Hermann Buhl

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Hermann Buhl

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Biographie
Nationalité Drapeau de l'Autriche Autriche
Naissance 21 septembre 1924,
Innsbruck
Décès (à 32 ans)
Carrière
Discipline(s) Alpinisme
Ascension(s) notable(s) Première ascension du Nanga Parbat (en solitaire), première ascension du Broad Peak

Hermann Buhl, né le à Innsbruck et mort le sur le Chogolisa, est un alpiniste considéré comme l'un des meilleurs alpinistes autrichiens de l'après Seconde Guerre mondiale. Il est le deuxième alpiniste après Gyalzen Norbu[réf. nécessaire] ayant gravi deux sommets de plus de huit mille mètres d'altitude, l'un des deux seuls alpinistes (avec Kurt Diemberger) ayant fait deux premières ascensions de sommets de plus de huit mille et le seul ayant fait une première ascension de sommet de plus de huit mille en solo.

Biographie[modifier | modifier le code]

Hermann Buhl, le plus jeune d'une fratrie de quatre enfants, est né à Innsbruck. Après la mort de sa mère, il vit dans un orphelinat. Il fait partie des louveteaux scouts à Innsbruck avant l'interdiction du scoutisme en Autriche. Dès les années 1930, il commence à fréquenter les massifs calcaires des environs d'Innsbruck (Karwendel, Kaisergebirge, Wetterstein). En 1939, il rejoint le Deutscher Alpenverein d'Insbruck (le Club alpin allemand) et grimpe rapidement jusque dans le niveau 6. Il est membre de l'équipe de secours en montagne d'Innsbruck (Bergrettung Innsbruck).

La Seconde Guerre mondiale interrompt ses études de commerce. Il rejoint les troupes alpines principalement au Monte Cassino. Après avoir été fait prisonnier de guerre par les États-Unis, il retourne à Innsbruck et gagne sa vie avec des petits boulots. À la fin des années 1940, il complète sa formation de guide de haute montagne.

Alpinisme[modifier | modifier le code]

Hermann Buhl s'affirme très tôt comme l'un des meilleurs alpinistes du moment en réussissant de nombreuses ascensions très difficiles. Adepte de l'escalade en solitaire, il est aussi un pionnier de l'alpinisme hivernal dans les voies difficiles.

Ascension du Nanga Parbat[modifier | modifier le code]

En 1953, Hermann Buhl participe à une expédition organisée par Karl Maria Herrligkoffer et dont le but est l'ascension du Nanga Parbat. Arrivé au camp de base, Herrligkoffer cède comme convenu la direction de l'expédition à Peter Aschenbrenner. L'équipe installe quatre camps d'altitude.

Alors que Hermann Buhl, Hans Hertl, Walter Frauenberger, Hermann köllensperger et Otto Kempter sont au camp III, le camp de base leur ordonne de descendre. Les quatre alpinistes s'y opposent, arguant que la météo est idéale pour atteindre le sommet. Le lendemain, Buhl, Hertl, Frauenberger et quatre porteurs montent au camp IV et équipent de cordes la voie vers le futur camp V. Ce dernier est installé le lendemain malgré les ordres parvenus du camp de base qui sont de stopper l'ascension. Otto Kempter et Herman Buhl restent dans l'unique tente du camp V tandis que Hans Hertl, Walter Frauenberger et les porteurs redescendent au camp IV.

Les deux hommes s'élancent le lendemain vers le sommet. Otto Kempter abandonne la montée, Buhl continue donc seul. Dix-sept heures après le départ, Buhl atteint le sommet du Nanga Parbat. Il entame la descente mais, surpris par la nuit, est contraint de bivouaquer à 8 000 m d'altitude. Il atteint le camp V le lendemain, complètement déshydraté, dans un état de fatigue extrême et avec de graves gelures aux pieds[1]. Cette ascension fut réalisé en un temps — alors tenu pour impossible — de 41 heures, sans apport artificiel d'oxygène. Cette performance ne fut acclamée qu'à contre-cœur par les membres de l'expédition, notamment par Karl-Maria Herrligkoffer, du fait que Buhl ne s'en était pas tenu aux consignes du chef d'expédition. De nos jours, cette performance de Buhl est considérée comme un acte pionnier dans les ascensions extrêmes.

Ascension du Broad Peak[modifier | modifier le code]

Deux ans après son exploit au Nanga Parbat, il recommence à enchaîner les ascensions et repart en expédition en 1957 pour tenter d'escalader un deuxième « 8 000 », le Broad Peak au sein d'une expédition dirigée par Marcus Schmuck et à laquelle participent Fritz Wintersteller et Kurt Diemberger. Les quatre hommes parviennent à la cime le 9 juin, Hermann Buhl devenant ainsi la première personne à avoir réalisé deux premières sur des sommets de plus de 8 000 mètres. Cette ascension est considérée comme une des plus importantes de l'histoire de l’alpinisme car elle fut réalisée sans porteurs d'altitude et sans oxygène ; il s’agit donc du début de l'himalayisme en style alpin[2].

Quelques semaines après sa victoire sur le Broad Peak, Hermann Buhl tente, de nouveau avec Kurt Diemberger, l'ascension du Chogolisa (7 665 mètres). Ils ne peuvent atteindre le sommet, arrêtés par la tempête à 7 300 mètres d'altitude. Hermann Buhl trouve la mort à la descente, à 7 200 mètres, lorsqu'une corniche cède sous ses pieds et le fait chuter dans le vide. Son corps n'a pas été retrouvé[3]. Quant à Marcus Schmuck et Fritz Wintersteller, ils réussisent ultérieurement une ascension rapide du Skil Brum (7 360 m).

Ascensions[modifier | modifier le code]

Le Nanga Parbat (vue aérienne)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Hermann Buhl ou l'Invention de l'alpinisme moderne : présenté par Horst Höfler et Reinhold Messner ; avec les textes originaux d'Hermann Buhl ; traduit par Agnès Couzy. Grenoble : Glénat, coll. « Hommes et montagnes », 2005. 281 p.-[48] p. de pl., 23 cm (ISBN 2723451879). Titre original : Hermann Buhl : am Rande des Möglichen (Zurich : AS Verlag, 2003)
  • Hermann Buhl, Du Tyrol au Nanga Parbat, Hoëbeke, Paris, 1997 (ISBN 2-84230-023-8)
  • Gérard Bordes, Grande Encyclopédie de la Montagne, t. 2, Paris, Atlas, , 2400 p.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Hermann Buhl, Du Tyrol au Nanga Parbat, Hoëbeke, , 398 p. (ISBN 2-84230-023-8), p. Chapitre 8 : Nanga Parbat
  2. « Broad Peak 8047m Expedition 1957 », sur broadpeak.org (consulté le 20 juin 2016)
  3. Hermann Buhl, Du Tyrol au Nanga Parbat, Hoëbeke, Paris, 1997 (ISBN 2-84230-023-8), épilogue La dernière trace rédigé par Kurt Diemberger

Liens externes[modifier | modifier le code]