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Henry Wrigley

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Henry Wrigley
Le Air vice-marshal Henry Wrigley en mars 1940.
Le Air vice-marshal Henry Wrigley en .

Surnom « Wrig »
Nom de naissance Henry Neilson Wrigley
Naissance
Melbourne
Décès (à 95 ans)
Melbourne
Origine Australien
Allégeance Drapeau de l'Australie Australie
Arme Air Force Ensign of Australia.svg Royal Australian Air Force
Grade Air Vice-Marshal star plate.svg Air vice-marshal
Années de service -
Commandement Escadron No. 3 AFC (1919)
RAAF Station Laverton (-)
Southern Area Command ()
RAAF Overseas Headquarters (-)
Conflits Première Guerre mondiale
Seconde Guerre mondiale
Faits d'armes Front de l'Ouest (Première Guerre mondiale)
Front de l'Ouest (Seconde Guerre mondiale)
Distinctions Order of the British Empire (Military) Ribbon.png Commandeur de l'Ordre de l'Empire britannique
United Kingdom Distinguished Flying Cross ribbon.svg Distinguished Flying Cross
UK AFC ribbon.svg Air Force Cross
Autres fonctions Écrivain

Henry Neilson Wrigley, né le à Melbourne et mort le dans la même ville, est un haut commandant de la Force aérienne royale australienne (RAAF).

Il compte parmi les membres fondateurs de la RAAF en  et y occupe divers postes d'administrateur au cours des premières années de l'organisation. En , il est promu Group Captain et prend le commandement des bases aériennes Williams de Laverton. Hissé au rang de commodore peu de temps après le début de la Seconde Guerre mondiale, il devient Air Member for Personnel en et prend en charge l'organisation de la Women's Auxiliary Australian Air Force, récemment créée. En , il nomme Clare Stevenson dirigeante de cette nouvelle organisation. Wrigley est également promu Air Officer Commanding au RAAF Overseas Headquarters à Londres à partir de  jusqu'à sa retraite de l'armée en . Il est décoré de l'Ordre de l'Empire britannique, du Distinguished Flying Cross et de l'Air Force Cross. Il décède de mort naturelle en  à l'âge de quatre-vingt-quinze ans. Les écrits racontant ses exploits aériens sont alors recueillis et publiés à titre posthume sous le titre The Decisive Factor, en .

Jeunesse et études[modifier | modifier le code]

Henry, fils de Beatrice et Henry Wrigley, naît le 21 avril 1892 à Collingwood, une banlieue de Melbourne[1],[2]. Il effectue ses formations au Richmond Central School puis au Melbourne High School et rejoint plus tard la Australian Army Cadets[3]. Après la fin de ses études à l'université de Melbourne, il est engagé comme professeur dans une école publique, alors qu'il veut à tout prix poursuivre une formation militaire afin de pouvoir servir plus tard son pays. En effet, la jeunesse australienne souffre à cette époque d'une comparaison incessante avec les Britanniques, ce qui par la suite engendre un certain complexe d'infériorité. Ce sentiment ravive d'autant plus une fierté lors de l'engagement de l'Australie dans la Grande Guerre. L'historien Charles Bean explique par ailleurs l'importance de l'implication des Australiens dans cette guerre, qui a cependant coûté cher à cette jeune nation[4]. C'est dans ce contexte de fierté et de frustration que Wrigley s'engage dans l'Armée de réserve australienne peu de temps avant le début de la Première Guerre mondiale[5],[6]. Il rejoint alors l'Australian Flying Corps (AFC) le [7]. Le jeune Wrigley décide ensuite de suivre une formation pour devenir pilote, sous la tutelle du lieutenant Eric Harrison au Central Flying School à Point Cook, avant de quitter Melbourne le à bord d'un navire militaire, en direction de l'Europe[7],[8].

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Portrait d'un homme militaire. Vue de profil.
Henry Wrigley en .

En , les unités d'infanterie de l'AIF sont transférées d'Égypte en Europe pour servir sur le front de l'Ouest[9]. La 2e Division est la première à arriver en France, suivie de la 1re Division, tandis que la 4e et la 5e quittent l'Égypte en [10]. Wrigley est mobilisé avec la 3e Division, qui est la dernière à arriver. Cette unité, qui est également connu jusqu'en  sous le nom d'Escadron no 69 ou Royal Flying Corps[8], est formé en Australie en puis transférée en Angleterre afin de suivre un entraînement complémentaire. À bord d'une Royal Aircraft Factory R.E.8, la 3e division est engagée uniquement dans les missions de reconnaissance, ravitaillement et appui aérien rapproché[11]. Après s'être promu au rang de capitaine, Wrigley reçoit la Distinguished Flying Cross pour « dévouement exceptionnel à son devoir » contre l'infanterie ennemie, le . Cet honneur est promulgué dans The London Gazette le [12]. C'est pendant cette période qu'il partage à ses collègues ses points de vue sur la principe du combat aérien, en affirmant entre autres que la plupart des avions de guerre étaient « impossibles à combattre » et que les officiers supérieurs étaient « trop occupés à apprendre aux pilotes comment redescendre de leurs avions d'entraînement sans se casser le cou[13]. »

Entre les deux guerres[modifier | modifier le code]

Portrait de deux hommes souriants en tenues militaires.
Le capitaine Wrigley (à droite) avec le sergent Murphy, en .

Wrigley dévient le commandant de l'escadron no 3 en et retourne en Australie le [7],[14]. Plus tard dans la même année, il participe au premier vol transcontinental de l'histoire de l'aviation australienne, reliant alors Melbourne et Darwin, qui coïncide cependant avec le premier vol reliant l'Angleterre et l'Australie[15]. Accompagné de son mécanicien et ancien camarade d'école, le Sergent Arthur « Spud » Murphy, il quitte Point Cook le et arrive à Port Darwin le , parcourant 4 500 kilomètres en quarante-sept heures[16]. Les deux hommes volent à bord d'une Royal Aircraft Factory B.E.2, sans radio, traversant pas moins de dix-sept champs d'atterrissage avant d'atteindre Darwin[17],[18]. Wrigley est ravi d'avoir son ami Murphy comme copilote, mais pense que l'avion est « obsolète, même pour des vols d'entraînement », tout en admettant que « l'avion était structurellement solide[19]. » En reconnaissance de leur exploit, les deux hommes reçoivent chacun l'Air Force Cross, honneur rapporté dans The London Gazette le [18]. Le danger de ce périple est tel que, pendant la préparation du vol retour, ils reçoivent un télégramme du Département de la Défense leur ordonnant de démanteler la BE2 et de finir le trajet par bateau[19].

Le , âgé alors de 28 ans, Wrigley est transféré à l'Australian Air Corps (AAC), une organisation temporaire formée par l'armée suite à la dissolution de l'AFC après la Première Guerre mondiale[20]. Il est nommé adjudant au Central Flying School le mois suivant[21]. En , il rejoint la Force aérienne royale australienne en tant que Flight lieutenant. Surnommé « Wrig », il est alors l'un des vingt-et-un officiers qui fondent la RAAF en mars de la même année[22],[23]. Au cours des sept années suivantes, il occupe des postes d'administrateur au siège de l'organisation à Melbourne, se faisant au début attribuer le poste de staff officer au sein du Director of Personnel and Training[24]. Le , Wrigley épouse Marjorie Rees, avec qui il aura un fils et une fille ; le même mois, il remplace le flight lieutenant Frank McNamara au poste de Staff Officier (opérations et renseignements[25]). Il occupe aussi la fonction d'instructeur principal de vol de la RAAF de  à , période pendant laquelle il est promu chef d'escadron, avant d'être nommé Director of Organisation and Staff Duties[13],[26]. En , il participe au premier vol de nuit reliant Sydney et Melbourne. Quittant alors la station RAAF de Richmond à bord d'une Airco DH.9, Wrigley et son copilote volent pendant plus de six heures et parcourent 555 kilomètres lorsqu'une ligne de carburant brisée les oblige à atterrir[16]. Ils poursuivent néanmoins le voyage le lendemain matin[27]

Photo d'un biplan sur un air d'atterrissage avec deux hommes à côté.
La Royal Aircraft Factory B.E.2 piloté par Wrigley lors du premier vol trans-Australien en .

Wrigley se rend ensuite en Angleterre en  afin d'assister au RAAF Staff College à Andover, devenant ainsi l'un des premiers officiers australiens à effectuer ce parcours[28]. Resté en Angleterre, il est nommé agent de liaison aérien australien auprès du Ministère de l'Air en . En octobre, il entame une négociation avec le British Air Council afin de discuter d'une proposition visant à attribuer à la RAAF la devise de la Royal Air ForcePer Ardua Ad Astra. L'approbation informelle de la RAF est accordée par lettre adressée à Wrigley en [29]. De retour en Australie, il devient directeur des opérations et du renseignement au siège de la RAAF en  et directeur des fonctions de l'organisation du personnel en [24]. Il est également promu au grade de Wing commander en [30]. En 1935, il publie un récit racontant les exploits de son ancienne unité, le 3e Escadron, intitulé The Battle Below, qui est considéré comme un point de vue marginal sur l'appui aérien rapproché durant la Première Guerre mondiale[31],[23]. Il est par ailleurs promu Group Captain en  et est nommé au poste de commandant de la station RAAF de Laverton par le group captain McNamara. Wrigley passe ensuite le commandement de la station au group captain Adrian Cole en [30],[32], et en mai, il fait partie de quelques experts chargés d'une enquête sur trois accidents impliquant des Avro Ansons. Le rapport complet de cette enquête, publié en octobre, révèle que le pilote a suivi la formation réglementaire imposée par la RAAF, mais a cependant manqué d'expérience pratique pour pouvoir traiter les incidents en vol, car l'erreur humaine est l'explication logique sur au moins un des accidents[33]

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Hommes et femmes en costume militaire sombre.
Air vice-marshal Wrigley (devant à gauche) au poste d'Air Membre for Personnel, en [34].

Dans le cadre d'une réorganisation de la RAAF suite au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, le Groupe no 1 est formé sous le commandement de Wrigley à Melbourne le afin de superviser les opérations des bases aériennes et des unités dans l'État de Victoria, dans le sud de l'Australie ainsi qu'en Tasmanie[35],[36]. Promu air commodore en , il occupe d'abord le poste d'Air Officer Commanding (AOC) au Southern area, l'organisation succédant au Groupe no 1, avant de prendre le poste de Air Membre for Personnel (AMP) en novembre de la même année[37],[38]. Il est ensuite nommé commandant de l'Ordre de l'Empire britannique durant les New Year Honours de . Au titre d'AMP, les responsabilités de Wrigley incluent l'organisation de la Women's Auxiliary Australian Air Force, créée le  en tant que première branche militaire féminine d'un service armé dans le pays[39]. Il estime par ailleurs que le recrutement des femmes au service militaire est essentiel pour augmenter le personnel sur le terrain, nécessaire pour soutenir l'effort de guerre. Il présume également que, si une telle organisation devrait être séparée de la RAAF, ses membres doivent être parfaitement intégrés dans cette nouvelle structure[40]

Le chef du personnel aérien (CAS) est à cette époque un officier de la Royal Air Force, le Air Chief Marshal Sir Charles Burnett, qui espère voir sa fille Sybil-Jean, vétéran de la Women's Auxiliary Air Force de Grande-Bretagne, prendre la tête de la WAAAF. Wrigley plaide avec succès contre ce choix, expliquant à Burnett qu'il y a déjà eu suffisamment de non-australiens nommés CAS[41],[42]. Le , il nomme Clare Stevenson à la tête de la WAAAF, remplaçant Mary Bell, épouse d'un group captain de la RAAF. Wrigley choisit Stevenson à cause de ses riches expériences dans le domaine de la gestion (au moment de la nomination, elle est directrice exécutive de la société Berlei) et surtout parce qu'elle n'est pas issue de la « société »[43]. Bell, proposée au poste de directrice adjointe, démissionne de la WAAAF en apprenant la nomination de Stevenson, mais Wrigley réussit néanmoins à la convaincre de prendre le poste[39]. Parallèlement, il joue un rôle de premier plan dans le développement du Air Training Corps, fondé en afin de faciliter l'entraînement de base des jeunes de seize à dix-huit ans qui désirent s'enrôler au RAAF[44],[45]

Portrait d'un homme vêtu d'un costume militaire se tenant près d'un arbre.
Wrigley en Sicile, en septembre .

La promotion de Wrigley au grade de air vice-marshal est annoncée en , ce qui fait de lui le troisième membre de la RAAF — après Richard Williams et Stanley Goble — à atteindre ce rang[46]. En , il est muté à Londres pour remplacer Frank McNamara au poste de AOC aux RAAF Overseas Headquarters[28],[47]. Il est cependant en concurrence directe avec le Air Marshal Williams pour l'attribution de ce poste[48]. Williams, qui a commandé le Overseas Headquarters à sa création en , est quant à lui nommé représentant de la RAAF à Washington, en laissant à McNamara la charge du bureau de Londres jusqu'à l'arrivée de Wrigley[49]. Le ministre de l'Air, Arthur Drakeford, est en faveur de la nomination de Williams aux commandes des bureaux de la RAAF aux États-Unis et au Royaume-uni alors que Wrigley est récemment muté à Londres[50]. Le journal intime de Wrigley mentionne que lorsque Williams retourne à Londres en  afin d'assister à la réunion pour l'attribution du poste, il commence à « peser de son poids » pour « s'introniser AOC, voire même AOC en chef de toutes les unités RAAF à l'extérieur de l'Australie et le sud-ouest du Pacifique[48]. » Bien que Williams quitte l'Angleterre en , la question n'est réglée qu'au milieu de l'année, alors que le CAS, le air vice-marshal George Jones, conseille à Williams qu'il n'est pas pratique pour lui de commander à la fois les bureaux de Londres et de Washington[48]

En tant qu'AOC du Overseas Headquarters, Wrigley est chargé de veiller aux intérêts de l'équipage aérien de la RAAF stationné en Europe et au Moyen-orient, en liaison avec le British Air Ministry et le gouvernement australien, et concernant surtout les développements techniques et la gérance des informations sur la guerre du Pacifique. Il est également chargé de négocier des termes du Plan d'entraînement aérien du Commonwealth britannique (EATS)[51]. Son rôle a cependant peu d'influence sur le déploiement du personnel australien lors de l'offensive aérienne en Europe, qui est soumis à la politique de la Royal Air Force, alors que leur unité appartient aux escadrons RAAF[28],[52]. Selon la série d'ouvrages intitulée L'Australie dans la guerre de 1939-1945, Wrigley et ses prédécesseurs ne pouvaient que « retarder les forces centrifuges affectant la disposition australienne et éliminer les pires difficultés administratives découlant d'une large dispersion[53]. »

Deux hommes discutant avec une femme, tous vêtus de costumes sombres.
Wrigley (à gauche) avec le brigadier C.F. Langley et Lady Somers à l'ouverture du Somers House, en [54].

Wrigley devient une figure familière et populaire pour les milliers d'aviateurs australiens affectés à Londres pendant la guerre[52]. Un diplômé de l'EATS remarque par ailleurs que « Sous les ordres du vice-maréchal de l'Air Wrigley, nous avons effectué un service formidable. J'étais en Afrique du Nord, en Italie, en Sardaigne, en Corse et ensuite au Royaume-Uni. Nous recevions toujours nos courriers, nous avions un certain confort[55]. »

En , après les négociations qui ont débuté l'année précédente, Wrigley signe un rapport du EATS qui reconnaît les « aspirations nationales » de l'Australie en ce qui concerne la concentration de ses aviateurs dans les escadrons par opposition à ceux des unités de la Royal Air Force, en vue de promotions et mutations justifiées pour le personnel australien, ainsi qu'une augmentation de salaire et autres « compensations » qui sont préalablement confirmées par les hauts dirigeants de la RAAF. Le rapport officiel soutient en outre que « pour la plupart des cas, l'Australie était encore restée à la poursuite d'un rêve plutôt que d'une réalité », autant de clauses dans l'accord sont « soumises à des exigences opérationnelles » et ne doivent être appliquées que dans la mesure du possible[56]. Il se rend en Méditerranée en septembre et visite la 459e escadron au Moyen-Orient en passant par la Sicile pour interviewer le personnel au sol de l'Escadron no 450 à propos du rapport du EATS. Sa présence aurait permis de désamorcer une situation tendue qu'a engendrée ce rapport[57],[58].

Portrait en noir et blanc d'un homme militaire.
Henry Wrigley le .

Le fils de Wrigley, Ronald, s'enrôle dans la Royal Australian Navy en  et y sert jusqu'à sa démobilisation en [59]. La fin des hostilités en Europe, le , soulève un défi logistique majeur pour Wrigley en tant qu'administrateur responsable du rapatriement de quelques 13 500 employés de la RAAF répartis dans toute la Grande-Bretagne, en Méditerranée ainsi qu'en Australie, dont seulement une minorité sont dans les escadrons australiens, la grande partie étant au service des établissements de la Royal Air Force. « La tâche a été résolue énergiquement », selon la version officielle ; moins de 1 000 membre de la RAAF sont encore dans les unités de la Royal Air Force avant le  ; le rapatriement se poursuit au cours de l'année suivante[60].

Retrait de la vie militaire[modifier | modifier le code]

Wrigley est retiré sommairement de la RAAF en , à l'instar des autres hauts commandants et anciens combattants de la Première Guerre mondiale, dans le cadre d'une politique qui vise à remplacer les « vieux » hauts gradés par des officiers plus jeunes et compétents[61],[62]. Offensé par cette décision, il est officiellement déchargé de ses fonctions militaires le [28],[63]. Il a donc servi comme AOC pendant quatre ans, de jusqu'en [64].

Il a par la suite du mal à trouver un emploi civil : « Au moment où je suis revenu, tous les emplois intéressants dans toute l'Australie avaient été saisis, non seulement par les gens de l'armée de l'air, mais aussi par ceux qui étaient restés ici pendant la guerre. » Après une tentative infructueuse dans le commerce de détail, il a « finalement gagné sa vie en exerçant des emplois administratifs pendant quelques années[41]. » Il est malgré tout nommé vice-maréchal d'honneur en [30]et, en 1966, il devient executive officer de la Fondation Victorienne d'Outre-Mer et plus tard fiduciaire. Il publie ensuite Aircraft and Economic Development : The RAAF Contribution par le biais de la Royal Aeronautical Society en [65]. En , il fait partie d'un groupe restreint de membres fondateurs encore vivants de la RAAF qui sont invités à assister à un dîner de gala à l'Hotel Canberra pour marquer le Jubilé d'or du service[66]. Parmi les autres invités présents lors de cette célébration, sont présents le maréchal de l'air Sir Richard Williams, le vice-maréchal Bill Anderson, le air commodore Hippolyte De La Rue ainsi que le Commandant d'escadre Sir Lawrence Wackett[67]. Après la mort de sa première épouse Marjorie, Wrigley épouse en secondes noces Zenda Edwards le [2]. En , il est l'invité d'honneur des célébrations marquant la 60e anniversaire du premier vol transcontinental de l'histoire de l'aviation australienne. La RAAF lui accorde alors le privilège d'un vol spécial reliant Point Cook et Darwin pour commémorer son voyage historique de 1919 avec Arthur Murphy[68]. Il écrit également une histoire de la branche victorienne de l'United Services en [69].

Wrigley décède de mort naturelle à Melbourne à l'âge de quatre-vingt-quinze ans, le [70].

Héritage[modifier | modifier le code]

Image en noir et blanc montrant la page d'un vieux magazine.
En effectuant le premier vol transcontinental d'Australie, Wrigley est considéré jusqu'à nos jours comme un pionnier de l'aviation australienne[18].

Tout au long de sa vie, il est connu comme un « preneur de notes invétéré », ayant amassé une vaste documentation concernant la théorie et la pratique de la suprématie aérienne, sur laquelle il donne des conférences à ses collègues de la RAAF au cours des années 1920[28]. Les concepts qu'il a étudié incluent la supériorité aérienne, la nécessité de séparer les forces aériennes des autres branches des forces armées, la mise en valeur du contrôle de l'espace aérien comme moyen majeur lors d'éventuelles offensives militaires ainsi que le remplacement par les forces aériennes des troupes au sol[23]. Tout en plaidant pour l'indépendance du corps de l'armée de l'air, Wrigley a rapidement dissipé les rumeurs selon lesquelles il « arriverait simplement Dieu sait où, jetterait ses bombes Dieu sait où et partirait de nouveau Dieu sait où », soulignant ainsi l'utilité incontestable de la coopération entre l'armée et la marine, dans le respect de la politique gouvernementale[13]. Il est d'ailleurs crédité comme ayant fondé les bases de la doctrine moderne de la puissance aérienne de la RAAF, qui a engendré en 1990 le Air Power Manual, un document exposant les principes de la RAAF qui sous-tendent l'usage de la force aérienne[70]. La veuve de Wrigley lègue vingt volumes de ses écrits, cartes et photographies au RAAF Museum de Point Cook après son décès, qui sont édités et publiés en par le Air Commodore Brendan O'Loghlin et le chef d'Escadre Alan Stephens sous le titre The Decisive Factor : Air Power Doctrine by Air Vice-Marshal H. N. Wrigley[1],[28]. En , l'ancienne résidence de Wrigley à l'époque où il était commandant de la RAAF Station à Laverton avant la Seconde Guerre mondiale est baptisée Wrigley House en son honneur[71]. Une rue porte également son nom, la Henri Wrigley Drive, près de l'Aéroport international de Darwin[72]. En , le chef de la Force aérienne australienne, le air vice-marshal Mark Binskin crée le prix AVM H.N. Wrigley pour récompenser les résultats des analyses de la suprématie aérienne, dans le cadre du Chief of Air Force Essay Competition[69]

Notes et références[modifier | modifier le code]

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  2. a et b Draper 1985, p. 924.
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Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

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  • (en) John Herington, Australia in the War of 1939–1945: Series Three (Air) Volume IV – Air Power Over Europe 1944–1945, Canberra, Australian War Memorial, (OCLC 3633419). 
  • (en) John Herington, Australia in the War of 1939–1945: Series Three (Air) Volume III – Air War Against Germany and Italy 1939–1943, Canberra, Australian War Memorial, (OCLC 3633363). 
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  • (en) Peter Phillips, The Heritage Homes of the Australian Defence Force, Barton, Australian Capital Territory, The Defence Housing Authority, (ISBN 0-642-25993-3). 
  • (en) RAAF Historical Section, Units of the Royal Australian Air Force: A Concise History. Volume 1: Introduction, Bases, Supporting Organisations, Canberra, Australian Government Publishing Service, (ISBN 0-644-42792-2). 
  • (en) Derek Roylance, Air Base Richmond, RAAF Base Richmond, Royal Australian Air Force, (ISBN 0-646-05212-8). 
  • (en) Alan Stephens, Going Solo: The Royal Australian Air Force 1946–1971, Canberra, Australian Government Publishing Service, (ISBN 0-644-42803-1). 
  • (en) Alan Stephens, The Royal Australian Air Force: A History, London, Oxford University Press, (1re éd. 2001) (ISBN 0-19-555541-4). 
  • (en) Alan Stephens et Jeff Isaacs, High Fliers: Leaders of the Royal Australian Air Force, Canberra, Australian Government Publishing Service, (ISBN 0-644-45682-5). 
  • (en) Joyce Thomson, The WAAAF in Wartime Australia, Melbourne, Melbourne University Publishing, (ISBN 0-522-84525-8). 
  • (en) David Wilson, The Brotherhood of Airmen, Crows Nest, New South Wales, Allen & Unwin, (ISBN 1-74114-333-0). 

Lectures complémentaires[modifier | modifier le code]

  • (en) Alan Stephens et O'Loghlin; Brendan (eds.), The Decisive Factor: Air Power Doctrine by Air Vice-Marshal H.N. Wrigley, Canberra, Australian Government Publishing Service, (ISBN 0-644-12770-8, lire en ligne)
  • (en) H.N. Wrigley, The Battle Below: Being the History of No. 3 Squadron, Australian Flying Corps, Sydney, Errol G. Knox, (OCLC 2634858)
  • (en) H.N. Wrigley, Aircraft and Economic Development: The RAAF Contribution, Adelaide, Royal Aeronautical Society, (OCLC 219848501)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]