Genres pluriels

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Genres Pluriels ou en abrégé « GPs » est une association sans but lucratif (asbl) belge fondée par Max Nisol[1],[2], Tanguy Pinxteren et Londé Ngosso[3] promouvant la visibilité des personnes aux genres fluides, transgenres et intersexes.

Description[modifier | modifier le code]

L'association Genres Pluriels organise différentes activités basées à Bruxelles et en Wallonie en vue de lutter contre les discriminations que subissent les personnes aux genres fluides, transgenres et intersexes[4],[5],[6],[7],[8]

En vue de sensibiliser à la non discrimination des personnes aux genres fluides (transgenres) et intersexes, les membres de Genres Pluriels alimentent le site web de l'association avec des articles donnant une analyse critique féministe des discours et pratiques médico-psycho-sociales et de la biologie et de son enseignement[9].

L'association Genres Pluriels se réclame du mouvement queer féministe et travaille en collaboration avec les associations féministes et LGBTQI. GPs adhère aux principes de Yogyakarta. L'association GPs souhaite développer un langage non sexiste afin de lutter contre les discriminations.

Historique[modifier | modifier le code]

Fin 2006 Max Nisol fonde le collectif appelé les Drag Kings de Bruxelles (DKB)[10] afin d'organiser des ateliers drag kings mensuels. Depuis les DKB se réunissent tous les premiers vendredis du mois à la Maison Arc-en-ciel de Bruxelles. Le but est d'échanger par la pratique des expériences de manière ludique par rapport aux masculinités et aux transidentités.

En 2007 Max Nisol constate dans la partie francophone de Belgique un manque d'information concernant les transidentités. Yel pense alors créer une structure associative et militante féministe en vue de divulguer prioritairement l'information pour les personnes aux genres fluides, trans' et intersexes.

Le 16 octobre 2007, Tanguy Pinxteren, Max Nisol et Londé Ngosso fondent l'association Genres Pluriels[11].

Le 1er décembre 2007, le site web de Genres Pluriels est créé et hébergé chez Domaine Public, une association belge prônant les logiciels libres.

Les DKB font toujours de l'association et organisent des performances spectacles drag kings notamment lors des L-week de 2007 et 2008, du festival drag king de Rome en juillet 2008, du festival pinkscreens en 2008, et de la ladyfest à Liège en 2009.

À partir de 2012, les DKB deviennent une troupe de spectacle autonome, mais Genres Pluriels continue à organiser des ateliers drag kings.

En 2016, l'association est menacée de disparaître, trois membre du personnel sur quatre sont licenciés faute de subsides[12].

Décembre 2017, pour les 15 ans de l'Institut pour l'égalité des femmes et des hommes, 15 parrains et marraines sont sélectionnés pour leur engagement en faveur de l'égalité des genres, dont Genres Pluriels[13].

En 2017, Héloïse Guimin-Fati en est l'une des administratrices[5].

Revendications[modifier | modifier le code]

Vers la mi-octobre ([14] et [15]), avec autres associations dans le monde (Espagne, Paris, Bruxelles, Lisbonne, Montréal) Genres Pluriels appelle à manifester afin de soutenir les revendications des groupes transgenres et intersexes européens[16].

Le mot d’ordre commun est « stop TRANS pathologization : goal 2012 » et « Ni hommes ni femmes, le binarisme nous rend malades ».

En tant que membre de l'Organisation Internationale des Intersexués (OII) et membre de Transgender Europe (TGEU), Genres Pluriels porte les mêmes revendications que les réseaux internationaux de lutte pour les droits des personnes LGBTQI+.

Genres Pluriels adhère aux principes de Yogyakarta, une série de principes sur l’application du droit international des droits humains en matière d’orientation sexuelle et d’identité de genre.

Les revendications communes au niveau international sont[17],[18],[19]:

  1. Retrait du « trouble de l'identité sexuelle » des manuels internationaux de diagnostic
  2. Retrait de la mention du sexe dans les documents officiels (notamment sur la carte d'identité et la carte SIS)
  3. Abolition des traitements de normalisation binaire imposés aux personnes intersexuées
  4. Libre accès aux traitements hormonaux et chirurgicaux (sans tutelle psychiatrique)
  5. Lutte contre les discriminations transphobes

Pour la Belgique, les trois revendications spécifiques sont[16],[20]:

  1. Revoir la loi sur la transsexualité
  2. Instaurer un moratoire pour les « assignations sexuelles » pratiquées sur les enfants intersexués
  3. En attendant l’abolition de la mention du sexe, allonger le délai de sa déclaration à l’état civil

Activités[modifier | modifier le code]

L'association Genres Pluriels est un lieu d'écoute lors de permanences mensuelles organisées dans différentes villes de Belgique (Bruxelles, Liège, Tournai, Verviers, Charleroi)[21],[6],[22]. Deux psychologues, Max Nisol et Aurore Dufrasne proposent également un lieu d’écoute[23] et encadrent des groupes de parole pour les personnes qui s’interrogent sur leur propre identité de genre[24] et leurs proches [25].

Genres Pluriels organise également des ateliers pour le grand public. L'atelier « Trans* pour les nulLEs » notamment sensibilise le public aux transidentités, montre comment la construction sociale des normes et des stéréotypes de genre peut conduire à des phénomènes d’exclusion et de discrimination.

Genres Pluriels propose une formation « Au-delà des catégories binaires : la diversité des genres [26]» destinés à un public professionnel. Les principaux aspects de cette formation sont les différentes terminologies utilisées ou à éviter et l’accueil psychosocial le plus adéquat pour les personnes transgenres en tant que professionnel·le·s, les aspects médicaux (traitements hormonaux, les aspects juridiques et législatifs (au niveau belge, européen, mondial).

Les ateliers drag kings[27] sont des séances de techniques maquillage et de jeux de rôles. Ces séances visent à promouvoir un langage, une attitude subversive des genres et à déconstruire les normes imposées par l'éducation hétéropatriarcale pendant notre enfance.

L’atelier de féminisation[28] est conçu pour les personnes qui souhaitent explorer ou développer leur féminité, que ce soit à titre occasionnel ou au début d’un processus de transition.

Depuis 2009 dans différents lieux à Bruxelles et en Wallonie, Genres Pluriels (GPs) organise un festival « Tous les genres sont dans la culture » qui vise à montrer au public de la région bruxelloise et d’ailleurs la diversité des sexes et des genres[29].

Ce festival a pour but, grâce à des conférences, des échanges artistiques, culturels, cinématographiques et autres, de lutter contre les discriminations que subissent actuellement les personnes aux genres fluides et intersexuées dans la société.

Genres Pluriels participe à de nombreuses études universitaires et de terrain et accueille des étudiants, des stagiaires en vue de lutter contre les discriminations qu'yels subissent[30].

En 2018, Max Nisol et Aurore Dufrasne lancent le Réseau psycho-médico-social trans* et inter* belge avec le CHU Saint-Pierre ainsi que d'autres professionnels du secteur. Ce réseau vise avant tout à adopter une démarche proactive bienveillante et respectueuse des personnes transgenres et intersexes[31],[32].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Plus d'1,2 million débloqué pour les personnes transgenres : "Ce n'est absolument pas une bonne nouvelle" pour les associations LGBTQI · Paris Match.be », Paris Match Belgique - Parismatch.be,‎ (lire en ligne, consulté le 3 janvier 2018)
  2. Sebastien Porcu, « Bruxelles: «Les transgenres ne sont pas malades» », sudinfo,‎ (lire en ligne, consulté le 3 janvier 2018)
  3. « Homme, femme, si je veux », Moustique.be,‎ (lire en ligne, consulté le 3 janvier 2018)
  4. Au.M., « Transidentité : comment dépasser les stéréotypes ? », LaLibre,‎ (lire en ligne, consulté le 3 janvier 2018)
  5. a et b Stagiaire Focus Vif, « Tous les genres sont dans la culture? "Sense8 et Transparent devraient être la norme" », Focus,‎ (lire en ligne, consulté le 3 janvier 2018)
  6. a et b « Des communes et des emplois tous genres bienvenus », Metro,‎ (lire en ligne, consulté le 3 janvier 2018)
  7. « Fluide, intersexe, trans, neutre, le champ lexical du genre s'élargit », TV5MONDE,‎ (lire en ligne, consulté le 3 janvier 2018)
  8. « Budget pour soutenir les transgenres: "Un message extrêmement positif" », RTBF Info,‎ (lire en ligne, consulté le 3 janvier 2018)
  9. Justine Faure, « Alors que l'Allemagne est sur le point de reconnaître le "troisième sexe", qu'en est-il en France ? », LCI,‎ (lire en ligne, consulté le 3 janvier 2018)
  10. « Présentation de l’atelier Drag King », sur Genres Pluriels,
  11. « Statuts de constitution », sur Moniteur belge,
  12. Alexis Afeiche, « L’ASBL Genres Pluriels en péril », Le Soir Plus,‎ (lire en ligne, consulté le 20 décembre 2017)
  13. « Marraines et parrains de l'Institut », Institut pour l'égalité des femmes et des hommes,‎ (lire en ligne, consulté le 20 décembre 2017)
  14. Hugues Dorzée, « Santé Action à Bruxelles et mise en cause de la nouvelle loi du 10 mai 2007 : Transsexuels contre la tutelle psychiatrique », Le Soir,‎ (lire en ligne)
  15. « Bruxelles 17 octobre 2009 : Manifestation contre la pathologisation des Trans’, GenreS fluideS et IntersexeS », sur Genres Pluriels
  16. a et b « Nos revendications », sur Genres Pluriels
  17. (en) « Déclaration de Malte », sur OII Europe,
  18. (en) « Déclaration de Riga », sur OII Europe,
  19. (en) « Déclaration de Vienne », sur OII Europe,
  20. « Revendications intersexes », sur Genres Pluriels
  21. « Permanences », sur Genres Pluriels
  22. « Ateliers Trans* pour les NulLEs », sur Genres Pluriels
  23. « Accueils », sur Genres Pluriels
  24. « Groupe de parole pour trans*/inter* », sur Genres Pluriels
  25. « Groupe de parole pour les proches », sur Genres Pluriels
  26. « ProfesionnelLEs », sur Genres Pluriels
  27. « Atelier drag king », sur Genres Pluriels
  28. « Atelier de féminisation », sur Genres Pluriels
  29. « Festival Tous les genres sont dans la culture », sur Genres Pluriels
  30. « Et toi, t'es casé·e ? », sur Genres Pluriels
  31. « Communiqué de presse - Réseau psycho-médico-social trans* et inter* belge », sur Genres Pluriels
  32. « Réseau psycho-médico-social trans* et inter* belge », sur CHU Saint-Pierre

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]