Familles Cambier

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Plusieurs familles Cambier dont le nom signifie brasseur en picard[1] et qui ne sont pas reliées entre elles par les auteurs donnant leurs généalogies[2],[3] semblent trouver leur berceau dans le Hainaut belge ou français.

Famille Cambier (Tournai) branches de La Lozerie, de Le Prée et de Hautbonnier[modifier | modifier le code]

Armes des Cambier, branche de La Lozerie à Escanaffles. Claveau de porte au musée d'histoire et d'archéologie de Tournai et vitrail dans le crypte de la cathédrale Saint-Bavon de Gand.
Armes des Cambier, branche de Le Prée à Cordes. Pierre tombale de Pierre Cambier, Dominus de Prée du 4 mai 1619 à la cathédrale Notre-Dame d'Anvers[4].

Selon Anciennes familles de Belgique (2008) de Jean-François Houtart, la famille belge Cambier, classée 89me sur 2000, parmi les plus anciennes familles de Belgique, est originaire de Tournai et a une filiation qui remonte à 1424 avec Olivier Cambier, maître-artilleur[5] (Il serait le fils d'un Pierre Cambier[6]) qui eut pour fils Pierre Cambier, né vers 1425, marié avec Agnès de Le Fosse qui lui apporta la seigneurie de la Lozerie.

Pierre Cambier eut pour fils Jean Cambier, bourgeois de Tournai[7], qui fit sculpter ses armes d'azur à un chevron, accompagné en chef de deux roses et en pointe d'une étoile à six rais, le tout d'or sur un claveau en pierre de Tournai de la porte de sa maison à Tournai et eut trois enfants : un fils ainé, Maître Jehan, issu d'un premier mariage, et un fils cadet, Pierre, ainsi qu'une fille, d'une seconde alliance.

  • Maître Jehan Cambier qui hérita de la seigneurie de La Lozerie fut à l'origine d'une branche subsistante fixée en 1675 à Renaix en Belgique, où ses membres deviennent négociants en textile au XVIIIe siècle, et industriels au XIXe siècle. Un rameau s'installa à Ath dans l'industrie de l'ébénisterie, tandis que celui resté à Renaix continua dans l'industrie du textile.
  • Pierre Cambier fut à l'origine de la branche cadette à Tournai et Douai (éteinte) dont une sous-branche fixée à Anvers[8] posséda le fief de Le Prée à Cordes (Belgique) jusqu'en 1619 (date de décès de Pierre Cambier dont la pierre tombale armoriée en la cathédrale Notre-Dame d'Anvers porte d'azur à la botte de foin et deux étoiles, le tout d'or[9]).
Branche ainée fixée à Renaix en Belgique (subsistante)

Cette branche posséda par alliance le fief de La Lozerie à Escanaffles : En 1502, Jean Cambier, bourgeois de Tournai, est inscrit pour tenu du fief de La Lozerie à Escanaffles, contenant 12 bonniers[7]; en 1565, François Cambier, fils de feu Jean, demeurant à Tournai, releva le fief, et, en 1579, Marguerite Coulin, sa veuve, releva pour Antoine Cambier, son fils, âgé de 10 ans.[10] Elle conserva ce fief jusqu'en 1603[11].

Cette branche donna également à la fin du XIXe siècle trois députés d'arrondissement en Belgique [12] et Ernest François Cambier (1844 - 1909) officier et explorateur belge.

Branche cadette à Tournai et Douai (éteinte)
  • Nicaise Cambier (grand oncle et parrain de Nicaise Cambier, fils de Pierre Cambier, apothicaire et de Jeanne Béghin)[13] qui testa en 1649 et acquit en 1627 la bourgeoisie de la ville de Tournai, fut l'auteur d'une branche qui se fixa ensuite à Douai où elle donna des greffiers au Parlement de Flandre. Un de ses descendants, Maximilien Joseph Désiré Cambier, avocat au parlement prit à la fin du XVIIIe siècle le nom Cambier de Hautbonnier[2].
  • Pierre Cambier, apothicaire à Tournai, marié en 1611 à Jeanne Béghin[13] fut le père de Jean Cambier († 1673), marchand à Tournai[14], et l'auteur d'une branche restée dans cette ville qui donna Michel-Dominique Cambier (1669-1737), membre du magistrat de Tournai de 1669 à 1694, conseiller du roi et contrôleur du trésorier des États de la ville Tournai en 1696 [15] puis, dès 1707, trésorier général des états de Tournais, marié à Elisabeth Lefébure[16]. Ses armes, enregistrées dans l'Armorial général de France en 1696, portent d'azur à un chevron, accompagné en chef de deux roses et en pointe d'une étoile, à six rais, le tout d'or[17],[15],[18].

Famille Cambier de Buhat (Wargnies-le-Grand)[modifier | modifier le code]

Armes de la famille Cambier de Buhat[3]'[19].

La famille Cambier de Buhat est une famille française originaire de Wargnies-le-Grand près de Valenciennes dans le Département du Nord[3].

Contrairement à Claude Drigon, marquis de Magny, dans son Livre d'or de la Noblesse de France (1847)[20], Paul Denis du Péage dans ses Mélanges généalogiques (1925) n'indique aucun lien entre cette famille Cambier du Valenciennois et la famille Cambier originaire de Tournai et en donne une généalogie qui remonte à Armand Cambier (1613-1686), sieur de Calomé à Bermerain, mayeur de Wargnies-le-Grand, près de Valenciennes, marié en secondes noces à Martine Paien[3].

Armand Cambier fut père de :

  • Nicolas Cambier, sieur de Calomé (1653-1733), receveur et bailli de Wargnies-le-Grand, marié en 2e noces à Marie-Isabelle Desvignes, d'où postérité[3].
  • Pierre-Armand Cambier (1666-1743), juge consul et échevin de Valenciennes, marié en 1700 à Marie-Jeanne Lelièvre, d'où postérité[3].

Armand Cambier était censier à Wargnies-le-Grand près de Valenciennes[21], sa fortune lui permit vers 1680 d'installer son fils, Pierre-Amand, comme marchand de toilettes à Valenciennes. Les revenus de ce dernier lui permirent d'acheter au prix de 105 920 livres le fief et la cense de Buat à Beaudignies, non loin de Le Quesnoy[21].

Le fils cadet de Pierre Armand, Pierre-Louis Cambier (1731-1795), écuyer, seigneur de la Motte et de Grand Villers, marié à Marie-Jeanne Dewallers ou de Wallers, acheta en 1748 une charge de conseiller et secrétaire du roi auprès du Parlement de Flandre[3],[21]. Il eut 12 enfants dont deux fils, décédés sans alliances.[22].

Un cousin de Pierre-Louis Cambier, Nicolas-François Cambier, tenait la cense du marquis de Wargnies et ses 125 hectares[21]; son père, Nicolas Cambier, fermier à Wargnies-le-Grand[23], assuré lui aussi de revenus très confortables lui avait laissé la gérance de la cense du château de Wargnies appartenant à la famille d'Anneux, marquis de Wargnies, avant de se retirer à Valenciennes où il mourut en 1733[23].

Philippe-Noël-Albert Cambier de Buhat, né à Valenciennes en 1765, indiqué comme seigneur de Buhat par Paul Denis du Péage[3], figure en tant que comte de Buhat au procès-verbal de l’assemblée générale des trois ordres du baillage du Quesnoy, et des baillages secondaires de Bouchain, Condé, Mortagne, Saint-Amand et Valenciennes, daté du 15 avril 1789, comme étant présent, représentant également ses cousins de Cambier Desfontaines, absents[24].

La famille Cambier de Buhat avait pour armes de sable au chevron d'argent, accompagné de trois croissants de même[3],[19]

Cette famille s'est éteinte à Nantes en 1888.

Famille Cambier (Valenciennes)[modifier | modifier le code]

Cette famille Cambier, originaire de Valenciennes, a une filiation connue qui remonte à Simon Cambier, fils de Jean, marié à Anne Le Clercq[25]. Elle donna à partir du XVIe siècle des marchands et bourgeois de Lille[25].

Martin Cambier, reçu bourgeois de Lille en 1600, s'établit à Anvers pour le commerce[25].

Elle posséda au XVIIe siècle les seigneuries de La Neufville, Simoncourt et Bretaigne[25].

Elle avait pour armes d'azur au chevron d'or accompagné en chef de deux têtes et cols de licorne affrontées d'argent et en pointe d'une sirène du même et une bordure componée d'or et de gueules[25].

Famille Cambier (Ennetières)[modifier | modifier le code]

Cette famille Cambier, originaire d'Ennetières près de Lille, a une filiation connue qui remonte à Henri Cambier, mort avant 1529 qui eut pour fils Piat Cambier, né à Ennetières-en-Weppes, qui acheta la bourgeoisie de Lille le 8 janvier 1529[26].

Elle donna à partir du XVIIe siècle des médecins et bourgeois de Lille[26].

Elle avait pour armes d'azur à un arbre d'or accompagné de deux lions affrontés du même[26].

Famille Cambier (Bury - Tourpes - Dour, Belgique)[modifier | modifier le code]

Armes de Philippe-Louis-Joseph-Melchior Cambier, de Tourpes, reçu médecin le 13 juin 1780

Cette famille Cambier habitait au XVe siècle le village de Bury, près de Péruwelz en Belgique, où elle se exerçait la profession de brasseur. Elle se fixa ensuite à Tourpes près de Leuze-en-Hainaut (Belgique)[27].

Sa généalogie débute avec Jean Cambier marié à Jacqueline Crombeau à la fin du XVe siècle. Leur descendant Philippe-Louis-Joseph-Melchior Cambier, né à Tourpes le 6 janvier 1758, médecin à Dour dès 1780 fut le père d'Etienne-Joseph Cambier, né le 17 novembre 1797, médecin à Tournai, président de la commission médicale de Tournai et de la province du Hainaut, conseiller communal de Tournai; de Jean-François-Joseph Cambier, né à Dour le 2 juillet 1799, avocat et avoué près du tribunal de Mons et de Louis-Joseph Cambier, né à Dour le 11 octobre 1802, notaire à Elouges, commandant des volontaires du canton en 1830, puis, conseiller communal de Dour et d'Elouges et conseiller provincial du Hainaut[27].

Famille Cambier et Cambier van Nooten (Pays-Bas)[modifier | modifier le code]

Cette famille Cambier fixée aux Pays-Bas serait issue de Daniel Cambier, né vers 1566 à Courtrai[28] ou Tournai[29], marié le 29 août 1592 à Amsterdam à Marie le Roux[28]'[29].

Armes famille Cambier van Nooten

Sa filiation suivie débute avec Jean Cambier qui épousa Corina Prangh à la fin du XVIIe siècle. Elle donna des Penningsmeesters (trésoriers) du Pays de Vianen, des bourgmestres de Vianen, des membres des Etats Provinciaux de la Hollande du Sud, des capitaines de vaisseau, des coloniaux au Cap-de-Bonne-Espérance et à Menado (Indes Orientales) où l'un d'eux devint gouverneur[29] ainsi que Jacob Jan Cambier (1756-1831), homme politique néerlandais. Lors de son séjour en Hollande le marquis de La Fayette s'installa le 20 mars 1799 dans la résidence Buitenlust à Vianen, louée à Jacob Jan Cambier[30].

Elle a pour armes coupé, au 1 de sinople à trois oiseaux d’argent ; au 2 d'argent au lévrier assis de sable. Cimier : le lévrier assis entre un vol d'argent et de sable.[31]

Une famille van Nooten après une alliance en 1807 avec la famille Cambier prit le nom Cambier van Nooten et écartela ses armes de celles de la famille Cambier[31].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Germain, Jules Herbillon, Dictionnaire des noms de famille en Wallonie et à Bruxelles, Lannoo Uitgeverij, (lire en ligne), p. 219
  2. a et b Comte Paul-Armand du Chastel de la Howardries-Neuvireuil, Notices Généalogiques Tournaisiennes, Cambier de Hautbonnier, Tournai, Vasseur-Delmée, (lire en ligne), p. 372-376
  3. a b c d e f g h et i Paul Denis du Péage, « Mélanges généalogiques 4e série », Recueil de la Société d'études de la province de Cambrai n° 16,‎ , p. 156-160 (lire en ligne)
  4. J.-E.Buschmann, Inscriptions funéraires et monumentales de la province d'Anvers, tome I, Eglise Cathédrale, Anvers, , p. 144
  5. Jean-François Houtart, Anciennes familles de Belgique (Office Généalogique et Héraldique de Belgique, Recueil LXI), Bruxelles, , p. 81-82
  6. Colonel de Lannoy, Les origines de la famille Cambier, de Renaix, Bruxelles, Office Généalogique et Héraldique de Belgique, p. Le Parchemin, 1982, pp. 126 à 145
  7. a et b Comte François-Joseph de Saint-Genois de Grand-Breucq, Monuments anciens, (lire en ligne), p. 1036
  8. Baron Jean-Raymond de Terwangne, « Généalogie de la branche anversoise de la famille Cambier, de Tournai », L'Intermédiaire des Généalogistes,‎ , pp. 208 à 217
  9. Pierre M. Cambier, « Héraldique de la famille Cambier », Le Parchemin,‎ , p. 1 à 39
  10. Comte François-Joseph de Saint-Genois de Grand-Breucq, Monuments anciens, (lire en ligne), François Cambier 1565
  11. Comte François-Joseph de Saint-Genois de Grand-Breucq, Monuments anciens, (lire en ligne), Jean Piers 1603
  12. Léon Cambier (Ath,1842-1919), député catholique pour l'arrondissement d'Ath, de 1894 à 1898, et pour Tournai-Ath, de 1900 à 1904; Emile Cambier (Ath, 1835-1935), député catholique pour l'arrondissement de Bruges, de 1888 à 1900, et, Félix Cambier (Gand, 1854-1934), député pour l'arrondissement Gand-Eeklo (1900-1908).
  13. a et b Comte Paul-Armand du Chastel de la Howardries-Neuvireuil, Notices Généalogiques Tournaisiennes, Tournai, Vasseur-Delmée, (lire en ligne), p. 378
  14. Comte Paul-Armand du Chastel de la Howardries-Neuvireuil, Notices Généalogiques Tournaisiennes, Tournai, Vasseur-Delmée, (lire en ligne), p. 376
  15. a et b André-Francois-Joseph Borel d'Hauterive, Armorial de Flandre, du Hainaut et du Cambresis, Tournai, (lire en ligne), p. 271
  16. Comte Paul-Armand du Chastel de la Howardries-Neuvireuil, Notices Généalogiques Tournaisiennes, Tournai, Vasseur-Delmée, (lire en ligne), p. 377
  17. Charles René d'Hozier, Armorial Général de France, volume XII, Flandres, Bibliothèque Nationale, Paris, (lire en ligne), folio 726, n° 369
  18. Fr.-J. Bozière, Armorial de Tournai et du Tournaisis, Tournai, de Malo et Levasseur, (lire en ligne), p. 66
  19. a et b Jean le Carpentier, Histoire de Cambray et du Cambrésis, Leide, (lire en ligne), p. 356
  20. Claude Drigon, marquis de Magny, Livre d'or de la Noblesse de France, Paris, (lire en ligne), p. 111-114
  21. a b c et d Fulgence Delleaux, Les censiers et les mutations des campagnes du Hainaut français, Namur, Presses universitaires de Namur, (lire en ligne), p. 161
  22. Paul Denis du Péage, « Mélanges généalogiques 4e série », Recueil de la Société d'études de la province de Cambrai n° 16,‎ , p. 160 (lire en ligne)
  23. a et b Fulgence Delleaux, Les censiers et les mutations des campagnes du Hainaut français, Namur, Presses universitaires de Namur, (lire en ligne), p. 151
  24. Louis de la Roque et Edouard de Barthélemy, Catalogue des Gentilshommes d'Artois, Flandre et Hainaut et de Picardie qui ont pris part ou envoyé leur procuration aux Assemblées de la noblesse des députés aux Etats Généraux de 1789, publié d'après les procès-verbaux officiels, Paris, E. Dentu, (lire en ligne), p. 46
  25. a b c d et e Paul Denis du Péage, « Mélanges généalogiques 4e serie », Recueil de la Société d'études de la province de Cambrai n° 16,‎ , p. 161-163 (lire en ligne)
  26. a b et c Paul Denis du Péage, « Mélanges généalogiques 4e série », Recueil de la Société d'études de la province de Cambrai n° 16,‎ , p. 164-167 (lire en ligne)
  27. a et b Louis-Joseph Cambier, Livre de famille des Cambier, de Dour-Tourpes, Mons, éditions Dequesne-Masquillier,
  28. a et b De Navorscher, , p. 317
  29. a b et c A.A. Vosterman van Oyen, Stam- en Wapenboek der Nederlandsche familiën met genealogische en heraldische aantekeningen, tome I, Groningen, J.W. Wolters, 1885-1890, p. 129
  30. Historische Vereniging "Het land van Brederode", In het Land van Brederode. Historisch Tijdschrift van het Land van Vianen, Ameide, Drukkerij Creuzé (lire en ligne)
  31. a et b Johannes Baptist Rietstap, Armorial général, Gouda, (lire en ligne), p. 358

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Comte Paul-Armand du Chastel de la Howardries-Neuvireuil, Notices Généalogiques Tournaisiennes : Cambier de Hautbonnier et Cambier, Tournai, Vasseur-Delmée, (lire en ligne), p. 372-378
  • Paul Denis du Péage, « Mélanges généalogiques 4e série », Recueil de la Société d'études de la province de Cambrai n° 16 : Généalogie de la famille Cambier de Buhat,‎ , p. 156-160 (lire en ligne).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]