David Chassé

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Chassé (homonymie).
David Chassé
Image illustrative de l'article David Chassé

Naissance
Thiel (Gueldre)
Décès (à 84 ans)
Paris
Origine Prinsenvlag.svg Provinces-Unies
Allégeance Prinsenvlag.svg Provinces-Unies
Drapeau de la France République française
Flag of the Batavian Republic.svg République batave
Drapeau du Royaume de Hollande Royaume de Hollande
Drapeau de l'Empire français Empire français
Drapeau des Pays-Bas Royaume des Pays-Bas
Grade Général de division
Années de service 17751845
Conflits Guerres de la Révolution
Guerres napoléoniennes
campagne des Dix-Jours
Commandement commandant de la région militaire d'Anvers
Faits d'armes Bataille de Durango
Bataille de Talavera
Bataille d'Almonacid
Bataille d'Ocana
Bataille des Pyrénées
Bataille de Waterloo
Siège d'Anvers
Distinctions Baron d'Empire
Officier de la Légion d'honneur
Commandant de l'ordre de l'Union
Grand-croix de l'ordre militaire de Guillaume

Le baron David Hendrik Chassé[1], né le à Thiel (Gueldre), mort le à Paris, est un général néerlandais qui combattit à la fois pour et contre l'Empire.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Fils d'un major de l'infanterie au régiment de Munster. Il est descendant d'une famille originaire de France qui se fixe en Hollande, à la suite de la révocation de l'édit de Nantes.

Il entre dans l'armée des Provinces-Unies (l'armée des États (en)) en tant que cadet en 1775, est nommé lieutenant en 1781, et capitaine en 1787.

Soldat des armées révolutionnaires françaises[modifier | modifier le code]

Après la révolution de Hollande de 1787, pendant laquelle il s'attache au parti des patriotes, ce qui lui vaut d'être chassé de l'armée des Province-Unies, il s'expatrie et prend du service dans les armées françaises, où il obtient en 1793, le grade de lieutenant-colonel dans la Légion batave. Il se distingue aux batailles de Mouscron, de Willemstad et de Hooglede, rentre dans sa patrie en 1795, avec l'armée de Pichegru et la quitte bientôt pour faire les campagnes d'Allemagne en 1796, sous les ordres du général Daendels. Les britanniques ayant fait en 1799, une descente sur les côtes de la Hollande, le colonel Chassé commande un corps de chasseurs bataves, qui se bat pendant plusieurs heures avec acharnement contre les troupes britanniques beaucoup plus nombreuses à la bataille de Callantsoog (ou Groote Keeten). Il assiste aussi aux batailles de Alkmaar, de Bergen, et de Castricum.

Il assiste au siège de Wurtzbourg, reprend une batterie sur les Autrichiens, et fait quatre cents prisonniers lors de l'affaire du 27 décembre 1800. Il est nommé colonel en 1803 et général-major en 1806.

Général d’Empire[modifier | modifier le code]

Guerre d'Espagne[modifier | modifier le code]

Il sert dans la guerre contre la Prusse en 1805 et 1806, sous les ordres du général Jean-Baptiste Dumonceau. Mais c'est surtout dans la guerre d'Espagne que le général Chassé se fait remarquer, et donne des preuves de la plus grande intrépidité. Par là il commande la Brigade hollandaise de 1808 à 1810 et puis une brigade française. Pour récompenser les services qu'il vient de rendre le roi Louis Bonaparte le crée baron avec une dotation de trois mille florins sur ses domaines, et le nomme commandant de l'ordre de l'Union. Pendant les six années qu'a duré cette guerre meurtrière, le général Chassé est toujours resté en Espagne, et s'est trouvé aux batailles de Durango, de Mesas de Ibor, de Talavera de la Reyna, d'Almonacid, où il contribue puissamment au succès de cette journée et d'Ocaña.

Après la "réunion" du Royaume à l'Empire en 1810, il entre au service de la france, d'abord avec le grade de général de brigade, et commande une brigade française. Il se distingue encore pendant la bataille du Bataille du col de Maya (en) dans les Pyrénées, où il sauve le corps d'armée du comte d'Erlon, à la tête des 8e, 28e et 34e de ligne, et du 16e d'infanterie légère. La décoration d'officier de la Légion d'honneur est la récompense de ce fait d'armes, et le duc de Dalmatie, Soult demande pour lui le grade de lieutenant-général qu'il obtient finalement en quittant le service de France.

Napoléon Ier qui le surnomme le général Baïonnette, à cause de l'usage fréquent et heureux qu'il fait de cette arme, le fait baron de l'Empire par décret du 30 juin 1811. Au mois de janvier 1813, il reçoit l'ordre de partir en poste avec ses quatre régiments, pour aller rejoindre la Grande Armée aux environs de Paris.

Campagnes d’Allemagne et de France (1814)[modifier | modifier le code]

Le 27 février, il attaque avec les débris de ces régiments, une colonne de 6 000 Prussiens, soutenue par une batterie de six pièces de canon en position sur un plateau près de Bar-sur-Aube, et après la retraite de l'infanterie, il soutient à trois reprises les attaques les plus opiniâtres de la cavalerie. Il est blessé à cette affaire et dans les deux campagnes de 1813 et 1814, il a trois chevaux tués et deux blessés.

Général de l’armée du Royaume des Pays-Bas[modifier | modifier le code]

Après la première capitulation de Paris, il rentre aux Pays-Bas et le nouveau prince souverain des Pays-Bas, Guillaume Ier des Pays-Bas l'admet dans son armée le 20 avril 1814, avec le grade de lieutenant-général.

À la bataille de Waterloo en 1815, le général Chassé dirige la 3e division Belgo-Néerlandaise, d'abord placée en reserve sur l'aile droite de l'armée alliée. Vers 20 heures, voyant la Moyenne Garde se diriger sur une batterie britannique qui a interrompu son feu, faute de munitions, fait avancer au galop une batterie de l'artillerie volante sous les ordres du capitaine Krahmer. Laquelle force les assaillants à se retirer en désordre, laissant le plateau du mont Saint-Jean couvert de morts et de blessés. Il sut profiter de cet avantage pour exécuter, à la tête de la 1re brigade de la 3e division (du colonel Detmers), une charge à la baïonnette qui, coïncidant avec le mouvement général de l'armée britannique dans ce moment, a le résultat le plus complet. Wellington a reconnu par une lettre rendue publique, le service rendu dans cette circonstance par cet officier général.

Par la suite, le général Chassé est placé à la tête du 4e grand commandement militaire du royaume des Pays-Bas, dont le quartier général est à Anvers, avec le titre de général d'infanterie.

Pendant l'insurrection de Belgique, il est envoyé à Anvers comme commandant en chef. Le 26 octobre, les troupes de volontaires belges entrent dans la ville. Pour éviter les combats de rue, Chassé ordonne à ses troupes de se retirer dans la citadelle et conclut un cessez-le-feu avec le commandement belge. Les volontaires belges, peu disciplinés, ne respectent pas la trêve et le 27 octobre 1830 au matin, ils se remettent à tirer sur les « Hollandais ». Chassé répugne à bombarder la ville, mais le duc de Saxe-Weimar le lui ordonne[2].

Les bâtiments échelonnés le long des quais dans l'Escaut, et sur lesquels on tire, répondent par des bordées, et à ce signal, le feu commence depuis la forteresse Tête de Flandre et depuis la citadelle, où le général Chassé fait arborer le drapeau noir. Le bombardement dure depuis quatre heures jusqu'à plus de dix heures du soir. Cet acte, qui cause de graves dégâts et coûte la vie de quatre-vingt-cinq personnes[3], reçoit l'approbation du roi des Pays-Bas qui envoie au général Chassé la grand-croix de l'ordre militaire de Guillaume. Par ailleurs, la population d'Anvers abandonne toute la sympathie qu'elle peut encore avoir envers les Pays-Bas.

Le 2 août 1831, c'est lui qui rompt l'armistice conclu le 30 octobre entre les Hollandais et les Belges (début de la campagne des Dix-Jours). Le roi des Belges Léopold Ier, réclame l'intervention d'une armée française. Cette armée, commandée par le maréchal Gérard, entre en Belgique en effet le 10 août et dès le 13, les Hollandais refusent le combat, rentrent dans leurs frontières et la campagne est terminée. En novembre 1832, le maréchal Gérard franchit de nouveau la frontière, et le 19, se trouve sous les murs d'Anvers.

Le 30 novembre, le maréchal Gérard somme le général Chassé de lui livrer la citadelle, et sur son refus commence le siège. Chassé résiste bravement face à des troupes dix fois supérieures. Après vingt-quatre jours et vingt-cinq nuits d'une lutte acharnée, Chassé capitule le 23 décembre et est déclaré prisonnier de guerre avec les 5 000 hommes qui composent la garnison. Il est libéré en 1833.

Il prit sa pension en 1841 et meurt en 1849.

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes[modifier | modifier le code]

  1. sur la base LEONORE
  2. Jean Stengers, Histoire du sentiment national en Belgique des origines à 1918, tome 1, Les Racines de la Belgique, éditions Racine, Bruxelles, 2000 (ISBN 2-87386-218-1), p. 199-200
  3. Jean Stengers, op. cit., p. 200.

Sources[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]