David Chassé

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David Chassé
Image illustrative de l'article David Chassé

Naissance 18 mars 1765
Thiel
Décès 2 mai 1849
Paris
Origine Prinsenvlag.svg Provinces-Unies
Allégeance Prinsenvlag.svg Provinces-Unies
Drapeau français République française
Flag of the Batavian Republic.svg République batave
Flag of the Netherlands.svg Royaume de Hollande
Drapeau de l'Empire français Empire français
Flag of the Netherlands.svg Royaume des Pays-Bas
Grade Général
Années de service 1775 – 1845
Conflits
Commandement
  • commandant de la région militaire d'Anvers
Faits d'armes
Distinctions
Hommages baron d'Empire

Le baron David Henri Chassé[1] (le 18 mars 1765 au 2 mai 1849) est un militaire néerlandais qui combattit à la fois pour et contre Napoléon.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Chassé est né à Tiel en Gueldre, fils d'un major de l'infanterie au régiment de Munster. Il est descendant d'une famille originaire de France qui se fixa en Hollande, à la suite de la révocation de l'édit de Nantes.

Il entre dans l'armée des Provinces-Unies (l'armée des États (en)) en tant que cadet en 1775 ; fut nommé lieutenant en 1781 ; capitaine en 1787.

Soldat des armées révolutionnaires françaises[modifier | modifier le code]

Après la révolution de Hollande de 1787, pendant laquelle il s'attacha au parti des patriotes, ce qui lui valut d'être chassé de l'armée des Province-Unies, il s'expatria et prit du service dans les armées françaises, où il obtint, en 1793, le grade de lieutenant-colonel dans la Légion batave. Il se distingua aux batailles de Mouscron, Willemstad et Hooglede; rentra dans sa patrie en 1795, avec l'armée de Pichegru et la quitta bientôt pour faire les campagnes d'Allemagne, en 1796, sous les ordres du général batave, Daendels. Les Britanniques ayant fait, en 1799, une descente sur les côtes de la Hollande, le colonel Chassé commanda un corps de chasseurs bataves, qui se battit pendant plusieurs heures avec acharnement contre les troupes britanniques beaucoup plus nombreuses à la bataille de Callantsoog (ou Groote Keeten) (en). Ils assistèrent aussi aux batailles de Alkmaar, de Bergen, et de Castricum.

Il assista au siège de Wurtzbourg ; reprit une batterie sur les Autrichiens, et fit quatre cents prisonniers lors de l'affaire du 27 décembre 1800. Il fut nommé colonel en 1803 ; général-major en 1806.

Général d’Empire[modifier | modifier le code]

Guerre d'Espagne[modifier | modifier le code]

Il servit dans la guerre contre la Prusse, en 1805 et 1806, sous les ordres du général d'origine belge Jean-Baptiste Dumonceau. Mais c'est surtout dans la guerre d'Espagne que le général Chassé se fit remarquer, et donna des preuves de la plus grande intrépidité. Par là il commande la Brigade hollandaise du Royaume de Hollande de 1808 à 1810 et puis une brigade française. Pour récompenser les services qu'il venait de rendre, le roi Louis Bonaparte le créa baron avec une dotation de trois mille florins sur ses domaines, et le nomma commandant de l'ordre de l'Union. Pendant les six années qu'a duré cette guerre meurtrière, le général Chassé est toujours resté en Espagne, et s'est trouvé aux batailles de Durango; de Mesas de Ibor; de Talavera de la Reyna; d'Almonacid, où il contribua puissamment au succès de cette journée; et d'Ocaña. Après la "réunion" du Royaume à l'Empire en 1810, il entra la service française, d'abord en grade de général de brigade, et commanda une brigade française. Il se distinguère encore pendant la bataille du Bataille du col de Maya (en) pendant la bataille des Pyrénées, où il sauva le corps d'armée du comte d'Erlon, à la tête des 8e, 28e et 34e de ligne, et du 16e d'infanterie légère. La décoration d'officier de la Légion d'honneur fut la récompense de ce fait d'armes, et le duc de Dalmatie, Soult demanda pour lui le grade de lieutenant-général qu'il obtiendra finalement en quittant le service de France. Napoléon Ier, qui le surnommait le général Baïonnette, à cause de l'usage fréquent et heureux qu'il fit de cette arme, le nomma baron de l'Empire, par décret du 30 juin 1811. Au mois de janvier 1813, il reçut l'ordre de partir en poste avec ses quatre régiments, pour aller rejoindre la Grande Armée aux environs de Paris.

Campagnes d’Allemagne et de France (1814)[modifier | modifier le code]

Le 27 février, il attaqua avec les débris de ces régiments, une colonne de six mille Prussiens, soutenue par une batterie de six pièces de canon, en position sur un plateau près de Bar-sur-Aube ; et après la retraite de l'infanterie, il soutint à trois reprises les attaques les plus opiniâtres de la cavalerie. Il fut blessé à cette affaire et dans les deux campagnes de 1813 et 1814, il eut trois chevaux tués et deux blessés.

Général de l’armée du Royaume des Pays-Bas[modifier | modifier le code]

Après la première capitulation de Paris, il rentra aux Pays-Bas et le nouveau prince souverain des Pays-Bas, Guillaume Ier des Pays-Bas l'admit dans son armée, le 20 avril 1814, avec le grade de lieutenant-général.

À la bataille de Waterloo, en 1815, le général Chassé dirigea la 3e division Belgo-Néerlandaise, d'abord placée en reserve sur l'aile droite de l'armée alliée. Vers 20 heures, voyant la Moyenne Garde se diriger sur une batterie britannique qui avait interrompu son feu, faute de munitions, fit avancer au galop une batterie de l'artillerie volante sous les ordres du capitaine Krahmer. Laquelle força les assaillants à se retirer en désordre, laissant le plateau du mont Saint-Jean couvert de morts et de blessés. Il sut profiter de cet avantage pour exécuter, à la tête de la 1e brigade de la 3e division (du colonel Detmers), une charge à la baïonnette qui, coïncidant avec le mouvement général de l'armée britannique dans ce moment, eut le résultat le plus complet. Wellington a reconnu, par une lettre rendue publique, le service rendu, dans cette circonstance, par cet officier général.

Par la suite, le général Chassé fut placé à la tête du 4e grand commandement militaire du royaume des Pays-Bas, dont le quartier général était à Anvers, avec le titre de général d'infanterie.

Pendant l'insurrection de Belgique, il fut envoyé à Anvers, comme commandant en chef. Le 26 octobre, les troupes de volontaires belges entrèrent dans la ville. Pour éviter les combats de rue, Chassé ordonna à ses troupes de se retirer dans la citadelle et conclut un cessez-le-feu avec le commandement belge. Les volontaires belges, peu disciplinés, ne respectèrent pas la trêve et le 27 octobre 1830 au matin, ils se remirent à tirer sur les « Hollandais ». Chassé répugnait à bombarder la ville, mais le duc de Saxe-Weimar le lui ordonna[2].

Les bâtiments échelonnés le long des quais dans l'Escaut, et sur lesquels on tirait, répondirent par des bordées ; et, à ce signal, le feu commença depuis la forteresse Tête de Flandre et depuis la citadelle, où le général Chassé fit arborer le drapeau noir. Le bombardement dura depuis quatre heures jusqu'à plus de dix heures du soir. Cet acte, qui causa de graves dégâts et coûta la vie de quatre-vingt-cinq personnes[3], reçut l'approbation du roi des Pays-Bas qui envoya au général Chassé la grand-croix de l'ordre militaire de Guillaume. Par ailleurs, la population d'Anvers abandonna toute la sympathie qu'elle pouvait encore avoir envers les Pays-Bas.

Le 2 août 1831, c'est lui qui rompt l'armistice conclu le 30 octobre entre les Hollandais et les Belges (début de la campagne des Dix-Jours). Le roi des Belges, Léopold Ier, réclama l'intervention d'une armée française. Cette armée, commandée par le maréchal Gérard, entra en Belgique en effet le 10 août et dès le 13, les Hollandais refusèrent le combat, rentrèrent dans leurs frontières et la campagne fut terminée. En novembre 1832, le maréchal Gérard franchit de nouveau la frontière, et, le 19, se trouva sous les murs d'Anvers.

Le 30 novembre, le maréchal Gérard somma le général Chassé de lui livrer la citadelle, et sur son refus commença le siège. Chassé résista bravement face à des troupes dix fois supérieures. Après vingt-quatre jours et vingt-cinq nuits d'une lutte acharnée, Chassé capitula le 23 décembre et fut déclaré prisonnier de guerre avec les cinq mille hommes qui composaient la garnison. Il fut libéré en 1833.

Il prit sa pension en 1841 et mourut en 1849.

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Notes[modifier | modifier le code]

  1. sur la base LEONORE
  2. Jean Stengers, Histoire du sentiment national en Belgique des origines à 1918, tome 1, Les Racines de la Belgique, éditions Racine, Bruxelles, 2000 (ISBN 2-87386-218-1), p. 199-200.
  3. Jean Stengers, op. cit., p. 200.

Sources[modifier | modifier le code]