Hottinger & Cie

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Banque Hottinger & Cie SA
Image illustrative de l'article Hottinger & Cie

Création 1968
Disparition 2015 (faillite)
Fondateurs Henri Hottinguer (1934-2015)
Forme juridique société anonyme
Siège social Drapeau de la Suisse Schützengasse 30 Zurich SuisseVoir et modifier les données sur Wikidata (Suisse)
Activité Banque privée
Site web www.hottinger.com/enVoir et modifier les données sur Wikidata

Banque Hottinger & Cie SA est une banque privée suisse qui a été mise en faillite par la FINMA en 2015.

Banque Hottinguer[modifier | modifier le code]

À la fin du XVIIIe siècle, Hans-Konrad Hottinger, originaire de Zurich, s'installe à Paris et s'associe, fin 1786, à la création de l'établissement bancaire Rougemont, Hottinger & Cie. En 1799, Hans-Konrad adopte le prénom francisé de Jean-Conrad et ajoute la lettre « u » à son patronyme, devenant ainsi Jean-Conrad Hottinguer ; la compagnie, dont il est devenu seul propriétaire, se nomme alors Hottinguer & Cie. Celle-ci prospère rapidement et Jean-Conrad est fait baron de l'Empire par Napoléon Ier en 1810, titre transmissible au fils aîné à chaque génération.

La banque Hottinguer a été très active dans la vie économique française et a notamment participé à la création de la Compagnie générale des eaux (aujourd'hui Vivendi), ainsi qu’à celle de la compagnie d'assurances Drouot (à l’origine du groupe Axa). Elle faisait partie de ce qu'on appelait à l'époque[1] la « Haute Banque ».

En 1997, cette banque parisienne est rachetée par le Crédit suisse, qui effectue alors ses premiers pas dans la banque privée hexagonale sous le nom de Crédit Suisse Hottinguer.

En 2012, le nom de Banque Hottinguer est repris par un autre établissement financier Banque Hottinguer (créé en 1989 sous le nom de Société financière HR, devenue en 2006 HR banque et en 2007 Banque Jean-Philippe Hottinguer & Cie), qui est admis, en dépit de ces péripéties, dans l'Association des Hénokiens, regroupant des sociétés familiales bicentenaires[2]. Simultanément, la Banque Hottinger & Cie (sans « u ») revendiquait, elle aussi, cet héritage[3]. Elle est spécialisé en Banque privée, Asset management et corporate finance (Fusion acquisition).

Hottinger & Cie[modifier | modifier le code]

En 1968, Hottinger & Compagnie est créée à Zurich[4],[5], Dreikönigstrasse.

En 1981 est créé Hottinger Brothers à New York. En 1987 est créé Hottinger Capital Corp, qui gère alors le Swiss Helvetia Fund, coté au New York Stock Exchange. La banque s'implante ensuite à Genève en 1988.

Différentes branches de la famille se déchirent pour contrôler la banque. En 2008, après de multiples conflits et même des arbitrages, c'est la branche aînée, contrôlée par le baron Henri Hottinguer (1934-2015), qui se retrouve, pour un temps, seule aux commandes[6].

Puis, au cours de l'année 2009, le baron Rodolphe Hottinger (1956- ) (en), fils aîné de Henri, est exclu de la banque par sentence arbitrale en décembre 2010 à la suite d'une véritable guerre l'opposant à son frère cadet Frédéric Hottinger[7]. Ce dernier est nommé président du conseil avec le soutien inconditionnel de son père Henri et de ses cousins Paul de Pourtalès et Jonathan Bowdler-Raynar.

Au mois de juin 2010, la banque quitte le statut de société en commandite et devient société anonyme[8]. Une tentative de fusion avec la Banque Cramer est abandonnée à la suite d'un refus du conseil d'administration[9].

La situation de la banque devenant dramatique, Frédéric démissionne de son poste de président fin 2013.

Au début de l'année 2014, Nicolas de Ziegler, par ailleurs responsable de la délégation suisse de l'UMP, est nommé Executive Vice President de la banque puis CEO, poste qu'il n'occupera que quelques mois[10]. Frédéric Hottinger démissionne du conseil d'administration la même année.

Le 26 octobre 2015, 4 mois après la fin de la responsabilité illimitée de tous les anciens associés sur leurs avoirs personnels, la FINMA déclenche une procédure de faillite contre la Banque Hottinger & Cie SA[11],[12],[13],[14], qui est alors mise en liquidation[15]. La banque Heritage située à Genève rachète une partie des actifs et embauche Paul de Pourtalès en tant que manager.[16],[17]

A la mort de son père Henri, Frédéric Hottinger devient président[18] de Sofibus, société immobilière basée en région parisienne[19]. Il se fait domicilier aux Bahamas où il contrôle une banque avec un nouvel associé, Cyrille Vernes[20],[21],[22]. Frédéric Hottinger devient également "Global Ambassador" en 2016 d'un nouvel "Hottinger Group"[23] avec des bases à Dublin, Londres, Luxembourg[24] et Genève. Hottinger Investement Management prend la devise "Excellence, Vigilance" avec la date 1786. Nulle part n'est mentionnée la retentissante faillite de la banque Hottinger & Cie[25].

Dans l'affaire des Panama Papers, The Guardian révèle que les Hottinger détiennent plusieurs structures opaques[26],[27], ce qui est confirmé par le site de l'International Consortium of Investigative Journalists[28].

Gouvernance[modifier | modifier le code]

Frédéric et Rodolphe Hottinger ont été associé-gérants de la commandite pendant plus de vingt ans puis Frédéric Hottinger a été président et membre du conseil d'administration de la banque société anonyme de 2010 à 2014, soit un an à peine avant la faillite.

Les derniers membres du Conseil d'administration étaient Jean-Claude Roch (président), Patrice Caillat, Paul-André Roux, Jean-Charles d'Oncieu de Chaffardon et Paul Hottinger, frère du baron Henri.

Les derniers responsables d'activités stratégiques étaient André Reichlin (CEO), Paul de Pourtalès (Private Banking), Daniel Wintsch (CFO), Eric Jakubaas (COO) et William Raynar (Chief Investment Services & Strategy).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir l'article La_Maison_Nucingen.
  2. « Banque Hottinguer », sur Les Hénokiens.
  3. « Hottinger — Private Bank since 1786 », lisait-on en page d'accueil de son site officiel.
  4. Registre du commerce du Canton de Zurich.
  5. Banque Nationale Suisse, Les banques suisses 2007 (ne figure plus sur la version 2015).
  6. Laurent Léger, « Plongée chez les discrets banquiers de l'establishment », .
  7. (en) « Frédéric Hottinger - The Hottinger Group », The Hottinger Group,‎ (lire en ligne)
  8. « Suisse : Le groupe Hottinger devient société anonyme », sur L'Agefi Actifs (consulté le 3 juin 2016).
  9. « Romandie.com - Live Monitoring de News Suisses et Internationales », sur www.romandie.com (consulté le 28 novembre 2016)
  10. (de) « Bank Hottinger: Schon wieder neuer Chef », Handelszeitung,‎ (lire en ligne).
  11. « La Banque Hottinger & Cie placée en faillite par la Finma », sur Le Temps, .
  12. « La banque Hottinger & Cie en faillite », sur L'AGEFI, .
  13. « La FINMA ouvre une procédure de faillite à l'encontre de la banque Hottinger », sur RTS, .
  14. « La banque suisse Hottinger mise en faillite », sur Le Figaro, .
  15. « Une banque suisse du 18e siècle mise en faillite », sur www.market.ch, .
  16. Bilan, « La Banque Heritage rachète des actifs de la Banque Hottinger », Bilan,‎ (lire en ligne)
  17. Le Temps, « La Banque Heritage rachète des actifs d'Hottinger », Le Temps,‎ (lire en ligne)
  18. « Sofibus patrimoine : Un nouveau président a été désigné », sur www.tradingsat.com (consulté le 15 juillet 2016)
  19. « Sofibus : Frédéric Hottinguer aux commandes », sur Boursier.com (consulté le 3 juin 2016).
  20. (en) « BOARD MEMBERS - Lyford Bank », sur Lyford Bank (consulté le 3 juin 2016).
  21. « Révélations sur la faillite de la banque Hottinger », sur Bilan (consulté le 3 juin 2016).
  22. « La COB sanctionne la Financière Rembrandt », sur lesechos.fr, (consulté le 22 octobre 2016)
  23. (en) « Home - The Hottinger Group », The Hottinger Group,‎ (lire en ligne)
  24. « Hottinger | », sur www.hottinger.lu (consulté le 15 février 2017)
  25. « Hottinger Launches Its New International Multi Family Private Office, Building on 230 Years of Banking Legacy | Business Wire », sur www.businesswire.com (consulté le 22 octobre 2016).
  26. Luke Harding, « Mossack Fonseca: inside the firm that helps the super-rich hide their money », sur The Guardian,  : « The Hottingers had 11 Panamanian companies with Mossack Fonseca ».
  27. « The Sunday Times - Panama Papers: the names », sur features.thesundaytimes.co.uk (consulté le 15 juillet 2016)
  28. (en) « Hottinger Frederic », sur ICIJ Offshore Leaks Database, (consulté le 22 octobre 2016).

Max Gérard, Messieurs Hottinguer, banquiers à Paris, 1968, vol. 1