Félix Bollaert

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Félix Bollaert
Nom de naissance Félix Flavien André Bollaert
Naissance
Lille
Décès (à 81 ans)
Paris
Nationalité Drapeau de la France France
Profession
Conjoint
Marthe Le Gavrian

Félix Flavien André Bollaert (1855-1936) était un directeur de la Compagnie des mines de Lens, qui a donné son nom au célèbre stade de football de la ville.

Biographie[modifier | modifier le code]

Arrivé à Lens en 1856, il est le fils d'un riche président du Conseil d'administration des mines, Édouard Bollaert (1813-1876) ancien élève de l'École polytechnique et ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, avant de diriger les mines de Lens, dont il a été l’un des fondateurs.

Félix, comme son père, a fait Polytechnique, puis l’École nationale supérieure des mines de Paris. Conformément aux instructions de son père, il doit d’abord faire ses preuves, et effectue ses classes dans les Charbonnages belges de Mariemont et Bascoup, pendant cinq ans. Il rejoint la Société des mines de Lens en février 1886, comme ingénieur à la tête du service commercial.

Il épouse Marthe, fille de Paul Le Gavrian, un ingénieur diplômé de l'École centrale de Paris, spécialiste des machines à vapeur, qui fut aussi député du Nord de 1885 à 1898. Un frère de Marthe, Paul fils (1872-1945), devint inspecteur général des Ponts et Chaussées et secrétaire général de l'Association mondiale de la route.

En cette fin de siècle, « l’industrialisation est en plein essor et la Société des mines diversifie ses activités, crée des usines chimiques, prend des participations dans des entreprises de câblerie », raconte l’historien Bernard Ghienne. Il y a une affaire à faire prospérer et Félix y « réussit très bien ». La famille, originaire de Bailleul, est une lignée « d’industriels et de financiers. Le père Édouard, après la grève de 1893, a licencié 600 mineurs, autant dire 600 familles. » Et c’est « le mariage d’intérêts industriels qui mène aussi Félix à ce niveau-là ».

Mais, défend Marcel Decroix, le président de la Société des sciences de l’agriculture de Lille, dans l’éloge funèbre de Félix Bollaert : « Dès avant la guerre, il avait donné la preuve de ce qu’on pouvait attendre de son grand cœur et de sa belle intelligence. Déjà la Société des mines de Lens avait compris l’importance des œuvres sociales et Félix Bollaert, qui connaissait les ouvriers, s’attacha lui aussi à ces œuvres. Il suivait en cela ses propres traditions familiales et celles qu’ils avaient trouvées vivantes dans la famille Le Gavrian ». Paul Le Gavrian avait travaillé, comme député, sur les questions ouvrières et les accidents du travail.

Mobilisé pour la Première Guerre mondiale, Félix Bollaert est commandant d'artillerie, et reçoit en 1918 la rosette d'officier de la Légion d'honneur et la décoration de commandeur de l'Empire britannique.

Après la guerre, Félix Bollaert participe activement à la reconstruction d’une entreprise « Toutes les constructions étaient détruites, les routes et les chemins de fer n’existaient plus, les puits dynamités étaient inondés, les galeries souterraines à demi effondrées. Le résultat de plus d’un demi-siècle de travail avait disparu. Tout était à refaire. Félix Bollaert fut l’un de ces bons artisans », raconte Marcel Decroix. « Douze mille logements furent ainsi bâtis, tous entourés de jardins, pourvus de l’eau et de l’électricité. Les cités comprennent toutes des terrains de jeux, dispensaires, hôpitaux, consultations de nourrissons, gouttes-de-lait, écoles primaires, églises et chapelles ». Une de ces gouttes-de-lait (institution pour lutter contre la malnutrition des nourrissons) est ouverte au sein même du domicile lensois de Félix Bollaert. « C’est à mettre à son crédit, convient Bernard Ghienne. La période est favorable au couple Bollaert-Le Gavrian qui investit dans la restauration des sociétés musicales, sportives, et de jardinage de Lens. Il mène à la fois une vie caritative et mondaine. Possède un château à Cassel, un appartement à Paris, quai d’Orsay, un domicile à Chantilly et donc à Lens ».

En 1922, il prend la place de son père à la présidence du Conseil d'administration. À côté de l’activité économique des mines, il promeut l’essor de sociétés musicales, militaires mais aussi sportives, qui doivent apporter des loisirs encadrés aux ouvriers.

La Compagnie dirigée par Félix Bollaert a pris une telle importance dans l’économie locale qu’on peut se demander qui de lui ou du député-maire Alfred Maës dirige vraiment la ville de Lens… « Sans doute un peu les deux », résume Bernard Ghienne. « Chacun y trouvait des intérêts ». Comme ce 18 juin 1933 où est inauguré en pleine crise économique un nouveau stade, à la pointe du progrès, qu’on n’appelle pas encore Félix-Bollaert.

Avec son épouse, il crée plusieurs prix et fondations. Beau-frère du maire de Chantilly, Omer Vallon, il s'installe dans cette ville à la fin de sa vie. Il décède en décembre 1936, à l'âge de 81 ans, et est enterré au cimetière Bourillon.

Pour lui rendre hommage, la Compagnie des mines de Lens donne son nom à la Fosse n° 13 bis Félix Bollaert, un simple puits d'aérage à Bénifontaine, puis au stade construit deux ans auparavant par cette même société.

Son arrière-petite-nièce Faustine Bollaert est animatrice de télévision sur M6 et W9 et animatrice sur la station de radio France bleu

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]