Développement No code

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No code est une approche du développement de logiciels permettant de créer et de déployer des logiciels (le plus souvent des applications web ou mobiles) sans écrire de code informatique, grâce à l'utilisation de plateformes de développement No code (en)[1]. La plupart de ces plateformes permettent aux entreprises et aux particuliers de concevoir et de déployer des logiciels via une interface graphique reposant sur le principe de "glisser-déposer"[2], sans nécessiter de connaissances en programmation informatique[3].

Origines de l'approche No code[modifier | modifier le code]

L'approche No code tire ses origines des systèmes de gestion de contenu et des éditeurs HTML WYSIWYG tels que WordPress et Adobe Dreamweaver[4], deux logiciels apparus dans les années 2000 facilitant la création de sites web pour les non développeurs. Le terme No code est cependant apparu plus tard, dans les années 2010[5], avec l'arrivée de plateformes toujours plus nombreuses promettant de démocratiser toujours plus le développement logiciel et se commercialisant sous la bannière "No code". Cette recrudescence de plateformes diverses intervient dans un contexte de pénurie sur le marché du travail : en manque de développeurs, de plus en plus d'entreprises se tournent vers le No code pour créer des applications plus rapidement et à moindre coût[6]. Preuve de la croissance du marché : sur la seule année 2021, les acteurs du No code ont levé plus de 4 milliards d'euros[7]. L'approche est également de plus en plus soutenue par les grandes entreprises technologiques telles que Google[8], Microsoft[9], Salesforce[10], Oracle[11] ou SAP[12]

Le No code en France[modifier | modifier le code]

Le No code s'est particulièrement développé en France grâce à la création en 2019 de la communauté No-Code France[13] ( Qui regroupe en 2023, 9 000 membres). Cette communauté, composée de No-Codeurs, No-Codeuses, passionné·e·s ou professionnelle, propose également des évènements[14], des lives Twitch[15] ou encore un podcast[16] pour démocratiser le No-Code en France. On observe également en France la création de nombreux acteurs[17] (organismes de formation, agences, cabinets de recrutement etc.) dont notamment le Syndicat Français des Professionnels du No code (SFPN) qui a organisé en septembre 2022 à Paris le No code Summit, évènement rassemblant près de 1200 participants[18]. Par ailleurs, l'une des principales plateformes de développement No code à l'échelle mondiale (plus de 2 millions d'utilisateurs), Bubble, a été fondée par un français, Emmanuel Straschnov[19].

No code et Low code[modifier | modifier le code]

En parallèle du No code existe la notion de développement Low code (littéralement "peu de code" en anglais) qui combine la facilité d'utilisation des plateformes No code avec la possibilité d'intégrer des lignes de code informatique pour personnaliser ou complexifier davantage l'application développée[20]. Une étude de 2022 estime le marché combiné du développement No code et Low code à une valeur de 25 milliards de dollars et projette une valeur de 45,5 milliards de dollars en 2027 à l'échelle mondiale[21].

Avantages et inconvénients[modifier | modifier le code]

Le No code présente un certain nombre d'avantages qui le rendent particulièrement attractif, mais qui s'accompagnent nécessairement d'inconvénients[1].

Avantages[modifier | modifier le code]

Si l'approche No code est plébiscitée par les entreprises ces dernières années, c'est parce qu'elle présente des avantages certains. D'abord, la simplicité d'utilisation des plateformes de développement No code et l'absence de lignes de code à écrire rendent la création d'applications accessible à tous.[22] Cette accessibilité permet aux entreprises de soulager leurs équipes techniques et de confier, par exemple, la conception aux équipes commerciales, marketing ou produit. On peut donc y voir une économie sur les coûts liés au recrutement d'une équipe technique. Les coûts d'abonnement ou de fonctionnement des plateformes No code sont par ailleurs généralement bien moins élevés que les coûts de déploiement (serveurs, bases de données etc.) liés au développement traditionnel.

La simplicité des plateformes No code rend également la création d'applications beaucoup plus rapide, ce qui est avantageux pour livrer par exemple des prototypes d'application, développer des logiciels internes dits "métier" ou pour co-construire une application avec un client grâce à des cycles d'itération courts[23]. À ce titre, le No code est une approche parfaitement adaptée à la création de MVP telle que recommandée par la méthode Lean Startup.

La grande diversité des plateformes No code permet également d'appliquer cette approche pour développer de nombreux types d'applications différentes tels que des sites web[24], des applications web ou mobile, des applications de vision par ordinateur[25], d'intelligence artificielle[26],[27], d'automatisation des processus commerciaux[12] voire des NFT[28].

Inconvénients[modifier | modifier le code]

Si l'utilisation des plateformes No Code peut grandement accélérer les phases de développement et de déploiement d'un logiciel, la phase de conception, elle, reste la même et ne doit pas être sous-estimée au risque de représenter une dette technique importante. La phase de conception d'un logiciel nécessite par exemple des compétences en expérience utilisateur, en modélisation de données ou encore en règles de gestion. Il peut donc parfois être trompeur de considérer que le No code rend réellement la création d'un logiciel accessible à tous sans expertise préalable[29].

De plus, les possibilités de personnalisation sont nécessairement limitées aux fonctionnalités proposées par les différentes plateformes de développement No code. Il n'est donc pas possible de créer des applications aussi complexes avec une approche No code qu'avec un ou plusieurs développeurs expérimentés. Pour les mêmes raisons, les applications développées via une plateforme No code sont généralement moins performantes, moins stables et moins sécurisées que leurs équivalents développées par des développeurs professionnels de façon traditionnelle[1].

Principales plateformes de développement No code[modifier | modifier le code]

Il existe plus de 750 plateformes de développement No code et Low code recensées dans le monde[30] dont les plus populaires sont :

De très nombreuses autres solutions existent sur le marché, telles que Notion[39], Adalo[40], Memberstack[41], Stacker[42], Rintagi[43], Thunkable[44] ou Joget[45].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Entreprises technologies, « No Code & Low Code en entreprise, est-ce l’avenir du business ? », sur La Revue Tech, (consulté le )
  2. « Le Low-Code et le No-Code amélioreraient le travail des développeurs selon Outsystems, toutefois, certains développeurs trouvent qu'ils manquent de flexibilité et de sécurité », Developpez.com,‎ (lire en ligne, consulté le )
  3. « Le «no code» révolutionne le développement d’applications », sur LEFIGARO, (consulté le )
  4. « Comprendre la révolution du No Code - No Code Station », (consulté le )
  5. Alexis Kovalenko, Erwan Kezzar et Florian Reins, No-Code : Une nouvelle génération d'outils numériques, Paris, Eyrolles, (ISBN 978-2-416-00671-5, lire en ligne), p. 322
  6. « Le no code, solution d’avenir pour les logiciels de gestion d’entreprise », sur BFM BUSINESS (consulté le )
  7. « No code : ce qu’il faut savoir avant de se lancer », sur Maddyness - Le média pour comprendre l'économie de demain, (consulté le )
  8. « Low code/no code : Le dernier pari de Google sera-t-il payant cette fois ? - Le Monde Informatique », sur LeMondeInformatique (consulté le )
  9. « Microsoft Ignite : Power Automate intègre un assistant de développement no code », sur www.journaldunet.com, (consulté le )
  10. « La 1ere édition du hackathon Tech Challenger lancée - Le Monde Informatique », sur LeMondeInformatique (consulté le )
  11. « IaaS, PaaS et SaaS : comment Oracle joue sur les trois fronts », sur LeMagIT (consulté le )
  12. a et b « Build : SAP rassemble son portfolio low-code/no-code sous une seule bannière », sur LeMagIT (consulté le )
  13. « No-Code France », sur nocode-france.fr (consulté le )
  14. « No-Code France (Paris, France) », sur Meetup (consulté le )
  15. « NoCodeFrance - Twitch » (consulté le )
  16. « Anchor - Il n'a jamais été aussi simple de créer un podcast », sur Anchor (consulté le )
  17. « Comparatif : cinq formations pour se mettre au no code », sur www.journaldunet.com, (consulté le )
  18. « La French Tech à l'avant-garde sur le « no code » », sur Les Echos, (consulté le )
  19. « Bubble, une plateforme star du développement «no code» créée par un Français », sur LEFIGARO, (consulté le )
  20. « No code / low code : c'est quoi ? Définition, outils gratuits... », sur www.journaldunet.fr, (consulté le )
  21. Par Joe McKendrick |, « Le low-code et le no-code continuent de croître, et les métiers de la tech évoluent », sur ZDNet France (consulté le )
  22. (en) « Quand le No Code bouscule nos codes - Le Livre Blanc », sur Quand le No Code bouscule nos codes - Le Livre Blanc (consulté le )
  23. Laurent Delattre, « DSI : le no-code va-t-il devenir la nouvelle normalité ? », sur IT for Business, (consulté le )
  24. « Comparatif des outils de création de site web no code : Bubble contre Webflow », sur www.journaldunet.com, (consulté le )
  25. « Google lance Vertex AI Vision, la vision par ordinateur no code - Le Monde Informatique », sur LeMondeInformatique (consulté le )
  26. « Lettria lève 5 millions d'euros pour accélérer le développement de sa plateforme no-code dédiée au traitement de texte », sur ActuIA (consulté le )
  27. Usine Digitale, « Kaduceo lance une solution "no code" pour aider les établissements de santé à optimiser le parcours de soins », Usine Digitale,‎ (lire en ligne, consulté le )
  28. « NFT utilitaires : Tropee lève 5M€ pour sa plateforme no code », sur Coins.fr, (consulté le )
  29. « Le no code est-il réellement accessible à tous ? », sur www.journaldunet.com, (consulté le )
  30. Philippe Guerrier, « Formation numérique : Alegria veut booster le métier de no code maker », sur RH Matin, (consulté le )
  31. (en) « Glide • No Code App Builder • Nocode Application Development », sur www.glideapps.com (consulté le )
  32. « Sans savoir coder, j'ai créé en 6 heures une plateforme pour aider les Ukrainiens », sur Les Echos Start, (consulté le )
  33. Reid Nalliat, « Le No Code : Définition, formation, outils principaux et avantages pour les entreprises », sur Cadre & Dirigeant Magazine, (consulté le )
  34. (en-US) Ingrid Lunden, « n8n raises $12M for its 'fair code' approach to low-code workflow automation », sur TechCrunch, (consulté le )
  35. « Integromat : une plateforme d'intégration no code », sur www.journaldunet.fr, (consulté le )
  36. « Match des Excel 2.0 : le leader Airtable face au challenger Smartsheet », sur www.journaldunet.com, (consulté le )
  37. La rédaction, « Baserow, un concurrent open source pour Airtable et Microsoft Lists », sur InformatiqueNews.fr, (consulté le )
  38. « Airtable lève 735 M$ pour étendre les capacités de sa plateforme low-code - Le Monde Informatique », sur LeMondeInformatique (consulté le )
  39. « L'application de prise de notes Notion est disponible en français », sur MacGeneration (consulté le )
  40. (en-US) « No-code app development platform Adalo nabs $8M », sur VentureBeat, (consulté le )
  41. Usine Digitale, « No-code, low-code... Quels avantages et quels inconvénients pour ces solutions de développement simplifié », Magazine,‎ (lire en ligne, consulté le )
  42. « Stacker : un outil no code associé à Salesforce et Airtable », sur www.journaldunet.fr, (consulté le )
  43. « Rintagi : une plateforme low code open source », sur www.journaldunet.fr, (consulté le )
  44. « Thunkable : une plateforme no code de création d'apps mobile », sur www.journaldunet.fr, (consulté le )
  45. « Joget : une plateforme no code open source généraliste », sur www.journaldunet.fr, (consulté le )