Gabrielle Bernard

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Gabrielle Bernard
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Gabrielle Bernard, (Moustier-sur-Sambre, 1893 - Moustier-sur-Sambre, 1963) est une poétesse belge d'expression wallonne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Gabrielle Bernard vit le jour à Moustier-sur-Sambre le "26 mars 1896 à 21h00", précise son acte de naissance. Elle y vécut toute sa vie jusqu'à son décès en 1963.

Si à 4 ans elle savait lire, elle ne fit que des études primaires. Elle assimila seule le programme de l'enseignement secondaire - hormis les mathématiques, qu'elle n'appréciait guère. Elle rêvait d'être institutrice mais fut employée d'industrie.

Elle perd son fiancé pendant la Grande Guerre et sa solitude fut le ferment d'une inspiration qui s'exprime dans plusieurs recueils de poèmes français. Seul En attendant la caravelle a été publié en 1936, sous le pseudonyme de F.-José Maugis, inspiré de son parrain[1]

Elle se met au wallon sur le tard, vers 1930, à la demande de Ernest Montellier, en écrivant Li Bètch-aus-rotches.

C'est la vie qu'elle avait pu observer dans sa région de Moustier-sur-Sambre qui l'inspira, notamment pour la description du pays minier. Le folklore lui inspira également la pièce Flora dal Hoûlote, qui fut montée au Théâtre royal de Namur, et réalisée pour la RTBF dans les années 1980.

Elle fut une des premières femmes à écrire en wallon et ouvrit la porte à une série d'écrivaines, telles Marcelle Martin, Jeanne Houbart-Houge, Geneviève Pittelioen, Jenny d'Inverno, Josée Spinosa-Mathot, Chantal Denis, Danielle Trempont, Rose-Marie François.

Œuvre[modifier | modifier le code]

L'art de cette poétesse – accessible à tous les francophones – dit à la fois la langue qu'elle utilise et le contraste rural/industriel du pays wallon, en mettant en parallèle une catastrophe minière et la paix des champs comme dans L’èboul’mint [L'éboulement]. Dans ce poème, apercevant une galerie mal étançonnée, le porion (chef mineur) donne l'alarme, mais trop tard :

li voûssure a churé su l’moncia qui s’comèle
tote li winne si rècrase èt stofe lès ûrlemints
(« la voûte s'est déchirée sur le tas de pierres qui s'écroule
toute la veine s'écrase et étouffe les hurlements. »)

À la surface, au même instant, le monde demeure indifférent, le charretier commande à son cheval, des enfants enfilent des marguerites,

et l’grand solia d’julèt’fêt meûri lès frumints...
(« et le grand soleil de juillet fait mûrir le froment... »)

Autre dualité, le choix du français et/ou du wallon pour s'exprimer est aussi caractéristique de bien des auteurs wallons (de langue française ou wallonne) qui comptent comme Géo Libbrecht, Jean-Pierre Verheggen, Guy Denis ou ce grand responsable de la culture française en Wallonie et à Bruxelles que fut Marcel Hicter.

Œuvres imprimées[modifier | modifier le code]

  • C'èsteuve ayîr [C'était hier], Gembloux, J. Duculot, 1943. (Le texte, écrit en 1931, a été primé par la Société de langue et de littérature wallonnes et a été publié dans le Bulletin de la Société de Littérature wallonne, vol. 64)
  • En attendant la caravelle, 1936.
  • Boles di savon [Bulles de savon], Gembloux, J. Duculot, 1942.
  • Do vète, do nwâr [Du vert, du noir], Namur, Les Cahiers wallons, 1944.
  • Flora dal Houlote [Flora du Hibou], drame poétique en 4 actes, Fosses, J. Romain, 1949.

Hommages[modifier | modifier le code]

  • Une sélection de ses poèmes ont été repris dans Poèmes choisis de Gabrielle Bernard, publié à La Vie wallonne en 1938 et édité par Maurice Piron.
  • Maurice Piron la cite dans son Anthologie de la littérature wallonne.
  • À Moustier-sur-Sambre, le centre culturel portait le nom de Gabrielle Bernard. Celui-ci a été détruit par un incendie en 2009, mais un nouveau centre culturel devrait être construit en 2017[2].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Maurice Piron, 1979
  2. « Centre culturel Gabrielle Bernard — Commune de Jemeppe-sur-Sambre », sur www.jemeppe-sur-sambre.be (consulté le 15 septembre 2016)