Huáscar (navire)

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Page d'aide sur l'homonymie Pour l'empereur inca qui a donné son nom au navire, voir Huascar.

Huáscar
Image illustrative de l’article Huáscar (navire)
Le Huáscar sous les couleurs péruviennes
Type Monitor
Histoire
A servi dans Naval Jack of Peru.svg Marine péruvienne
Naval Jack of Chile.svg Marine chilienne
Commanditaire Drapeau du Pérou Pérou
Chantier naval Laird
Commandé [1]
Quille posée août 1864
Lancement [2]
Statut  : capturé par la Marine chilienne
1935 : transformé en navire musée
Équipage
Équipage 170 hommes
Caractéristiques techniques
Longueur 57,91 m
Maître-bau 10,67 m
Tirant d'eau 5,56 m
Déplacement 1 100 t
Propulsion 1 arbre
4 chaudières
Puissance 1 650 ch
Vitesse 12,3 nœuds (22,8 km/h)
Caractéristiques militaires
Blindage Ceinture : 114 mm
Proue/poupe : 51 mm
Tourelle : 140 - 203 mm
Château : 77 mm
Armement 2 canons de 10 pouces
2 canons de 40 livres

Le Huáscar est un monitor construit en Grande-Bretagne pour la Marine péruvienne. Lancé en 1865, il participe au combat de Pacocha puis à la guerre du Pacifique. Peu après, à la bataille d'Angamos (en), il est capturé par la Marine chilienne où il reste en service jusqu'à la fin du XIXe siècle. Transformé en navire musée, il est ancré dans le port de Talcahuano.

Conception[modifier | modifier le code]

Le Huáscar est construit au chantier naval Laird à Birkenhead en Angleterre. Il est cuirassé, dispose d'un gaillard d'avant, d'un éperon, de deux mâts et d'une cheminée. Conçue par Cowper Phipps Coles[1], une tourelle blindée située au milieu du navire, abrite deux canons de 10 pouces de 12,5 tonnes à chargement par la bouche construits par Armstrong. Au milieu du navire, des sabords articulés peuvent être rabattus durant le combat[2].

Lors de sa capture par la Marine chilienne, le Huáscar est en piteux état. Sa tourelle est réarmée avec deux canons de 8 pouces à chargement par la culasse. Deux canons de 40 livres, deux canons de 57 mm et trois canons de 37 mm complètent son armement[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Marine péruvienne[modifier | modifier le code]

Le Huáscar arrive au Pérou lors d'une période de calme relatif. Ainsi, de nombreux navires de la Marine péruvienne sont en cours de décommission ou de démolition, et le Huáscar reste tranquillement ancré au port de Callao durant plusieurs années[4].

En 1877, des rebelles capturent le navire afin de mener des actions de sabotage contre le gouvernement du président Prado. Le 22, le leader de la rébellion, Nicolás de Piérola, hisse son pavillon à bord du navire. Le 28, le Huáscar bombarde le port de Pisagua, qui est pris temporairement par les rebelles. Le 29 mai, le monitor affronte deux navires de la Royal Navy lors du combat de Pacocha. Après avoir réchappé du combat, le navire entre dans le port d'Iquique afin de se rendre[4].

Deux ans plus tard, la guerre du Pacifique éclate entre le Pérou et le Chili. Aux ordres du capitaine Grau, le Huáscar participe victorieusement à la bataille navale d'Iquique, avant d'être capturé par la Marine chilienne durant la bataille d'Angamos (en), le .

Marine chilienne[modifier | modifier le code]

Après quelques réparations sommaires à Mejillones, le Huáscar fait route vers Valparaíso, où son équipage est chaleureusement accueilli par la population. Remis en état, le navire reprend du service dans la Marine chilienne, continuant à participer à la guerre du Pacifique, mais dans l'autre camp. En 1880, il participe ainsi au blocus du port d'Arica et à son bombardement, préliminaire à la bataille d'Arica[5].

En mai 1888, le Huáscar est désigné afin d'aller chercher les restes du capitaine Arturo Prat, tué lors de la bataille navale d'Iquique. Ses restes ainsi que ceux de deux de ses compagnons d'armes sont ramenés à Valparaíso, où ils sont enterrés en grande pompe lors d'une cérémonie présidée par le président Balmaceda.

Le , le monitor est à Valparaíso, de retour de réparations effectuées à Talcahuano. Malgré un voyage de retour qui démontre l'efficacité des améliorations apportées au navire, une des conduites de ses chaudières explose alors que le navire est à quai, tuant 14 marins, dont 2 ingénieurs. Le Huáscar est renvoyé à Talcahuano pour y subir de nouvelles réparations.

En 1905, une refonte est envisagée, au vu de l'âge et de l'obsolescence du monitor. Le but est de transformer le Huáscar en une canonnière moderne. Le projet est néanmoins annulé par le conseil naval le 15 juin.

En 1917, il est transformé en ravitailleur de sous-marins afin d'accompagner les sous-marins de classe H récemment achetés aux Britanniques[5].

Navire musée[modifier | modifier le code]

En 1935, toujours amarré à Talcahuano, le Huáscar est repeint, armé de canons de salut, et ouvert au public. Depuis, il a subi deux importantes restaurations, l'une de 1951 à 1952 et l'autre de 1971 à 1972[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (es) « Historia del Huáscar : Características Generales », sur huascar.cl (consulté le 7 août 2013)
  2. a et b Chesneau et Koleśnik 1979, p. 419
  3. Chesneau et Koleśnik 1979, p. 411
  4. a et b (es) « CN. José María Salcedo Primer Comandante del Huáscar », sur huascar.cl (consulté le 7 août 2013)
  5. a et b (es) « Huáscar con bandera chilena », sur huascar.cl (consulté le 7 août 2013)
  6. (es) « Museo - Reliquia Histórica », sur huascar.cl (consulté le 7 août 2013)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Roger Chesneau et Eugène M. Koleśnik, Conway's All the World's Fighting Ships (1860-1905), [détail de l’édition]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]