeton Field Guide to Dinosaurs, Princeton University Press p. 228
  5. (en) Holtz, Thomas R. Jr. (2011) Dinosaurs: The Most Complete, Up-to-Date Encyclopedia for Dinosaur Lovers of All Ages, Winter 2010 Appendix.
  6. (en) Barrett, P.M. and Maidment, S.C.R., 2011, "Wealden armoured dinosaurs". In: Batten, D.J. (ed.). English Wealden fossils. Palaeontological Association, London, Field Guides to Fossils 14, 769 pp
  7. G. Corroy, « Les reptiles néocomiens et albiens du Bassin de Paris », Comptes Rendus de l'Académie des Sciences de Paris, vol. 172,‎ , p. 1192–1194
  8. (de) E Koken, « Die Dinosaurier, Crocodiliden und Sauropterygier des norddeutschen Wealden », Geologische und Palaeontologische Abhandlungen, vol. 3,‎ , p. 311–420
  9. (en) J.L. Sanz, « A nodosaurid ankylosaur from the Lower Cretaceous of Salas de los Infantes (Province of Burgos, Spain) », Géobios, vol. 16, no 5,‎ , p. 615–621 (DOI 10.1016/s0016-6995(83)80038-2)
  10. (en) E. Posmosanu, 2003, "The palaeoecology of the dinosaur fauna from a Lower Cretaceous bauxite deposit from Bihor (Romania)". In: A. Petculescu & E. Stiuca (eds.), Advances in Vertebrate Paleontology: Hen to Panta. Romanian Academy, "Emil Racovita" Institute of Speleology, Bucarest pp. 121-124
  11. (en) D. Naish et D.M. Martill, « Dinosaurs of Great Britain and the role of the Geological Society of London in their discovery: Ornithischia », Journal of the Geological Society, London, vol. 165, no 3,‎ , p. 613–623 (DOI 10.1144/0016-76492007-154)
  12. (en) S. Sachs et J. J. Hornung, « Ankylosaur Remains from the Early Cretaceous (Valanginian) of Northwestern Germany », PLoS ONE, vol. 8, no 4,‎ , e60571 (PMID 23560099, PMCID 3616133, DOI 10.1371/journal.pone.0060571)
  13. (en) Richard S. Thompson, Jolyon C. Parish, Susannah C. R. Maidment and Paul M. Barrett, « Phylogeny of the ankylosaurian dinosaurs (Ornithischia: Thyreophora) », Journal of Systematic Palaeontology, vol. 10, no 2,‎ , p. 301–312 (DOI 10.1080/14772019.2011.569091, lire en ligne)