Georg Groddeck

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Georg Groddeck
Biographie
Naissance Voir et modifier les données sur Wikidata
à Bad KösenVoir et modifier les données sur Wikidata
Décès Voir et modifier les données sur Wikidata
à KnonauVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité(s) AllemagneVoir et modifier les données sur Wikidata
Thématique
Profession(s) médecin, psychologue, écrivain et psychiatreVoir et modifier les données sur Wikidata

Georg Walter Groddeck, né le à Bad Kösen (sur la Saale) et mort le à Knonau, près de Zurich, est un médecin et psychothérapeute allemand. Il n'appartenait pas au premier cercle des psychanalystes mais Freud avait pu en dire qu'il était un « analyste incomparable ». Au Congrès psychanalytique de la Haye en 1920, Groddeck s'était lui-même défini ainsi : « Je suis un analyste sauvage », expression devenu ensuite célèbre dans le mouvement. Il était aussi un fidèle ami de Sandor Ferenczi. Il est surtout le premier « psychosomaticien » qui ait intégré la psychanalyse à cette discipline.

Biographie[modifier | modifier le code]

Groddeck naît en Saxe, fils d'un médecin réputé admirateur de Bismarck. Il a quatre frères et sœurs, qui mourront tous de maladies organiques.

D'abord élève de l’École régionale de Pforta, Groddeck entreprend des études de médecine à Berlin. En 1900 il ouvre avec sa sœur Lina et sa première femme Else von Goltz-Neumann, un sanatorium de quinze lits à Baden-Baden[1]. Il y soigne ses patients par des régimes alimentaires hydrothérapie, massages et entretiens psychothérapeutiques. Pendant la Première Guerre mondiale, médecin militaire, il a la charge de blessés de guerre dans un hôpital de la Croix-Rouge. Il utilise avec les soins à prodiguer aux malades organiques l’hydrothérapie, les régimes, les massages, la psychanalyse à laquelle il s'intéresse. Il réalise ainsi des traitements psychanalytiques auprès de soldats souffrant d'affections organiques de guerre[2].

Il est très engagé dans des mouvements syndicaux de politique sociale et s'oppose à « la mise au pas des psychanalystes allemands » après 1933. Confronté à des difficultés insurmontables avec les Nazis, il s'exile dès 1934 en Suisse, où il meurt la même année[3].

Influence[modifier | modifier le code]

Groddeck entretient une correspondance avec Sigmund Freud. Il n'accepte pas toute la métapsychologie, mais s'intéresse à la résistance, à la sexualité psychique, en vue de guérir des maladies organiques.

Il fut un psychothérapeute original pour l'époque, et convaincu de l'importance du rôle de l'inconscient, plus particulièrement de l'instance appelée le « Ça », que Freud appelle le Es, dans la genèse des troubles somatiques courants.

En 1923, il publie le Livre du ça, dans lequel il met en scène sa correspondance avec Sigmund Freud à travers des lettres fictives adressées à une amie[1]. Il y reprend certains concepts analytiques freudiens et introduit un concept du ça que Freud modifiera par la suite, écrivant, en réponse, Le Moi et le Ça. Pour Groddeck, toute maladie organique est en fait psychosomatique. "Le corps et l'esprit sont une entité qui héberge un Ça, une puissance par laquelle nous sommes vécus alors que nous pensons vivre", explique-t-il.

Vers la fin de sa vie, beaucoup de ses collègues et admirateurs le prièrent de créer une école pour promouvoir ses idées. Cette requête le fit rire et il dit : « Les disciples aiment que leur maître reste immobile, tandis que je prends pour un imbécile celui qui souhaiterait que je dise demain la même chose qu'hier. Si vous voulez vraiment me succéder, regardez la vie par vous-même et dites honnêtement au monde ce que vous voyez. »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Le Chercheur d’âme, 1921, Gallimard 1982. (ISBN 2-07-022615-8)
  • Le Livre du ça, 1923, Gallimard 1963. (ISBN 2-07-029389-0), [lire en ligne], sur le site de l'UQAC, Les classiques des sciences sociales.
  • Ça et moi, préface de Roger Lewinter, Gallimard, 1977.
  • La Maladie, l’art et le symbole, Gallimard, 1985.
  • Conférences psychanalytiques à l’usage des malades, traduites de l'allemand par Roger Lewinter, trois volumes. Volume 1 : Conférences 1 à 40 (16 août 1916 – 23 mai 1917), éd. Champ Libre, Paris, 1978. Volume 2 : Conférences 41 à 80 (30 mai 1917 - 20 mars 1918), Champ Libre, 1979. Volume 3 : Conférences 81 à 115 (27 mars 1918 – 2 avril 1919), Champ Libre, 1981.
  • L’Être humain comme symbole, traduit de l’allemand et préfacé par Roger Lewinter, éditions Ivrea, Paris, 1991
  • Écrits de jeunesse, ce volume comprend des textes tels que Un problème de femme et Le Pasteur de Langewiesche, traduits de l'allemand et présentés par Roger Lewinter, éditions Ivrea, Paris, 1992
  • S. Ferenczi, G. Groddeck, Correspondance, 1921–1933, Paris, Payot, 1975

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Biographie de Georg Groddeck
  2. Gilles Tréhel, « Georg Groddeck (1866-1934) : traitement psychanalytique des affections organiques de guerre », Annales Médico-psychologiques, Décembre 2014, Modèle:P.840-845
  3. Herbert Will, « Groddeck, Georg Walther », cf. bibliographie.