Françoise d'Orléans-Bragance

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Marie Françoise Amélie Louise Victoire Thérèse Elisabeth d'Orléans et Bragance[1], « princesse d’Orléans-Bragance » et « duchesse de Bragance », est née le au château d'Eu (Seine-Inférieure) et morte le à Lisbonne.

Famille[modifier | modifier le code]

Françoise d'Orléans et Bragance est la deuxième fille du prince Pierre d'Alcantara d'Orléans et Bragance (1875-1940), prince du Grão-Para, et de son épouse, la comtesse tchèque Élisabeth Dobrzensky de Dobrzenicz (1875-1951). La princesse Françoise est donc membre de la branche de Petropolis des Orléans et Bragance, l'ancienne famille impériale.

Par son père, la princesse Françoise est l’arrière-arrière-petite-fille de l’empereur Pierre Ier du Brésil (1798-1834), également roi de Portugal sous le nom de Pierre IV, l’arrière-petite-fille de l’empereur Pierre II du Brésil (1825-1891), frère cadet de la reine Marie II de Portugal (1819-1853) et l'arrière-arrière-petite-fille du roi des Français Louis-Philippe Ier (1773-1850). Françoise d’Orléans et Bragance est donc une descendante de la branche aînée de la Maison de Bragance et des Orléans.

Le 15 octobre 1942, la princesse Françoise épouse, dans la cathédrale de Petrópolis, le prince Édouard de Bragance, prétendant au trône de Portugal depuis 1920, reconnu par les deux principales factions monarchistes de son pays. Édouard de Bragance est en effet le fils du prince Michel de Bragance (1853-1927), prétendant « migueliste » (« Michel II ») au trône de Portugal, et l’héritier désigné[réf. nécessaire] du dernier roi constitutionnel de Portugal, Manuel II.

De cette union naissent trois enfants, dont l'aîné porte à titre de courtoisie le prédicat d'altesse royale et les cadets celui d'altesse :

  1. Duarte de Bragança (1945), actuel « duc de Bragance », qui revendique la qualité de « chef de la maison royale de Portugal »
  2. Miguel de Bragança, « infant de Portugal », « duc de Viseu » (1946)
  3. Henrique de Bragança, « infant de Portugal », « duc de Coimbra » (1949-2017)

Biographie[modifier | modifier le code]

Comme ses frères et sœurs, la princesse Françoise, que sa famille appelle affectueusement « Chica », passe les premières années de son enfance en Normandie, aux côtés de ses parents et de ses grands-parents, le comte et la comtesse d'Eu[2].

De fait, la princesse visite pour la première fois le Brésil à l'âge de 6 ans, en 1920, lorsque la loi d'exil touchant sa famille est abrogée par le président Epitácio Pessoa. Par la suite, la princesse revient dans son pays en 1922, à l'occasion de la fête du centenaire de l'indépendance du Brésil.

C’est toutefois réellement à partir de 1936 que la princesse et sa famille s’installent au Brésil. Cette même année, Françoise, son père et son frère aîné, Pierre Gaston d’Orléans-Bragance (1913), partent pour une expédition de plusieurs mois dans le Mato Grosso, où ils entrent en contact avec plusieurs peuplades indigènes et découvrent des régions encore sauvages du Brésil.

En 1942, la princesse Françoise épouse un cousin éloigné, le prince Édouard de Bragance. Il s’agit là d’une union éminemment politique puisque le jeune « chef de la maison de Bragance » est contesté par une partie des monarchistes portugais qui refusent de voir dans le descendant de Michel Ier (1802-1866) l’incarnation de la royauté portugaise. Or, Françoise est issue de la branche aînée de Bragance et peut donc également prétendre au titre de « reine de Portugal » (après ses frères et sa sœur aînés, il est vrai). Surtout, elle est issue d’une famille de tradition libérale, ce qui rassure les monarchistes constitutionnalistes, tandis que ses origines brésiliennes en font une souveraine idéale pour les nationalistes portugais.

Afin d’affermir la position d’héritier unique que revendique son beau-frère, le prince Pierre Gaston d’Orléans-Bragance renonce officiellement à ses droits au titre de « duc de Bragance » en faveur de sa sœur, la princesse Françoise, et de ses descendants, en 1945 (Pierre-Gaston a cependant un frère, Jean d'Orléans-Bragance, ainsi qu'une sœur plus âgée que Françoise). À cette époque, certains légistes portugais rappellent en effet que ce titre appartient « de droit » à la branche aînée des descendants du roi Pierre IV de Portugal et que l’empereur Pierre II du Brésil, grand-père de Pierre-Gaston, l’a d’ailleurs porté pendant son exil en France, après 1889. Or la coutume portugaise donne le droit aux détenteurs d’un titre de noblesse d’en altérer la succession, ce qui permet à Pierre-Gaston de « conférer » légalement[réf. nécessaire] à son beau-frère et à sa sœur les titres de « duc » et « duchesse de Bragance ».

Tous ces évènements permettent à Édouard de Bragance et à son épouse d’être, peu à peu, reconnus comme les « légitimes » prétendants au trône de Portugal par une grande majorité des monarchistes portugais. Malheureusement, les portes de leur pays leur restent fermées par les lois d'exil du 19 décembre 1834 et du 15 octobre 1910 qui touchent les deux anciennes familles royales portugaises. Le « duc » et la « duchesse de Bragance » partagent donc leur existence entre la Suisse et la France, où ils sont installés.

C’est seulement le 27 mai 1950 que l’Assemblée nationale portugaise permet au couple et à ses enfants de revenir vivre dans leur pays. Malgré tout, le « duc » et la « duchesse de Bragance » ne retournent pas au Portugal avant l’année 1952, à cause d’un accident de voiture survenu à Thionville qui laisse Édouard de Bragance grièvement blessé. Une fois rétabli, le prétendant et son épouse s’installent dans une résidence que leur offre la Fondation Maison de Bragance.

En 1951, meurt le président portugais Oscar Carmona. Le dictateur Salazar envisage alors, pendant un certain temps, de restaurer la monarchie et de faire de Édouard de Bragance et de Françoise les nouveaux rois de son pays. Mais le dictateur se ravise finalement et préfère conserver le pouvoir, comme le lui permet la Constitution de l’Estado Novo de 1933.

Âgée de seulement 54 ans, la princesse Françoise d’Orléans-Bragance s’éteint en 1968. Son corps est alors placé au monastère augustinien de Vila Viçosa, dans le mausolée traditionnel des princes de la maison ducale de Bragance, ceux de la maison royale de Bragance (entre 1640 et 1910) se trouvent à Lisbonne dans le Monastère de Saint Vincent de Fora.

Titulature[modifier | modifier le code]

  • 8 septembre 1914 - 15 octobre 1942 : « Son Altesse royale la princesse Françoise d'Orléans et Bragance »[3]
  • 15 octobre 1942 - 15 janvier 1968 : « Madame la duchesse de Bragance »[4]
    • pour les partisans de son mari  : « Sa Majesté la reine de Portugal »[5]

Sources et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Acte de naissance n°184 - Mairie d'Eu »
  2. Le comte et la comtesse d'Eu étaient les virtuels « souverains du Brésil » puisque la comtesse, Isabelle de Bragance, était la fille aînée de l'empereur Pierre II du Brésil
  3. À sa naissance, et en tant que fille de « S.A.I.R. le prince » Pierre d'Orléans et Bragance.
  4. À son mariage, et en tant qu'épouse de « Mgr le duc de Bragance », prétendant au trône de Portugal.
  5. À son mariage, et en tant qu'épouse de « S.M. le roi de jure de Portugal ».

Sources partielles[modifier | modifier le code]

  • Antonio Cabral, El-Rei D. Duarte II: rei morto, rei posto, a sua vida, os seus direitos, paginas de historia. Lisbon: Livraria popular de F. Franco, 1934.
  • Manuel de Bettencourt e Galvão, O Duque de Bragança. Lisbon: Edições Gama, 1945.
  • Isabelle, comtesse de Paris, Tout m’est bonheur (t. 1), Éditions Robert Laffont, Paris 1978, (ISBN 2-22-100107-9).
  • Isabelle, comtesse de Paris, Tout m’est bonheur, Les Chemins creux (t. 2), Éditions Robert Laffont, Paris 1981, (ISBN 2-22-100834-0).
  • Jean-Charles Volkmann, Généalogie des rois et des princes, Edit. Jean-Paul Gisserot (1998).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]