Dmitri Dokhtourov

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Dmitri Sergueïevitch Dokhtourov
Дмитрий Сергеевич Дохтуров
Image illustrative de l'article Dmitri Dokhtourov

Naissance
Décès (à 60 ans)
Moscou
Origine Drapeau de l'Empire russe Empire russe
Arme Infanterie
Grade Général d'infanterie
Années de service 17811816
Conflits Guerre russo-suédoise de 1788-1790, Guerres napoléoniennes
Faits d'armes bataille de Malojaroslawetz
Distinctions Ordre de St-Georges IIe classe Ordre de Saint-Georges

Ordre de Saint-Vladimir Ie classe Ordre de Saint-Vladimir
Ordre de Sainte-Anne Ie classe Ordre de Sainte-Anne

Dmitri Sergueïevitch Dokhtourov ou Doctourov (en russe : Дмитрий Сергеевич Дохтуров) est un général d'infanterie russe (1810) né le et mort le à Moscou. Il participe notamment aux campagnes d'Allemagne en 1805, de Russie en 1812 et d’Allemagne en 1813.

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

Premières années[modifier | modifier le code]

Il participe à la guerre russo-suédoise de 1788-1790.

Il est promu colonel en 1795, puis major-général en 1797 et lieutenant-général en 1799.

Campagne d'Allemagne de 1805[modifier | modifier le code]

En 1805, il participe à la bataille de Dürenstein contre le corps du maréchal Mortier[1]. À la tête de 9 000 hommes, il est chargé de tourner les Français et de leur couper la retraite[2]. À la tombée de la nuit, sa colonne entre en scène, s'empare de Dürenstein et se rabat sur les arrières de la division Gazan tout en cherchant à s'opposer à l'arrivée des renforts de la division Dupont[2]. Les français parviennent cependant à se dégager[3].

Il commande l'une des quatre colonnes de la gauche russe à la bataille d'Austerlitz. Stationnée la veille au soir près de Hostieradek, son objectif est la prise de Telnitz avant de se rabattre vers le nord[4]. Initialement couronné de succès, l'offensive de Doctourov et de Kienmayer se heurte aux renforts du corps de Davout et ne peut déboucher des villages[5]. À la fin de l'après-midi, le corps de Buxhoewden est écrasé par l'offensive des corps de Soult et d'Oudinot[6]. Przybyszewski et Langeron prisonniers, c'est Doctourov qui rallie les restes des trois divisions et organise la retraite à travers les étangs gelés du sud du champ de bataille[6].

Campagne de Pologne[modifier | modifier le code]

Pendant la campagne de Pologne, Doctourov est battu à Golymin par les maréchaux français Augereau, Murat et Davout[7]. À Eylau, le général Doctourov commande la 7e division russe et est blessé[8]. Il est encore à la tête de sa division à la bataille d'Heilsberg[9] puis à celle de Friedland[10]. Le matin du 14 juin 1807, la division Doctourov, qui suit l'avant-garde russe, attaque les positions françaises à l'ouest de Friedland vers Posthenen[11] puis occupe la rive gauche de l'Alle, au centre-droit du dispositif russe.

Campagne de Russie[modifier | modifier le code]

En février 1810, il est envoyé en Volhynie prendre le commandement d'une armée en cours de création[12]. Composée des 7e, 9e et 25e divisions d'infanterie, d'une partie des 5e et 6e division de cavalerie et d'autres unités de cavalerie détachées, cette armée, forte de plus de 38 000 hommes constitue le noyau de départ de la 2e armée de l'ouest de 1812[12]. En octobre 1810, il est promu général d'infanterie. En août 1811, il passe sous le commandement du général Bagration.

En mai 1812, peu avant le début de la campagne de Russie, l'armée russe est réorganisée et Doctourov est transféré à la première armée de l'Ouest, du général Barclay de Tolly[13]. Il commande le 6e corps de cette armée à la bataille de Smolensk[14], où il est chargé de la défense de la ville pendant que l'armée russe retraite vers Moscou[15]. À la bataille de la Moskova, le corps de Doctourov, constitué des divisions Kapsevich et Likatchev[16] est placé au centre du dispositif russe, appuyant sa gauche sur la grande redoute[17]. Un peu après dix heures, le général Bagration a le tibia fracassé par une balle[18] ; il est remplacé au commandement de l'aile gauche russe par le général Doctourov[18]. Au début de la retraite de l'armée française en octobre 1812, le corps de Dokhtourov est envoyé à la rencontre de la division Broussier, mais, informé des mouvements de Napoléon Ier, Koutouzov l'envoie en toute hâte à Malojaroslawetz, que son corps, renforcé de la division d'Olsufiev et des des hussards Élisabethgrad, occupe au matin du 24 octobre[19]. Lors de la bataille qui s'en suit, Doctourov résiste toute la journée aux attaques du prince Eugène de Beauharnais mais doit évacuer la ville après avoir perdu 8 000 hommes[20]. Après cette bataille, Napoléon décide de dévier sa retraite et de reprendre la route empruntée à l'aller, pourtant ravagée[21]. Le 17 novembre, Doctourov forme, avec le 8e corps de Borosdine, l'aile gauche de l'armée russe à la bataille de Krasnoï[22].

Suivant de loin l'armée russe poursuivant les débris de la Grande Armée, Doctourov atteint Varsovie en février et va mettre le siège devant Modline[23].

Campagne d'Allemagne de 1813[modifier | modifier le code]

Lors de la campagne de Saxe, en 1813, Doctourov commande un corps de l'armée de Pologne du général Bennigsen. Levant partiellement le blocus de Dresde, celui-ci amène les corps de Doctourov et de Markov pour prendre part à la bataille de Leipzig[24]. Arrivé à temps pour participer aux combats du 18 octobre, Doctourov est placé au sein de l'aile droite de l'armée de Bohême[25] et est chargé de marcher sur Baalsdorf (de) et Zweinaundorf (de)[25]. Opposé aux corps de Macdonald et de Sébastiani, il parvient à gagner du terrain le matin vers Zweinaundorf[26] mais échoue l'après-midi à déloger les Français de Stötteritz (de)[27]. Après la bataille, l'armée de Pologne se dirige vers le nord et le corps de Doctourov est engagé dans un combat près de Schönebeck, face à une partie de la garnison de Magdebourg[28].

Fin de carrière[modifier | modifier le code]

Pendant les Cent-Jours, il commande la colonne de droite de l'armée russe que Barclay de Tolly fait marcher à travers l'Allemagne pour combattre Napoléon[29].

Décorations[modifier | modifier le code]

Le général Dokhtourov est successivement décoré de :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pigeard 2004, p. 257
  2. a et b Pigeard 2004, p. 258
  3. Pigeard 2004, p. 259
  4. Pigeard 2004, p. 77
  5. Pigeard 2004, p. 79
  6. a et b Pigeard 2004, p. 81
  7. Pigeard 2004, p. 348
  8. Smith 1998, p. 242
  9. Smith 1998, p. 248
  10. Smith 1998, p. 250
  11. Faget 2002, p. 19
  12. a et b Sokolov 2012, p. 262
  13. Sokolov 2012, p. 401
  14. Smith 1998, p. 387
  15. Pigeard 2004, p. 797
  16. Pigeard 2004, p. 579
  17. Pigeard 2004, p. 582
  18. a et b Castelot 2000, p. 150
  19. Pigeard 2004, p. 513
  20. Pigeard 2004, p. 514
  21. Castelot 2000, p. 227
  22. Pigeard 2004, p. 428
  23. Précis militaire 1881, p. 12
  24. Pigeard 2004, p. 463
  25. a et b Pigeard 2004, p. 464
  26. Pigeard 2004, p. 465
  27. Pigeard 2004, p. 467
  28. Smith 1998, p. 476
  29. Siborne 1848, p. 51

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • André Castelot, La campagne de Russie : 1812, Perrin, (1re éd. 1991) (ISBN 2-262-01630-5)
  • Renaud Faget, « La bataille de Friedland », Napoléon Ier, le magazine, no 12,‎
  • Alain Pigeard, Dictionnaire des batailles de Napoléon, Tallandier, (ISBN 2-84734-073-4)
  • (en) William Siborne, The Waterloo campaign : 1815,
  • (en) Digby Smith, The Greenhill Napoleonic Wars Data Book : Actions and Losses in Personnel, Colours, Standards and Artillery, 1792-1815, Greenhill Books, (ISBN 1-85367-276-9)
  • Oleg Sokolov, Le combat de deux empires : La Russie d'Alexandre Ier contre la France de Napoléon - 1805-1812, Fayard, (ISBN 978-2-213-67076-8)
  • Précis militaire de la campagne de 1813 en Allemagne, Leipzig, F. A. Brockhaus, (lire en ligne)