Demospongiae

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Les démosponges (Demospongiae ou Demospongea, du grec dēmos 'peuple' et spoggiá 'éponge') sont des organismes métazoaires, d'organisation très simple. Elles ne sont pas organisées en feuillet. Il n'y a pas de tissus car pas d'adhésion cellulaire. On les appelle également silicosponges. Elles appartiennent à l'ancien embranchement des Spongiaires, Éponges ou Porifera, aujourd'hui éclaté en quatre Classes: les démosponges, les hexactinellides, les éponges calcaires et les homoscleromorphes. Des données phylogénétiques moléculaires ont en effet montrés que les homoscleromorphes ne sont pas des démosponges, les homoscleromorphes forment donc une quatrième classe d'éponges[1].

Les démosponges occupent tous les environnements aquatiques sur Terre, des plaines abyssales aux eaux douces. Ces organismes adultes sont fixés, seule la larve est mobile et facilite leur dissémination.

Histoire[modifier | modifier le code]

Des traces fossiles enregistrés par les sédiments marins (24-isopropylcholestanes, hydrocarbure issu des stérols C30 produit par les démosponges marines) laissent penser que les démosponges étaient déjà abondamment présentes il y a plus de 600 ou 700 millions d'années y compris dans les mers durant la période glaciaire du Néoprotérozoïque (1,000–542 millions d'années avant nos jours)[2]. Cependant, aucun fossile de démosponges n'a été trouvé dans le Néoprotérozoïque. Les premiers fossiles de démosponges datent du Cambrien: le fossile de démosponge le plus ancien fut trouvé dans le Groenland et date d'environ 515 millions d'années (Cambrien série 2, étage 3), il semble appartenir aux Heteroscleromorpha[3].

Structure[modifier | modifier le code]

Toutes les démosponges sont de type leucon et raghon (le type le plus complexe d'Éponges). Le squelette plus ou moins rigide est constitué de spicules, de nature siliceuse ou de spongine, présentant une (monactine) à quatre (tétractine) pointes. Certaines spicules peuvent être de grande taille (mégasclères). Elles sont indispensables à la structure de l'animal. D'autres, plus petites (microsclères), sont noyées dans le parenchyme.

Nutrition[modifier | modifier le code]

Les choanocytes des chambres choanocytaires créent un courant d'eau grâce au battement de leur flagelle. Le dioxygène et les particules alimentaires (Dinoflagellés, Bactéries, particules organiques détritiques…) sont capturés par ces mêmes choanocytes. La digestion est intracellulaire. Certaines espèces vivant à de grandes profondeurs sont carnivores, comme Cladorhiza abissicola. Elles ne possèdent alors pas de système aquifère permettant un courant d'eau; le dioxygène diffuse simplement à travers l'organisme. Les déchets sont évacués au niveau de pores exhalants.

Reproduction[modifier | modifier le code]

La plupart des espèces de démosponges sont hermaphrodites. Les spermatozoïdes sont émis au niveau de pores exhalants et nagent librement jusqu'au pore inhalant d'un autre individu. La fécondation a lieu dans l'Éponge réceptrice. Il peut y avoir formation d'œufs, voire développement d'embryons dans l'Éponge mère. Les larves sont ensuite libérées et nagent jusqu'à un support sur lequel elles se fixent.

Systématique[modifier | modifier le code]

Phylogénie[modifier | modifier le code]

Avec le développement de la systématique moléculaire, il a été possible de vérifier les hypothèses sur l'homologie morphologique et les hypothèses évolutives qui en découlent. Plusieurs d'espèces de Demospongiae ont été séquencées pour un fragment de l'ADNr 28S. Celles qui ont été examinées dans les Astrophorida présentaient de nombreuses particularités morphologiques et certains de ces caractères ont pu être réévalués d'après les données moléculaires. Les résultats sont en contradiction avec la classification historique. La classification est donc bouleversée[4].

Liste des ordres et genres[modifier | modifier le code]

Auparavant, la classification classique était, selon le World Porifera Database de World Register of Marine Species (24 juin 2014)[5] :

Plus récemment, Morrow & Cárdenas (2015)[6] proposent une révision en profondeur des Demospongiae, prenant en compte les résultats de phylogénie moléculaire de ces vingt dernières années. Morrow & Cárdenas (2015)[6] proposent de regrouper les ordres dans trois sous-classes: Heteroscleromorpha, Verongimorpha et Keratosa. De 13 ordres auparavant (voir ci-dessus), on passe à 22 ordres: Morrow & Cárdenas (2015)[6] proposent l'abandon de cinq ordres, considérés comme polyphylétiques (Hadromerida, Halichondrida, Halisarcida, "Lithistida", Verticillitida). Ils ressuscitent ou élèvent six ordres supplémentaires (Axinellida, Merliida, Spongillida, Sphaerocladina, Suberitida, Tetractinellida). Enfin, ils créent sept nouveaux ordres (Bubarida, Desmacellida, Polymastiida, Scopalinida, Clionaida, Tethyida, Trachycladida). Ces propositions ont été rapidement adoptés par le World Porifera Database de World Register of Marine Species (2 août 2015)[7] :

Sous-classe Heteroscleromorpha Cárdenas, Pérez, Boury-Esnault, 2012

Sous-classe Verongimorpha Erpenbeck et al., 2012

Sous-classe Keratosa Grant, 1861

Certaines espèces[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références taxinomiques[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. (en) E. Gazave, P. Lapébie, A.V. Ereskovsky, J. Vacelet, E. Renard, P. Cárdenas et C. Borchiellini, « No longer Demospongiae: Homoscleromorpha formal nomination as a fourth class of Porifera », Hydrobiologia, vol. 687, no 1,‎ , p. 3-10 (DOI 10.1007/s10750-011-0842-x)
  2. (en) Gordon D. Love, Emmanuelle Grosjean, Charlotte Stalvies et David A. Fike, « Fossil steroids record the appearance of Demospongiae during the Cryogenian period », Nature, vol. 457,‎ , p. 718-721 (ISSN 0028-0836, DOI 10.1038/nature07673, lire en ligne)
  3. (en) Joseph P. Botting, Paco Cárdenas et John S. Peel, « A crown-group demosponge from the early Cambrian Sirius Passet Biota, North Greenland », Palaeontology, vol. 58,‎ , p. 35-43 (ISSN 1475-4983, DOI 10.1111/pala.12133, lire en ligne)
  4. Chombard Catherine, Les Demospongiae à asters : phylogénie moléculaire et homologie morphologique, Muséum national d'histoire naturelle,‎ (résumé)
  5. 'World Porifera Database' de 'World Register of Marine Species', consulté le 24 juin 2014
  6. a, b et c (en) Christine Morrow et Paco Cárdenas, « Proposal for a revised classification of the Demospongiae (Porifera) », Frontiers in Zoology, vol. 12,‎ , p. 7 (ISSN 1742-9994, PMID 25901176, PMCID 4404696, DOI 10.1186/s12983-015-0099-8, lire en ligne)
  7. 'World Porifera Database' de 'World Register of Marine Species', consulté le 2 août 2015