Hwang Sok-yong

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Hwang Sok-yong
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Nom de naissance 황석영
Naissance (75 ans)
Hsinking, Drapeau du Mandchoukouo Mandchoukouo
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture coréen
Genres
roman, nouvelle

Œuvres principales

  • Monsieur Han
  • Sur la route de Sampo
  • Jang Gil-san

Hwang Sok-yong (en hangeul : 황석영 ; hanja : 黃晳暎) est un écrivain sud-coréen né en 1943 en Mandchourie (alors occupée par le Japon).

Biographie[modifier | modifier le code]

Hwang Sok-yong a fait ses études en philosophie à l'université Dongguk. En 1964, il fut emprisonné pour des raisons politiques et fit alors la rencontre de travailleurs activistes. Après sa libération, il commença à travailler dans une entreprise de manufacture de cigarettes et sur plusieurs sites de constructions à travers le pays. De 1966 à 1969, il s'engagea au sein de l'armée coréenne pendant la guerre du Vietnam, se battant alors à contre-cœur aux côtés des forces américaines, les considérant comme des pourfendeurs de la liberté.

« Quelle différence peut-il bien y avoir entre la génération de mon père enrôlée au sein de l’armée japonaise pour servir les ambitions impériales japonaises, et ma génération, mêlée à la guerre du Vietnam aux côtés des américains pour établir « un axe américain » en Extrême-Orient pendant la Guerre Froide[1] ? »

Au Vietnam, il fut notamment responsable du "nettoyage", de l'effacement des preuves de massacres de civils. Une terrible expérience au cours de laquelle il fut constamment entouré de cadavres en décomposition et le témoin direct des pires massacres. Sur la base de ces expériences, il composa la nouvelle La pagode (Tap)en 1970, ce qui lui permit de remporter le prix littéraire du journal Chosun Ilbo et l'embarqua dans une riche carrière littéraire.

Sa nouvelle intitulée Monsieur Han (Hanssi yeondaegi), l'histoire d'une famille séparée par la Guerre de Corée, a été publiée également en 1970. Cette nouvelle est toujours d'actualité suite aux visites du président Kim Dae-jung en Corée du Nord pour s'accorder avec son homologue Kim Jong-il sur des programmes de regroupement familial et pour entamer les discussions sur une éventuelle réunification.

Hwang Seok-yoeng publie en 1974 Sur la route de Sampo (Sampo ganeun gil) et acquiert une popularité nationale avec sa nouvelle Jang Gil-san qui fut publiée en série dans un quotidien entre 1974 et 1984. Utilisant la parabole d'un bandit des anciens temps pour décrire la dictature dans laquelle il évoluait, Jang Gil-san fut un énorme succès à travers le pays mais également en Corée du Nord. Cette fiction fait encore partie des plus grands best-seller en Corée.

Hwang Sok-yong a aussi composé pour le théâtre ; plusieurs membres de sa compagnie furent assassinés lors d'une représentation durant les années 1980 période du soulèvement démocratique de Gwangju. Durant cette période, il fut à la fois un auteur extrêmement respecté parmi les opposants à la dictature tout en prenant part lui-même aux différentes manifestations à travers le pays.

« J’ai combattu la dictature Park Chung-hee. J’ai travaillé dans les usines et les fermes de Cholla, et j’ai pris part aux principaux mouvements du peuple à travers le pays [...] En 1980, j’ai pris part au soulèvement démocratique à Kwangju. J’ai participé à l’amélioration de l’écriture, du jeu de scène, j’ai écrit des pamphlets et des chansons, coordonné un groupe d’écrivains contre la dictature, et commencé une radio clandestine appelé « La voix de Kwangju libre »[2] »

En 1985, le roman Journal de Kwangju : Au-delà de la mort, au-delà de la période sombre, (Gwangju ilgi : jugeumeul neomeo, sidae-ui eodumeul neomeo) écrit initialement par un journaliste de quotidien local Lee Jae-ui apporta une nouvelle période trouble dans la vie de Hwang. Celui-ci accepta en effet d'apposer son nom sur l'œuvre en tant qu'auteur afin d'aider le roman à mieux se diffuser. Cela vaudra à Hwang ainsi qu'à l'éditeur d'être de nouveau emprisonné. L'ombre des armes (Mugi-ui geuneul), récit basé sur son expérience au Vietnam fut publiée en 1985. Ce récit a été traduit en français en 2003. En 1989, Hwang se rend à Pyongyang en Corée du Nord en passant par Tokyo et Beijing, en tant que représentant du mouvement démocratique naissant en Corée du Sud.

« Quand je suis allé en Corée du Nord, j’ai réalisé que les écrivains du nord lisaient les poèmes et les nouvelles les plus progressistes provenant du sud. La principale raison de ma visite était de promouvoir les échanges entre l’Association des artistes sud-coréens et la Fédération générale de littérature nord-coréenne ainsi qu’avec les groupes artistiques travaillant là-bas. J’ai suggéré de commencer une revue qui reprendrait les travaux littéraires à la fois du nord et du sud. C’est comme ça que la revue Littérature de la Réunification a vu le jour, cette revue a permis de faire connaître de nombreux auteurs sud-coréens en Corée du Nord[3]. »

Ce voyage fut réalisé illégalement, et les services secrets coréens ont alors considéré Hwang comme un espion. Plutôt que de retourner en Corée du Sud, il s'exile volontairement à New-York, donnant des cours à l'université Long Island. Il passa aussi un certain temps en Allemagne, pays également en pleine restructuration.

Il retourna à Séoul en 1993 et fut aussitôt condamné à 7 ans d'emprisonnement pour atteinte à la sécurité nationale car la loi de sécurité nationale sud-coréenne - toujours en vigueur - interdit aux sud-coréens tout contact avec des nord-coréens.. Pendant son séjour en prison, il entame 8 grèves de la faim pour protester contre les différentes restrictions, comme l'interdiction d'avoir de quoi écrire et une alimentation pauvre.

Différents organisations à travers le monde, comme PEN International et Amnistie Internationale, ont réclamé la libération de l'écrivain, et ce dernier fut finalement libéré en 1998 en obtenant la grâce du nouveau président élu Kim Dae-jung.

Hwang Seok-yeong est actuellement traduit en français et publié chez Zulma.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • 객지 Loin du foyer (1970)  : son premier roman
  • 삼포 가는 길 (1975); La Route de Sampo, 2002, Éditions Zulma (trad. de Choi Mikyung et Jean-Noël Juttet) : nouvelle picaresque où deux ouvriers journaliers se dirigent vers l'île natale de l'un d'eux, rejoints par une prostituée en fuite
  • 오래된 정원 (2000); Le Vieux Jardin, 2005, Éditions Zulma (trad. de Jeong Eun-Jin et Jacques Batilliot) : un roman d'amour avec l'histoire récente de la Corée en toile de fond et notamment le soulèvement de Gwangju, adapté au cinéma sous le même titre.
  • 한씨 연대기 (2002); Monsieur Han, Éditions Zulma, 2004 ; 10/18, 2010 (trad. de Choi Mikyung et Jean-Noël Juttet) : la vie de Monsieur Han récemment décédé et, à travers elle, toute l'histoire récente des deux Corées
  • 무기의 그늘 (1985); L'Ombre des armes, Éditions Zulma, 2003 (trad. de Yeong-Hee Lim, Marc Tardieu et Françoise Nagel)
  • 손님; L'Invité, Éditions Zulma, 2004 (trad. de Choi Mikyung et Jean-Noël Juttet) : ce récit a comme trame historique la division de la Corée ; un pasteur coréen protestant, émigré aux États-Unis, est en quête d'une impossible réconciliation avec les compatriotes communistes tués par son frère
  • 객지 ; Les Terres étrangères, Éditions Zulma, 2004 (trad. d'Arnaud Montigny et Jungsook Kim) : les ouvriers d'un chantier qui assèchent une baie pour une rizière se mettent en grève afin de protester contre leurs conditions d'exploitation
  • Prospérité : récit de la vie quotidienne dans les bidonvilles de Séoul (2e nouvelle du recueil Les Terres étrangères, Éditions Zulma, 2004)
  • 심청 연꽃의 길 Shim Chong, fille vendue, Éditions Zulma, 2010 (trad. de Choi Mikyung et Jean-Noël Juttet) : le parcours initiatique d'une jeune prostituée de la fin du XIXe siècle
  • 바리데기 (2007); Princesse Bari, Picquier, 2013 (trad. de Choi Mikyung et Jean-Noël Juttet)
  • 낯익은 세상 (Natikeun sesang) (2011) ; Toutes les choses de notre vie, Picquier, 2016 (trad. de Choi Mikyung et Jean-Noël Juttet)
  • 개밥바라기 별 (Kaebapparagi pyeol) (2008) ; L'Étoile du chien qui attend son repas, Serge Safran Editeur, 2016 (trad. de Jeong Eun-Jin et Jacques Batilliot)
  • 해질 무렵 (Haejip Muryeop) (2015) ; Au soleil couchant , Picquier, 2017 (trad. de Choi Mikyung et Jean-Noël Juttet)

Distinctions[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Sok-yong Hwang, The Old Garden, Seven Stories Press, p. 540
  2. A Book Reading with Novelist Hwang Suk-Young November 4, 2005 Center for Korean Studies http://ieas.berkeley.edu/events/2005events.html
  3. (en) Sok-yong Hwang, The Old Garden, Seven Stories Press, p. 542

Autres références[modifier | modifier le code]

  • Patrick Maurus, "Histoire de la littérature coréenne", Ellipses, 2005, p. 112.