Furrina

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Furrina, ou moins souvent Furina, est une divinité romaine peu connue dont la fête, les Furrinalia, était célébrée le 25 juillet au Janicule. C'était la déesse des eaux souterraines et la patronne du creusement des puits.

Culte[modifier | modifier le code]

Selon le témoignage de Varron, Furrina était une divinité presque oubliée à son époque[1].

Furrina disposait d'un flamine mineur préposé à son culte, le flamen Furinalis[2], ce qui atteste d'une certaine importance dans la religion archaïque.

Clôturant, dans le calendrier des fêtes religieuses romaines, la série de fêtes liées à la Canicule (Lucaria et Neptunalia), la fête des Furrinalia était célébrée le 25 juillet dans un bosquet du Janicule appelé le lucus Furrinae. C'est dans ce bois sacré que Caius Gracchus, visé par le senatus consultum ultimum et poursuivi par ses ennemis, trouva la mort en 121 av. J.-C. Le lucus Furrinae se trouvait à l'emplacement actuel du parc de la Villa Sciarra. Sous l'Empire, au IIe et IIIe siècles, la nympha Furrina y côtoie d'autres cultes, d'origine orientale, attestés par des inscriptions à Zeus Keraunios et à Jupiter Héliopolitain ; on y trouve aussi un relief représentant la déesse syrienne Atargatis Dercéto avec deux lions.

Selon le témoignage de Cicéron[3], Furrina avait aussi un sanctuaire près d'Arpinum.

Georges Dumézil suggère que le nom de Furrina serait issu de la racine indo-européenne *bhrewr- sous la forme latine *frur désignant les puits et les eaux souterraines. Tombée en désuétude au profit de puteus, cette forme ancienne ambigüe (homophone du nominatif de fur, voleur) aurait progressivement disparu du vocabulaire romain, privant ainsi la divinité archaïque de son support étymologique[4]. Furrina fut probablement évincée par la figure de Neptune/Poséidon. À l'image du dieu Font (divinité des sources naturelles), elle fut progressivement reléguée au rang de nymphe et de divinité secondaire et réduite au mystère de son étymologie.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. De lingua Latina, VI, 19 ; cf. aussi V, 84. Varron dit que, de son temps, son nom était à peine connu de quelques-uns (nunc uix nomen notum paucis).
  2. Il est mentionné par Ennius, dans les Annales.
  3. Ad Quintum fratrem, 3, 1, 2.
  4. « […] *frur- pouvait ou bien avoir le même sort, ou bien, par métathèse, donner *furr- (nom. *fur ; gén. *furris). Ce mot n'existe pas. On peut penser qu'il a existé (peut-être l'homophonie du nominatif avec celui de fur « voleur », tout autrement constitué : cf. grec fwr., a-t-elle contribué à le faire disparaître au profit du nouveau puteus ?) et qu'il survit dans son dérivé devenu incompréhensible aux Romains eux-mêmes, Furrina, le nom de la déesse dans laquelle nous sommes portés à reconnaître, pour les raisons développées plus haut, une patronne du travail de creusement des puits. » Georges Dumézil, Fêtes romaines d'été et d'automne, Paris, Gallimard, 1975, 2e éd., 1986.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paul Gauckler, « Le bois sacré de la nymphe Furrina et le sanctuaire des dieux syriens, au Janicule, à Rome », Comptes rendus des séances de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, 51, 3, 1907, p. 135-159. (En ligne.)
  • Georges Dumézil, Fêtes romaines d'été et d'automne, Paris, 1975.

Lien externe[modifier | modifier le code]

  • Lucus Furrinae in Platner-Ashby, A Topographical Dictionary of Ancient Rome, Londres, Oxford University Press, 1929.