Discussion:Amin al-Husseini/ancienne version

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Biographie[modifier le code]

Jeunesse[modifier le code]

Amin al-Husseini est né à Jérusalem en 1895 (d'autres sources indiquent 1893). Il a fait ses études à l'Université Al-Azhar au Caire ou il a fondé une société antisioniste. En 1913, à l'âge de 18 ans, il effectue son pèlerinage à La Mecque. Avant la Première Guerre mondiale, il entame des études à l'école d'administration d'Istanbul. Au début de la Première Guerre mondiale, Hadj Amin al Husseini est enrôlé dans l'armée turque où il obtient le grade d'officier. Il déserte en 1917 et se rallie alors à l'émir Fayçal.

En 1919, il participe au congrès pan-syrien tenu à Damas ou il soutient l'Emir Fayçal pour qu'il puisse devenir roi de Syrie. Puis, il joint (ou fonde) une société arabe secrète, El-Nadi al-Arabi (Le club arabe). Jusqu'en 1921, il a concentré ses efforts sur le panarabisme, et sur une grande Syrie dont la Palestine serait la province méridionale d'un vaste État arabe avec Damas comme capitale. La grande Syrie comprend la Syrie, le Liban, la Jordanie, Israël et les territoires palestiniens. Mais avec les accords Sykes-Picot signé entre la France et la Grande-Bretagne en 1920, l'armée française entre à Damas et met fin au royaume de Syrie et au rêve d'une grande Syrie.

Après cet évènement, Husseini passe d'un nationalisme arabe pro-syrien, à un nationalisme arabe centré sur la Palestine et sur l'expulsion des juifs du pays.

Palestine mandataire[modifier le code]

Hadj Amin al Husseini joua un rôle majeur dans la résistance palestinienne à l’implantation sioniste sous mandat britannique, dès les années 1920, dans des manifestations antisionistes et antianglaises qui prendront une tournure très violente qu’il organisa, dans la « résistance arabe aux ambitions politiques du sionisme en Palestine », dans le refus de tout accord de partition entre deux États selon le projet Peel proposé en 1937 par les Britanniques.

Lors d'une manifestation en avril 1920 à Jérusalem, Amin al-Husseini participe activement au mouvement nationaliste arabe palestinien et appelle à la révolte contre les Britanniques et brandit un portrait de Fayçal. Recherché alors par les autorités mandataires, il fuit en Syrie puis, chassé de Damas par les troupes françaises, se réfugie au sein d'un camp bédouin en Transjordanie.

En 1921, Sir Herbert Samuel, pour apaiser la situation en Palestine, amnistie al-Husseini, puis le fait élire Grand Mufti de Jérusalem, plaçant ainsi à ce poste un radical dont on attend que les positions se modèrent.

En 1922, Amin al-Husseini se fait élire au Conseil suprême musulman. Celà lui permet de faire passer sous son autorité des tribunaux, des mosqués, des hôpitaux, des orphelinats et des écoles.

Il participe au Haut Comité Arabe en 1926 à La Mecque puis en organise une à Jérusalem en 1931.

Grande Révolte arabe de 1936-1939[modifier le code]

Il participe activement à la lutte contre les Britanniques pour le clan des Husseinis. Il combat également le clan adverse de Nashashibis.

Il prend la mainmise, avec son clan, du Haut Comité Arabe.

Il a inspiré les révoltes de 1929 et pris la direction de la grande révolte arabe de 1936-39. Le Mufti forma le haut comité arabe et utilisa les révoltes pour régler ses comptes avec les clans Palestiniens rivaux, allant jusqu'à faire assassiner des centaines de leaders appartenant à 11 clans différents.

Le rôle de al-Husseini lors du massacre des juifs de Hebron en 1929 a fait l'objet à l'époque de vives discussions. L'Agence Juive l'accusa d'avoir incité à la violence, mais la commission d'enquête Shaw conclut que "aucun lien n'a pu être établi entre le Mufti et l'action de ceux qui ont eu un rôle avéré ou supposé dans l'incitation aux violences… Après que les troubles aient éclaté le Mufti a coopéré avec le Gouvernement dans ses efforts aussi bien pour restaurer la paix que pour prévenir l'extension des désordres."

Titre du lien=== Seconde Guerre mondiale ===

Grand mufti de Jérusalem, il s'impose à la fin des années 1920 comme le principal leader anti-sioniste dans la Palestine sous mandat britannique.

On raconterait qu'en 1933, au moment de l’accession de Hitler au pouvoir, al-Husseini envoya un télégramme à Berlin et s'adressa au consul général allemand de la Palestine sous mandat britannique déclarant qu’il était impatient de s’occuper de diffuser et d'étendre l’idéologie national-socialiste au Moyen-Orient et spécialement en Palestine, ce pourquoi il offrait ses services. L'offre fut d'abord rejetée car l’Allemagne à ce moment ne voulait pas s’affronter au Royaume-Uni. Toutefois il rencontra le mois suivant le-dit Consul allemand en Palestine, Karl Wolff pour lui dire combien il approuvait le boycott anti-juif en Allemagne, et pour lui demander expressément de ne pas envoyer de Juifs en Palestine. Dans l’année al-Husseini demanda son aide au Consul d’Allemagne, pour créer un parti national-socialiste arabe en Palestine. On raconterait aussi qu'en 1933, avec le fait que l'immigration juive passe de 9 500 en 1932 à 30 000 en 1933, Hadj Amin dit, dans un discours à Jérusalem : "le plus dangereux ennemi du monde arabe est Hitler parce qu'en persécutant les Juifs en Allemagne, il consolide le sionisme en Palestine".[1]

D’abord Hitler ne se montre pas intéressé par l’offre du Mufti. Les nazis ne voient pas négativement l'émigration juive en Palestine, pensant que ceux-ci « ne pourront pas s'y enraciner», cf le journal du parti national-socialiste, Angriff. [cf B. Lewis, Sémites et antisémites, Fayard, 1987, p. 180] « les Arabes les liquideront. » Le Mufti persiste en juillet 1937, il rencontre le Consul d’Allemagne Doehle à Jérusalem, et demande une aide de l'Allemagne pour combattre les juifs. Il envoie un délégué à Berlin, pour le représenter et bénéficier d'un contact permanent. En juillet 1937, le rapport Peel, fait changer Hitler qui à partir de là décide de s’allier avec les Arabes contre les Britanniques.

Et à partir de là également al-Husseini s'engage effectivement au coté de l'Allemagne nazie contre l'occupant britannique. Il appelle à la guerre sainte contre les Britanniques, mais sans grand succès.

Il est établi qu’il a rencontré le criminel de guerre nazi Adolf Eichmann en septembre ou octobre 1937. Eichmann étudiait alors la possibilité de déporter des Juifs en Palestine ce contre quoi le Mufti est intervenu pour l’en dissuader.

On le soupçonne d'avoir recruté pour l’armée allemande une division SS composée de musulmans bosniaques et albanais qu'il a passé en revue, en Croatie et ailleurs. Il s’agit de la 13e division SS de montagne Handschar. Cette division se rendit célèbre pour ses massacres particulièrement barbares en Yougoslavie, ce pour quoi le Mufti fut considéré comme un criminel de guerre après la guerre.

Il rencontra à Berlin durant la guerre, en 1941, les plus hauts responsables nazis, dont Hitler lui-même et Joseph Goebbels, au sujet de la situation en Palestine.

En effet, le 10 mai 1941, depuis l’Irak où il s’était installé avec le Haut Comité arabe au complet, après l’assassinat de l’envoyé britannique pour la Galilée, il lança une fatwa déclarant la guerre sainte contre les Britanniques, les accusant d’avoir profané la Mosquée Al-Aqsa. Cette fatwa fut retransmise par les radios des pays de l’Axe. Mais il échoua à soulever tous les musulmans contre les Britanniques.Fuyant l'avance des troupes britanniques , Al-Husseini fut exfiltré par les Hitlériens: Hitler ayant envoyé son avion privé en Irak pour aider son ami.Al-Husseini partit se réfugier en Allemagne nazie. De là, il diffusait à la radio la propagande en faveur des nazis. Il s’est dépensé sans compter pour empêcher que les Juifs persécutés puissent, pour échapper à l'extermination, émigrer en Palestine.

À Berlin, il rencontra le dirigeant SS Himmler. Sa conversation avec Hitler, re transcrite, a donné lieu à publication après la guerre. Le grand Mufti remercie le Führer pour la sympathie dont il témoigne envers la cause arabe, et palestinienne en particulier… "Les pays arabes sont fermement convaincus que l'Allemagne va gagner la guerre, dit-il. Al-Husseini affirme à Hitler que "les Arabes sont les alliés naturels de l'Allemagne", puisqu’ils ont "les mêmes ennemis, les Anglais, les juifs et les communistes"… Ils sont donc prêts à coopérer de tout cœur avec l'Allemagne et à participer à la guerre, [Compte rendu de l'entretien entre le Führer et le grand Mufti de Jérusalem le 30 novembre 1941, Documents on German Foreign Policy, 1918-1945, cité dans Walter Laqueur, The Israel-Arab Reader, Penguin Books, 1970, pp. 106-107.] notamment en constituant une légion arabe...

Hitler promet à al-Husseini, « qu'une fois que la guerre contre la Russie et l'Angleterre sera gagnée, l'Allemagne pourra se concentrer sur l'objectif de détruire l'élément juif demeurant dans la sphère arabe sous la protection britannique». [Cité par K. Timmerman, op. cit., p. 109] Dans ses émissions depuis Berlin, il incite les Arabes à « tuer les juifs » et fait l'éloge de la « solution finale ». « Si, à Dieu ne plaise, l'Angleterre était victorieuse, les juifs domineraient le monde», déclare-t-il ainsi le 11 novembre 1942. «Mais si l'Angleterre et ses alliés sont vaincus, la question juive, qui constitue pour nous le plus grand danger, sera définitivement résolue. » Résolution de la « question juive », qui est terminologie nazie, signifiant disparition des Juifs.

Obnubilé par la « question juive », al Husseini intervient à plusieurs reprises pour empêcher des projets permettant d'échanger des juifs contre des prisonniers ou de l'argent. Lorsque Adolf Eichmann envisage d'échanger des prisonniers allemands contre cinq mille enfants juifs, et d'envoyer ces derniers en Palestine, -l'accord du gouvernement britannique étant acquis-, al-Husseini s’oppose personnellement et obtient d’être entendu. Les enfants seront déportés dans les camps de Pologne [Paul Longrear et Raymond McNemar, « The Arab/muslim nazi Connection», cité dans K. Timmerman, op. cit., p. 110. ].

En 1943, al-Husseini est chargé de mission en Yougoslavie où il organisa la 13° division des Waffen-SS, composée de musulmans entraînés en Allemagne par les nazis et encadrée par des Allemands. Elle accomplit la plupart des massacres contre les Juifs bosniaques et détruisit de nombreux villages serbes et églises .

Heinrich Himmler écrivit à ses officiers le 6 août 1943 : « [Les musulmans] ont répondu à l’appel de leurs chefs musulmans et sont venus à nous à partir de leur haine pour l’ennemi commun judeo-anglo-communiste et par le respect et la fidélité pour celui qu’ils respectent par-dessus tout, le Führer, Adolf Hitler. Il n’y a pas à mettre en discussion le moins du monde les droits particuliers accordés aux Musulmans dans ces cercles… Heil Hitler!»

Les préoccupations de al-Husseini étaient centrées sur les Juifs. Dans la protestation annuelle contre la déclaration Balfour, qu’il mit en scène dans le grand hall de la Luftwaffe, à Berlin, en 1943, il s’attaqua à « la conspiration anglo-saxonne et juive », selon ses termes, et déclara que le Traité de Versailles était un désastre à la fois pour les Allemands et les Arabes. Mais les Allemands, eux, déclara-t-il, savaient se débarrasser des Juifs.

Le 1er mars 1944, il ajouta dans un message radiophonique diffusé depuis l'Allemagne nazie : «Arabes, soulevez-vous et battez-vous pour vos droits sacrés. Tuez les Juifs là où vous les trouverez. Cela est agréable à Dieu, à l’Histoire, et à la religion. Cela sauve votre honneur.»

Son approbation de la solution finale (extermination des Juifs par les nazis) et l'aide qu'il y avait apportée, lui valurent une mise à l'écart durable après la Seconde Guerre mondiale. Il fut alors, déclaré criminel de guerre, avant de se réfugier en Égypte.

Dans ses Mémoires, il rapporte un entretien avec Hitler, révélant ses objectifs : « la condition fondamentale que nous avions posée aux Allemands pour notre coopération était d’avoir les mains libres dans l’éradication de tous les Juifs, jusqu’au dernier, dans la Palestine et le Monde arabe. J’ai demandé à Hitler (référence à la rencontre du 28 novembre 1941) qu’il me donne son engagement explicite pour nous permettre de résoudre le problème juif d’une façon conforme à nos aspirations nationales et raciales et correspondant aux méthodes scientifiques inventées par l’Allemagne dans son traitement des juifs. J’eus la réponse suivante : "les Juifs sont à vous" ».

Walter Reich, directeur du United States Holocaust Memorial Museum de 1995 à 1998, raconte à son propos : In 1941, the Grand Mufti of Jerusalem, Haj Amin al-Husseini, met with a number of Nazi leaders, including Adolf Hitler and Heinrich Himmler, hoping to get them to side with the Arab cause and even to extend anti-Jewish measures to the Jews in Palestine. In his meeting with Hitler in November 1941, al-Husseini obtained the statement from Hitler that "Germany's objective [is]…solely the destruction of the Jewish element residing in the Arab sphere." The phrase used by Hitler in this conversation, "Vernichtung des…Judentums," is one that was used in connection with the Holocaust. Moreover, al-Husseini worked to stop the rescue of Jews, engaged in broadcasts for the Germans, and in 1943 helped organize a Bosnian Muslim division of the Waffen SS that was implicated in atrocities against Jews, Serbs and others in the Balkans. (Source : [1]) soit : » al-Husseini obtint l’engagement de Hitler que l’objectif de l’Allemagne était uniquement la destruction des Juifs résidant dans la sphère arabe »

Pour les Français qui avaient à subir les radios de la collaboration , Al-Husseini n'est pas un inconnu: il était omniprésent sur ces ondes pendant les années noires.

À la libération, il fut considéré par le gouvernement français comme le cerveau de l'espionnage allemand dans tous les pays musulmans[2]

Il fut considéré comme un criminel de guerre. Emprisonné, il réussit néanmoins, avec l’aide d' El-Banna, le fondateur des Frères Musulmans, à se libérer pour regagner l’Égypte.

En effet, depuis la fin de la guerre, al-Banna entretenait des contacts avec la Ligue arabe pour s'occuper de al-Husseini. Episode rapporté par Tariq Ramadan rappelant que son grand-père a «préparé et organisé l'exil politique [de Husseini] en Égypte en 1946». [T. Ramadan, "Aux sources du renouveau musulman", p. 206, n. 60.]

Les liens entre le Mufti Hadj Amin Al Husseini, les Frères musulmans et l'Allemagne correspondaient à une convergence idéologique et politique, dont témoignent de nombreuses déclarations. Les Frères musulmans sont les seuls à avoir établi une véritable alliance avec le Mufti, alliance fondée sur "leur haine commune des Juifs".

Les archives du haut commandement de l'armée allemande saisies par les Alliés aurait révélé que c'étaient les fonds mis à la disposition du Mufti par l'Allemagne nazie qui lui avaient permis d'organiser et de mener à bien la «révolte de Palestine» dans les années 1936-1939 [voir Paul Giniewski, De Massada à Beyrouth, une leçon d'histoire. Presses universitaires de France, 1983.]

Après la Seconde Guerre mondiale[modifier le code]

Il est interdit en Palestine par les Britanniques. Il se réfugie en France puis au Caire. Il est accepté par la Ligue Arabe en tant que représentant des Palestiniens. Il est impliqué dans le procès Eichmann. Le Jerusalem Post publie pendant plusieurs semaines des articles traitant de ses liens avec le Nazisme. Selon Pappé, le restriction britannique ne porte plus que sur Jérusalem mais il ne se rend pas en Palestine. Il gère mal le dossier palestinien auprès de l'unscop. Il ne fait pas l'unanimité dans le monde palestinien (rivalités de clans à Jérusalem, déni de reconnaissance dans les autres villes et villages).

Guerre israélo-arabe de 1948[modifier le code]

Il est mis sur le côté par la ligue arabe qui ne l'invite plus à ses réunions. Il est l'ennemi d'Abdallah qui veut s'approprier l'État palestinien. Il envoie son neveu, Abdel-Kader al-Husseini, diriger à Jérusalem l'Armée de la Guerre Sainte (qui passera de 4000 à 12000 hommes au cours du conflit). Il est contre toute concession à Israël mais n'aura jamais les moyens de sa politique. Israël en fait face au monde l'emblême de l'ennemi qu'il a à combattre. Fin 48, il finit pas être protégé par Farouk pour contrer Abdallah et s'installe à Gaza en tant que dirigeant d'un État palestinien sur toute la Palestine. Suite à l'offensive israélienne du Neguev, il fuit pour le Caire.

De 1949 à 1974[modifier le code]

En 2002, dans une interview donnée à un journal arabe londonien, en langue arabe, son neveu Yasser Arafat parle de lui comme "notre héros", que les Occidentaux ne purent écarter et ajoute, "nous ne sommes pas en Afghanistan" en référence à l'intervention américaine. À une question, il répondit : "Il y eut nombre de tentatives pour se débarrasser de Haj Amin, qu'ils [les occidentaux] considéraient comme un allié des nazis. Mais cependant il vécut au Caire et participa à la guerre de 1948, et j'étais moi-même dans son armée"

([2]).

  1. Cette année-là à Jérusalem, Émile Schreiber, Plon, Paris, 1933.
  2. Note : le 11 mai 1945, le ministère de l'intérieur fait savoir au Quai d'Orsay que Haj Amin était considéré comme le cerveau de l'espionnage allemand dans tous les pays musulmans. ref. David Pryce-Jones, "Jews, Arabs, and French Diplomacy", dans Commentary, mai 2005.