Fayçal Ier (roi d'Irak)

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Fayçal Ier
(ar) فيصل الأول
Illustration.
Le roi Fayçal Ier d'Irak.
Titre
Roi d'Irak

(12 ans et 16 jours)
Premier ministre Abd Al-Rahman al-Gillani
Abd al-Muhsin as-Sa'dun
Jafar al-Askari
Yassin al-Hachimi
Abd al-Muhsin as-Sa'dun
Jafar al-Askari
Abd al-Muhsin as-Sa'dun
Tawfiq al-Suwaidi (en)
Abd al-Muhsin as-Sa'dun
Tawfiq al-Suwaidi (en)
Nouri Saïd
Naji Shawkat (en)
Rachid Ali al-Gillani
Prédécesseur Fonction créée
Abdülmecid II
(calife et sultan ottoman)
Successeur Ghazi Ier
Roi de Syrie

(4 mois et 6 jours)
Premier ministre Rida al-Rikabi
Hachem al-Atassi
Ala ad-Din ad-Durubi Basha
Jamil al-Ulchi
Prédécesseur Fonction créée
Successeur Mandat français en Syrie
Biographie
Dynastie Hachémite
Nom de naissance Fayçal ben el-Hussein ben Ali el-Hâchimi
Date de naissance
Lieu de naissance La Mecque (Empire ottoman)
Date de décès (à 48 ans)
Lieu de décès Berne (Suisse)
Père Hussein ibn Ali
Mère Abdiya bint Abdullah
Conjoint Huzaima bint Nasser
Enfants Ghazi Souverain

Fayçal Ier (roi d'Irak)
Monarques d'Irak
Monarques de Syrie

Fayçal ben Hussein al-Hachimi Eljai (فيصل بن الحسين الهاشمي en arabe), né le 20 mai 1885 à La Mecque et mort le 8 septembre 1933 à Berne, fils de Hussein ben Ali, chérif de La Mecque et roi du Hedjaz, il est lui-même le premier roi d'Irak sous le nom de Fayçal Ier de 1921 à sa mort, après avoir été le premier et unique roi de Syrie du 7 mars au 27 juillet 1920.

Origines familiale et rôle avant la révolte arabe (1885-1916)[modifier | modifier le code]

Il fait partie de la lignée hachémite qui remonterait au prophète Mahomet. Sa famille contrôle les lieux saints de l'islam depuis le XIIe siècle et retire de ce fait un grand prestige dans le monde musulman. Fayçal est le 3e fils du chérif avec deux aînés : Ali (né en 1879) et Abdallah (né en 1882). Il a aussi un jeune demi-frère Zaïed (né en 1898). Les rapports entre les enfants et leur père sont marqués par une extrême rigidité protocolaire. Il est fréquent que les enfants du chérif signent leurs correspondances par « Votre esclave » quand ils s'adressent à leur père[1]. Après une partie de son enfance passé au Hedjaz, il suit son père et ses frères quand ce dernier est appelé, en 1892 à vivre en résidence surveillée à Constantinople par le sultan Abdulhammid II. Les raisons de cette invitation quelque peu forcée sont peu claires. Il semble que la Porte et ses fonctionnaires soupçonnait Hussein de conspirer afin de renverser son oncle, l'émir Awn-al-Rafiq, alors Chérif en titre[2]. Il semble également que Hussein avait déjà tissé des liens avec certains officiers anglais en poste à Djeddah. Un agent du gouvernement d'Abdülhammid, Ratib Pacha, est envoyé au Hedjaz tirer cette affaire au clair. En février 1892, Hussein est formellement invité à se rendre à Constantinople. Un an plus tard, en mars 1893, Fayçal, ses frères, sa grand-mère maternelle et 32 femmes de la suite d'Hussein s'embarquent à Djeddah, à bord du Izzedine, en direction de la capitale ottomane. En raison de conditions climatiques défavorables, ils font halte à Limassos, au sud de Chypre. Là-bas, Fayçal et ses frères voient pour la première fois une femme non-voilé dans la rue. Le jeune Fayçal reçoit là-bas une éducation soignée : 15 jours après leur débarquement à Constantinople, Safwat al 'Awa, un lieutenant seconde classe d'origine damascène, est désigné par rescrit impérial pour être le tuteur de Fayçal[2]. Celui-ci a à coeur que les jeunes hachémites maîtrisent parfaitement le turc et leur interdit de s'exprimer en arabe devant lui. Outre la géographie, l'arithmétique, l'histoire, Fayçal apprend également le français, et quelques rudiments d'anglais. Son père prend personnellement en charge son apprentissage de l'arabe, notamment à travers la lecture du Coran. Cependant, un diplômé de l'Université islamique d'Al-Azhar, Cheikh Muhammad Qadhib Alban, est désigné par son père pour l'élever dans la foi islamique[3]. Il ne revient dans son pays natal que quand son père récupère son poste d'émir et chérif de La Mecque en 1908.

Au début du XXe siècle, le chérif, même s'il jouit d'une grande autonomie vis-à-vis du pouvoir d'Istanbul craint de plus en plus les velléités centralisatrices de la politique des Jeunes-Turcs arrivés au pouvoir en 1908. Le projet d'une extension de la ligne de chemin de fer du Hedjaz jusqu'à La Mecque (dont le terminus originel est Médine) pousse Hussein à entrer en contact avec les nationalistes syriens de Damas et les Anglais du Bureau arabe du Caire.

Fayçal est désigné pour représenter secrètement son père lors des réunions avec les Syriens. En route vers Istanbul, il s'arrête le 26 mars 1915 à Damas, reçu par Ata Pacha Al-Bakri, qui le met en relation avec Al-Fatah et Al-Ahd (deux sociétés secrètes nationalistes). Cette entrevue marque le début d'une alliance entre le chérif et les nationalistes connu sous le nom de « Protocole de Damas (en) ». Fayçal quitte Damas en trompant Djemal Pacha (meneur de l'armée ottomane pendant la Première Guerre mondiale) et lui promettant la venue de 1 500 chameliers hedjazis[4].

Le 5 juin 1916, après la découverte par les Ottomans de la correspondance Hussein-MacMahon, le chérif déclenche la révolte arabe (la thawra), symboliquement marquée par un coup de fusil tiré en l'air à La Mecque, conclusion d'un discours qui attaque les mesures laïcisantes prises par le Comité union et progrès (CUP). Fayçal, dans l'organisation du nouveau gouvernement du Hedjaz, reçoit le ministère de l'Intérieur[5], tandis que son frère Ali devient Premier ministre et Abdallah ministre des Affaires étrangères.

Déclenchement et rôle dans la révolte arabe (avril 1916-octobre 1918)[modifier | modifier le code]

C'est lui qui mène la révolte arabe contre les forces ottomanes. Au départ l'influence de la révolte ne dépasse pas le cadre de la péninsule arabique et se limite à des escarmouches avec les Ottomans et une guérilla dans le désert. La révolte prend une dimension géopolitique de premier plan avec la prise d'Akaba en 1917 où Aouda Abou Taya (sheik de la tribu des Taoueihas) joue un rôle déterminant. En octobre 1918, la prise d'Alep par les forces chérifiennes marque la fin de la campagne du Moyen-Orient et permet à Fayçal de revendiquer la création du grand royaume arabe promis par les Britanniques.

Gouvernement arabe de Damas et action diplomatique (octobre 1918-mars 1920)[modifier | modifier le code]

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Après la campagne de Palestine, qui voit les forces alliées (hachémites et britanniques) remonter vers le nord, en prenant en décembre 1917 Jérusalem, Fayçal participe à la prise de Damas et fait son entrée dans la ville deux jours après les Britanniques et les troupes arabes, le 3 octobre[6]. Sur le plan stratégique, laisser les Hachémites rentrer les premiers dans Damas est sans importance, mais cet élément est capital sur le plan diplomatique car il met en difficulté les Français pour faire valoir ultérieurement leurs prétentions sur la Syrie et le Liban, relativement aux accords Sykes-Picot. Le Royaume-Uni souhaite réviser les accords conclus en 1916 pour obtenir dans leur zone d'influence Mossoul (en raison des grandes réserves pétrolifères de cette région) et la Palestine censée servir de glacis protecteur pour l’Égypte et le canal de Suez passé depuis 1882 sous contrôle britannique).

Il défile accompagné de 1 500 cavaliers arabes dans les rue de Damas, sous les vivats d'une foule en liesse. Réuni à l'hôtel Victoria avec Allenby et Lawrence, il apprend là la future mise sous tutelle de la région. Alors qu'il avait été mis au courant des grandes lignes des accords Sykes-Picot par Lawrence, il se récuse violemment déclarant : « Je refuse d'agréer un officier français, et de façon générale, je m'oppose à toute tutelle française sur la Syrie »[7]. Dès le 4 octobre, il annonce la création du gouvernement civil de Damas qui existe de cette date jusqu'à Khan Mayssaloun. Il se compose (entre autres) de Rida El-Sohl (ministre de l'Intérieur), Faris El-Khoury (ministre des Finances), Sati El-Husri (ministre de l'Éducation). L'ensemble du gouvernement de Damas est composé d'hommes acquis à l'idée nationale arabe. Sous son gouvernement naît, le 8 juin 1919, une Académie de la langue arabe à Damas.

Sur toute la période de son « gouvernement », Fayçal effectue deux longs séjours en Europe afin de promouvoir l'indépendance arabe aux yeux des puissances victorieuses de la Première Guerre mondiale, d'abord de novembre 1918 à avril 1919 (où il est entendu à la conférence de la Paix), puis de septembre 1919 à janvier 1920. Il débarque à Marseille le 26 novembre en compagnie de Nouri Saïd et quelques proches pour être accueilli par Emmanuel Bertrand, un ancien ministre plénipotentiaire à la retraite. Les autorités françaises l’accueille comme un hôte de marque mais ne souhaite pas reconnaître à sa visite un caractère diplomatique. À son arrivé les relations sont ambigües et mêlant une certaine cordialité qui masque en réalité une véritable défiance. Le 1er décembre, vers 10 h du matin, Fayçal arrive à la gare de Belfort. Les Français tiennent à ce que l'émir soit témoin des destructions causées par la guerre dans le Nord-Est de la France, et pour cela lui font visiter les champs de bataille. Le général Gouraud, à Strasbourg remet au hachémite la plaque de grand officier de la Légion d'honneur le 5 décembre 1918[8].

Le 3 janvier 1919, Fayçal rencontre pour la troisième fois Chaïm Weizmann et signe avec lui un accord. Par ce geste tactique il compte obtenir son soutien à la naissance d'une monarchie arabe unifiée. En contrepartie Fayçal reconnaît les « droits historiques » des juifs sur la Palestine.

Il est entendu par le conseil des Dix le 6 janvier 1919 où il déclare : « Le but des mouvements nationalistes arabes est d'unir enfin les Arabes dans une seule nation. Les Arabes attendent des grandes puissances qu'elles les considèrent comme un peuple potentiellement uni, jaloux de sa langue et de sa liberté, et demandent qu'aucune mesure ne soit prise qui contrarierait la perspective d'une union éventuelle dans cette région sous un gouvernement souverain. (…) En un mot, nous vous demandons de ne pas nous imposer toute votre civilisation, mais de nous aider à choisir dans votre expérience ce qui peut le mieux nous servir »[9].

Son second voyage à Paris (octobre 1919 à janvier 1920) accouche le 6 janvier d'un accord où Fayçal, devant l'abandon de ses alliés britanniques, l'indifférence des Américains, est contraint de faire d'énormes concessions sur son futur État : ceci incluant un conseil français sur les questions financières, un second sur les questions des travaux publics, l'arabe est la langue officielle de la Syrie, mais l'enseignement du français est « obligatoire et privilégié ». Enfin Fayçal doit reconnaître l'indépendance d'un Liban unifié sous protectorat français[10]. Ces conditions sont tellement dures que Fayçal a lui-même peu d'espoir qu'elles soient acceptées par les nationalistes syriens.

Il quitte l'Europe le 7 janvier, à bord du navire Waldeck-Rousseau en direction de Beyrouth[11]. Il arrive le 14 du même mois, accueilli au Liban par le Général Gouraud (haut-commissaire depuis le 21 novembre 1919) et Robert de Caix. En arrivant à Damas le 16 janvier, il réunit ses partisans et les notables damascènes, pour leur exposer les grandes lignes de l'accord avec Georges Clemenceau. Cette réunion marque le début des difficultés pour l'émir, car celui-ci n'a en rien préparé son opinion publique (et ses plus fervents soutiens nationalistes) à l'idée d'une entente politique avec la France. Fayçal a parfaitement conscience que le rapport de force militaire est clairement en faveur de la France, et que chercher à se battre frontalement contre celle-ci équivaudrait à une mission suicide. Quand il énonce les revendications françaises, en les édulcorant partiellement, un silence glacial lui répond[11]. Devant ce refus silencieux, Fayçal n'ose même pas leur révéler qu'il a en réalité déjà signé l'accord provisoire avec les Français, et qu'il doit théoriquement revenir courant février pour signer l'accord final, et le présenter à la conférence de la paix. Cependant, le même jour, Georges Clemenceau est battu aux élections présidentielles préliminaires face à Paul Deschanel et se retire définitivement de la vie politique. La disparition politique du Tigre met Fayçal dans une situation extrêmement instable : les nationalistes syriens les plus extrêmes rejettent en bloc l'accord du 6 janvier, alors que le principal artisan de ce texte du côté français s'efface et laisse la place à une administration beaucoup moins encline au compromis avec l'émir. Fayçal est pris au piège de sa propre politique. Dès lors, son action va être totalement paralysée entre l'intransigeance des Français et des nationalistes syriens[12].

Éphémère roi constitutionnel de Syrie (mars à juillet 1920)[modifier | modifier le code]

Le 7 mars 1920, le Congrès national syrien (en) vote l’indépendance de la Syrie et son unité intégrale avec la Palestine et la Transjordanie, et proclame l'émir Fayçal ben Hussein « roi constitutionnel » du Royaume arabe de Syrie sous le nom de Fayçal Ier. Fayçal a tenté d'empêcher cette nomination et cette proclamation, qui signait l'échec de sa politique de coopération avec la France et a même tenté de dissoudre le Congrès.

À l'occasion d'un vote de censure du gouvernement, il déclare : « J'ai créé le Congrès, et ne lui concèderai pas un droit qui pourrait empêcher l'action du gouvernement ». Et Rachid Rida de lui rétorquer sans coup férir : « C'est le congrès qui vous a créé, et vous n'étiez qu'un général parmi les généraux sous le commandement d'Allenby »[13]. Cet échange houleux montre que Fayçal a totalement perdu le contrôle des nationalistes et voit son autorité contestée jusque dans sa légitimité nationale.

Entretemps, les défaites françaises face aux kémalistes en Cilicie tendent considérablement les rapports entre le Haut-commissariat et le pouvoir à Damas. L'affaire de la ligne de train Rayak-Alep (dont Fayçal refuse l'utilisation par les troupes françaises du Levant) font craindre aux diplomates français une possible alliance kémalo-hachémite pour expulser les Français du Levant.

Le 25 avril 1920, la Syrie est placée sous mandat français par la conférence de San Remo. Le 10 juillet se produit un incident que les agents français en poste au Levant juge extrêmement grave : 8 des 12 membres du Conseil consultatif du Liban, organe théoriquement favorable à la présence française, tentent de quitter la zone française pour se rendre à Damas et faire profession de loyauté envers Fayçal[14]. Parmi les huit transfuges figure même le frère du patriarche des maronites, Elias Hoyek, fervent partisan du mandat français sur la Syrie et le Liban. Les Français accusent les 8 membres d'avoir été corrompus par les chérifiens à raison de 40 000 livres égyptiennes, c'est à dire 2 millions de francs de l'époque (la valeur du franc s'est effondrée après la 1ère Guerre mondiale). Arrêtés sur la route de Damas par des agents français, ils sont reconduits à Beyrouth et produisent des aveux complets. Les membres devaient recevoir un acompte d'un quart de la somme et recevoir les 30 000 livres après leur prestation de serment[14]. Les 10 500 livres ont été fournies par un nanti beyrouthain, Aref Na'mani. Cet incident met littéralement le feu aux poudres. Le 14 Juillet 1920, Henri Gouraud envoie un ultimatum au gouvernement de Damas. Le gouvernement a jusqu'au 18 juillet, minuit, pour y répondre favorablement. Cette ultimatum se résume en 5 points[15] :

1) Disposition absolue de la voie ferrée Rayak-Alep, ainsi que des gares de Baalbek, Homs, Hama, Alep et occupation de cette dernière.

2) Abolition de la conscription. L'armée chérifienne doit être ramenée à son effectif du 1er décembre 1919.

3) Acceptation du mandat français, dont l'application se présentera sous forme d'aides et de collaboration.

4) Acceptation de la monnaie syrienne.

5) Châtiment des coupables les plus gravement compromis par leur actes d'hostilité contre nous.

Le 16 juillet, après une échange de télégramme avec le commandant Cousse, agent de liaison français à Damas, Gouraud accepte de proroger de 24h l'ultimatum, en "signe de bonne volonté"[16]. Cédant à l'ultimatum du haut-commissaire, le général Gouraud, et ses partisans étant écrasés par les troupes françaises, dirigées par le général Mariano Goybet, à la bataille de Khan Mayssaloun, le 24 juillet 1920, le roi Fayçal est contraint à l'exil.

Roi d'Irak (1921-1933)[modifier | modifier le code]

Après la conférence du Caire de mars 1921, les Britanniques lui proposent le trône d'Irak, durant la période du Mandat britannique de Mésopotamie. C'est la « solution hachémite »[17] : un moyen commode pour la Grande-Bretagne de maintenir son influence à moindre coût dans une zone qui connaît une agitation permanente depuis la fin de la guerre. À l'inverse de la liesse que manifesta la population de Damas lors de son arrivée en octobre 1918, l'accueil est glacial à Bagdad. Fayçal est couronné le 23 août 1921[18], après un référendum probablement truqué (les scores donnent, en effet, 96% d'approbation et 4% de refus). Dans la mesure où l'Irak à cette époque n'a pas d'hymne officiel, la fanfare, conviée pour l'occasion, joue God save the king, trahissant obliquement que Fayçal doit entièrement son trône aux Anglais. Il mène le pays sur le chemin de l'indépendance, obtenant en 1932 l'autonomie pleine et entière du royaume d'Irak et son adhésion à la Société des Nations. En dépit de ces succès l'Irak reste solidement lié à la Grande-Bretagne, et ne recouvrera sa complète indépendance qu'après la révolte de 1958 et le renversement de Fayçal II.

Durant son règne, il conservera ses opinions panarabes et nationalistes, mais devient plus prudent dans leur expression et dans son action politique. Fayçal ne conçoit pas son pouvoir sans tolérance, spécialement en ce qui regarde la tolérance religieuse. Profondément marqué par le massacre des Assyriens (des chrétiens de rite nestorien, ultra-minoritaires en Irak), il part brutalement le 2 septembre 1933 pour la Suisse[19]. Il s'éteint là-bas le 9 du même mois. Son fils aîné Ghazi Ier devient roi d'Irak la même année.

Dans la fiction[modifier | modifier le code]

Dans le film Lawrence d'Arabie, son rôle est interprété par Alec Guinness.

Hommages[modifier | modifier le code]

Galerie de photographies[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Rémi Kauffer, La saga des Hachémites, Paris, Éditions Perrin, , 701 p. (ISBN 978-2-262-03699-7), p. Chapitre 9 page 107.
  2. a et b (en) Ali A. Allawi, Faisal I of Iraq, New Haven, Yale University Press, , 634 p. (ISBN 978-0-300-12732-4), p. 14
  3. (en) Ali A. Allawi, Faisal I of Iraq, New Haven, Yale Univserity Press, , 634 p. (ISBN 978-0-300-12732-4), p. 16
  4. Rémi Kauffer, La Saga des Hachémites, Paris, Éditions Perrin, , 701 p. (ISBN 978-2-262-03699-7), p. 46-47-48.
  5. Gérard D. Khoury, La Saga des Hachémites, Paris, Éditions Perrin, , 701 p. (ISBN 978-2-262-03699-7), p. 114-115.
  6. Rémi Kauffer, La Saga des Hachémites, Paris, Éditions Perrin, , 701 p. (ISBN 978-2-262-03699-7), p. 293-294.
  7. Rémi Kauffer, La Saga des Hachémites, Paris, Éditions Perrin, , 701 p. (ISBN 978-2-262-03699-7), page 306.
  8. Rémi Kauffer, La Saga des Hachémites, Paris, Éditions Perrin, , 701 p. (ISBN 978-2-262-03699-7), p. 319.
  9. Antoine Hokayem, L'Empire ottoman, les Arabes et les Grandes puissances, Beyrouth, Les Editions universitaires du Liban, , 424 p., p. 105.
  10. Gérard D. Khoury, La France et l'Orient arabe, Paris, Armand Collin, , 417 p. (ISBN 2-200-21322-0), p. 313-314-315-316.
  11. a et b Gérard D Khoury, La France et l'Orient arabe, Paris, Armand Colin, , 417 p. (ISBN 2-200-21322-0), p. 302-303-304.
  12. Gérard D. Khoury, La France et l'Orient arabe, Paris, Armand Colin, , 417 p. (ISBN 2-200-21322-0), p. 305-306-307.
  13. Nadine Picaudou, La décennie qui ébranla le Moyen-Orient, Paris, Champs Histoire, , 272 p. (ISBN 978-2-0814-1563-8), p. 139-140.
  14. a et b Gérard D. Khoury, La France et l'Orient arabe, Paris, Editions Armand Collin, , 419 p. (ISBN 2-200-21322-0), p. 374
  15. (fr + et + ar) Antoine Hokayem et Marie Claude Bittar, L'Empire Ottoman les Arabes et les Grandes Puissances, Beyrouth, Editions universitaires libanaises, , 383 p., p. 337
  16. Gérard D. Khoury, la France et l'Orient Arabe, Paris, Editions Armand Collin, , 418 p. (ISBN 2-200-21322-0), p. 382
  17. Nadine Picaudou, La décennie qui ébranla le Moyen-Orient, Paris, Champs Histoire, , 272 p. (ISBN 978-2-0814-1563-8), p. 152-153.
  18. Rémi Kauffer, La Saga des Hachémites, Paris, Éditions Perrin, , 697 p. (ISBN 978-2-262-03699-7), p. 454-455.
  19. Rémi Kauffer, La Saga des Hachémites, Paris, Éditions Perrin, , 697 p. (ISBN 978-2-262-03699-7), p. 492.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le rêve brisé de Feysal (Premier roi d'Irak), Éditions Jeune Lévrier.
  • La saga des Hachémites, Remi Kauffer, Éditions Perrin, 2012.
  • La décennie qui ébranla le Moyen-Orient (1914-1923), Nadine Picaudou, Éditions Complexes, 1992.
  • La Lutte pour l'indépendance arabe, Patrick Seale, Éditions Fayard, mars 2010.
  • Encyclopédie de l'Islam, 3e édition.
  • L'Empire Ottoman, les Arabes et les Grandes puissances, Antoine Hokayem, Éditions universitaires du Liban, 1981.
  • La France et l'Orient arabe, Gérard D. Khoury, Éditions Armand Colin, juillet 1993.
  • Une tutelle coloniale, le mandat français sur la Syrie et le Liban, Gérard D. Khoury, Éditions Belin, octobre 2006.
  • Faisal I of Iraq, Ali A. Allawi, Yale University Press, 2014.

Liens externes[modifier | modifier le code]