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Fuck

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Fuck est un mot anglais qui, en tant que verbe, signifie « avoir un rapport sexuel », dans un registre généralement considéré comme vulgaire voire ordurier. « Fuck » peut être traduit en français par le verbe « foutre » ou « baiser »[1]. Il peut aussi être utilisé en tant que nom pour décrire une personne désagréable, offensante, ou de mauvais caractère (le terme « fucker » peut également être utilisé dans cette acception). On l'utilise encore comme terme de renforcement d'un verbe (exemple dans un faux conte pour enfant intitulé « Go the fuck to sleep[2] », soit « va au dodo bordel »).

Aujourd'hui, fuck est généralement considéré comme un mot vulgaire et obscène[3]. Une des premières apparitions du mot remonte à avant 1500, dans un poème contenant un mélange de latin et d'anglais[3].

Histoire du mot

D'après The American Heritage Dictionary O.E.D. 2d edition, le premier usage écrit du verbe fuck date de 1535, dans un poème intitulé Flen flyys et écrit dans un mélange d'anglais et de latin : « (…) Non sunt in celi quia fuccant uuiuys of heli (…) ». Une traduction approximative donne : « Ils ne sont pas au paradis parce qu'ils baisent les femmes de Heli » (Heli étant un lieu, non une personne).

Le mot est d'origine germanique et partage les racines du mot allemand « ficken »[4].

Légendes sur ce mot

Sur Internet se propagent de nombreuses légendes urbaines qui en font l'acronyme de diverses phrases. Une version prétend par exemple que ce mot prendrait ses origines vers le XVe siècle, en Angleterre, où une loi imposait la réglementation des naissances, et les gens voulant avoir un enfant allaient prendre un papier spécial sur lequel était écrit « Fornication Under the Consent of the King » (« fornication sous le consentement du Roi ») et l'affichaient sur leur porte[5].

Usages en français

Le terme « fuck » est utilisé de façon anecdotique mais néanmoins croissante dans la langue française contemporaine pratiquée en France. Au Québec son utilisation est particulièrement répandue, le terme étant même déformé et francisé (« fucké » par exemple, traduction approximative de « fucked up », signifiant « foiré », « foutu en l'air »). Il est à noter que toute la portée blasphématoire et offensante du terme est évacuée dans son usage au Québec, source notable de malentendus avec certains anglophones choqués par l'usage répété de termes considérés comme très grossiers en anglais.

Les qualificatifs orduriers étant beaucoup plus variés en français qu'en anglais (et ce d'autant plus qu'ils sont extensibles par des « ... de ... de ... »), la traduction de la forme récurrente « fucking + nom » (ou « fucking + adjectif ») peut s'avérer difficile, et le remplacement systématique par « putain de + nom » conduit à un résultat relativement terne. On peut donc être amené à varier avec « foutu + nom » ou « connerie de + nom », ou à renoncer à une traduction littérale tout en préservant la connotation ordurière, par exemple en ajoutant un « bordel » en fin de phrase.

Usages en anglais

Le mot « fuck » est rarement imprimé en anglais et souvent remplacé par les abbréviations euphémistiques « f-word » ou « f*** », ou encore « the four letter word ».

Les termes « fuck » et « fucking » sont très utilisés dans certains films nord-américains ou anglais traitant de milieux où l'usage d'un langage vulgaire est compréhensible : milieu du banditisme entre autres[6]. Un sketch des Inconnus[7], conçu comme la bande-annonce d'un film fictif intitulé « Fuck You » avec « Al Pas-de-chez-nous » et « Robert de Négro », a parodié cette tendance croissance à partir du début des années 1980 (le Scarface de Brian de Palma sorti en 1983 étant l'un des premiers à en faire un usage massif), ainsi que la tendance des adaptateurs français à édulcorer les termes injurieux dans les sous-titres (« If you fuck me, I'll fuck you! » devenant « Si tu m'embêtes, je t'embêterai aussi ! », etc.), et à commettre des contresens (comme lors du plan final absurde où un « phoque » est traduit en « enculé »). Plus récemment, sont apparus sur Internet de nombreux montages réalisés par des amateurs juxtaposant tous les « fuck » et dérivés des films ou séries en faisant un usage particulièrement abondant (Scarface, Casino, The Big Lebowski, The Sopranos, Dexter...). Un article sur la version anglophone de Wikipedia établit un classement du nombre de « fuck » et dérivés pour les films en comportant un nombre significatif, avec également la mention du nombre par minute. Le premier du classement, hormis deux documentaires consacrés au phénomène, est de loin The Wolf of Wall Street de Martin Scorsese, sorti en 2013, avec un compte de 569 (pour une durée de 180 minutes) ; mais si l'on se réfère au « score » par minute on trouve en tête deux films sortis en 1997, Twin town et Nil by mouth (respectivement 3,34 / min et 3,21 / min, The Wolf of Wall Street venant derrière avec 3,16 / min).

Au-delà du simple usage, le mot représente en lui-même un angle de réflexion sur le fonctionnement de la société des États-Unis d'Amérique. Pour le professeur de droit Christopher M. Fairman (université de l'Ohio[8]), l'étude du mot est riche d'enseignement dans au moins quatre domaines[9] : le Premier amendement[10], la réglementation sur la diffusion (télévision et radio), le harcèlement sexuel et l'éducation. Pour Fairman, comprendre l'application du droit réprimant l'usage du mot nécessite de prendre en considération le fort tabou culturel qui lui est lié[11].

Notes et références

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. (fr) (en) « Traduction de « Fuck » », WordReference.com (consulté le 16 juillet 2008)
  2. « Go the Fuck to Sleep read by Samuel L. Jackson » (consulté le 23 août 2019)
  3. a et b (en) « Histoire de « Fuck » », The American Heritage Dictionary of the English Language, (consulté le 13 juillet 2008)
  4. (en) « Origine de « Fuck » », Online Etymology Dictionary (consulté le 24 mars 2009)
  5. « Origine du mot FUCK - Culture générale », Culture générale,‎ (lire en ligne, consulté le 2 octobre 2017)
  6. Voir par exemple les films de Guy Ritchie "Snatch" ou "Arnaques, Crimes et Botanique", ou les films de Quentin Tarantino
  7. « Les Inconnus - Fuck you », sur Dailymotion (consulté le 23 août 2019)
  8. Présentation de Christopher M. Fairman sur le site internet Moritz College of Law de l'université de l'Ohio, consulté en avril 2010.
  9. Christopher M. Fairman, Fuck, Ohio state public law working paper No. 59, Center for interdisciplinary law and policy studies working paper series No. 39, mars 2006.
  10. Voir également Merle Hope Weiner, Dirty Words in the Classroom: Teaching the Limits of the First Amendment, Tennessee Law Review, Vol. 66, p. 597, 1999.
  11. Voir également Patty Campbell The pottymouth paradox, Horn Book magazine, 2007.