Emmanuel Tellier

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Emmanuel Tellier, né en 1967 à Montmorency dans le Val-d'Oise, est un journaliste français. Longtemps spécialiste de musique rock, il est ensuite devenu chef du service culture à Télérama, puis l'un des rédacteurs en chef de l'hebdomadaire (de 2006 à 2011).

Parallèlement à sa carrière professionnelle, il a aussi des activités de musicien (Chelsea, Melville, La Guardia et aujourd'hui le groupe pop-rock 49 Swimming Pools).

Biographie[modifier | modifier le code]

Emmanuel Tellier a grandi à Tours. Il commence le solfège à cinq ans, et le piano à six, suivant des cours au conservatoire de la ville. Vers 15 ans, à sa formation de pianiste, il ajoute la basse et la guitare — en apprenant seul.

À 17 ans, il entre dans son premier groupe, Another Country. Le groupe est le fer de lance de la scène rock régionale. Il œuvre dans une ligne rock proche de l’univers des Chameleons, de Killing Joke et New Order (sur scène, le groupe reprend Ceremony).

Another Country jouera très souvent dans toute la région, ainsi qu’à Paris et Lyon. En 1988, Tellier décidant d’arrêter, les autres musiciens continueront sous le nom des Enfants Terribles, avec le bassiste Nicolas Glorion au chant, et partiront enregistrer leur unique album à Londres (pour le label Midnight Music).

Journalisme musical[modifier | modifier le code]

Après des études d'anglais à Tours, Emmanuel Tellier part passer l’année 1988-89 en Angleterre, où il verra près d’une centaine de concerts en un an, à Londres, Manchester et Liverpool. Jean-Daniel Beauvallet, un des membres fondateurs des Inrockuptibles, également tourangeau d’origine (ils se connaissent depuis 1984), lui confie alors ses premiers articles pour la toute jeune revue bimestrielle.

En septembre 1989, Tellier rejoint la rédaction parisienne, rue d’Alésia. Il y passera onze années, devenant l’un des piliers de l’équipe musique, aux côtés de Beauvallet, Christian Fevret, Christophe Conte et Stéphane Deschamps.

Ce travail lui donnera l’occasion d’interviewer plusieurs de ses artistes préférés, comme Morrissey (The Smiths), Michael Head (The Pale Fountains), Lee Mavers (The La’s), Michael Stipe et Peter Buck (REM), Tim Booth (James) et Thom Yorke (Radiohead) à plusieurs reprises, ainsi que des dizaines de grands noms parmi lesquels Kurt Cobain et Nirvana, Iggy Pop, Ben Harper (pour son premier article en France), Björk, Oasis, Blur, Beck, les Smashing Pumpkins, Massive Attack, Elvis Costello, Depeche Mode, Portishead, Noir Désir, les Red Hot Chili Peppers, Frank Black, Bashung, et beaucoup d’autres.

Plusieurs de ses articles seront publiés à l’étranger : en Angleterre (interview de Kurt Cobain en couverture du NME, de même que des articles sur Oasis et Blur), en Belgique (Humo), en Italie (Mucho), aux États-Unis (Spin) et en Espagne (El Pais). Il est également régulièrement invité dans l’émission de Bernard Lenoir sur France Inter.

Début 2000, Jean-François Bizot (fondateur d’Actuel et Nova) lui propose de prendre la rédaction en chef de Nova Mag (mensuel). Tellier y reste près de deux ans, jusqu’au moment où il est recruté par Télérama pour devenir chef du service culture.

Jusqu'à 2006, il continue à y écrire beaucoup sur la musique, avec pour principaux coups de cœur Mercury Rev, Devendra Banhart, et surtout Sufjan Stevens et Arcade Fire (qui se retrouvent en couverture de l’hebdo). Il écrit de plus en plus sur d’autres thèmes culturels, dont les nouvelles technologies, le design, et des sujets liés à l'économie de la culture.

En 2006, il est nommé rédacteur en chef de Télérama. De juin 2008 au début de l'année 2011, il dirige l’équipe du site Web de l’hebdomadaire, puis retourne à la rédaction en chef "globale".

En octobre 2011, à sa demande, il quitte la direction de la rédaction pour redevenir reporter.


Groupes de rock[modifier | modifier le code]

Parallèlement, il a fondé ou participé à plusieurs groupes rock, d'abord à Tours (lire plus haut) puis à Paris, et enregistré sept albums dont il a écrit la plupart des chansons. Il a commencé la musique à l’âge de cinq ans, apprenant le piano au conservatoire, puis, plus tard, la guitare et la basse.

Ses groupes successifs : Another Country / A Scottish Mosquito / The Pop Ministers / Chelsea / Melville / La Guardia.

Chelsea a publié trois albums, Melville, un et La Guardia, un.

Grâce à cette expérience, Emmanuel Tellier aura eu l’occasion de jouer sur la plupart des grandes scènes parisiennes – La Cigale, le Bataclan, l’Élysée Montmartre, le Zénith, le New Morning...- ainsi que dans de nombreuses villes et festivals en France, en Belgique et en Suisse.

Avec cette double vie, il intègre la liste assez fournie des « journalistes et musiciens », comme Chrissie Hynde des Pretenders, Neil Tennant des Pet Shop Boys, Patrick Eudeline ou encore Bruno Blum.

En 2007 et 2008, il a enregistré un nouvel album (son sixième), sous le nom de 49 Swimming Pools. Ce projet le voit retrouver le guitariste Etienne Dutin et le producteur français Fabien Tessier. Leur album "Triumphs and disasters, rewards and fairytales" est sorti en septembre 2009, sur Elap, le label de Dutin et Tessier. Depuis, les trois hommes enchainent les concerts, en France principalement, mais aussi à New York (Joe's Pub en oct. 2009).

L'album connaît un excellent accueil critique. Par exemple dans Le Monde : « Joli miracle dans le genre pop française qui lorgne vers les Anglo-Saxons : le groupe 49 Swimming Pools. Leur album Triumphs and Disasters, Rewards and Fairytales... a bien compris que la pop, c’est avant tout des chansons dont la trame doit tenir seule. Un piano, quelques guitares, un violoncelle, parfois un petit effet orchestral. C’est élégant, sobre sans sonner anémique. D’une certaine manière, un compromis acoustique entre la bizarrerie fantasque des Flaming Lips et le baroque d’Electric Light Orchestra, avec, pour une voix, une voix française (Emmanuel Tellier) qui ne se révèle pas catastrophique dans l’intonation anglophone. » (Sylvain Siclier)

En septembre 2011, parution du deuxième album de 49 Swimming Pools (devenu un quatuor avec l'arrivée de Samuel Léger à la basse). Ce disque, comme le premier, est entièrement produit par le groupe, de manière indépendante. Comme à chaque fois qu'il sort un disque, Emmanuel Tellier se met complètement en retrait de tout travail journalistique lié à la musique.