Eugène Delattre
| Député de la Seine | |
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| Conseiller municipal de Paris Villette | |
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Pierre Guichard (d) | |
| Conseiller général de la Seine | |
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| Préfet de la Mayenne | |
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Étienne Laurent Romain Renoult (d) |
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Lycée Pierre-Corneille de Rouen Faculté de droit de Paris (d) |
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Eugène-Paul Delattre, né le à Ramburelles (Somme) et mort le à Paris, est un avocat, journaliste, homme politique et écrivain français. Figure marquante du mouvement républicain sous le Second Empire et la Troisième République[1], il fut préfet, conseiller municipal de Paris, député, et un défenseur acharné des droits des employés de chemins de fer[2].
Biographie
[modifier | modifier le code]Origine
[modifier | modifier le code]Paul-Eugène Delattre naît le à Ramburelles, dans le département de la Somme. La famille Delattre est une famille de laboureurs au XVIIIe siècle qui deviennent des notables influents dans la Somme au XIXe siècle[3]. Eugène Delattre est le fils d'un habile industriel de la Somme[4],[5].
- Joseph François Delattre (1728-?), laboureur à Bourdeville,
- ?
- François Liévin Delattre, laboureur x Rose Amable Reine Brasseur
- Jean-François Delattre (1794-1859), négociant et fabricant en coton, maire de Ramburelles x Louise Antoinette Élisabeth Flore Forcedebras (1795-1849)
- Léopold Eugène Arthur Delattre (1824-1893), maire de Ramburelles (1856-1893), conseiller général du Canton de Gamaches (1871-1893) x Lucie Marie Saugruer
- Alfred François Delattre (1828 - ?).
- Eugène Delattre
- Jean-François Delattre (1794-1859), négociant et fabricant en coton, maire de Ramburelles x Louise Antoinette Élisabeth Flore Forcedebras (1795-1849)
Jeunesse et formation
[modifier | modifier le code]Il est préparé au baccalauréat par Louis Bouilhet au lycée de Rouen, avec lequel il restera fidèlement attaché[6]. Bachelier ès lettres[7], suit des études de droit à Paris et s’inscrit au barreau de Paris le [7], il est avocat en 1853[8]. Dès ses débuts, il s’engage dans l’opposition républicaine contre le Second Empire, devenant une figure active des cercles intellectuels et politiques parisiens[1]. De 1854 à 1856[7], il est secrétaire de la Conférence des avocats du barreau de Paris sous le bâtonnat d'Eugène Bethmont[8].
Inspiré par le principe de l'École mutuelle, il anime des cours pour les adultes dans la Société pour l’instruction élémentaire (SIE) où il fonde le premier cours de morale indépendante pour les jeunes filles[7]. Vice-président, puis président de la SIE, il participe à toutes ses innovations dans la seconde moitié du XIXe siècle[8]. En 1864, dans les cours du soir du lycée Charlemagne, il donne les premières conférences pour les ouvriers[7] sur les associations anglaises et allemandes (sociétés de consommation, de crédit pour achats de matière première, et de production). Il critique avec vigueur l'impossibilité d'établir de telles associations en France sous le Second Empire[8].
Carrière journalistique et littéraire
[modifier | modifier le code]En 1857, Delattre fonde le journal judiciaire L’Audience, où il publie notamment Le Cœur à droite, comédie en prose de Louis Bouilhet[6]. Il se lie d’amitié avec Gustave Flaubert[6], avec qui il entretient une correspondance suivie.
En 1858, il publie Les Tribulations des voyageurs et expéditeurs en chemin de fer, un ouvrage à la fois pratique et satirique, qui connaît un grand succès et est réédité à plusieurs reprises[6]. Ce livre, sous couvert de conseils aux voyageurs, critique subtilement les abus des compagnies de chemins de fer et, plus largement, les dérives du pouvoir étatique[6]. Le livre bénéficie de la participation indirecte de Gustave Flaubert[6].
Delattre est également l’auteur de plusieurs ouvrages juridiques et politiques, dont Canaux et chemins de fer (1861), Devoirs du suffrage universel (1863), et La Justice dans les prochaines élections (1864).
Opposant au Second Empire
[modifier | modifier le code]En 1867, il est signataire d'une pétition du Sénat[9] pour le retour des cendres de Louis-Philippe Ier en France[10], signée avec Arthur Hubbard, Léon Cléry, Louis Legrand, etc. Il se fait connaître comme orateur des réunions de l'opposition radicale pendant le Second Empire[4].

En 1869, il publie Le Serment au XIXe siècle, un pamphlet contre le Second Empire, où il évite d'être poursuivi et d'aller en prison. Delattre seconda Léon Gambetta dans sa propagande républicaine à la fin du Second Empire, et lui servit d'agent électoral[11] à Paris en 1869[6].
Déclinant de participer à la députation de Paris, il soutient pour sa circonscription la candidature de Jules Favre, lors des Élections législatives françaises de 1869. Le républicanisme « formaliste » de Jules Favre, son opposition à la loi de 1864 sur le droit de coalition et son rejet du radicalisme politique, socialiste et matérialiste des jeunes générations révolutionnaires du Quartier latin lui valent en 1869 une difficile réélection comme député de Paris face au radical Henri Rochefort. Devant cette élection obtenu difficilement, Delattre reprend ses travaux au Palais de Justice[8]. La question du mode de scrutin est évoquée au sein de la franc-maçonnerie dès la période libérale du Second Empire où les propositions d'Eugène Delattre posent les prémices, au travers de ses publications, d'une représentation proportionnelle des élus et d'une plus grande légitimité de la représentation populaire[12].
En août 1870, il est avocat au Procès de Blois où il défend Tony Moilin[8]. Il soutient que le prétendu complot avait sans doute été monté de toutes pièces par la police, mettant ainsi en cause les accusés d'avoir fomenté un projet d'assassinat contre Napoléon III[8].
Engagement maçonnique
[modifier | modifier le code]Delattre fait partie de la franc-maçonnerie française. Le , il est apprenti à la Loge maçonnique Isis-Monthyon de Paris, dont il est membre fondateur[3]. Il en devient maître en 1863[7], puis le venérable le . Il est plus tard membre de la loge parisienne L’École mutuelle[3] dont le vénérable est Amaury Dréo[13]. L'École Mutuelle est une loge fondée en 1865 par des maçons non conformistes et progressistes, désireux de se libérer de certains aspects des rituels. Ses membres s'engageaient à ne pas demander de grade supérieur à celui de Maître et à changer chaque année le titulaire du premier maillet[14]. Plusieurs avocats sont membres de l’École Mutuelle, comme Albert Joly, Romain Renoult et Joachim Isa-Porié et participent à ses travaux[14].
Il participe activement aux débats et aux actions de la maçonnerie, notamment en faveur de l’instruction laïque, de l’émancipation des femmes et de la laïcisation de la société. En 1884, il est membre de L'avant-garde maçonnique de Paris[3].
Préfet de la Mayenne
[modifier | modifier le code]Un préfet de Choc
[modifier | modifier le code]Après la Proclamation de la République française du 4 septembre 1870, Delattre est nommé préfet de la Mayenne le , dans le cadre du gouvernement de la Défense nationale[7]. Il est envoyé comme préfet de la Mayenne le . Il est préfet de la Mayenne de à .
Il remplace Charles Goyet-Dubignon, initialement prévu : le , Léon Goupy croise Eugène Alavoine, qu'il a connu en exil à Jersey. Ce dernier lui fait part des dysfonctionnements du Gouvernement de la Défense nationale, rapportant notamment :
« Goupy quitte jeudi à 8 heures du matin, muni de la nomination de Dubignon comme préfet de la Mayenne – j’ai vu ce document de mes propres yeux. Or, le lendemain, Lacouture[15] tombe sur Delattre, lui aussi nommé préfet du même département ! Voici donc Goupy avec deux préfets en concurrence pour un seul poste. Lettre d'Eugène Alavoine du [16]. »
D’après le témoignage d'Ernest Laurain, Léon Goupy se trouve déjà à Laval le , en compagnie du fabricant Fouassier-Anger. Ensemble, ils « flanquaient » Eugène Delattre, venu officiellement prendre ses fonctions[17].
Les débuts
[modifier | modifier le code]Il déclare par la suite qu'il n'est pas un :
« Débarqué à Laval par un train de nuit, il parcourut le 10 au matin les bureaux de la préfecture, déclarant qu'il n'était pas un préfet administratif, qu'il se moque du budget et des chemins vicinaux, qu'il lui faut des levées en masse, des hommes et des munitions. Il ne parle de rien de moins que de faire sauter les ponts, couper les routes, brûler les forêts et arrêter partout le travail. Les employés de la préfecture, gens calmes et graves, demeurèrent pendant toute la journée plongés dans une profonde stupeur[18]. »
Son prédecesseur part le même jour[7]. Il accorde sa confiance à des hommes comme Léon Goupy, alors qu'il éconduit le républicain modéré Ernest Allouel[18], avocat lavallois dont le père avait été magistrat pendant la monarchie de Juillet[4].
Le matin du , il convoque toute la population sur une place publique de Laval, et après avoir fait acclamer la République, annonce[8] :
« Je ne suis qu'un préfet tout à fait provisoire, je n'ai pas sollicité ce poste et ne le garderai que jusqu'à la fin de la guerre. Je suis et je reste avocat. Je n'ai pas d'autre ambition. Il est bon que vous le sachiez pour être convaincus que le seul but de mes efforts sera la défense de la Patrie, que rien ne pourra m'entraver et que je n'ai aucun intérêt personnel à ménager. »
Pour Emile Moreau[18], cette réunion est provoquée par un groupe de républicains d'une certaine sorte, et non de la plus relevée, qui s'était rendue en préfecture, pour s'y ériger en comité provisoire et tenter d'influencer le préfet[7]. En dehors de Goupy, le journal L'Indépendant de l'Ouest du mentionne aussi Duboys-Fresney, qui est certainement l'ancien député de 1848 Joseph Duboys-Fresney[7]. L'influence de Goupy ou Duboys-Fresney semble néanmoins rapidement s'estomper[7].
Eugène Delattre est aussi le premier à organiser une commission générale ou encore conseil général, idée qui fut reprise par la Loi Tréveneuc en 1872[8] suite à une réunion demandant la création d'un Comité de défense, la soutien financier du département, et où le monarchiste Henri de La Broise prit la parole pour exhorter à l'union et à la concorde[7]. Il revint ainsi au Conseil général de la Mayenne de se réunir et de coopérer en étant réuni en permanence[7]. A la tête de ce conseil, est élu le , Paul Boudet, ancien ministre de l'Intérieur de Napoléon III de 1863 à 1865. Le , il est présent à Rennes, pour le lancement de la Ligue de l'Ouest.
« Ce mouvement national qui sera immense et redoutable a trouvé, au sein de la réunion du 16 septembre, à Rennes, dans le Préfet de la Mayenne, un propagateur ardent et infatigable. L'œuvre va donc marcher: la liste complète du nombre des défenseurs des départements ligués sera dressée et publiée au moment voulu. La centralisation de toutes ces forces, gardes mobiles, gardes nationales, francs-tireurs se préparent peu à peu, par les détails aujourd'hui, par l'ensemble bientôt, et si Paris résiste deux mois, le gouvernement de Tours saura sur quoi compter lorsque, sur un signe, il verra se hérisser de baïonnettes le sol fécond et ému de la Mayenne, de la Normandie, de la Bretagne, de l'Anjou et de la Vendée. Isa Porié, Six mois dans l'Ouest. »
Fonctionnement
[modifier | modifier le code]Delattre cherche à établir définitivement la République, en demandant l'envoi de recteurs d'académie, Auguste Marais à Caen et Paul Avenel à Rennes ou vice versa en indiquant « On ne fonde pas de république sans républicains[19] ». Il prépare aussi les Élections législatives de 1871 dès le en mettant en avant les noms du général Louis Jules Trochu, Jules Simon et Amaury Dréo comme candidats[19] dans le département, ainsi que la sienne dans le département de la Somme.
Il était totalement engagé dans l'organisation de la Défense nationale, et son télégramme du adressé au ministre de l'Intérieur indique son intention d'établir une « défense à outrance »[19]. Il se consacrait pleinement à sa tâche, montait à cheval[19] et, grâce à son dynamisme, organisait dans son département des forces qu'il évaluait à plus de dix-neuf mille hommes[20]. Le , il approuve l'idée des enrôlés volontaires d'effectuer pour défendre le pays une Levée en masse[20], s'inspirant des Volontaires nationaux pendant la Révolution. Courageux, il n'hésite pas, grimpé sur des tonneaux, à affronter la foule, il est très actif, trop peut-être, il n'arrive pas à se faire prendre au sérieux[4].
« Laval, 2 décembre 1870, 12 h. 2 soir. No 5200[19]. Préfet (de la Mayenne) à Gambetta, Tours.
8 heures du matin garde nationale sédentaire et troupes, école normale et lycée, assemblés sur la place publique. Foule considérable de citoyens. Préfet, à cheval, lit la dépêche du Gouvernement. »
« Laval, 2 décembre 1870, 12 h. 40 soir. No 5201[19]. Préfet (de la Mayenne) à Gambetta, Tours.
Avons oublié un mot dans notre dépêche : Préfet à cheval, tête nue, et tout le monde à découvert. »
Il effectue des révocations des juges de paix légitimiste, comme Maurice Ollivier[19], le , un ennemi acharné de la République, ou Ernest Le Chatelain, le . Il s'inquiète de la présence à Laval en novembre 1870 de Charles Lambert de Sainte-Croix, et d'Isidore Salles, Émile de Kératry indiquant qu'il est « dangereux pour la sécurité publique[19] ».
L'Ennemi
[modifier | modifier le code]Le journal L'Écho de la Mayenne, est réquisitionné par l'administration préfectorale contrairement[21] à L'Indépendant de l'Ouest[22]. L'Écho de la Mayenne parait du au sous le titre de : L'Ennemi : Écho de la Mayenne, avec cette devise Guerre aux châteaux ! Paix aux chaumières![21].
Delattre en querelle ouverte avec L'Indépendant de l'Ouest le fait supprimer le [19], mais l'approche des Élections législatives de 1871 dans la Mayenne conduit à la suppression de la mesure[4]. Les légitimistes peuvent crier à la dictature et à la mauvaise foi, avec de fortes chances d'être comprise[4].
Administration
[modifier | modifier le code]Eugène Delattre administre le département dans un contexte particulièrement difficile, marqué par l’invasion prussienne et la défaite française[1]. On trouve autour de Delattre, comme secrétaire de préfecture Romain Renoult nommé le [7], et aussi plusieurs membres de la loge L'École Mutuelle : la nature précise[23] de la mission attribuée à Albert Joly, qui retrouva à Laval Isa Porié, un autre membre de l'École Mutuelle désigné par Delattre comme chef de son cabinet, reste incertaine[14].
Malgré les obstacles, il se distingue par son dévouement et son efficacité, gagnant le respect d'une partie de la population locale. Dans ces circonstances, resté aussi avocat, il se refusa à signer aucun ordre d'arrestation, et se refusa à taxer le pain, augmenté par les boulangers profitant de l'émigration dans l'Ouest de la France[8]. Lorsqu'un grand nombre de personnes ayant quitté le Camp de Conlie vient à Laval pour demander à Charles Toutain, maire de la ville du travail, et que ce dernier propose un salaire peu élevé, provoquant une émeute. Il fait preuve de médiation de façon à régler le problème[8].
En novembre 1870, le préfet Delattre appelle au concours des ouvriers pour grossir les effectifs de l'armée française : Le Préfet de la Mayenne aux ouvriers de Laval, qu'il invite à se rendre au camp de Conlie, établi par Émile de Kératry[8]. Au même moment, il dissout le Comité de la Défense de Mayenne, qui avait demandé que le département soit mis sous les ordres de l'Armée de Bretagne, alors dirigée par Émile de Kératry et Ernest Louis Carré-Kérisouet[8].

« PRÉFECTURE DE LA MAYENNE
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
Liberté, Égalité, Fraternité
LE PRÉFET DE LA MAYENNE
Aux Ouvriers de Mayenne[24]
Qu'il invite à se rendre à Conlie.
La misère va devenir lourde; les Prussiens ont dévoré un quart de la France. Heureux ceux qui peuvent travailler! Plus heureux ceux qui peuvent combattre!
Les Français courageux doivent accepter joyeusement tous les sacrifices pour la Patrie. Si le pain est de qualité inférieure, songez que les Prussiens en mangent encore de plus mauvais. Si le travail du Camp est rude, rappelez-vous que les ennemis couchent à la belle étoile, sans tente, sans abri. Rappelez-vous qu'ils bouleversent nos routes, font sauter ici les ponts, les rétablissent là-bas, toujours avec ordre, toujours avec fermeté, fusillant le soldat ou l'ouvrier en état d'ivresse, et marchant toujours ainsi, féroces à froid, jurant d'exterminer la Nation française.
Rappelez-vous tout cela, et alors vous trouverez votre pioche plus légère, votre pain meilleur, votre tente un abri enviable, et quand votre courage menacera de faillir, relevez vous d'un seul bond, en songeant que la République vous a faits Citoyens français, et que vous travaillez pour la mère Patrie.
Laval, le 11 novembre 1870.
Le Préfet de la Mayenne,
EUGÈNE DELATTRE.
Laval, typ. de L. MOREAU, imprimeur de la Préfecture, rue du Lieutenant, 2. - 1870.
»
Aidé par le génie et l'expérience du médecin major de 1re classe Laforgue, il put obtenir pour les mobilisés un équipement perfectionné : par exemple, les tente-abri[25], qui furent transformées en tente à capuchons en quelques jours, grâce au dévouement de nombreuses femmes du département[8].
« PRÉFECTURE DE LA MAYENNE.
APPEL AUX DAMES[24]
Le Préfet de la Mayenne fait appel au patriotisme et aux sentiments d'humanité de toutes les Dames de Laval et du département, pour procurer à nos Gardes nationaux mobilisés un abri contre la pluie.
Il s'agit de transformer immédiatement 12,000 tentes en manteaux à capuchon.
L'industrie est impuissante à opérer cette transformation en temps utile. Cependant, nos Gardes nationaux vont être exposés aux intempéries de l'hiver, et plusieurs peuvent être gravement atteints.
En conséquence, toutes les Dames sont invitées à vouloir bien se réunir à l'Hôtel-de-Ville, salle des concerts,
LE LUNDI 28 COURANT, A 2 HEURES
où le médecin-major, M. Laforgue, chirurgien en chef du département, aura l'honneur de leur expliquer comment elles peuvent, en quelques heures de travail, amoindrir les rudes souffrances de la guerre à leurs concitoyens qui sont leurs frères, leurs maris, leurs pères.
Laval, le 24 novembre 1870,
Le Préfet de la Mayenne,
EUGÈNE DELATTRE.
Le Secrétaire général, R. RENOULT.
Laval, imp. L. MOREAU, imprimeur de la Préfecture, rue du Lieutenant. 2, 1870. »
La Circulaire aux Instituteurs[24], qu'il fait émettre, préfigure les Bataillons scolaires pour les jeunes, et montre son engagement envers l'éducation civique. Le , il indique qu'il voulait aussi que dans La Troupe s'implante vite le génie de la République[19]. Delattre nomme en outre un délégué spécial, le , Ernest Morin d'Evreux pour la réalisation pratique de sa circulaire[19] et de la mise en place des instructions émises par le Ministre Léon Gambetta. Il s'en félicite et conseille à Gambetta la généralisation de la délégation spéciale.
« Laval, 18 novembre 1870, 8 h. 51 soir. No 681[20]. Préfet (de la Mayenne) à Intérieur, Tours
M. Ernest Morin, que j'ai fait venir d'Evreux, parcourt en ce moment le département comme mon délégué pour la réalisation pratique de ma circulaire aux instituteurs et de votre instruction générale sur le même objet.
Succès incroyable dans un pays qu'on croyait mort.
Si vous pouvez envoyer un homme semblable dans chaque département, avant deux mois vous aurez fondé la République dans toutes les campagnes, en arrière des armées nationales. Sans un délégué spécial, votre circulaire resterait lettre morte. Elle doit devenir un acte. »
« PRÉFECTURE DE LA MAYENNE.
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ,
ARRÊTÉ
Vu notre arrêté en date du 18 octobre 1870, concernant les fonctions nouvelles imposées par la République aux instituteurs de notre département, en ce qui touche l'éducation civique;
Vu la dépêche du Ministre de l'intérieur et de la guerre, approuvant la mesure prise par nous et annonçant son intention de la généraliser par toute la France;
Vu la circulaire du même Ministre organisant dans toute l'étendue du territoire français l'envoi, trois fois par semaine, du Bulletin de la République, et enjoignant aux instituteurs la lecture publique de tous les documents susceptibles de faire connaître et aimer la Patrie ;
Considérant que l'intention du Ministre, démocrate et républicain, a été certainement de traiter tous les citoyens français avec un esprit d'égale justice, et que l'exposé public des efforts de la Patrie est une joie et une force auxquelles ont droit également tous les esprits virils et tous les cœurs vaillants;
Considérant que les bataillons des corps mobilisés sont composés des citoyens de la même Patrie, ayant droit, par conséquent, à la distribution et à la lecture du Bulletin de la République[26],
Art 1er. Chaque compagnie des corps mobilisés, placés sous notre autorité, a droit à un exemplaire du Bulletin de la République.
Art. 2. Le Colonel, les Lieutenants colonels, les Chefs de bataillons, les Capitaines, devront obis prendre les mesures nécessaires pour que la lecture publique du Bulletin ait lieu dans chaque compagnie, ainsi que le Ministre l'ordonne dans toutes les communes de France. Art. 3. Le prix de l'abonnement au Bulletin sera payé sur la masse. Si des compagnies se trouvaient dans une situation trop peu aisée pour s'abonner, il en sera donné connaissance au Préfet, qui avisera.
Art. 4. L'indemnité donnée au lecteur, dans la compagnie, sera de 50 centimes par numéro.
Ce lecteur sera nommé au suffrage universel de la compagnie, par assis et levé ; il est nommé pour huit jours. La somme de 50 centimes sera prélevée sur la masse.
Art 5. Les Bulletins de la Compagnie, après la lecture publique, seront confiés aux soins du Porte-drapeau, chargé de les répandre le mieux qu'il pourra dans les villages traversés par la compagnie.
Laval, le 12 novembre 1870.
La lecture de cette affiche devant le peuple assemblé est confiée spécialement au dévouement de MM. les Instituteurs
Le préfet de la Mayenne,
EUGÈNE DELATTRE.
Laval, imp. L. MOREAU, imprimeur de la Préfecture, rue du Lieutenant. 2, 1870. »
Opinions variées
[modifier | modifier le code]Selon le point de vue monarchiste, qui se sont opposés à Delattre pendant sa préfecture[4] : il trouva le moyen d'être grotesque alors que les circonstances étaient si douloureusement dramatiques lors de son passage en Mayenne : Il créa les bataillons scolaires armés de fusils de bois ; il provoqua la délation ; il inventa une nouvelle tente militaire, la pelle-plastron, et « le ceinturon républicain, destiné à remplacer le ceinturon despotique, et qui, assurant, la liberté de l'épigastre, était un gage de victoire » ; il fit façonner dix mille « peaux de biques » ; prononça des discours, inspira un journal intitulé l'Ennemi, et dicta des proclamations absolument folles[27]. Plus tard, La Gazette de Château-Gontier[28] indiquera à la mort d'Eugène Delattre : Il est permis de dire que M. Delatttre n’y laissa pas un bon souvenir. L’histoire (ou la légende) raconte que, passant à cheval , devant l'église d’Avesnières, le préfet voyant la porte ouverte, poussa son cheval en avant et visita à cheval le sanctuaire si vénéré.
L'opinion du général Alfred Chanzy est pour sa révocation sur l'heure. Les difficiles relations entre Chanzy et Delattre sont évoquées avec épisode qui l'oppose au préfet de la Mayenne par Maxime du Camp[29].
« Paris, 9 février 1871, 2 h. 20 soir - no 6[20].
Jules Favre à Jules Simon, Bordeaux.
« Le général Chanzy... s'est beaucoup plaint des préfets avec lesquels il a été en relation. Il nous a cité notamment MM..... Il en est de même de M. Delattre dans la Mayenne. Il faut les révoquer sur l'heure.. » »
.
Selon le point de vue républicain[8], le Compte-rendu des travaux de la Défense qu'il fit imprimer et distribuer dans le département le jour de son départ le n'a été l'objet d'aucune contestation. Le contingent de la Mayenne s'éleva à 6 bataillons de mobiles, 9 bataillons de mobilisés, 150 éclaireurs à cheval, 153 artilleurs mobilisés. Le département a envoyé en outre, sous les drapeaux, les anciens artilleurs, cavaliers ou volontaires. Les éclaireurs à cheval furent mentionnés dans Le Moniteur pour leur bravoure dans l'affaire d'Azay-le-Rideau (Indre-et-Loire)[8]. Le contingent de la Classe 1870 est mobilisé en septembre 1870[8]. Au total, environ 5% de la population du département.
« Laval, 31 janvier 1871, 5 heures 5 soir. No 785[20]. Préfet (de la Mayenne) à préfet de la Somme, Abbeville.
Le département de la Mayenne a pu, sous mon administration, mettre en ligne devant l'ennemi plus de dix-neuf mille hommes... »
Départ
[modifier | modifier le code]Le lendemain des Élections législatives de 1871 dans la Mayenne, le , il quitte Laval et le département de la Mayenne, et file sur Bordeaux pour donner sa démission[19]. Il échoue avec la Liste Démocratique au même moment aux Élections législatives de 1871 dans la Somme. Il avait précédemment envoyé sa demande de candidature à Jules Lardière, préfet de la Somme le [19].
« Laval, 6 février 1871, 11 h. 20 s. No 7386[19]. Préfet (de la Mayenne) à Gambetta, intérieur, Bordeaux. - Chiffrée
J'attendrai selon votre désir. Aussitôt après les élections, je porterai moi-même ma démission à Bordeaux. Veuillez en prévenir votre successeur. Pendant mon absence, en cas d'intérim, mon secrétaire général me remplacera parfaitement. Le secrétaire général, R. RENOULT. »
En 1871, il est sollicité par Louis Lacouture, ancien sous-préfet de Château-Gontier, pour une consultation juridique sur le droit à dommages et intérêts des victimes du Coup d'État du 2 décembre 1851[17]. Cette consultation, transmise le à tous les bâtonniers des tribunaux, contribue à la préparation de la loi de réparation nationale, votée en 1881 après le retour d’une majorité républicaine à l'Assemblée nationale[30].
Les affaires
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Revenu par la suite au Barreau de Paris, il s'illustre dans plusieurs affaires retentissantes[8], en défendant 83 mécaniciens du Chemin de fer qui avaient été révoqués le même jour pour avoir rédigé une pétition vers le Ministre des Travaux Publics, leur chef hiérarchique[8].
Il est en même temps l'avocat des journaux La Lanterne et L'Intransigeant. En 1878, il est le défenseur du journal La Lanterne pour ses différents procès : poursuite pour avoir arboré le bonnet phrygien, procès pour des articles dirigés vers la Préfecture de Police. A la suite de ce procès, Albert Gigot et Émile de Marcère vont démissionner. En 1882, il est l'avocat de l'anti-clérical Léo Taxil[31] dans l’affaire opposant Léo Taxil au comte Girolamo Mastaï, neveu de Pie IX, pour la publication du roman Les Amours secrètes de Pie IX[8]. Me Delattre transforme le procès en diffamation en un réquisitoire historique et politique contre Pie IX et le cléricalisme. Il défend la liberté de la presse, le droit à l’histoire, et exige un procès public où la vérité pourra être établie devant le peuple[8]. Son plaidoyer est à la fois une défense juridique ingénieuse (incompétence du tribunal civil) et une attaque frontale contre l’hypocrisie religieuse, s’appuyant sur des preuves historiques et des témoignages accablants. Girolamo Mastaï, neveu du souverain pontife, obtint contre Léo Taxil, à la suite du procès en diffamation, 60 000 francs de dommages-intérêts en .
Engagement pour les employés de chemins de fer
[modifier | modifier le code]Delattre consacre une grande partie de sa carrière à la défense des droits des employés de chemins de fer[2]. En 1872, il plaide avec éclat dans plusieurs villes de France pour la défense de mécaniciens licenciés. Il fonde à la Chambre un groupe de députés dédié à cette cause, et devient une figure vénérée par la corporation des cheminots[2]. Son action en faveur des employés de chemins de fer lui vaut une reconnaissance durable, et il est souvent sollicité pour intervenir dans les conflits sociaux liés à ce secteur[2]. En 1881, l'Accident ferroviaire de Velars suscita la création d'une sous-commission de trois personnes présidée par Eugène Delattre, chargée de l'examen d'une proposition de loi sur la sécurité publique dans les chemins de fer déposée par celui-ci, qui adressa au ministère des travaux publics de multiples demandes de mesures d'urgence telles l'essai sur les voies ferrées de tous les systèmes connus pour éviter les accidents, la surveillance obligatoire de nuit des voies qu'une circulaire autorisait les compagnies à supprimer, et l'étude d'un dispositif d'alarme comprenant un sifflet strident se déclenchant en cas d'accident[32]. Bien que relayée par la presse, cette agitation resta sans effet[33].
Conseiller municipal de Paris
[modifier | modifier le code]En 1874, Delattre est élu conseiller municipal de Paris pour le quartier de la Villette[1], poste qu’il occupe jusqu’en 1881. Il s’investit activement dans la vie locale, contribuant notamment à la construction de la salle des Fêtes de la mairie des Buttes-Chaumont et à l’aménagement d’une passerelle reliant le quai de la Loire au quai de la Seine[1]. En 1876, il échoue dans aux Élections législatives de 1876 dans la Seine dans l'arrondissement des Buttes-Chaumont face à François Allain-Targé. En 1877, il était qualifié par le journal La République française, comme une personnalité brillante mais isolée[8]. Après les élections législatives de 1881, il démissionne de son mandat de conseiller municipal du quartier de la Villette, provoquant ainsi une élection partielle les 11 et
Député de la Seine
[modifier | modifier le code]
aux Élections législatives de 1881 dans la Seine, il est élu député de la première circonscription de Saint-Denis, contre Camille Sée, et siége à la Gauche radicale. Il est réélu aux Élections législatives de 1885 dans la Seine[1]. À la Chambre, il se distingue par son engagement en faveur des droits des employés de chemins de fer, déposant en 1882 un projet de loi sur les rapports entre les compagnies de chemins de fer et leurs employés[2]. Il s’oppose également à la construction de la Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, qu’il considère comme un symbole de réaction cléricale[1]. Delattre est aussi connu pour ses prises de position anticléricales et son engagement en faveur de l’enseignement laïque. Il organise des concours de diction pour les écoles primaires, visant à populariser les grands textes littéraires français.
Vie privée et fin de vie
[modifier | modifier le code]Malgré des problèmes de santé récurrents, il reste actif jusqu’à la fin de sa vie. En 1889, la maladie l’éloigne définitivement de la vie politique[2]. Il meurt à Paris le 24 décembre 1898, à l’âge de 68 ans. Ses obsèques sont marquées par de nombreux hommages, notamment de la part du Conseil municipal de Paris[34] et des milieux républicains[1]. Il est enterré au Cimetière de Bougival.
Publications
[modifier | modifier le code]Il a publié divers ouvrages relatifs aux voies de communication :
- Tribulations des voyageurs et des expéditeurs en chemin de fer (1858, in-18) Voir en ligne ;
- Canaux et chemins de fer (1861, in-8o). Voir en ligne
On cite encore de lui :
- Devoirs du suffrage universel (1863, in-18) Voir en ligne;
- La justice dans les prochaines élections (1864, in-18) ;
- Les Étrangleurs de bourse. Illégalités de l'escompte des valeurs (1866, in-8o).
Sources
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: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article..
- « Eugène Delattre », dans Alphonse-Victor Angot et Ferdinand Gaugain, Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne, Laval, A. Goupil, 1900-1910 [détail des éditions] (BNF 34106789, présentation en ligne), t.IV

- « Eugène Delattre », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition]

- « Eugène Delattre », dans le Dictionnaire des parlementaires français (1889-1940), sous la direction de Jean Jolly, PUF, 1960 [détail de l’édition]

- Les Hommes d'Aujourd'hui

- Isa Porié, Six mois dans l’Ouest, recueil de chroniques et de lettres politiques, publié en 1871.
- Bernard Sonneck, 1870-1871. La guerre franco-prussienne et la Mayenne, Bibliothèque numérique des Archives départementales de la Mayenne, Voir en ligne.
- Yves Colleu. Albert Joly (1844-1880). Un avocat versaillais, bâtisseur de la République et apôtre de la laïcité. Voir en ligne

Annexes
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Vincent Wright, Éric Anceau, Les préfets de Gambetta (coll. du Centre Roland Mousnier, 34), Paris, Presses de Paris Sorbonne, 2007, p. 163 et suiv.. (ISBN 9782840505044) (consultable en ligne)
Liens externes
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- Ressource relative à la vie publique :
Notes et références
[modifier | modifier le code]- Gustave Vapereau, Dictionnaire universel des contemporains : contenant toutes les personnes notables de la France et des pays étrangers...
- Revue pratique des chemins de fer, tramways & automobiles..., 1899.
- Vincent Wright, Éric Anceau, Jean-Pierre Machelon et Sudhir Hazareesingh, Les préfets de Gambetta, Paris, Presses Paris Sorbonne, , 482 p. (ISBN 978-2-84050-504-4 et 2-84050-504-5, lire en ligne).
- Michel Denis, Les royalistes de la Mayenne et le monde moderne (XIXe – XXe siècle), Paris, Klincksieck, 1977, p. 415.
- ↑ Louis Descharmes, La revue de la Semaine illustrée, 9 et 16 décembre 1921.
- Bulletin Flaubert-Maupassant / Association des Amis de Flaubert et de Maupassant ; [dir. publ. Daniel Fauvel], (Rouen), 2000.
- Bernard Sonneck, 1870-1871. La guerre franco-prussienne et la Mayenne, Bibliothèque numérique des Archives départementales de la Mayenne.
- Les Hommes d'aujourd'hui , 3e volume, no 151.
- ↑ Journal officiel, 30 janvier 1869, p. 129 séance du Sénat du 29 janvier, rapport du Comte Alfred de Salignac-Fénelon sur la pétition no 199, signée des sieurs Hubbard, Léon Cléry, Louis Legrand, Lamy et Delattre , tous les cinq avocats à la Cou
- ↑ Gambetta et la Défense Nationale, Henri Dutrait-Crozon, 1934, p. 60.
- ↑ Roman d'Amat et R. Limouzin-Lamotte (éds.), Dictionnaire de biographie française (Paris, 1965), X, 730.
- ↑ Pierre Chevalier 1975, p. 148.
- ↑ La République maçonnique : organe de l'unification des At. symboliques. 17 septembre 1882.
- Yves Colleu, Albert Joly (1844-1880), un avocat versaillais, bâtisseur de la République et apôtre de la laïcité. Voir en ligne
- ↑ Maitron
- ↑ Documents sur la situation au lendemain de la proclamation de la République (septembre - novembre 1870), Alphonse-Marius Gossez, Revue d'Histoire du XIXe siècle - 1848, 1934, pp. 170-177
- https://maitron.fr/lacouture-louis/, notice LACOUTURE Louis par , version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 20 février 2025.
- Émile Moreau, Souvenirs de guerre, Bulletin de la Commission historique et archéologique de la Mayenne, t. LIV, 1938-1939.
- Enquêtes sur les actes du gouvernement de la Défense nationale, 1875.
- Le Correspondant, Volume 137, 1884.
- La Mayenne, 5 juillet 1903.
- ↑ Qui pendant 6 mois (du 4 septembre 1870 au 20 mars 1871), L'Indépendant de l'Ouest demeure l'unique journal qui n'est pas sous le contrôle de l'administration préfectorale.
- ↑ La série M des Archives départementales de la Mayenne ne contient presque aucun document relatif à l'activité du cabinet du préfet pour la période allant de septembre 1870 à février 1871, durant laquelle Eugène Delattre a occupé le poste de préfet de la Mayenne.
- Les murailles politiques françaises, Volume 1, 1874.
- ↑ La Commune : par les rédacteurs du Combat et du Vengeur, 27 avril 1871.
- ↑ La rédaction de ce Bulletin était réalisé par Jules Barni et Edmond Magnier.
- ↑ « Eugène Delattre », dans Alphonse-Victor Angot et Ferdinand Gaugain, Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne, Laval, A. Goupil, 1900-1910 [détail des éditions] (BNF 34106789, présentation en ligne)
- ↑ 29 décembre 1898.
- ↑ Souvenirs d'un demi-siècle: La chute du Second Empire et la IIIe République, 1870-1882.
- ↑ Eugène Delattre, Une consultation sur les dommages-intérêts aux Victimes du Deux-Décembre, Revue d'Histoire du XIXe siècle - 1848, 1939, p. 151-159 Voir en ligne
- ↑ Débauches, assassinats, fausse-monnaie: l'affaire Léo Taxil..., p. 19, 1882
- ↑ Voir : Le Temps du 16 septembre 1888, p. 3.
- ↑ La proposition de loi ne fut jamais votée, et c'est seulement un décret du 1er mars 1901 qui ajoutera quelques prescriptions à l'ordonnance de 1846
- ↑ Bulletin municipal officiel de la Ville de Paris. 31 janvier 1899.
- Avocat au barreau de Paris
- Député de la Seine (Troisième République)
- Député de la troisième législature de la Troisième République
- Député de la quatrième législature de la Troisième République
- Préfet de la Mayenne
- Conseiller municipal de Paris
- Secrétaire de la Conférence (barreau de Paris)
- Naissance dans la Somme
- Naissance en janvier 1830
- Décès en décembre 1898
- Décès dans le 9e arrondissement de Paris
- Décès à 68 ans