Franck Spengler

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Spengler.
Franck Spengler
Defaut 2.svg
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (59 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Mère

Franck Spengler, né le à Paris, est un éditeur et écrivain français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Franck Spengler est le fils de l'industriel Pierre Spengler (homonyme du producteur de films) et de la romancière et éditrice Régine Deforges (auteur notamment de La Bicyclette bleue).

Après des études au lycée Buffon à Paris et au lycée Jean-Moulin à Montmorillon, Franck Spengler entre à l'université Paris IV-Sorbonne où il obtient une maîtrise d'histoire.

Baigné dans l'univers des livres depuis toujours, il exerce en parallèle de ses études divers métiers, notamment celui de libraire au sein de la librairie de Jean-Jacques Pauvert Le Palimugre. Cette fonction lui permet de travailler, déjà, au plus près des auteurs, la librairie abritant également les maisons d'édition de Pauvert et Deforges. « Je vis alors dans un univers décalé, original pour l’époque, les auteurs de Régine Deforges et Jean-Jacques Pauvert sont incroyables, je rencontre Hervé Guibert, Wolinski, Bernard Noël, Reiser, Pierre Desproges[1]. »

En parallèle de ses études en histoire et dans la filière « Métiers du livre » à Bordeaux, il exerce divers métiers, notamment durant un an au sein de Fayard, où il rencontre Alex Graal. De leur rencontre naîtra la volonté de Franck Spengler de construire une œuvre éditoriale pérenne (Alex Graal ayant à cœur d'indiquer combien « dans ce métier [l'édition], le plus important, c’est de durer »).

Passant alors par l'exercice de divers métiers (tels qu'assistant de publicité), en France puis chauffeur routier en Suisse, il rejoint définitivement le monde de l'édition en 1984, pour assumer les fonctions de Directeur général des éditions Régine Deforges. À partir de 1989, il devient PDG des éditions Ramsay, fonction qu'il occupe jusqu'en 1992, date à laquelle il crée sa propre maison d'édition : Éditions Spengler. En 1995, sa maison d'édition change de nom, devient les éditions Blanche, spécialisée en littérature érotique et continue à exploiter le fonds Spengler éditeur.

Franck Spengler s'est donc progressivement spécialisé dans l'édition érotique, dont il en est devenu l'acteur incontournable (qualifié de « pape de l'édition érotique en France »[2]). Il est en effet à l'origine de la plupart des très grands succès éditoriaux du genre, notamment La Femme de papier de Françoise Rey (qu'il publie chez Ramsay), Le Lien, de Vanessa Duriès, L'Orage de Régine Deforges, Dolorosa soror de Florence Dugas, Des désirs et des hommes de Françoise Simpère, Exercices sexuels de style, de Maïna Lecherbonnier, Frappe-moi !, de Mélanie Müller, Pattaya beach de Franck Poupart, Le Manoir d'Emma Cavalier, etc., et fait ainsi émerger toute une génération d'auteurs aujourd'hui largement reconnus.

Franck Spengler est aujourd'hui à l'origine de plus de 300 titres érotiques publiés, dont 200 encore en activité.

Appréhendant la liberté d'expression comme un concept « indivisible »[3], Franck Spengler dénonce régulièrement dans les médias le renouveau d'une censure « bien-pensante » :

  • « La liberté d’expression, comme la peine de mort, est un concept qui ne se divise pas : on est pour ou on est contre, il n’y a pas d’entre deux. J’en vois beaucoup qui se disent partisans de la liberté d’expression mais qui souhaiteront interdire tel ou tel auteur au prétexte qu’il échappe à la bien pensance obligatoire. Cette liberté a bien sûr son revers de médaille qui est la contestation que l’on a le droit d’en avoir. Mais, attention, une contestation fondée sur le débat et non pas sur une quelconque morale. De toute façon, plus on interdit, plus on radicalise. »[3]
  • « Pour moi, éditeur, seule la loi définit la limite. Au-delà de ça, je refuse en tant qu’éditeur d’être un censeur d’idées d’un livre, il y a déjà suffisamment de père-la-morale comme ça »[3].
  • « Il existe aujourd’hui une palette de menaces beaucoup plus subtile [que la censure d'Etat] avec des atteintes à la pudeur, à la personne, à l’image, à la dignité humaine. Le législateur a donné la possibilité à n’importe lequel d’entre nous d’être le censeur des autres »[4].

Franck Spengler a ainsi publié des auteurs dont les écrits ont créé des polémiques, notamment Alain Soral, Érik Rémès, Mathias Cardet ou François Devoucoux du Buysson.

En tant qu'auteur, Franck Spengler a écrit des textes érotiques (La Vie amoureuse des fées (Filipacchi), l'ouvrage 1969-2009, Années érotiques (Éditions Blanche), en coécriture avec Frédéric Ploton et Maïna Lecherbonnier, où ils revisitent 40 ans de regard sur l'érotisme au-travers la littérature, le cinéma, la musique, la publicité ainsi que toutes les grandes mutations en matière de sexualité de ces 40 années.

Il a également dirigé et réalisé l'adaptation française du Dictionnaire des fantasmes et des perversions (Éditions Blanche), et écrit avec son ami Roland Agret (victime d'une erreur judiciaire retentissante) l'essai engagé Mon corps en otage (Hugo & Cie) qui relate le combat de Roland Agret pour faire réviser son procès et sa condamnation dans les années 1970.

Amateur de cuisine, il a écrit La Cuisine des amants (Librio, 1999) et La Cuisine amoureuse et sensuelle (Blanche, 2013).

Famille[modifier | modifier le code]

Franck Spengler a trois enfants.[réf. nécessaire]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  • Entretien donné au Nouvel Observateur le 28 août 2012
  1. Interview donnée en septembre 2011 au site Histoires Libertines.
  2. Une Nuit fanatique
  3. a, b et c Interview donnée au Nouvel Observateur le 28/08/2012
  4. Interview donnée en septembre 2011 au site Histoires Libertines

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Who's Who in France : Dictionnaire biographique, 35e éd. (2003-2004), Levallois-Perret, Éd. Jacques Lafitte, 2003, p. 1758 (ISBN 2-85784-042-X)