François-Xavier d'Entrecolles

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François-Xavier d'Entrecolles
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
française
Formation
Lettres, philosophie et théologie
Activité
Autres informations
Religion
Ordre religieux

François-Xavier d'Entrecolles ou François-Xavier Dentrecolles[1], né à Limoges (France) le et décédé à Pékin le , est un prêtre jésuite français, missionnaire en Chine impériale. Dans une lettre de 1712 il révéla la manière dont la porcelaine chinoise était fabriquée. Il est de ce fait à l'origine de la production de la porcelaine en Europe, aux côtés d'Ehrenfried Walther von Tschirnhaus et Johann Friedrich Böttger.

Il révéla la technique de la fabrication de la porcelaine chinoise dans deux lettres publiées dans la collection des Lettres édifiantes et curieuses du père Jean-Baptiste Du Halde, la première en date du , et la seconde en date du [2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Lettre du père d'Entrecolles de 1712, publiée par Du Halde en 1735, exposant les détails de la production de porcelaine chinoise à Jingdezhen.

Né à Limoges le 25 février 1664[3]. François Xavier d’Entrecolles entre au noviciat jésuite d'Avignon le 16 septembre 1682. Il reçoit toute sa formation spirituelle et intellectuelle en France et est ordonné prêtre en 1693.

Arrivé en Chine en 1698, d'Entrecolles est d'abord missionnaire à Yangxi, où il fut rapidement apprécié de tous pour son excellente connaissance de la langue chinoise, son caractère amical, sa compréhension des coutumes chinoises et son esprit apostolique.

Son apostolat l'appelle ensuite à Jingdezhen, au cœur de la capitale chinoise de la porcelaine, où son esprit d'observation s'intéressa à la fabrication de la porcelaine. Le régent, Philippe d'Orléans, ainsi que Réaumur cherchaient à résoudre le problème de la fabrication de la porcelaine[4]. Sa mission officieuse, au service de l’État français, consiste donc à comprendre comment obtenir la transparence et la finesse de la porcelaine de Chine, très en vogue à cette époque en Europe mais extrêmement coûteuse pour les finances de la France sous Louis XIV, et encore sous le règne de Louis XV, pour son contrôleur général Henri Bertin. Curé de la paroisse de King-tö-tchen, le R.P. d'Entrecolles compte parmi ses ouailles des ouvriers de la célèbre manufacture et dispose ainsi de renseignements de première main. Il envoie des échantillons de kao-ling et rédige en 1712 et 1722 ses deux célèbres lettres[5] où il indique la technique de fabrication de la porcelaine chinoise et décrit la construction du fourneau de recuite[6]. Cette mission a pu être considérée par un historien comme Robert Finlay[7],[8] ou le criminologue Hedieh Nasheri[9] comme un des premiers exemples d'« espionnage industriel » — bien que cette expression anachronique soit inappropriée au XVIIIe siècle — .

En complément à l'envoi de ses deux lettres célèbres sur la fabrication de la porcelaine chinoise, tout au long du XVIIIe siècle arrivèrent en France nombre d’albums illustrés reproduisant les différentes étapes de fabrication[10].

Mais il fit aussi connaître en Europe d'autres aspects de la culture chinoise en matière de médecine et de botanique, entre autres : ainsi, il traite de la petite vérole et de la manière de la guérir et il fait connaître en 1736 le camphrier, l’extraction du camphre et le kaki[11]. Il a traduit « Tchouang-seng ou l’art de se procurer une longue vie » publié par Jean-Baptiste Du Halde dans le tome 3 de la Description géographique, historique, chronologique, politique et physique de l'Empire de la Chine et de la Tartarie chinoise, 1735 p. 509-525.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cette dernière forme est celle qui est retenue par le catalogue de la BNF.
  2. Deux lettres écrites par le père François Xavier d'Entrecolles (Ceramics Today.com).
  3. Daniel Boussin, Les Billanges au fil du temps, 2013, Naves, p. 145, selon les Archives départementales de la Haute-Vienne.
  4. Pierre Huard et Ming Wong 1966, p. 140.
  5. Elles sont reproduites par Stanislas Julien dans son Histoire et Fabrication de la porcelaine chinoise, 1856.
  6. Pierre Huard et Ming Wong 1966, p. 190-191 et 195.
  7. (en) Robert Finlay, The Pilgrim Art : Cultures of Porcelain in World History, University of California Press, , 440 p. (ISBN 978-0-520-94538-8 et 0-520-94538-7, lire en ligne), p. 49 [compte-rendu du livre, Études Chinoises, vol. xxix (2010), p. 486-489] : « Dentrecolle’s superiors plainly sent him to Jingdezhen on a mission of industrial espionage, no doubt with the pious hope he would save some souls along the way. His letters represent one of the earliest and most calculated cases of an effort to implement mercantilist economic strategies of technology transfer, import substitution, and product innovation. ».
  8. Cara Giaimo, « One of the Earliest Industrial Spies Was a French Missionary Stationed in China », Atlas Obscura [en ligne], 28 avril 2017 (page consultée le 29 avril 2017) [vulgarisaion de l'ouvrage de Finlay].
  9. (en) Hedieh Nasheri, Economic Espionage and Industrial Spying, Cambridge University Press, , 288 p. (ISBN 0-521-54371-1 et 9780521543712), p. 18 « In the eighteenth century, China again lost a secret because of economic espionage. After China had spent centuries making high-quality porcelain through a process known only to its alchemists, the French Jesuit, Father d’Entrecolles, visited the royal porcelain factory in China, where he learned the secrets of porcelain production and described the process in writings he sent to France. ».
  10. Musée Guimet, Note sur la collection de céramiques chinoises d'Ernest Grandidier.
  11. Pierre Huard et Ming Wong 1966, p. 165 et 162.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Comtesse Isabelle de Thomaz de Bossierre, avant-propos du P. Joseph Dehergne, François Xavier Dentrecolles (Yin Hong-Siu Ki-Tsong) et l'apport de la Chine à l'Europe du XVIIIe siècle, Belles lettres (coll. « La Chine au temps des Lumières », 5), Paris, 1982, XVII-192 p., ill. (ISBN 2-251-35208-2) L'ouvrage contient un choix de texte du père Dentrecolles.
  • Huiyi Wu, « Les traductions de François-Xavier Dentrecolles (1664-1741), missionnaire en Chine : localisation et circulation des savoirs », dans Extrême-Orient, 2013, no 36, p. 49-80, (ISBN 978-2-84292-404-1) (lire en ligne)
  • Pierre Huard et Ming Wong, « Les enquêtes françaises sur la science et la technologie chinoises au XVIIIe siècle », Bulletin de l'École française d'Extrême-Orient, t. 53, no 1,‎ , p. 137-226 (lire en ligne). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]