Didier Costes

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Didier Costes
Naissance
Domicile Paris
Nationalité Français
Domaines Physique nucléaire
Institutions Commissariat à l'énergie atomique (CEA)
Diplôme École polytechnique
École nationale des ponts et chaussées
Renommé pour Sûreté nucléaire
Invention du « chien de mer »
Voiliers de vitesse
Dirigeables

Didier Costes est un ingénieur en physique nucléaire, ingénieur général des ponts et chaussées, concepteur de voiliers de vitesse et de dirigeables. Il invente notamment la dérive flottante surnommée « chien de mer » et le concept de « ballon-voile », dirigeable naviguant avec le chien de mer.

Biographie[modifier | modifier le code]

Didier Costes, né en 1926, est le fils de Pierre Costes, ingénieur polytechnicien[1] et chevalier de la Légion d'honneur[2], et de Christine Thomas. Il intègre lui-même l'École polytechnique[3],[4] en 1947 et, à sa sortie, continue ses études supérieures à l'École nationale des ponts et chaussées, dont il sort dans la promotion 1952[5],[6].

Ingénieur général au CEA[modifier | modifier le code]

Il est détaché du corps des ponts et chaussées pour se spécialiser en physique nucléaire et travaille au Commissariat à l'énergie atomique (CEA). Il devient ingénieur en chef puis ingénieur général des ponts et chaussées[3],[7]. Ses travaux concernent notamment la sûreté nucléaire, il émet des recommandations dans ce sens[8]. Il s'occupe aussi de génie parasismique et, de 1984 à 1988, il est le président du comité scientifique de l'AFPS (Association française du génie parasismique)[9].

Voiliers de vitesse[modifier | modifier le code]

Étudiant les voiliers de vitesse, Didier Costes conçoit l'idée d'une dérive flottante, distante du voilier et permettant d'augmenter la voilure. Il l'appelle « chien de mer » et en dépose le brevet en 1966[10].

En 1980 et 1981, il participe à la « semaine de vitesse » à Brest. Il présente son Exoplane, voilier de type prao muni de plusieurs inventions originales destinées notamment à compenser l'effet de gîte, et avec une curieuse voile en forme de parapluie. Ces innovations rendent le voilier très rapide mais difficile à manier et à diriger dans la bonne direction, et la vitesse maximale observée n'est pas homologuée[11],[12]. Il continue à construire des voiliers expérimentaux jusqu'à l'exoplane 5 en 1996[13].

Dirigeables[modifier | modifier le code]

Le CEA charge en 1972 Didier Costes d'étudier la faisabilité d'un dirigeable lourd qui pourrait transporter des charges industrielles et contribuer à la construction de centrales nucléaires[14],[15]. Il publie en 1973 une étude sur le sujet[16].

Contacté par l'architecte Jean Marc Geiser, Didier Costes participe à la conception et assure les calculs du projet de dirigeable Zeppy 2. Il y adapte sa dérive flottante « chien de mer », reliée par un câble à la structure du dirigeable. De premiers essais en ont lieu en février et avril 1992, avec Nicolas Hulot et Gérard Feldzer comme pilotes[15],[17]. Ceux-ci sont satisfaits de l'appareil, et le chien de mer donne satisfaction ; la traversée de l'Atlantique est projetée mais n'est pas tentée, faute de bateau suiveur. La tentative a lieu l'année suivante, en 1993, mais échoue[15]. Costes conçoit alors le Zeppy 3 de taille plus réduite, et avec une meilleure utilisation du « chien de mer »[18]. Ce nouveau concept de dirigeable, naviguant avec le chien de mer, est parfois appelé « ballon-voile »[19].

Didier Costes conçoit par ailleurs le dirigeable Lithium-1000, avec une enveloppe souple et un empennage à ailes en delta, pour des missions d'observation et de sécurité[20]. Il fonde et dirige la société Liftium, et construit le « Liftium 1 », dirigeable de 250 mètres-cubes[21],[22]. Il règle le placement face au vent par pilotage automatique[23]. Il conçoit une enveloppe de dirigeable en forme delta trilobée, se rapprochant de la structure d'une voile et optimisant l'utilisation du chien de mer[19].

De 2003 à 2007, Stéphane Rousson travaille avec Didier Costes pour mettre au point son dirigeable « Aérosail », qui utilise la force du vent pour se propulser, et la technologie du « chien de mer » pour la navigation[7],[17].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Problèmes techniques rencontrés dans l'étude d'un dirigeable transporteur de frêt, Commissariat à l'énergie atomique, 1973.
  • (en) Proceedings of the third International Seminar on the Reliability of Nuclear Power Plants (avec Gerhart I. Schuëller, Jack R. Benjamin, J. F. Witt), North-Holland, 1982.
  • (en) Ultimate Sailing III, Kite sailing (avec B. et C. Roeseler, C.P. Burgess et T. Schmidt), Tony Kitson, 1995
  • (en) Ultimate Sailing IV, progress with Kite and Hapa (avec T. Schmidt, R. Glenross, D. et B. Legaignoux, Peter Lynn), Tony Kitson, 1995.
  • (en) « Starting Fast Reactors Again », dans Valentin Uchanin (dir.) et al., Steam Generator Systems: Operational Reliability and Efficiency, InTech, (ISBN 9533073039 et 978-953-307-303-3, lire en ligne), p. 413-424.
  • Divers articles, introductions, contributions dans des revues scientifiques.

Brevets[modifier | modifier le code]

  • Didier Costes, « Chien de mer », brevet fr. 1 494 784, 1966.
  • Didier Costes, « Aile d’eau à plongeant perceur régulé par le poids », brevet fr. 1594395, 1968.
  • Didier Costes, « Planeur aquatique », brevet fr. 7835008 ou 2443378, 1978.
  • Didier Costes, « Réacteur nucléaire refroidi par un métal liquide et comprenant une cuve posée à fond froid », fr. 80/27759, 1980.
  • Didier Costes, « Système de manutention pour réacteur refroidi au sodium », fr. 10/03351, 2010.
  • Didier Costes, « Sommier étendu pour réacteur refroidi par métal liquide », fr. 10/03352, 2010.
  • Didier Costes, « Collecteur torique pour réacteur à neutrons rapides », fr. 10/04519, 2010.

Didier Costes a déposé environ quatre-vingts autres brevets, surtout dans le domaine du nucléaire[24],[25].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Site de la bibliothèque de l'École polytechnique, onglet « Catalogues de la BCX –> Famille polytechnicienne », recherche « Costes Pierre », résultat : « Costes, Charles Marie Pierre (X 1906 ; 1885-1974) ».
  2. Bottin mondain, années 1951 et suivantes.
  3. a et b De la promotion X1947, cf. le site de l'association des anciens élèves de l'École polytechnique (l'AX) ; la consultation de sa fiche sur ce site de l'AX mentionne aussi le grade de Didier Costes : « ingénieur général des ponts et chaussées et colonies ».
  4. Site de la bibliothèque de l'École polytechnique, onglet « Catalogues de la BCX –> Famille polytechnicienne », recherche « Costes Didier », résultat : « Costes, Didier Marie Dominique Alfred (X 1947) ».
  5. iesf.fr, recherche sur le répertoire du site des Ingénieurs et scientifiques de France.
  6. Recherche sur l’annuaire du site de l’École des ponts (onglets « Réseau » puis « Annuaire », demander Costes Didier) : « Didier Costes Ingénieur 1947 ».
  7. a et b Site endlessflyers.com, « Aerosail ».
  8. Énergie nucléaire : revue de physique et de chimie nucléaires et de génie atomique, vol. 10, Publications techniques associées, 1968, p. 351.
  9. Annales de l'Institut technique du bâtiment et des travaux publics, Fédération nationale des travaux publics, 1986, p. 11.
  10. Site foils.wordpress.com, « Références ».
  11. (en) David Pelly, Faster! Faster! - The Quest for Sailing Speed, Hearst Marine Books, 1984, p. 168 et 170 (Extraits en ligne).
  12. Bateaux, no 295, décembre 1982, p. 118.
  13. (en) Site fionamsinclair.co.uk, « Experimental Boat photographs - Exoplane 5 ».
  14. Pierre Pascallon, Des dirigeables pour demain : Défense et sécurité nationale, L'Harmattan, 2010, p. 39.
  15. a, b et c Site classe5ulm.fr, Le dirigeable « Zeppy 2 ».
  16. Didier Costes, Problèmes techniques rencontrés dans l'étude d'un dirigeable transporteur de frêt, Commissariat à l'énergie atomique, 1973.
  17. a et b (en) Site seaglider.fr, « Seaglider : the long story ».
  18. (en) Proafile, « Zeppy 3 - Across the Med by Wind Powered Airship ».
  19. a et b Site carnetdevol.fr, « Theolia : L'équipe – Didier Costes ».
  20. Pierre Pascallon, Des dirigeables pour demain : Défense et sécurité nationale, L'Harmattan, 2010, p. 45.
  21. (en) Paul Jackson, Kenneth Munson, Lindsay Peacock, Jane's - All the World's Aircraft 2009-2010, Jane's Information Group, 2009, p. 200.
  22. Éric Faure, L'aérostation scientifique : des dirigeables au service de la science, Publications de l'Université de Provence, 2004, p. 11, 12, 91, 192.
  23. Éric Faure, L'aérostation scientifique : des dirigeables au service de la science, Publications de l'Université de Provence, 2004, p. 12.
  24. Site boliven.com, « Didier Costes ».
  25. Site patent.ipexl, « Didier Costes - Inventor ».

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]