Zeppy

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Les Zeppy sont des aérostats à propulsion musculaire français. Les modèles 1 et 3 entrent dans la catégorie des ULM de « classe 5 », alors que le Zeppy 2 fut réalisé pour une tentative de traversée de l'Atlantique.

Zeppy 1[modifier | modifier le code]

Architecte, Jean Marc Geiser est une figure bien connue du milieu des ULM en France. On lui doit les premiers ULM pendulaires et le très profilé G30. En 1985 son fils Luc réalisa un dirigeable monoplace de 130 m3 à propulsion musculaire. Le pilote était assis sur un cadre de style vélo suspendu sous l’enveloppe gonflée à l’hélium et entrainait au moyen d’un pédalier deux hélices de grand diamètre articulées aux bouts d’un bras correspondant au guidon du vélo et constituant le bord d’attaque d’une voilure de faible profondeur. En faisant pivoter ce bras vers le haut ou le bas on obtenait le pilotage dans le plan vertical. Capable de voler à 20 km/h, cet appareil se révéla maniable[1].

Victime d'un accident de plongée, Luc Geiser disparut en 1987, mais son père reprit ses travaux et travailla avec Didier Costes, ingénieur qui depuis 1972 étudiait le transport de charges lourdes par dirigeables. Les deux hommes imaginèrent un développement progressif d’aérostats de plus en plus gros à partir du Zeppy en commençant par des dirigeables destinés aux prises de vue aériennes.

Publié au Journal Officiel du 24 mars 2004, un arrêté du 4 mars 2004 créait la Classe 5 ULM, recouvrant des dirigeables de faible puissance mono ou biplaces dont l’enveloppe ne dépasse pas 2 000 m3 (900 m3 en cas d’utilisation de l’hélium). Président de l’association Endlessflyers, Stéphane Rousson décida alors de traverser la Manche avec le plus petit dirigeable au monde et prend contact avec Jean Marc Geiser qui accepta de lui céder le Zeppy 1. Remis en état avec l’aide du Musée de l’air, l’aérostat effectua ses premiers vols sous entraves le 22 juin 2005 au Bourget. Il avait subi entretemps un certain nombre de modifications : dérive redessinée et avancée, plans horizontaux supprimés et les hélices rendues indépendantes, améliorant la maniabilité du dirigeable par leur action différentielle.

Stephane Belgrand Rousson realise le premier vol libre le 1er août 2005 sur l’aérodrome de Rouen-Boos et une démonstration publique organisée le 23 octobre suivant sur le port de Rouen[2]. Début novembre le Zeppy évoluait à l’intérieur du Grand Palais à l’occasion de l’exposition Passion Transports organisée pour célébrer la réouverture du bâtiment[1].

Utilisé ensuite pour diverses manifestations, l'aérostat a subi diverses modifications en 2006 : la nacelle a été entièrement revue, le pilote occupant une position semi-allongée. Sélectionné pour la campagne publicitaire internationale de McDonald's 2007-2008, Stephane Belgrand Rousson trouva le financement nécessaire pour tenter la traversée de la Manche avec son aérostat rebaptisé Melle Louise. Une première tentative eut lieu le 10 juin 2008 mais Stéphane Rousson dut renoncer en raison de vents trop violents pour son aérostat. Reparti de la plage de Hythe, près de Douvres, le 28 septembre à 8h15, il dut renoncer à nouveau à 18 km des côtes françaises et rejoindre le navire de soutien : un vent contraire s’était levé durant la tentative, le repoussant vers son point de départ[3].

Il s’est depuis installé dans le hangar à dirigeables d’Écausseville, dans la Manche, et tente de financer ses projets en commercialisant des vols indoor.

Zeppy 2[modifier | modifier le code]

Fort de ses premiers succès avec le Zeppy 1, Luc Geiser ambitionnait de traverser l’Atlantique avec une version biplace de son aérostat. Fondée en 1981 pour rendre l’aviation accessible à des personnes venant de milieux en difficulté, l’Association Jonathan reprit le projet à son compte en 1989, chargeant Jean Marc Geiser de diriger le projet et Didier Costes du dossier calcul. Tandis qu’une série de maquettes étaient testées en 1990 la chaine de grands magasins Continent décida de sponsoriser le projet.

Immatriculé F-WHYH le Zeppy 2 se présentait comme un ballon semi-rigide dont l’enveloppe de 622 m3, gonflée à l’hélium possédait une quille tubulaire en fibre de carbone. Cette enveloppe recevait deux plans horizontaux en tubes de carbone entoilés d’une surface totale de 27 m2 contribuant à la portance et assurant la maniabilité dans le plan vertical et une dérive de 18 m2 comportant une gouverne de direction. La nacelle à déplacement pendulaire était traitée comme une embarcation de sauvetage insubmersible. Réalisée en sandwich PVC-tissu de verre, elle était largable, pouvait être fermée par un film souple et reposait au sol sur une roulette amovible. L’ensemble était propulsé par deux postes de pédalage, une transmission souple par câble en kevlar et une hélice arrière en sandwich carbone-epoxy de 4,8 m de diamètre. La seconde particularité de cet aéronef était de pouvoir naviguer au vent tel un voilier des airs. L’appareil disposait également d’une dérive marine stabilisée en bout de câble appelée « chien de mer » et d’une propulsion auxiliaire électrique, un moteur de 250 watts embrayable sur l’hélice étant alimenté par 8 m2 de panneaux solaires répartis sur les plans horizontaux.

Assemblé dans un hangar de Réau-Villaroche durant le second semestre 1991, le Zeppy 2 y réalisa ses premiers essais sous entrave piloté par Hervé Kuhlmann avant de rejoindre par la route Huelva, en Espagne, où Jonathan avait fait assembler un hangar en tubes et toile pour abriter l’aérostat. Entre février en avril 1992 le Zeppy 2 effectua de nombreux essais, facilités par la présence à l’arrière de la nacelle d’un moteur à essence de 20 ch. Les alizés n’étant pas au rendez-vous la tentative est finalement reportée. Ce report fut mis à profit pour porter la capacité de l’enveloppe 740 m3. Décision fut également prise de conserver le moteur à essence, facilitant les manœuvres près du sol, et de partir de Tenerife où un hangar démontable fut installé en février 1993.

Le Zeppy 2 prit l’air le 12 mars 1993 avec Nicolas Hulot et Gérard Feldzer à bord. Le 16 mars le « Chien de Mer » devenait inutilisable et une bourrasque poussait le Zeppy vers le Brésil où la météo n’était pas bonne. Alors que l’équipage tentait de s’amarrer au bateau suiveur la cabine toucha l’eau. Ballotés de toute part les deux hommes tentèrent de larguer la nacelle, échouèrent et finirent par se jeter à l’eau d’une hauteur de 6 m pour éviter d’être emportés dans un aérostat qui avait perdu sa maniabilité et une partie de ses équipements. L’aérostat était perdu et Gérard Feldzer, une vertèbre cassée, fut évacué au Cap-Vert[4].

L'idée d’une traversée de l’Atlantique a depuis été relancée par Stephane Belgrand Rousson avec le projet Theolia Windream One lancé en juin 2007.

Zeppy 3[modifier | modifier le code]

Le Paris Green Air Show 2010 a été l’occasion pour Stephane Belgrand Rousson de présenter au Bourget en juin 2010 ce voilier des airs de 200 m3 gonflé à l’hélium avec lequel il espère pouvoir traverser la Méditerranée de Toulon à Calvi à la seule force du vent. Sur ce nouvel aérostat le pilote est assis en position semi-allongée et la navigation doit être assurée par le « chien de mer » mis au point par Didier Costes pour le Zeppy 2. Le nom du ballon changera en 2014 pour se dénommer Aérosail et éviter la confusion avec le Zeppy 3 de Costes et Geiser.

À noter qu’à l’occasion des montgolfiades de Praz-sur-Arly en janvier 2001 Jean Marc Geiser avait présenté un projet de dirigeable souple de 900 m3 (ULM classe 5) également baptisé Zeppy 3. Le Zeppy 3 fait partie de la catégorie des voiliers des airs.

Sources[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]